LEVÉE DU SIÈGE DE METZ. —JANVIER
Eu6. Deveria. — 1 837.
Henri II , allié à Télecteur Maurice de Saxe , qui venait de relever en Allemagne le drapeau de la réforme , avait déclaré la guerre à Ghaties-Quint , et dès le début des hostilités '^'était emparé de Metz par surprise. Charles- Quint , menacé d'un double péril , pourvut au plus pressé en conciliant à Passau la paix de religion , et, tournant alors toutes ses forces contre la France, il. marcha sur Metz pour rendre à Tempire cette place si importante. Mais François de Lorraine , duc de Guise , s y était enfermé avec des ingénieurs italiens pour la défendre ; il avait donné lui-même à là jeune noblesse qui f entourait l'exemple de prendre la hotte et de porter de la terre aux bastions ; et en peu de temps Metz avec sa garnison était devenue une place imprenable.
Aussi ce ftit vainement que Gharlcs-Quint vint l'attaquer avec soixante mille hommes et une redoutable artillerie (3i octobre i552); son^énie opiniâtre s y fatigua. Depuis quelque temps les forces de son corps ne suffisaient plus à l'activité de sa pensée : on le vit, au bout de peu de jours, incapable de supporter les travaux du siège, se faire transporter à Thionviile, et laisser la conduite des opérations au duc d'Albe. Mais cette autre volonté de fer se brisa contre l'héroïque résistance
de la noblesse française. Chaque brèche ouverte laissait voir une nouvelle muraille élevée par derrière; chaque assaut était repoussé par une jeunesse ardente à se jeter au-devant du péril; enfin il était devenu impossible de ramener à Tattaque ies impériaux découragés. Charles- Quint voulut essayer encore une fois sur ses soldats ie magique eflfet de sa présence. Il se fit porter au milieu du camp : leur courage en fiit ranimé; mais des renforts étaient arrivés à la garnison fi:ançaise, et ce dernier effort fut encore impuissant. Cependant Tarmée espagnole commençait à être atteinte par les maladies; les hommes, enfoncés dans une fange glacée, y périssaient par milliers; Charles-Quint reconnut l'arrêt de la fortune , qui n'aime point les vieillards, et se décida à lever le siège vers la mi-janvier 1 553.11 avait tiré onze mille coups de canon et perdu trente mille soldats.
H laissait derrière lui un nombre considérable de malades, victimes abandonnées à une mort certaine, si Ton eût suivi à leur égard le triste droit de la guerre à cette époque. Mais le duc de Guise donna l'exemple de Thumanité comme il avait donné celui du courage : «Nous trouvions, dit Vieilleville, des soldats par grands troupeaux de diverses nations, malades à la mort, qui étaient renversés sur la boue ; d'autres assis sur de grosses pierres, ayant les jambes dans les fanges, gelées jusques aux genoux, qvHîis ne pourraient ravoir, criant miséricorde , et nous priant de les achever de tuer. En quoi M. de Guise exerça grandement la charité , car il en fit porter plus de soixante à l'hôpital pour les faire traiter
et guérir; et, à son exemple, les. princes et les seigneurs firent de semblable. Si bien qu'il en fut tiré plus de trois cents de cette horrible misère; mais à la plupart. il fallait couper les jambes, car elles étaient mortes et gelées. »