‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 5)Chapitre 109 sur 155 · BATAILLE DE CERISOLËS. — 14 AVRIL · texte numérisé non relu

BATAILLE DE CERISOLËS. — 14 AVRIL

SCHHBTC. 1887.

Le marquis del Guasto , qui commandait en Italie les troupes impériales, avait conçu le hardi projet de se jeter sur Lyon par la Savoie, et ses premiers succès semblaient lui en promettre le facile accomplissement. C*est alors que François I" mit à la tête de son armée de Piémont le comte d*Enghien , jeune prince de la maison de Bourbon , dont la bouclante ardeur rendit bientôt Toffensive aux Français.

Monliuc raconte comment ce fiit lui qui, par Tentraînement de sa vivacité gasconne, obtint du roi, cpie ses revers avaient rendu timide , la permission de livrer la bataille. Ce qu'il y a de certain, cest que cette permission apportée par lui dans le camp , près de Cerisola , y fut accueillie avec enthousiasme. L'armée française était un peu inférieure par le nombre, et, ce qui était pis , le comte d'Enghien , en quittant imprudemment tme position qu'iï occupait la veflle , avait laissé à f ennemi l'avantage du terrain. Au point où en étaient les choses , il crut qu'il n'en devait pas moins donner la bataUle.

ï^e fut livrée le lundi de Pâques , 1 4 avril 1544. Del Guasto restait immobile dans sa forte position, sans que les Français se hasardassent à f attaquer : quelques arque-

busiers escarmouchaient seidement dans la plaine. Enfin un mouvement du sire de Tais attire les lansquenets de larmée impériale , qui se lancent contre les Suisses. Le choc de cette pesante masse d 'infenterie fat vaillamment soutenu; les gendarmes du sire de Routières, par une charge heureuse, achèvent de la rompre , et le marquis del Guasto lui-même fat entraîné dans la déroute. Cependant à son aile gauche ses vieilles bandes espagnoles n'avaient point perdu l'avantage : TinÊuiterie italienne et provençale de Tannée française avait fai devant elles , et tout leffort du comte d'Enghien s était porté dès lors de ce côté* Deux fais, emporté par son inopétueuse valeur, il avait traversé de part en part ces épais bataillons; mais, dans ces deux charges, Télîte de sa chevalerie était tombée à ses côtés. Les plis du terrain lui dérobant le reste de son armée , il la croyait tout entière en faite , et ne songeait plus, avec la poignée de braves gens quiTentouraient , qu'à vendre chèrement sa vie , lorsque parut le corps de bataille victorieux des lansquenets. L'in&nterie espagnole recula à ce coup, et le comte d'Enghien se lança à sa poursuite. Le carnage fat épouvantable : les Suisses, qui avaient à exercer ccmtre les Espagnols de sanglantes représailles , ne firent aucun quartier. Du Bdlay porte à douze mille hommes le nombre des morts de l'armée ennemie. La victoire de Cerisoles facilita quelques mois plus tard la conclusion de la paix de Crépy en Valois.

Page 1