‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 5)Chapitre 123 sur 155 · PRISE DU FOR'SDE MONTMÉLIAN.— 16 NOVEMBRE · texte numérisé non relu

PRISE DU FOR'SDE MONTMÉLIAN.— 16 NOVEMBRE

Edouard Odier. — iSSy.

Le duc de Savoie refusait de rendre à Henri IV le marquisat de Saluées, fief mouvant du Dauphiné, qu'il

avait envahi en i588, à. la faveur des troubles qui agitaient alors la France. Las d'être joué par des délais et des subterfuges sans terme, le roi prit enfin le parti de déclarer la guerre au duc de Savoie (i i août 1600), et il envahit aussitôt ses états. Celui-ci, confiant dans la force de ses places et dans les intrigues qu il avait ourdies aux côtés mêmes du roi, restait à Turin dans une immobilité affectée, «chassant et dansant, dit Péréfixe, tandis qu'on le dépouillait de ses provinces. » Il avait vu sans émotion Chambéry, sa capitale, occupée par les Français \ mais sa tranquille insouciance cessa quand il apprit que la forteresse de Montméliaii venait de capituler.

C'était Sully qui, avec sa redoutable artillerie,. avait amené la reddition de cette place. En établissant ses batteries^ il avait fidlli deux fois être atteint par celles de l'ennemi; et c'est alors que Henri IV lui écrivit d'im ton touchant de reproche la lettre demi-icolère qui finit par ces mots : «Adieu, mon amy que j'ayme bien, continuez à me bien servir, mais non pas à faire le fol et le simple soldat, w Cependant le roi, si avare des jours de son ami, voulut risquer les siens pour voir V estât da siège. Il imposa silence aux alarmes de Sully, et consentit à se couvrir d'un meschant manteau, ainsi que le comte de Soissons, le duc d'Épernon et Bellegarde « pour cacher leurs clinquants et leurs bonnes mines. » Comme ils passaient dans un champ tout à découvert, on tira sur eux de telle force, «que le roi en fiit tout couvert de terre et de caiUoux qui l'égratignèrent, et qu'il com-

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