‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 5)Chapitre 122 sur 155 · ASSEMBLÉE DES NOTABLES A ROUEN. —«4 NOVEMBRE · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE DES NOTABLES A ROUEN. —«4 NOVEMBRE

Rouget. — iSaS.

Trente années de guerres; civiles avaient épuisé la France. Les peuples y étaient écrasés sous le poids des impots, et cependant le trésor était vide, et, outre les dépenses ordinaires de Tétat, Henri IV avait encore à

payer plus de ctfit miffioni, au prk dits^uds il 9et$k racheté sa couronne. Poor remédier à cette f;tu»èt piaie, i'halnle monarque n'hésita pas sut ie paiii qa*fl avait à prendre : ii appela Rosny aux fulan<^e3» et puis ae jeta loyalement entre les bras de la nation^

Une assemblée de notables fut convoquée i Rouen : c'était le iM lui-même qui en avait choisi les meHibres panni le clergé , la noblesse et le tiers état» B en fit Toii^ verture le 4 novembre 1696, dans la grande aaUe dé Tabbaye de Saint*Ouen. Autour de lui étaient les dues d£ Montpensier et de Nemours, le connétable de Mont-' morency, les dues d'Épemcm et de ftets, 16 maréchal de Matignon, les quatre secrétaires d'état « le cardinal l^t, les cardinaux de Gondi et de Givry) et les présidents des paiiements de Paris, de Bordeaux et de Toulouse. On connaît la harangue prononcée par HêhIiIV dans cette circonstance. Elle a toujours été citée conmia un module de cette vive éloquence du cœur^ si puissante sur les hommes assemblés. Nous n'en citerons que les dernières paroles :

«Je ne vous ai point appelés, comme &isaient mes prédécesseurs, pour vous faire approuver mes volontés; je vous ai assemblés pour recevoir vos conseils, pour les suivre, bref, pour me mettre en tutelle entre vos mains, envie qui ne prend guère aux rois, aux barbes g^tises et aux victorieux» Mais la vidente amoui' que je pCMte & mes sujets, et l'extrême envié que j'ai d'ajouter ce^ deux titres , de libérateur et testaui^tenr de cet état , k celui de roi, me font trouver tout aisé et honorable... »

De PALAIS DE VERSAILLES. 858

CLXXVIIl

SIGNATURE DU TRAITÉ DE PAIX DE VERVIN6. — 2 MAI IdOS.

Saiht-Ëtbz. — 18^*7.

Le tsardinal de Médicis fut accueBii en France eointii« un messagerie paix, et en effet tous ses «oins, d*après l-ordre de Clément VIII, tendirent à ménager la réooneâiàtion des denx couroimes de FVance et d'Espagne. Philippe n, %étie soixante et once ans^ commençait à reconnaître *la longue illusion de ses projets ambitieux, et il craignait de léguer à son fils encore jeune im héri* tage aussi t]:^oi!d)lé«[ue celui tfu'il avait recueilli lui-même. fl souhaitait d'ailleurs qu'un acte ccmclu à la fiiee de f Europe confirmât rabandon qu'à voulait &ire à sa fifie diérie, Tinfante IsabeUe-Glaire-Eugénie, de l'uicien patrimoiiie tle la maison de Bourgogne. Il écouta doAe volontiers les conseils de paix du frèi^eBonaventure €atalàgirone, igénéral de l'ordre des franciscains, qui lui était envoyé par le pape, pendant que Henri IV se rendait plus aisément encore aux persuasions du cardinal de Médicis.

Par suite de ces dispositions réciproques, un congrès s'ouvrit dans la petite ville de Vervins, à la fi:'ontière de la Pièardîe ^t de TArtoiis. Au conimeifteïnent du ttiois dé février 1 598, les sieurs de Bellièvre et de Sillery s'y rendirent au nom du roi Henri IV; le président Richar* dot, J. B. Taxis et Louis de Verrière», au nom du roi catholique. On y adnait le matquis de Liâlili aoftMtê

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représentant du duc de Savoie ; mais Henri IV ne voulut à aucun prix pennettre Ventrée du congrès à l'envoyé du duc de Mercœur, lequel n'était pour lui qu'un sujet rebelle. Les deux médiateurs pontificaux apportèrent dans ces conférences leur pacifique intervention : il y manqua les ambassadeurs d'Elisabeth et des Provinces-Unies, dont Henri IV sacrifiait alors l'afliance à la loi suprême de l'intérçt de son royaume.

Les négociations durèrent trois mois. Au bout de ce temps (a mai iSgS) un traité fut conclu, qui, adoptant pour bases celles du traité de Gateau-Gambrésis, en- 1 558, rendait à la France les places de la Picardie qui étaient aux mains des troupes espagnoles, au roi d'Espagne le comté de Gharolais, dépendance de la Franche-Gomté; au duc de Savoie les forteresses que lui avaient enlevées les armes fi:ançaises. A ces conditions, non-seulement la paix, mais u une -confédération et perpétuelle aUiance et amitié, avec promesse de s'entr'aimer comme fi:ères,» fut rétablie entre Philippe II et Henri IV, et le repos fiit rendu à la France après quarante années de troubles et de guerres.

GLXXIX.

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