COMBAT DU PAS DE SUZE. —6 MARS
HippoLTTB Lbgomtb (d^après un taUeau de Claude LoaHAiH).
Vincent de Gonzague, deuxième de ce nom, duc de Mantoue, était mort en iGay, sans postérité, appelant à lui succéder le duc de Nevers, qu'il avait marié à sa nièce, Marie de Gonzague, fille de François IV, son fière aîné. Un sujet du roi de France, devenu f«ince souverain en Itsdie, portait ombrage à Tambitiense mai-
son d'Autriche. Elle lui suscita un compétiteur; et comme de son côté le duc de Savoie élevait des prétentions sur rhéritage de Mantoue, pour mieux assurer la ruine du duc de Nevers, un partage à Tamiable divisa i d'avance ses dépouilles entre les deux princes ses rivaux.
Charles-Emmanuel, avec l'assistance des troupes espagnoles, eut bientôt saisi le Montferrat, qui formait son lot, et il assiégeait la ville de Casai, lorsque le duc de Nevers, trop faible pour résister à d'aussi puissantes attaques, réclama la protection de la France; Louis XIII s'empressa de lui envoyer des secours. Une expédition commandée par le maréchal d'Uxelies ayant échoué, le roi, malgré les rigueurs de l'hiver, s'achemina lui-même vers les Alpes avec une nouvelle armée.
Les Français, animés par la présence de leur roi, «forcèrent, selon l'expression d'un contemporain, des lieux où la nature défend même aux ours de passer.» Arrivé eii face des barricades du pas de Suze, Louis XIU somme, d'après le titre des traités, le duc de Savoie de lui en livrer le passage. Charles-Emmanuel lui fait répondre qu'il n'est plus temps de parler de traités; que l'armée française est venue en ennemie, et que désormais c'est aux armes seides à vider le différend. Louis XIU ordonne aussitôt l'attaque. Elle fiit si impétueuse, que les hommes qui défendaient les barricades, après leur première décharge, n'eurent que le temps de prendre la fuite. ((J'ai oui dire à mon père, qui fîit toujours auprès du roi, dit le dtic de Saint-Simon, qu'il mena lui-niême les troupes aux retranchements, et qu'il les escalada à
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leur tète , Tépée à la main , et poussé par les épaules pour escalader sur les rochers et sur les tonneaux et parapets. Sa victoire ftit complète : Suze fat emportée après, ne pouvant se soutenir devant le vainqueur... Le duc de Savoie, éperdu, ajoute Saint-Simon, toujours d'après le récit de son père, vint à la rencontre du roi, mit pied à terre, lui embrassa la botte, et lui demanda grâce et pardon. Le roi, sans £dre aucune .mine de mettre pied à terre, le lui accorda en considération de son jQls, et plus encore de sa sœur qu'il avait eu Thonneur d'épouser. »
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