‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 5)Chapitre 138 sur 155 · PRISE DE LANDRECIES. — 26 JUILLET · texte numérisé non relu

PRISE DE LANDRECIES. — 26 JUILLET

^ Hipp. Lbgomtb. — 1836.

Malgré les heureux auspices squs lesquels s était puverte la campagne de 1 655, les armes françaises avaient fait peu de progrès. «Le cardinal de Richelieu, selon la remarque d'un contemporain , avait reconnu qu'il n était pas aussi aisé de ruiner la maison d'Autriche qu'il se l'était imaginé ; » et l'année suivante ( 1 636), moins heureuse encore, avait été marquée par une suite de revers qui avaient amené les Espagnols à vingt lieues de Paris. Mais rénergie de Richelieu s était communiquée à toute la noblesse et à la bourgepisie elle-même. Les Espagnols furent repousses , et Yqfi reprit bientôt roffensive, Au printemps de l'année lâSy deux armées assaillirent, à la fois les Pays-Bas, celle du maréchal de Chastillon par la Champagne, celle du cardinal de la Valette par la Picardie.

Après avoir pris le Cateau-Cambrésis, le cardinal de la Valette «investit Landrecies le 19 de juin, et prit son quartier à Longfaveriï. Les deux autres corps, commandés par le duc de Gandale et la Meilieraye, arrivèrent le jour même devant la place. .Cette vUle est composée de cinq bastions revêtus de briques, le fossé plein d'eau, avec une bonne contrescarpe. Le cardinal de la Valette ouvrit la tranchée le 1 o de jufllet par un

côté, et la MeUieraye par l'autre, et lattaque fut menée si vivement que la mine joua le 2 3, laquelle, ayant fait brèche, donna lieu au régiment de Longueval de se loger dessus. Le colonel Hainin, se voyant ainsi pressé, demanda composition,' et remit le 26 Landrecies entre les mains des Français, lesquels le firent conduire avec sûreté jusqu'à Valentiennes^ »

PRISE DU CATELEt. — 8 SEPTEMBRE 1638.

Hipp. Lbgomte. — i836.

Les grands événements de la campagne de i638 se passèrent sur le Rhin. C'est là que l'élève de Gustave- Adolphe, le duc Bernard de Saxe-Weimar, remportait sur les impériaux ses deux victoires de Rheinfeld et de Rheinau; c'est là que, sous les yeux de toute l'Europe attentive, îl s'emparait de Brisach, après neuf mois dé siège, et du même coup enlevait l'Alsace à la maison d'Autriche; c'est là enfin que Turenne, Guébriant et d'autres capitaines français se formaient sous ce maître fameux au grand art de la guerre.

Pendant ce temps il ne se faisait rien de grand à la^fi:ohtière des Pays-Bas. Le maréchal de Chastillon échouait au siège de SaintOmer ; le marquis de Brezé quittait son armée pour chercher le repos dans ses terres d'Anjou. C'étaient deux nouveaux capitaines qui soutenaient l'hon-

^ Mémoires du. marquis de Montglat, 1. 1, p. 1 78.

neur des armes françaises : Gassion, qui n était que colonel, et à qui Piccoloniini demandait un rendez-vous pour lui dire combien il admirait sa bravoure ; et du Hallier qui terminait la campagne par la prise du Catelet. Cette place fiit investie le 2 5 août, « et la circonvallation ne fut pas plus tôt fermée , qu'on ouvrit la tranchée. Les batteries furent dressées si promptement et si bien servies, que, le 8 septembre, duHallier fi4 maître de la contrescarpe et fit sa descente dans le fossé, qui est sec et défendu par des flancs bas, qui n empêchèrent pas d'attacher le mineur au bastion. La première mine fit peu d'effet, à cause des casemates qui sont dans les quatre bastions de cette place, qui donnèrent évent à la mine. Pour remédier à ce mal on alla par foiimeaux, lesquels firent grandes brèches qui furent jugées raisonnables pour donner. Le régiment des gardes fut commandé d'un côté , et le régiment de Picardie de l'autre : ils montèrent tous deux à l'assaut, à la faveur des batteries qui tiraient incessanunent sur le haut de la brèche, pour empêcher personne de paraître. La résistance fut médiocre et le Catelet fut emporté d'assaut. Toute la garnison fut prise ou tuée, et Gabriel de Las Torres, gouvernemr, fut pris ^ »

* Sfémoires de MontgUU , p. 207.

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