INVESTISSEMENT DE LA PLAGE
Tableaa du' temps.
Les mécontenteiQents fomentés en Catalogne par le cardinal de Richelieu étaient venus augmenter les embarras de la cour de Madrid. Louis Xm saisit cette oçcasiop pour exécuter le projet qaîl avait cpnçu depuis longtemps de s'emparer des Pays-Bas. Il se rendit à Soissons pour y diriger les opérations de la guerre : de^x armées, Tune, sous les ordres du maréchal de la Meilleraye, et 1 autre commandée par le;s maréchaux de Chastilloii, et de Ghaimes, avaient été rassemblées sur les frontières du nord de la France.
Puyjsegur rapporte dans ses Mémoires qu'il fiit envoyé près du roi pour recevoir ses ordres. « Leconsefl se tint.à Soissonsdansle cabinetde Tévêché. Dn y avoit queleroi, M. le cardinal et M. Des-Noïers. J'étois dans fe chambre auprès de la porte ; un quart d'heure après qu'iïs fiirenjt entrez, M. Des-Noïers m'appela et me fit passer dans le cabinet. « Nous venons de résoudre le siège d'Arras, me <( dit le roi ; il faut tenir la chose secrète. Dites seidement « à M. de Chastilion d'en faire autant. Je vas dépêcher un « courrier au maréchal de la Meilleraye, afin qu'il prenne « le temps qu'il faut pour s'y rendre du côté de deçà la « Scai^pe. Le maréchal de Chastilion saura aussi le jour
« qu'il doit passer la Somme pom» entrer dans le pays ence nemi et pom- donner ia jalousie aux autres places. J*irai « à Amiens et ferai venir les troupes que du Hailier cpm- « mande vers la frontière de Champagne. » M. le cardinal m'ordonna de dii^e à M. de Ghastillon que le projet était digne d'un aussi grand capitaine que lui.
<( Le cardinal commence incontinent de donner tous ses soins et toute son application au succès de l'entreprise... Et la marche des deux armées fut si bien concertée, qu elles arrivèrent en mèixie. temps devant Arras. Le nombre des assiégeants montait à vingt-cinq mille hommes de pied e^t neuf mflle de cavalerie, selon la relation publiée par ordre du roi après la prise de la viUe. v
« Le 1 3 de ce mois, écrit le maréchal de ChastiUon, M. de Chaunes et moi sonames venus ici du côté de Béthune, pour investir Arras. M. delaMcdfleraye, ayant passé entre Cambrai et Bapaume, est arrivé le même jour et a investi la ville de Fautre côté, de manière que les habitants et la garnison se trouvèrent environnés de deux grandes armées en même jour et presqu'à la même heure. »
Le duc d'Enghien (depuis le grand Condé) était au siège comme volontaire, avec les ducs de Nemours, de Luines, etc. Un oflBcier irlandais , nommé Eugène 0-Néal , commandait la garnison d' Arras, qui se composait d'Espagnols, Napolitains, Wallons et Allemands.
«Le siège d' Arras, commencé le 1 3 juin, dit le maréchal de Bassompierre , causa de l'inquiétude aux deux partis. Les uns craignaient que leur ville ne fôt emportée, et les autres que leur entreprise n'échouât. Les
assiégés se préparent donc à une brave défense; les assiégeants à de vigoureuses attaques, et les Espagnols à un prompt secours de la place ^ »
Le cardinal-infant, gouverneur de^Pays-Bas, employa tous les moyens dont il put disposer pour fidre lever le siège ; il fit passer dans la place de puissants secours, vint lui-même à la tête d'une nombreuse armée attaquer les lignes firançaises, et les maréchaux se trouvèrent un moment placés dans la- position la plus critique; Pendant quils interdisaient aux assiégés toute communication avec le dehors de la place , eux-mêmes étaient enveloppés de tous côtés par Tarmée espagnole , qui ne laissait parvenir dans leur camp aucun convoi. L'armée fi^ançaise manquait de tout , et le découragement était à son comble , lorsque du Hallier, chargé de la conduite d'un convoi considérable, parvint à le faire entrer dans le camp. Le siège reprit avec la plus gi^ande vigueur, et la ville, réduite aux dernières extrémités, se rendit enfin le g août.