PRISE DE PERPIGNAN. — 5 SEPTEMBRE
Aladx et Hipp. LBCOMn. — i836.
Dix jours après la prise de Coïïîoiire {2 3 avril), Louis Xin alla investir Perpignan. D présida lui-même aux premières opérations du siège, «montant à cheval tous les jours pour ordonner les travaux, et faisant le tour des lignes pour voir si tout allait bien. Le marqtiis de Florez d'Avila, qui commandait la place, envoya savoir où logeait le roi, afin d*empêcher qu'on tirât de ce côté; ce qu'il observa ponctueflement, pour faire voir le respect qui était dû à la majesté royale, même par les ennemis. » Mais une fois les lignes achevées et le blocus établi autour de la ville , qu'on voidait réduire par la famine, Coiîis XHI malade se sentit hors d'état dô
rester plus longtemps sous les murs de Perpignan, et laissa le soin du siège aux maréchaux de Schomberg et de la Meilleraye. «Ceux-ci gardèrent si bien leurs. lignes, que rien n entrait dans la vflle ; tellement qu après avoir duré cinq mois et consumé tous les vivres qui étaient dedans, jusqu'aux chevaux, mulets, ânes, chiens et chats, même cuirs, le marquis de Florez d'Âvila capitula, et rendit la viUe et la citadelle de Perpignan, le 5 septembre ^ » Perpignan passait alors pour le plus fort boulevard de la frontière espagnole.
a Sire, vos armes sont dans Perpignan et vos ennemis sont morts, » écrivait Richelieu à Louis XIII, lui annonçant cette belle conquête et le supplice de Cinq-Mars, son &vori, comme deux succès d'une égale importance.
ccxm.
BATAILLE DE LÉRïDA.-~7 OCTOBRE 1542.
• Hipp. Lbcoutb. — i836.
Le Roussillon était perdu poiu* TEspagne , et toutes les forces rassemblées par le comte-duc d'Olivarès arriviadent trop tard pour sauver cette province. Le ministre de Phflippe III voulut du moins réparei' par quelque action d'éclat une perte aussi considérable , et il donna Tordre au mai^quis de Leganez de s emparer de Lérida, ville forte de la Catalogne, sur la Sègre. Le maréchal de la Mothe-Houdancourt se porte aussitôt au secours de ccttr
' Mémoires de Montglat, p. 366.
place, et, informé que le général espagnol a réunii ses troupes à celles du marquis de Tarracuse, défenseur malheureux du Roussillon , il les attend de pied fermé , malgré la supériorité de leiu*s forces, sous les murs de la vflle qu'ils viennent assiéger.
« Les deux armées furent, le 7 octobre , en vue lune de l'autre , et à dix heures du matin la bataille commença , dans laquelle les Français furent chargés d'abord si vigoureusement par les régiments du prince d'Espagne et du comte-duc, qu'ils furent mis en désordre; mais le baron d'Âlais et le comte des Roches-Baritaut les soutinrent si hardiment que la chance tourna, et les Espagnols lurent rompus et tellement mis en déroute qp'ils prirent la fuite, et se sauvèrent en grande confusion à Fragues. Le champ de bataille demeura aux Français avec tout le canon... Les Espagnols laissèrent deux mille morts sur la pkc^ , et la ville de Lérida fut sauvée , ce qui causa une grande joie dans la Catalogne ^ »
LE CARDINAL DE RICHEUEO FAIT DON DU PALAIS-ROYAL A LOUIS XIII. — 2 DÉCEMBRE IU2.
Hipp. Lbcomte (diaprés le tableau originid de Drolliks , fût en 1833, et placé dans la gderieda Palai»4loyai).
Richelieu voyait approcher sa dernière heure. Louis Xin , languissant lui-même et atteint du mal qui
' Montglat, t. I,p. 568.
devait bientôt finir ses jours, voulut voir son grand ministre au lit de mort. Il se rendit chez lui , accompagné dumarqpis de VUlequier, capitaine de ses gardes, a Sire» lui dit le cardinal , voici le dernier adieu. En prenant congé de votre majesté, j*ai la consolation de laisser son royaume plus puissant qu'a nà jamais été, et ses ennemis abattus. La seule récompense de mes peines et de mes services que j*ose demander à votre majesté c est la continuation de sa protection et de sa bienveillance à mes neveux et à mes parents. Je ne leur donnerai ma bénédiction qu'à condition qu'ils serviront votre majesté avec une fidélité inviolable. Votre majesté a dans son conseil plusieurs personnes capables de la servir utilement; je lui conseille de les retenir auprès d'elle.» C'est alors, ajoutent quelques historiens, que Richelieu désigna au roi le cardinal Mazarin comme le ministre le plus digne de le remplacer. Après quoi il remit aux mains de Louis XIII l'acte de donation du Palais-Cardinal.
Cette donation, faite à la couronne dès l'année 1 636 , avait été renouvelée par le cardinal de Richelieu dans son testament passé à Narbonne, en thôtel de la Vicomte, le a 3 mai 1 64a . En voici les propres termes :
« Je dédare que , par contrat du 6 juin 1 636, devant Guerréau et Paigue, j'ai donné à la couronne mon grand hôtel que j'ai bâti sous le nom de Palais-Cardinal, ma chapelle d'or enrichie de diamants, mon grand buffet d'argent ciselé , et un grand diamant que j'ai acheté de Lopez. Toutes lesquelles choses le roi a eu agréable
par sa bonté d'accepter, à ma très-humble et très-instante supplication , que je lui fais encore par ce présent testament, et d'ordonner que le contrat soit exécuté dans tous ses points. »
Dans un autre article du testament le cardinal recommande qu'ime somme de i,5oo,ooo firancs, prise sur sa succession , soit remise entre les mains de sa majesté,