BATAILLE D'ASCALON
GOIŒFROY DE BOUILLON SUSPEND AUX VOUTES DE L'ÉGLISE DU SAINT ^ULCRE LES TROPHÉES D'ASCALON.
Grankt. — 1839.
A peine le nouveau royaume de Jérusalem venait d*être institué, quon apprit les grands préparatifs du calife fatimite d'Egypte pour reconquérir la ville sainte. Le vizir Âfdal avait déployé l'étendard du prophète, et ime multitude immense de combattants était accourue de toutes les provinces soumises à Tislamisme pour se joindre à l'année égyptienne. Les croisés sortirent de Jérusalem au nombre de vingt m^e, et marchèrent audevant de l'ennemi. Es le rencontrèrent dans la plaine d'Ascalon (12 août 1099). La bataille fut courte et la victoire facile. Ce ramas indiscipliné de fantassins mal armés et de cavaliers du désert ne put tenir contre les armures de fer et la vaillance exercée de l'armée chrétienne. Le camp du vizir fat livré au pillage, et le plus précieux trésor qu'y trouvèrent les croisés farent des outres pleines d'eau pour désaltérer la soif ardente qui les dévorait. La victoire d'Ascalon mettait im terme aux longs travaux de la première croisade. Aussi les croisés rentrèrent-ils en triomphe dans Jérusalem, «au milieu
de la suave et délectable harmonie des chants qui, sluivant un chroniqueur contemporain, retentissaient sur les vallées et dans les montagnes.» Godefroy alla suspendre aux colonnes de l'église du saint sépulcre Tétendard du grand vizir et son épée ramassés sur le champ de bataille, pendant que les croisés, dont cette victoire accomplissait le pèlerinage, o&aient à genoux leurs actions de grâces au Dieu qui avait béni leurs armes.
GODEFROY TIENt LES PREMIÈRES ASSISES DU ROYAUME DE JÉRUSALEM. ^ JANVIER 1100.
JOLLIVET. — iSSg.
Le royaume de Jérusalem, au lendemain même de sa fondation, fut livré à tous les désordres de f anarchie féodâde. La plupart des seigneurs, qui tenaient de leur épée ou des largesses roysdes les fiefs dont ils étaient investis , refusaient lem* obéissance au souverain qu'ils s'étaient donné , et Godefroy voyait son autorité désarmée au milieu des ennemis sans nombre qui Tenvironnaient. Ce fut pour remédier à ce grand mai et apporter qudque ordre dans un gouvernement si tumultueux, qu'au commencement de l'année 1 1 oo il convoqua à Jérusalem les assises générales du royaume. Baudouin , conquérant d'Édesse ; Bohémond , prince d'Antioche ; Raymond de Saint-Gilles, seigneur de Laodicée; les seigneurs de Jaffa, de Ramla , de Tibériade et tous les autres grands feuda-
taires se rendirent à cette assemblée, d'où sortit un des monuments les plus complets de la législation féodale. On lit dans la pré&ce des Assises de Jérusalem qu'elles étaient « chacune escrite par soi , en grandes lettres , et la première lettre du commencement estoit enluminée d'or, et toutes les autres estoient vermeiUes , et en chacune carte avoit le $cel dou roi et dou viconte de Jérusalem. Elles furgit déposées en ime grande huche, et prinrent le nom de Lettres dou sépulchre ^. »
FUNÉRAILLES DE GODEFROY DE BOUILLON SUR LE CALVAIRE. — 25 JUILLET 1100.
CiBOT. — iSSg.
Godefroy de Boxdlion survécut peu aux grands travaux de la première croisade. Il s'occupait de réduire les villes de la Palestine qui appartenaient encore aux musulmans , et venait d'arriver à Joppé , lorsqu'il y tomba malade, et fat à grand'peine transporté dans^la ville saintcT. Ce fat en vain q[ue, pendant quatre jours, ses parents et ses amis lui prodiguèrent les soins 'les plus tendres. B expira le 1 8 juillet 1 1 oo, un an et trois jours après la pi:ise de Jérusalem. « A la mort de cet illustre capitaine et très-noble athlète du Christ, dit l'historien Albert d'Aix, tous les chrétiens, Français, Italiens, Syriens, Arméniens, Grecs, la plupart des gentils eux-
* Préface des Assises. ^ -
mêmes ^ Arabes, Sarrasins et Turcs, se livrèrent aux larmes pendant cinq jours, et firent entendre de douloureuses lamentations.)) On ensevelit ses restes avec toutes les pompes de Té^e catholique, dans l'enceinte du Calvaire, près du sépulcre de Jésus-Christ, qu'il avait délivré par sa vaillance. L'inscription suivante fut gravée en langue latine sur son tombeau :
«Ici repose l'illustre Godefroy de Bouillon, qui a conquis toute cette terre au culte chrétien. Que son âme règne avec Jésus-Christ! »