INSTITUTION DE L'ORDRE DU TEMPLE
Au même temps où l'ordre des hospitaliei^ commençait sa glorieuse mission, neuf chevaliers français
fondaient une autre confrérie militaire» consacrée à la défense des saints lieux et à la protection des pèlerins
qui venaient les visiter. Etablis près du temple de Salomon ils en tirèrent leur nom de templiers, Hi^es de Payens et Geoffroy de Saint-Aldemar, voulant donner à leur association la haute sanction du père des fidèles, se rendirent à Rome, et demandèrent au pape Honorius lU une règle et le titre d'ordre religieux. La règle leur fiit donnée par saint Bernard , alors l'arbitre de la chrétienté, et le concile de Troyes, en 1 128, autorisa Imstrtutioh de Tordre des pauvres soldats du temple de Salomon.
LE PAPE EUGÈNE III REÇOIT LES AMBASSADEURS DU ROI DE JÉRUSALEM. — 1145.
M** Haudbbourt. — iSSg.
PRÉDICATIC3W DE LA DEUXIÈME CROISADE A VEZELAY, EN BOURGOGNE. — 51 MARS 1146.
SiGNOL. — 1839.
Les étoiles de Vislamism£, selon le langage de l'histoire orientale; avaient pâli devant les étendards des Francs, et les règnes des deux premiers Baudouin et de Foulques d'Anjou avaient continué avec éclat l'œuvre de la preniière croisade; mais le jour vint où l'Europe cessa d'envoyer aux saints lieux les bandes de pèlerins armés
pu PALAIS DE VERSAILLES. 65
qui avaient recruté la popidation chrétienne de la. Palestine, et le royaume de Jérusalem livré à lui-même n ofifrit plus qu*im spectacle d'anarchie et de faiblesse/ Quelque temps les musulmans divisés eux-mêmes ne profitèrent point de laffaiblissement de leurs ennemis. Ce fut Tatabek Zenghi qui lé premier, en 1 1 44, frappa un coup dont TOrient et l'Occident retentirent : îl prit Ëdesse et la noya dans le sang de trente mille chrétiens. Une ambassade, que conduisait Tévêque de Gabale, porta à Viterbe cette fatale nouvelle au pape Eugène III. L'horreiu: et ]a consternation furent universelles en Europe : ce ne fat partout qu'une même ardeur de vengeance; le roi de France Louis VII et l'empereur Conrad UI se mirent à la tête du mouvement qui allait une seconde fois entraîner l'Europe contre l'Asie.
Louis Vn, outre l'enthousiasme religieux de son époque, avait des motife particuliers de prendre la croix : il voulait , par le pèlerinage armé de la terre sainte , soulager son âme des justes remords qu'y avaient laissés l'incendie de la grande église de Vitry et la mort de tous ceux qui s'y étaient réfagiés. Il convoqua donc à Vezelay un peuplement de tous les seigneurs du royaume. La foule qui s'y rendit, trop grande pour être contenue dans l'étroite enceinte de cette bourgade, se répandit en amphithéâtre au pied de la montagne où elle était située. Le pape Eugène IQ, invité par le roi à prêcher la croisade, avait été retenu en Italie : ce fut saint Bernard , alors l'oracle de la chrétienté, qui porta la parole dans cette assemblée.
Le saint homme, avec un corps usé par les austérités, et qui déjà semblait appartenir à la tombe, trouva des Torces poiœ accomplir cette grande mission. R monta avec le roi dans une sorte de chaire qu*on avait élevée pour eux , et d*où il adressa au peuple des paroles enflammées. « Bientôt H fut interrompu par le cri : la croix! la croix! qui s éleva de toutes parts. Il commença aussitôt, ainsi que le roi, à distribuer aux assistants les croix qu'ils avaient préparées ; mais , quoiqu'ils en eussent &it apporter plusieurs fardeaux, leur provision fut vite épuisée , et ils déchirèrent leurs habits pour en faire de nouveUes. »