PRISE DE TYR PAR LES CROISÉS
Caiiiiiadb. — 1839.
La frayeur répandue parmi les musulmans par la prise de Jérusalem s était calmée, et de toutes parts des ennemis s'élevaient pour assaillir la puissance chrétienne. Pendant que la rapide cavalerie des Turcs courait au travers du désert pour surprendre les vflles et les châteaux mal défendus, le calife d'Egypte envoyait ses flottes pour attaquer les cités maritimes tombées au pouvoir des chrétiens. Ses troupes allaient entrer dans Joppé, qu'elles assiégeaient par terre et par mer, lorsque la grosse cloche de Jérusalem* donna le signal de la guerre sainte ; un jeûne général prépara les guerriers aux combats par la pénitence, et ce fut assez de la présence de l'armée chrétienne, avec son ardent enthousiasme, 'pour disperser les bataillons tremblants des Égyptiens. Mais c'était peu de se défendre ; il fallait renvoyer la terreur à l'ennemi par de nouvelles conquêtes. L'arrivée d'une flotte vénitienne sur les côtes de Syrie fournit aux croisés l'occasion et les
moyens d'attaquer Tancienne ville de Tyr. Tandis que les tentes des chevsdiers sous les ordres du comte de Tripoli et du patriarche de Jérusalem se déployaient dans la plaine , le doge de Venise entrait avec sa flotte dans le port, et fermait la ville du côté de la mer. Après quelques mois d*attaque^ multipliées, les murs commençaient à s'écrouler sous les machines des chrétiens, lorsque la discorde faillit tout perdre. L'armée de terre accusait la flotte de lui laisser toutes les &tigues et tous les périls, et de part et d'autre on menaçait de rester immobile dans la plaine et sur les vaisseaux. Le doge de Venise, pour étouffer dans leur principe ces dangereuses dissensions, se rend à l'improviste dans le camp des croisés avec ses matelots armés de leurs avirons, et s'oflfre de monter avec eux à l'assaut. Une généreuse émulation succède alors à l'esprit de discorde , et ni l'approche d'ime armée ennemie, qui venait de Damas au secours de Tyr, ni la marche des Egyptiens sur Jérusalem, ne purent arracher aux chrétiens leur proie : la bannière du roi de Jérusalem, alors prisonnier des infidèles, flotta avec le lion de Saint-Marc sur les murs de Tyr.
Lin.