SIEGE DE PTOLÉMAÏS. — JUILLET
LE MARECHAL ALBERIG CXÉllEliT ESCALADE LA TOUR MAUDITE.
FiAeoiiAab.-- iSSg.
Le grand événement de ia troisième croisade est le siège de Ptolémais, qui dura près de deux ans ( a8 août 1 1 89 au 1 3 juillet 1191), et qui est comparé au si^e de Troie dans les chroniques contemporaines. La résistance des Sarrasins derrière leurs muraiUes fiit héroïque 1 rintrépide persévérance des croisés le Ait plus encore. Ge ne fut touteibisqu à l'arrivée des deux rois de France et d'Angleterre que les coups devinrent décisi&. Ce que
TEurope avait de plus vaillants chevaliers se trouva alors réuni dans la fdaine qui entoure Ptolémaîs , et le camp des chrétiens, «où Ton avait bâti des maisons^^racé des rues , élevé des forteresses , » présenta l'aspect tl'une ville dont Tenceinte enfermait celle de la ville assiégée.
Plus d une fois Saladin vint les y attaquer, et toujours les efforts de sa rapide cavalerie se brisèrent contre le rempart de fer des lances européennes. Plus d'une fois aussi les croisés montèrent à l'assaut, et, accablés de pierres et de flèches, livrés surtout à l'efifroyable puissance du feu grégeois , ils remplirent de leurs cadavres les fossés de la viïle.
Le principal effort de Tannée française se porta contre la Tour maudite, et c'est là aussi qu'eut lieu le fait d'armes le plus mémorable de tout le siège. La mine ayant ébranlé les fondements de cette tour, et le mur commençant à chanceler, un mêm.e élan emporte aussitôt une foule de croisés qui se croient déjà maîtres de la place. Ds sont repoussés. A cette vue, Albéric Clément, «maréchal du roi Philippe, » s'anime d'une généreuse résolution. «Je mourrai aujourd'hui, s'écrie-t-il, ou, avec la grâce de Dieu , j'entrerai dans Acre. » Et saisissant une échelle il s'élance au haut de la muraille, et abat de son épée plusieurs Sarrasins. Mais trop de guerriers l'ont suivi, et ils sont entraînés à terre. avec l'échelle qui ne peut les porter. Les Sarrasins , en la voyanf tomber, poussent an cri de joie : Albéric, seul sur le mur, combat encore; mais il succombe à la fin sous une^;;rele de traits que lui lancent de loin des mUliers de màiiis ennemies.
PTOUÉMAÏS BEMISE A PHILIPPE-AUGUSTE ET A RICHARD COEUR-DE-LION.— 15 JUILLET 1191.
Blohdel. — 1839.
Quelques jours après cet assaut, les Sarrasins décourages demandèrent à capituler ; mais Philippe-Auguste refusa d*épargner Ptoiémaïs, si Jérusalem et toutes les villes enlevées aux chrétiens depuis la' bataille de Tibériade ne leur étaient rendues. Le haut prix de cette rançon était un outrage , et cet outrage ranima chez les Sar^ rasins l'énergie du désespoir : on les vit, selon le langage figuré d'im de leurs historiens, «du haut de leurs remparts à demi ruinés , se jeter sur les assaillants comme des pierres détachées du sonmiet des montagnes. » Mais ces prodiges dune valeur désespérée ne purent longtemps se soutenir, et une nouvelle capitulation, que rhonneur des Sarrasins pouvait accepter, leur fut accordée. Bs s engagèrent à livrer Ptolémaïs avec toutes les armes , les munitions et les richesses que renfermaient la ville et le port ; à rendre la sainte cix>ix et seize cents prisonniers chrétiens; enfin à payer deux cent mille besants d'or. Philippe-Auguste et Richard prirent ensemble possession de la ville, et les deux bannières de France et d'Angleterre furent en même temps arborées sur les muraiUes. La garnison mustdmane passa désarmée devant les croisés rangés en bataille. «Mais, dit un des
chroniqueurs de la croisade, ils ne semblaient point abattus par leur défaite; la fierté de leur visage n avait point péri , et leur air intrépide simidait la victoire. »