ENTREVUE DE PHILIPPE-AUGUSTE AVEC HENRI U A GISORS. — 24 JUIN
Saiht-Évrb.— 1839.
PHIUPPE-AUGUSTE PREND LORIFLAMME A SAINT-DENIS.
Sakdin , après avoir anéanti l'armée chrétienne sur les bords du lac de Tibériade (3 juillet 1187), marcha bientôt de conquête en conquête jusque sous les murs de Jérusalem. Le 3 octobre de cette même année, ime capitulation remit la ville sainte entre ses nàains, et le drapeau des Ayoubites remplaça l'étendard de la croix sur la montagne de Sion. Cette nouvelle répandit en
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Europe une constematioû sans égale : le pape Urbain IIl en mourut de douleur. Son successeur appela tout ma»sitôt les rois et les peuples de TOccident à la veng^nœ^r Guillaume» archetêque de Tyr, témoin de cette grande catastrophe, alla prêcher la croisade en France , en Ai»gleterre et en Allemagne ^ et à sa voix le» trois plus puis^ sants monar^es de la chrétienté donnèrent leurs noms à la milice sainte* La dîme saladine, ainsi appelée e» ié^ moignage de la terreur qui s'attachât au nom du redoutable sultan, fiit partout levée pour subvenir aux frais de l'expédition.
Philippe-Auguste avait pris la croix à Gisors avec le roi d'An^eterre Henri II, en 1 188 : les deux monarques avaient abjuré leurs ressentiments devant le grand intérêt de la guerre sainte, et s'étaient embrassés en versant desf larmes. Une église devait s'élever sur le lieu de leur réconciliation pour en perpétuer le souvenir ; mais Henri survécut à peine quelques mois à cette entrevue, et ce ne fut que deux ans après que Philippe-Auguste, rétenu par les soins de son gouvernement , pot se mettre en route pour le grand passage. H assura , avant tout , sa succession, pourvut à l'administration du royaume pendant son absence , fit entourer de murs sa bonne ville de Paris et d'autres places et châteaux pom* les préserver de toute attaque , et, libre alors des soucis de la royauté , «l'an du Seigneur 1 1 90, à la fête de saint Jean-Baptiste, il alla, suivi d'un nombreux cortège, prendre congé du bienheureux martyr siaint Denis dans son éghse. C'était un ancien usage des rois de France , quand ils aUaient
à ia guerre, d'aller prendre utie bannièi^e sur lautel du bienheureux Denis, et de rem[>Orter avec eux^tolnme ude sauvegarde, au fixmtdé bataîlie...Leroi trës-chrétieli alla donc aux pieds des saints martyrs Denis < Rustique et Éleuthère , se mettre en oraison sur le parvis de marbl*e ^ et recommanda son âme à Dieu, à la bienheureuse viet*ge Marie» aux saints martyrs et à tous le^ saints. Enfin, après avoir prié, il se leva fondant en larmes « et reçut dévotement la jarretière et le bourdon de pèlerin des mains de Guillaume, archevêque de Reims, son oncle, légat du siège apostolique ; puis il partit pour combattre les ennemis de la croix de Dieu.. . » Philippe-Auguste s'embarqua à' Gênes , pendant que son firère d'armes, Richard Gœur-de^Lion , qui bientôt devait être son ennemi, faisait voile de Marseille.