‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 5)Chapitre 55 sur 155 · BATAILLE D'ARSUR · texte numérisé non relu

BATAILLE D'ARSUR

EuG. Lami. «^ 1889.

La bataille d'Arsur est peut-être le plus prodigieux exploit qui ait signalé les arm^s des chrétiens pendant les deux sièdes que durèrent les croisades.

* Histoire des Croisades, tom. ÎI, Hv. Vlir, p. 45o.

Les croisés maîtres de Ptolémaïs étaient en marche vers Jérusalem, fls débouchaient de^ montagnes de Naplouse 4ans la plaine d*Arsur, quand ils y trouvèrent deux cent mille, musulmans qui les attendaient pour leur disputer le passage. C'étaient toutes les forces de Saladin, avec lesquelles il se flattait d anéantir larmée chrétienne. Richard Cœur-de-Lion la commandait, et fiOiis lui le duc de Bourgogne et le comte de Champagne. Quelque temps les croisés , dociles à ses ordres , demeu* rèrent serrés les uns contre les autres, poursuivant leur marche sur Arsur, se contentant de faire face à Tennemi, qui, suivant l'expression dun historien arabe, les entourait comme les cik environrient l'œil, A la fin les plus braves se lassèrent d'être impunément assaillis par ce ramas de Be^oujps, Scythes, Éthiopiens, etc., qu'ils étaient accoutmnés â mépriser. L'arrière-garde , où étaient les iiospitalisr^, s'ébranla , et bientôt tout le reçte de l'armée, chevaliers de Bourgogne et de Champagne, Fiapi^nds, Angevins, Bretonjs, Poitevins, fut eptrjaîpé à leur suif;é. De h m^T ^x mpntagpes ce pe fut plus qu'un yaste champ de carnage. P.ich^rd se iQOiitrait partout fm^nt ent^i^ve son redoutable cri de guerre : Dieu, sficowez le saint séfulçre I et partout des ruisseaux de sang, des escadrons en déspr4re piarquaieQt spn passage. En peu de temps l'araiée jde Saladin fut disp^r^ée devant cette nation de fer, comme ils appelaient les chrétiens^ et le sultan resta seul avec dîx-sept de ses mamelucks. Taki-Ëddin, son neveu, dans cette terrible extrémité rallie autoiur de lui vingt mille de ses soldats en fiiite, et

renouvelle contre les oroisés un eflfort désespéré. Étonnés et croyant à peine à leur victoire, ceux-ci plient d'abord devant ce choc inattendu ; mais Richard, «enillahle au moissonneur qui ahatles épis, se. jette au milieu des Sarrasins et les disperse encore une fois. Une autre attaque qu'ils tentent contre son arrière-garde lui donne une troisième victoire, et larmée de Saladin eût été anéantie tout entière si la forêt d'Arsur n'eût accueilli et protégé ses débris.

MARGUERITE DE FRANCE, SŒUR DE PHILIPPE-AUGUSTE ET REINE DE HONGRIE, MÈNE LES HONGROIS A LA CROISADE.

^ PiNGRBT.— iSSg.

À peine Richard Cœur-de-Lion eut-il quitté la Palestine que les établissements chrétiens y furent menacés de nouveaux périls. Cette fois ce fîit l'Allemagne qui s'ébranla pour marcher au secours des saints lieux. Les peuples de Hongrie suivaient ce mouvement, et ce fat leur reine, Marguerite de France, qui les conduisit à la croisade. Cette princesse, après la mort du roi Béia son époux, avait fait le serment de ne vivre que pour Jésus- Christ, et de finir ses jours dans la terre sainte.

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