BATAILLE DE PATAL — JUIN
La prise de Jargeau donna un nouvel éclat aux armes de Charles VII, et amena ime foule de seigneurs sous sa hannîère -, le comte de Vendôme , le sire de Loheac et son frère, Guy de Laval, le seigneur de la Tour d'Auvergne, le connétable de Richemont enfin , avec quatre cents lances , vinrent renforcer l'armée royale. On n'hésita plus
* Hisioire des ducs de Bourgogne, par M. de Barante, t. V.
dès lors à se porter au-devant des Anglais à travers les plaines de la Beauce , et quoique sir John Fastolf eût rejoint lord Talbot avec des renforts qu'il lui avait amenés de Paris , on résolut de leur livrer bataille : c'était toujours la Pucelle qui inspirait les courageuses résolutions. « n faut chevaucher hardiment , disait-elle , nous aurons bon compte des Anglois , et les éperons seront d'usage pour les poursuivre. » ••
Une grande incertitude régnait au contraire dans le camp ennemi. Les deux chefs, partagés d'opinion sur la position quU fallait prendre , avaient à peine commencé à ranger leur armée en bataille, lorsque déjà l'avant-garde française, conduite par Lahire et Saintrailles , accourait pour les assaillir. Cette fois l'infanterie anglaise n'eut point le temps de ficher en terre ses pieux aiguisés pom' s'en faire un retranchement. Les Français se jetèrent impétueusement à travers cette masse flottante, et y portèrent en un instant le désordre et le carnage. Le corps de bataille , qui, sous les ordres du duc d'Âlençon et du connétable , suivit de près l'avant-garde , acheva aisément la victoire. On compta par milliers les ardhiers des communes d'Angleterre dont les corps jonchaient la plaine , et lord Talbot, avec lord Scale?, lord Hungerford et la plupart des capitaines de son armée, se ren- (Kt prisonnier. La bataille de Patai fut regardée comme une ^orieuse revanche des fatales jom^nées d'Azincourt et deVerneuil.