‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 5)Chapitre 81 sur 155 · PRISE DE JARGEAU.— JUIN · texte numérisé non relu

PRISE DE JARGEAU.— JUIN

Théodore àlioht. — iSSg.

Jeanne d*Ârc avait toujours annoncé comme le terme de sa mission qu'elle mènerait Charles VII à Reims pour y être sacré. Aussitôt après la levée du siège d'Orléans, elle insista vivement pour qu'on lui permît d'accomplir sa tâche, en conduisant le roi à cette glorieuse destination. Les difficultés étaient grandes , toutes les villes entre la Seine et la Loire occupées par les Aurais ou les Bourguignons , le conseil du roi contraire. L'enthousiasme de Jeanne entraîna tout, et, le 1 1 juin, le duc d'Alençon, celui de tous les princes et seigneurs de la cour qui montrait le plus de confiance aux paroles de la Pucelle, marcha sur Jargeau avec tous les vaillants chevaliers qui avaient défendu Oriéans.

On trouva les Aurais rangés en bataille devant la ville avec une fière contenance ; mais Jeanne se porta en avant, son étendard à la main, et aussitôt l'ennemi, incapable de soutenir le choc des escadrons finançais, se retira derrière les murs. H» fallut alors assiéger la ville, et pendant trois jours les canons et les bombardes ne cessèrent de tirer pour ouvrir une brèche. Dès qu'elle fut praticable , on livra l'assaut , et la Pucelle , tenant toujours son étendard, donna l'exemple d'escalader la muraille sous les coups de l'ennemi. Renversée dans le fossé par une grosse

pierre qui roula sur son casque , on la crut morte ; mais elle se releva promptement en criant: «Sus, sus, mes amis! Dieu a condamné les Anglois: à cette fois ils sont à nous. »

Le comte de Suffolk essaya dès lors vainement de prolonger la résistance. Son frère, Alexandre de la Poole, venait d être .frappé à ses côtés ^ et lui-même se voyait à rinstant de tomber entre les mains des gens des communes , qui ne faisaient aucun quartier. « Il s adressa à un homme d*armes qui le poursuivait : « Es-tu gentilhomme ? (( lui demanda-t-il. — Oui, répondit celui-là , qui était un «écuyer du pays d'Auvergne, nommé Guillaume Re- « gnault. — Es-tu chevalier? continua le chef des Aurais. tt — Non, reprit loyalement Técuyer. — Tu le seras de « mon fait, » dit le comte de Suffolk. 11 lui donna Tacco- }ade avec son épée, puis la lui remit, et se rendit son

prisonnier ^

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