‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 5)Chapitre 91 sur 155 · DÉFENSE DE BEÂUVAIS. — 22 JUILLET · texte numérisé non relu

DÉFENSE DE BEÂUVAIS. — 22 JUILLET

CiBOT. — 1887.

Quand Charles VU eut laissé à Louis XI la France délivrée des Anglais, toutes les forces de la monarchie durent naturellement se retourner contre cette puissante maison de Bourgogne, rameau détaché de la maison de France , qui menaçait de grandir, au-dessus d'elle et de Tétouffer. Louis XI et Charles le Téméraire portèrent dans cette lutte acharnée la diveirsité de leur génie, lun ce que la perfidie a de plus odieux, lautre ce que la violence a de plus brutal.

Le duc de Guyenne, dont la faihlesse inquiète et tracassière faisait ombrage au roi son frère, venait de périr d'une mort subite. Le duc de Bourgogne prend avantage de ce crime, que la voix pubhque impute au roi, publie un manifeste où il le désigne comme fratricide à l'exécration de l'Europe, et fait marcher ses troupes sur la Normandie. Beauvais était sur son passage : il ne songeait point à l'assiéger; la ville elle-même, sans autre garnison que quelques hommes d'armes fugitifs arrivés de la veille, n'était point préparée à une attaque. Mais telle était l'horreur qu'inspiraient les cruautés des Bourguignons, qu'à la vue des premières lances du sire d'Esguerdes , les habitants embrassèrent la courageuse résolution de fermer leurs portes et de se défendre.

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