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Galeries historiques du Palais de Versailles

FILEE UNIQUE DE LAURENT DE MEDIUS, DEUXIEME DU NOM, DUC DTRBIN, ET DE MADELEINE DE LA TOUR, DITE DE BOULOGNE.

( N* 2000. ) A lbbicr , d»prèi Qncmd .

Née A Florence, le i3 avril i ô t c> . — Mariée A Marseille, le iS octobre 1 533, à Henri, duc d'Orléans, de-

puis Henri II, roi de France, second fils de François I" et de Claude de France. — Morte le 5 janvier 1 5 89.

CATHERINE DE MÉDICIS

HEINE DE FRANCE

| V 2001 . j D'après un tableau de Clouct de II

galerie do Musée royal

Catherine de Médicis ne semblait pas appelée par sa naissance à une fortune royale , et lorsque François Irr la donna pour épouse au second de ses fils, il encourut le reproche d'avoir mésallié la maison de France. Catherine, qui sortait à peine de l'enfance, apporta à la cour • du roi son beau-père tous les vices de l'esprit et du cœur qiu caractérisaient sa famille , et que recouvrait le vernis de la civilisation florentine. Elle aimait les arts et contribua à les faire fleurir dans sa nouvelle patrie; mais c'est là la seule louange qui lui soit due par l'histoire, et l'on ne saurait dire tous les maux que firent à la France son indifférence sceptique sur les choses religieuses , son mépris scandaleux de toutes les lois de la morale, et les maximes de cette politique égoïste et frauduleuse dont elle donna à ses fils la leçon et l'exemple. Son rôle fut secondaire tout le temps que vécut François I"; a peine cessa-t-il de l'être lorsqu'elle devint reine couronnée de France ( 1 o juin 1 5 4 9). Elle sut patiemment s'effacer devant la hautaine et ambitieuse duchesse de Valentinois , qui possédait le cœur du roi son époux. La mort de Henri II la laissa encore sans influence dans le gouver-

nement : François II subissait l'irrésistible ascendant de Marie Stuart, et cette jeune reine celui de ses oncles , les princes de la maison de Lorraine. Ce fut l'avénemcnt au trône de son second fils , Charles IX , qui livra enfin le pouvoir aux mains de Catherine. Elle fut pendant trois ans régente (i 5 60-1 563), et, mettant le triomphe de son génie à tout corrompre pour tout dominer, fart suprême de sa politique à ruiner l'un par l'autre les partis qui divisaient la cour et le royaume , elle ne fit rien pour arrêter le grand incendie des guerres religieuses. Après neuf autres années, durant lesquelles elle continua de régner sous le nom de son fils, le dernier résultat de ses combinaisons machiavéliques fut d'amener Charles IX à la redoutable alternative de subir le joug des huguenots ou d'y échapper par le plus noir des forfaits. On sait comment elle s'unit au duc de Guise pour arracher à lame faible et violente du jeune monarque l'ordre du massacre de la Saint-Barthélemy (157a). Ce fut là comme le dernier coup de sa fatale puissance; elle cessa dès lors de régner dans la conscience troublée de Charles IX, et si elle exerça sur lui un reste d'empire , ce fut en nourrissant la jalousie du malheureux prince contre le duc d'Anjou , objet de ses préférences maternelles. Cependant l'avènement de ce fils bien-aimé ne lui rendit pas le pouvoir ( 157/1) : Henr* tourna contre sa mère les vices qu'il avait reçus d'elle , et les influences auxquelles il se livra ne furent point celles de Catherine. Elle assista en simple témoin aux événements du règne de ce prince, et se trouvait au château de Blois lorsqu'il y fit assassiner

le duc de Guise (?3 décembre i 588 ). On pourrait presque regarder comme son testament politique le mot triste et célèbre avec lequel elle caractérisa ce crime : « C'est bien coupé , mon fils ; il faut coudre maintenant. » Catherine de Médicis mourut quelques jours après , le 5 janvier 1 58g , dans sâ soixante et dixième année. Elle avait fait bâtir le château des Tuileries , celui de Monceaux et l'hôtel de Soissons, monuments de ce goût intelligent des arts qu'elle avait apporté de l'Italie.

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