‹ Galeries historiques du Palais de VersaillesChapitre 2 sur 299 · ANTOINE DE BOURBON , DUC DE VENDOME · texte numérisé non relu

ANTOINE DE BOURBON , DUC DE VENDOME

KOI DE NAVARRE,

SECOND riLS DE CHARLES DE BOURBON , DUC DE VENDOME, COMTE DE SOISSONS , ET DE FRANÇOISE D'ALENÇON , FILLE DE RENÉ, DUC D'ALENÇON , ET DE MARGUERITE DE LORRAINE.

(V 200*2.) Tablcu du tenij».

Né au château de laFère, le 11 avril 1 5 1 8. — Marié à Moulins, le 20 octobre 1 568, à Jeanne d'Albret, reine de Navarre. — Mort le 1 7 novembre 1 56a.

La première moitié du seizième siècle avait vu finir les deux branches aînées de la maison de Bourbon , et à la mort de son père, en 1 536 , Antoine devint le chel de cette famille, avec le titre de duc de Vendôme. Jeanne, fille et unique héritière de Henri d'Albret, possédait alors au pied des Pyrénées les débris du royaume de Navarre échappés à l'ambition de Ferdinand le Catholique. On

maria cette princesse au duc de Vendôme, pour que ses seigneuries ne passassent pas dans une maison éU*angère. Leur union fut célébrée à Moulins, le ao octobre 1 568. Le roi de Navarre, ainsi que beaucoup de seigneurs de son temps, embrassa le calvinisme sans conviction réelle et seulement pour échapper au joug étroit d une religion qui gênait ses plaisirs. Il était trop faible et trop léger pour être ambitieux, et ne chercha pas, comme le prince de Condé , son frère , dans les opinions nouvelles un chemin pour monter au pouvoir. A la mort de Henri II, il se laissa aisément éloigner de la cour, et, pendant qu'il menait à Philippe II sa fiancée , Élisabeth de France, abandonna le champ libre à l'ambition des Guises (1 55o). Lorsque ensuite eut éclaté la conjuration d'Amboise, et que la perte des huguenots eut été résolue dans les conseils de François II , Antoine de Bourbon , avec Condé , son frère , fut sommé de se rendre aux états généraux d'Orléans, et ce prince, à qui le cœur avait failli pour déployer le drapeau de la guerre civile, ne craignit pas de porter sa tète à ses ennemis , s'en remettant à sa femme et à son fils du soin de sa vengeance (1 56o). La mort inattendue de François II, en même temps quelle arracha le prince de Condé au supplice, sauva le roi de Navarre d'un danger presque égal. Il eût pu, comme premier prince du sang, disputer la régence à Catherine de Médicis; mais l'adroite Italienne le réduisit sans beaucoup de peine à se contenter du titre de lieutenant général du royaume. Elle sut en même temps l'enchaîner aux charmes d'une de ces courtisanes titrées

qui peuplaient sa cour et faisaient l'un des principaux instruments de sa politique. On le vit alors abjurer le calvinisme aussi aisément qu'il l'avait embrassé , et s'unir au duc de Guise et au connétable de Montmorency

contre les huguenots. Deux fois, au début de la guerre civile , il se trouva face à face avec son frère , le prince de Condé, et fit échouer le projet formé par les chefs huguenots d'enlever le roi. 11 fut chargé ensuite de faire rentrer sous l'obéissance royale la ville de Rouen , qui s'était donnée aux réformés , et reçut en l'assiégeant une blessure qui ne l'empêcha pas d'entrer victorieux par la brèche ( i 56*2). Mais, comme en revenant a Paris il remontait la Seine, il fut forcé de s'arrêter aux Àndelys, et y mourut, le 17 novembre, à l'âge de quarantequatre ans.

JEANNE DALBRET,

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