SALES (SAINT FRANÇOIS DE
nÉpri ut Giaivi,
PUS DE KnANÇOIS, SEIGNEUR DE SALES, ET DE FRANÇOISE
DE SIONNAZ.
i >• M88. ) Tableau du tcu»!*.
Né au château de Sales, en Savoie, le 1 1 août 1 067. — Mort le 28 décembre 162a.
Saint François de Sales parut à l'époque où la querelle religieuse du xvi* siècle commençait à se retirer des champs de bataille , et à laisser la place aux pacifiques influences de la prédication et des vertus évangéliques. Il eut la gloire de faire rentrer des milliers d'âmes dans le sein de l'Église catholique par le seul ascendant de sa parole et de ses exemples. Né d'une famille de la Savoie où la piété était héréditaire avec la noblesse, il fut envoyé à Paris pour y recevoir l'éducation d'un gentilhomme. Il n'avait que seize ans lorsqu'il quitta cette ville, et, déjà touché de la grâce, il sentait pour la vie ecclésiastique un entraînement irrésistible. Cependant, tou-
jours docile à la volonté de ses parents, il se rendit h l'université de Padoue et y prit le bonnet de docteur; mais , dans sa vie de retraite et de travail , il avait su joindre l'étude de la théologie à celle de la jurisprudence, et lorsque , pour achever son éducation , il reçut l'ordre de visiter Rome et les autres grandes villes de l'Italie, il n'écouta pas les instincts d'une vaine curiosité, il ne songea qu'à nourrir sa piété en allant prier dans les sanctuaires les plus vénérés et recherchant la trace auguste du sang des martyrs. Revenu en i5q3 dans la maison paternelle, il déclara sa vocation à ses parents, qui voulaient le marier, et obtint, quoique non sans peine, la permission de la suivre. L'évêque de Genève, trop heureux d'enrichir son clergé d'un tel trésor de vertu et de science, fit violence à l'humilité du jeune lévite, et l'obligea de franchir dans la même année tous les de grés qui le séparaient du sacerdoce (1693). Dès le lendemain même de son ordination , François de Sales court aux plus rudes et aux plus périlleuses fonctions de l'apos tolat, à la conversion des hérétiques. Le voisinage de Genève avait infecté des erreurs de Calvin les âpres val lées du Chablais, et le duc de Savoie désirait impatiemment de faire rentrer sous l'autorité du saint-siége les sauvages peuplades de cette contrée. En trois ans cette grande œuvre fut accomplie à travers mille dangers et par les miracles d'une infatigable charité. Clément VIIÏ, au nom de l'Eglise dont il était le chef, applaudit à cette victoire éclatante de la prédication catholique, et trois ans après, l'évêque de Genève voulut avoir l'apôtre du
Chablais pour son coadjuteur (1699). Le traité conclu en 1 60 1 entre Henri IV et Charles-Emmanuel venait de donner à la France une partie du diocèse de Genève : François de Sales fut obligé de se rendre à Paris dans l'intérêt du troupeau qu'il devait gouverner un jour, et le Roi donna l'exemple à sa cour de s'incliner devant les vertus du prélat et de se soumettre à ses pieux enseignements. La mort de l'évêque de Genève survint alors (160 a) et rappela François de Sales en Savoie. Tout ce que l'administration épiscopale peut répandre de bienfaits fut prodigué pendant vingt ans aux peuples placés sous l'autorité de ce saint pasteur. On le vit, sans aucun souci de l'âpreté du climat et au péril journalier de sa vie , poursuivre jusqu'aux portes de Genève sa lutte de patience et de douceur contre les restes opiniâtres de l'hérésie; on le vit introduire les plus sages réformes, multipber les fondations pieuses, faire couler de toutes parts les sources abondantes de la charité dans son diocèse. Tout à tous, il visitait, il consolait, il catéchisait, ne laissant aucune souffrance qui ne fût soulagée, aucune indigence qui ne fût secourue , aucune ignorance qui ne fût instruite, et faisant revivre dans ses pauvres montagnes toutes les merveilles des premiers siècles du christianisme. En même temps son zèle apostolique savait se répandre au dehors en mille saintes œuvres. Il prêchait le carême à Dijon, en 160&, lorsqu'il commença à y connaître madame de Chantai. La pieuse intimité qui unit ces deux âmes fut prompte , et l'on sait ce que François de Sales employa de soins et de veilles pour diriger
vers la perfection la brebis cbérie qui setait placée sous sa boulette. Le saint institut de la Visitation , donné à la chrétienté, fut le fruit de leurs communs efforts. A Rome, c'était le pape Paul V qui écrivait à levêque de Genève pour le consulter sur la solution qui devait être donnée à la question ardue de la grâce ( 1 607) ; en France, c'était un nombre infini d'âmes qui sollicitaient des directions, et le grand roi Henri IV, qui, par des offres répétées, s'efforçait de gagner à son royaume le plus ricbe joyau de l'Église. François de Sales refusa d'échanger le gouvernement de son bumble troupeau contre u des grandeurs pour lesquelles, disait-il, Dieu ne l'avait pas fait; » mais il garda toujours pour Henri IV un profond sentiment d'admiration et de reconnaissance, et donna des larmes à sa mort (1610). Plus tard , à la suite du cardinal de Savoie , fils de Charles-Emmanuel , il revit la cour de France, et cette fois encore on fit de vains efforts pour le retenir en lui offrant la coadjutorerie de Paris, avec tout le bien que cette grande charge lui eût donné à faire (1618). Ce fut alors qu'il vit Vincent de Paul et apparut aux yeux de ce saint prêtre comme le portrait vivant de Jésus -Christ sur la terre; ce fut alors aussi qu'il connut la mère Angélique Arnauld, et donna à cette âme ardemment emportée vers la perfection des conseils de modération et de prudence dont elle eut le malheur de ne pas toujours se souvenir. Rentré dans son diocèse, François de Sales eût voulu n'en plus sortir. Il couvait de ses ailes l'œuvre bénite de la Visitation et jouissait du merveilleux essor qu'elle commençait à prendre. Chaque
jour il se donnait davantage aux pauvres et se faisait pauvre avec eux. 11 lui fallut cependant abandonner ces travaux si chers de lepiscopat pour obéir à son souverain, qui lui commandait encore une fois d accompagner en France le cardinal de Savoie , envoyé à Avignon pour complimenter le roi Louis XIII. François de Sales, comme averti d'en haut qu'il ne reverrait plus son troupeau, fit son testament avant de partir et prêcha une dernière fois dans sa cathédrale. Sa santé , naturellement faible et ruinée par les labeurs de f apostolat, ne résista point à la fatigue de ce voyage. En reprenant le chemin de son diocèse , il tomba malade à Lyon , et y mourut le 18 décembre 1612 : il était dans la cinquantesixième année de son âge. Quarante-trois ans après sa mort , François de Sales fut inscrit par l'Eglise sur la liste des saints quelle vénère. Il a laissé des écrits où respire tout le parfum de son âme et qui offrent les enseignements les plus hauts de la piété revêtus du charme d'un langage naïf et familier.
CATHERINE DE BOURBON