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ROI D'ANGLETERRE ET DÉCOSSE

FILS DE HENRY DARNLEY, ET DE MARIE STUART, REINE D'ECOSSE. (N* 2316.) Debacq, d'après an ancien portrait.

Né le 19 juin i566. — Marié, le 3i août i5qo, à Anne de Danemarck , seconde fille de Frédéric II , roi de Danemarck , et de Sophie de Mecklenbourg. — Mort le 6avril i6a5.

Jacques, roi d'Écosse presque en naissant, reçut du docte Çuchanan une éducation qui, par le vice de son esprit, tourna tout entière au pédantisme, et fit de son savoir un objet de risée pour ses peuples et pour toute l'Europe. Héritier présomptif d'Elisabeth, il était regardé d'un œil de défiance par cette princesse altière et jalouse, et plaida vainement auprès d'elle la cause de sa malheureuse mère. Plus d'une fois, dit-on, elle voulut se délivrer de Jacques comme de Marie Stuart; mais le roi d'Écosse avait su gagner Cecil , le principal des ministres d'Èlisabeth , et rien ne gêna son avènement au trône d'Angleterre (i6o3). Jaloux du titre de Roi pacifique , dont il couvrait sa pusillanimité , il commença par signer la paix avec l'Espagne (i6o4), et fit bientôt connaître à Henri IV que la France n'avait plus à compter sur l'alliance britannique contre la maison d'Autriche. La pensée dominante de Jacques 1" était d'accomplir la

réunion des deux royaumes d'Ecosse et d'Angleterre sous le nom commun de Grande-Bretagne et d'y établir tout ensemble l'unité politique et l'unité religieuse. Nourri dans les querelles tbéologiques , il en avait pris le goût et croyait puissamment agir sur l'esprit de ses peuples en prononçant devant le Parlement de longues harangues, où il appuyait son droit divin de l'autorité des saintes Écritures. Malgré son zèle pour la foi anglicane, il avait d'abord, par respect pour la mémoire de sa mère, montré des dispositions tolérantes pour les catholiques; mais la conspiration des poudres ( i 6o5), qu'elle ait été réelle ou imaginée par Cecil , changea son indulgence en persécution. Les catholiques furent condamnés à n'approcher jamais de dix lieues de Londres, les jésuites furent bannis du royaume, et le Parlement décréta la formule du serment d'allégeance, qui refusait au pape tout droit sur les couronnes. Cependant ce roi vaniteux et bavard, ignoble dans ses mœurs, et tour à tour gouverné par Robert Carr et par Buckingham , ne pouvait conserver longtemps l'estime et l'affection de la nation anglaise , et, par une étrange inconséquence, plus il laissait l'autorité s'avilir entre ses mains, plus il réclamait avec hauteur les droits absolus de sa couronne. Il engagea ainsi avec le Parlement une guerre de prérogative dont il devait transmettre à son fils le funeste héritage. Il froissait en même temps l'orgueil britannique en désertant au dehors la cause de la réforme, et laissant détrôner par les armées impériales son gendre, l'électeur palatin Frédéric V (1621). On s'étonna de le voir, en de telles circons-

tances, courtiser la maison d'Autriche et vouloir donner au prince de Cialles une infante d'Espagne pour épouse ( 1 6a3). Ce projet de mariage échoua et Je versatile monarque s'en consola bientôt en cherchant une femme à son fils dans la maison de France. Jacques ne vit pas l'union de Charles et d'Henriette de France s'accomplir : il mourut, le 6 avril i6q5, à l'âge de cinquanteneuf ans.

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