DU VAIR (GUILLAUME
GARDE DES SCEAUX DE FRANCE
(N* *Jd05. ) P. FmmQOK, d'après un tableau de
Porbus, de la galerie du M usée royal.
Guillaume Du Vair fut un des dignes successeurs des grands magistrats du xvie siècle. Élevé pour l'état ecclésiastique, il n'en suivit pas moins le barreau, et fut pourvu, à l'âge de vingt-huit ans, d'une charge de conseiller au parlement de Paris ( i584). Sa conduite pendant les temps difficiles de la Ligue lui mérita la confiance d'Henri IV. Ce prince l'employa à faire rentrer Marseille sous l'obéissance royale, lui donna ensuite une mission auprès de la reine d'Angleterre, et finit par le nommer premier président au parlement de Provence. Du Vair, prêtre irréprochable en même temps que magistrat intègre, vivait à Aix, entouré de l'estime et de l'alTection universelle, lorsqu'il fut enlevé à ses fonctions, le 5 mai j 6 1 6 , pour recevoir les sceaux qui venaient d'être ôtés au chancelier Brûlart de Sillery. Il quitta au bout de six mois ce poste auquel il n'avait jamais aspiré, et qu'il remplit au détriment de sa réputation , non de vertu , mais de capacité. Cependant, après la chute des Concini, Louis XIII lui rendit les sceaux, et Du Vair les garda jusqu'à sa mort. Il s'honora par la fermeté avec laquelle il défendit les prérogatives de sa charge contre les insolences du duc d'Épernon (i 6 i 8). Deux ans après, le Roi
s'étant rendu en Guyenne pour faire la guerre aux huguenots, Du \ air suivit l'armée et contracta, au siège de la petite ville de Clairac , une fièvre épidémique à laquelle il succomba, le 3 août 1621, dans la soixantesixième année de son âge. Il a laissé divers traités de piété ou de philosophie qui lui assignent un rang distingué parmi les écrivains de celte époque.