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MINISTRE, SECRÉTAIRE D'ÉTAT

PILS DB CLAUDE LE BOUTflILLIER , SEIGNEUR DE PONT-SUR-SEINE ET DE POSSIGNY, SECRÉTAIRE D'ETAT, SURINTENDANT DES FINANCES, ET DE MARIE DE BRAGELOGNE.

(N'2408.) 1 Anden tableau.

Né en 1608. — Marié, le 20 mai 1627, à Anne Phélypeaux, fille unique de Jean Phélypeaux, seigneur de Villesavin , et d'Isabelle Blondeau. — Mort le 1 1 octobre i65a.

Chavigny, fils d'un secrétaire d'état, dut à sa naissance de siéger au parlement de Paris presque au sortir des écoles. A vingt-trois ans il était conseiller d'état, et l'attachement de son père au cardinal de Richelieu ne tarda pas à le pousser plus avant dans les voies de la fortune. En 1 63 1 , peu après la journée des Dupes et la victoire définitive du grand ministre sur Marie de Médicis, Chavigny reçut de lui une mission de confiance en Italie, et s'en acquitta avec tant de célérité et de succès qu'il entra peu après au conseil avec la survivance de son père (1 63 2). Il fut dès lors un des plus fidèles et des plus habiles instruments de la politique du Cardinal , et on le voit en 1 635 signer les traités par lesquels la France, au moment de déclarer la guerre à l'Espagne , renouvela ses alliances avec la Suède et la Hollande; en i63g,

négocier avec la régente de Savoie l'occupation du durhé par les troupes françaises. Trois ans après, quand la lutte éclata entre Richelieu et Cinq-Mars, Chavigny resta au poste que lui marquaient la reconnaissance et l'amitié , et c'est lui qui reçut des mains défaillantes du Cardinal , pour le porter au Roi, le traité conclu par le grand écuyer et ses complices avec le comte -duc d'Olivarez (10 juin 16/42). Louis XJII, après la mort de Richelieu, conserva à Chavigny toute sa confiance ; mais Mazarin , lorsqu'il fut devenu premier ministre d'Anne d'Autriche, lui fut moins favorable : il écarta les deux Bouthillier des affaires , les livrant en sacrifice aux ressentiments de madame de Çhevreuse. Chavigny, jeune encore et près de partir, comme plénipotentiaire de la France, pour les conférences de Munster, vit se fermer ainsi sa carrière politique. Cependant il se ressouvint dans sa disgrâce des relations que le gouvernement de Vincennes lui avait données avec l'abbé de Saint-Cyran, son prisonnier, et l'on put croire un moment qu'il allait embrasser la retraite et les austérités de Port-Royal. Mais il n'y avait pas chez lui l'étoffe d'un solitaire, et à peine les troubles de la Fronde eurent-ils éclaté, qu'il retrouva toutes les ardeurs de sou ambition et tout son génie pour l'intrigue. Il s'attacha au parti de M. le Prince, et eut l'étrange destinée d'avoir pour prison le château dont il avait été gouverneur (i65o). Deux ans après, Chavigny, rendu à la liberté et atteint d'une maladie mor- , telle, appela auprès de son lit Singlin, le successeur de l'abbé de Saint-Cyran dans la direction de Port-Royal,

et voulut lui confier le soin de restituer une somme de près d'un million dé livres, dont la possession chargeait sa conscience. Il n'était âgé que de quarante -quatre ans , lorsqu'il mourut, le 1 1 octobre 16/12.

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