‹ Galeries historiques du Palais de VersaillesChapitre 242 sur 299 · CONSEILLER A LA COUR DES AIDES, ET DE MADELEINE DB BOMPAR · texte numérisé non relu

CONSEILLER A LA COUR DES AIDES, ET DE MADELEINE DB BOMPAR

(K* 2411.) Ph. drChampao.b.

Né à Beaugensier, en Provence Je i" décembre i58o. — Mort le 1 1\ juin i63y.

Peiresc, dans son amour pour les lettres et les sciences, embrassa tout le domaine qui leur appartenait au temps où il vécut. Avec la fortune d'un particulier, il leur procura les encouragements d'un prince , et , selon l'expression de Balzac, «sans l'amitié d'Auguste, il ne laissait pas d'être Mécénas. » Dès son enfance, il montra une ardeur de savoir à laquelle ses parents furent forcés de condescendre. Ses études classiques achevées y il obtint d'être envoyé à Padoue pour étudier le droit, et passa trois ans en Italie, promenant sur tous les objets des connaissances humaines son infatigable curiosité. Venise, Florence, Naples, Rome surtout, lui offrirent des savants à connaître , des monuments à admirer, des ma-

nuscrits à consulter, des débris de l'antiquité à recueillir; et avant de rentrer en France , il envoya à son père les richesses scientifiques qu'il avait ramassées et qui devinrent le commencement de ses collections futures.

. Guillaume Du Vair, premier président au parlement d'Aix, se prit d'un vif attachement pour le jeune érudit et l'emmena avec lui à Paris, en i6o5. Peiresc s'y lia avec l'historien de Thou et le célèbre Casaubon , puis se rendit en Angleterre à la suite de l'ambassadeur envoyé à Jacques 1" par Henri IV , et y trouva d'autres savants avec lesquels il fit échange d'estime et de bons offices. De là il passa en Hollande , vit Scaliger à Leyde, Grotius à la Haye, et y forma de nouvelles amitiés qui devaient s'entretenir par de doctes correspondances. Peiresc, de retour en Provence, obtint une charge de conseiller au parlement d'Aix et se partagea dès lors entre ses devoirs judiciaires et le culte de la science. On le vit eh 1616 accompagner encore à Paris Du Vair nommé garde des sceaux, et l'année suivante siéger à l'assemblée des notables de Rouen. Mais ce ne furent là que de courtes interruptions à ses travaux et au soin journalier d'étendre ses relations scientifiques d'un bout du monde à l'autre. Il disputait au comte d'Arundel les fameux marbres de Paros , avait à sa solde des voyageurs qui recherchaient pour lui des manuscrits en Égypte et en Syrie, ou lui rapportaient même les curiosités naturelles du nouveau monde , et méritait ainsi le surnom que Bayle lui a donné de procureur général de la littérature. Associé par la pensée aux grands travaux de Galilée, il avait fait construire dans sa maison un observatoire du haut duquel , avec Gassendi , son ami , il se livrait aux contemplations et aux calculs astronomiques. On entendait enfin les plus illustres savants de cette époque confesser tous qu'ils de-

vaient quelque chose , soit à 1 érudition encyclopédique de Peiresc , soit à ses vastes collections , dont il leur ouvrait généreusement les trésors. Avec une santé frêle et délicate qu'il n'avait point ménagée dans ses longues études, Peiresc n'atteignit pas l'âge de la vieillesse : il n'avait pas encore cinquante*- sept ans quand il mourut entre les bras de Gassendi, le ak juin 1637.

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