PATRU (OLIVIER
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KII.S DE N. PATRU, PROCUREUR AU PARLEMENT DE PA RIS. (N* 2421.) Ancienne collection de l'Académie.
Né à Paris, en 160 d. — Mort le 1 6 janvier 1 68 1 .
Patru doit surtout à l'amitié de Roileau la célébrité qui accompagne encore son nom : il annonça de bonne heure le goût des lettres, et n'embrassa la profession d'avocat que parce quelle s'accommodait mieux qu'une autre avec cette vocation. Mais on a observé qu'au lieu de travailler par amour du gain, comme ses confrères, il travaillait par amour du beau langage , et perdait ainsi , dans la savante élaboration de ses périodes, un temps qu'il eût pu consacrer à s'enrichir. Il resta donc pauvre , et ne tarda pas même, en renonçant au barreau, à s'appauvrir encore davantage. Une épître dédicatoire qu'il adressa à Richelieu attira sur lui les regards du puissant cardinal, et il entra en 1660 à l'Académie française. Le premier il prononça le jour de son admission un discours de remei ciment, et depuis lors son exemple a fait loi. Dans ce temps où la langue française n'était point faite encore, et où le soin de lui donner la régularité et la correction suffisait à l'ambition et à la gloire
des plus habiles écrivains , Patru , comme Vaugelas et Balzac, s'honora du titre de bon grammairien, et ce mérite fut pour beaucoup dans l'estime et laminé que Racine et Boileau lui portèrent. Du reste, on ne le voit guère sortir de la vie obscure de son cabinet. En 1 65 1 seulement, il se mêla à la polémique de la Fronde, en publiant un pamphlet pour défendre la conduite du cardinal de Retz. Absorbé par l'étude et n'ayant jamais eu souci de sa pauvreté, il la laissa, vers la fin de ses jours, s'aggraver jusqu'à l'indigence, et eût été forcé de vendre sa bibliothèque sans la générosité de Boileau , qui l'acheta en lui en conservant la jouissance. Patru mourut le i 6 janvier i 68 1 , dans la soixante et dix-septième année de son âge.