KILS DE JEAN ANTOINE CARAFFA , COMTE DE MONTORIO
(N" 20&6. ) Albrieh , d'après un portrait de la collection
du château d*Eu.
Né à Naples, en 1 £76. — Mort le 1 8 août 1 55g.
Ce pontife , avant de s'asseoir dans la chaire de saint Pierre , s'était fait connaître par l'étendue de son savoir et la sévérité de son caractère. Créé par le pape Jules II , évêque de Chieti, il fut nonce de Léon X auprès de Henri VIII, roi d'Angleterre, et du roi d'Aragon Ferdinand le Catholique, et reçut de Charles-Quint l'archevêché de Bl indes. Paul III le revêtit de la pourpre en 1 536 , et, d'après ses conseils, accrut les pouvoirs du tribunal de l'inquisition pour la répression de l'hérésie. Lorsque Paul IV fut élu pape , il avait atteint l'âge de soixante et dix-neuf ans et était le doyen du sacré-collége (1 555). Obéissant à l'influence de ses neveux aussi bien qu'à sa haine contre la maison d'Autriche, il attaqua tout d'abord les Espagnols dans le royaume des Deux- Siciles, fit rompre par Henri II la trêve de Vaucelles,
h peine eonelue ( 1 556), et appela le duc de Guise avec une armée française en Italie. Mais le duc d'Albe eut bientôt mis au néant les projets d'indépendance de la politique pontificale, et Paul IV reporta, dans le gouvernement de l'Eglise, toute l'activité de son génie (1557). En même temps qu'il faisait une guerre implacable à l'bérésie ef fondait la congrégation de Y Index pour infliger une censure solennelle aux écrits dangereux, ses réformes dans l'administration intérieure de ses états attaquaient tous les abus et tous les désordres. Tant de sévérité le fit haïr du peuple romain qui , après sa mort, jeta sa statue dans le Tibre. Il mourut, après quatre ans et demi de pontificat, dans la quatre-vingtquatrième année de son âge.
MARGUERITE DE FRANCE
DlCtlE»M I» MTOII,
Ql ATRIEME FILLE DF. FRANÇOIS T, ROI DE FRANCE , ET DE CLAUDE DE FRANCE, SA PREMIERE FEMME.
[»* 20*7.) Tableau du temp..
Née à Saint-Germain-en-Laye , le 5 juin i5q3. — Mariée, à Paris, le 9 juillet i55o, à Emmanuel-Philibert, duc de Savoie. — Morte le 1 k septembre 1 576.
Marguerite de France reçut à la cour de son père une savante éducation. Elle se joua, dès ses premières années, avec l'étude du grec et du latin, et eut pour maître Michel de l'Hôpital, littérateur non moins émi-
nent que magistrat intègre et respecté. Marguerite fut bientôt pour les lettres et les arts une protectrice aussi éclairée que sa tante, la célèbre reine de Navarre. Elle était âgée de trente-six ans, lorsqu'en 1 55g son mariage avec Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, devint une des stipulations du traité de Cateau-Cambrésis. On sait que cette union fut célébrée au lit de mort du roi Henri II. Emmanuel-Philibert était digne d'apprécier les grandes qualités de Marguerite, qui encouragea les travaux de l'esprit en Savoie comme en France, et, ce qui est plus glorieux encore , y mérita par les prodiges de sa charité le surnom de mère des peuples. Lorsqu'en 1 5-74 Henri III quitta en fugitif le trône de Pologne, pour venir s'asseoir sur celui de France , il traversa Turin , et la duchesse de Savoie se donna mille soins et mille fatigues pour recevoir dignement le chef de sa maison. Elle gagna alors une pleurésie, dont elle mourut, le \lx septembre, à l'âge de cinquante et un ans. Sa mort fut un deuil pour les beaux esprits de ce siècle,' qui semblèrent n'avoir qu'une voix pour payer le tribut de leurs regrets à sa mémoire.
COSME DE MÉDICIS
nuisit uuai>*»ec db timmums, FILS DE JEAN DE MEDICIS, DIT L'INVINCIBLE, ET DE MARIE S AL VI ATI.
(V -2048.) bnojizîN,,.
Né le 11 juin 1019. — Marié : i° le 29 mars 1 53t), à Éléonore de Tolède, fille de don Pèdre de Tolède,
vicc-roi de Naples; a° le 29 mars 1570, à Camille Marelli. — Mort le a 1 avril 1574.
A la mort d'Alexandre de Médicis, en 1 537, Cosme, qui ne lui tenait que par les liens d'une parenté éloignée, fut mis à la tète de la république florentine. Charles-Quint le protégea, comme il avait protégé son prédécesseur, mais en s' assurant de la souveraineté réelle de la Toscane par des garnisons mises dans les principales forteresses. Cosme n'eut rien des qualités populaires qui avaient fait aimer le pouvoir des premiers Médicis. Son caractère fut celui d'un sombre despote, et ses moyens de gouvernement la perfidie et la violence. Occupé du soin d'affermir une domination qu'il savait odieuse à ses peuples, il épuisa ses trésors à couvrir la Toscane de châteaux-forts , qui étaient les boulevards de sa tyrannie. Philippe II , lors de son avènement, lui céda le territoire de Sienne, conquis par les armes espagnoles, et, sous la main destructrice de ce nouveau maître, la florissante Maremme devint un désert empesté. Cependant, quoique asservi à la politique de Philippe II , et persécuteur de la réforme pour lui complaire, Cosme ne put obtenir de ce monarque ce que convoitait son ambition. Ce fut au saint-siége qu'il s'adressa pour obtenir un titre de souveraineté qui lui donnât place parmi les puissances de l'Europe. Pie V le créa, en 1869, grand-duc de Toscane, et, l'année suivante , lui mit la couronne sur la tête , malgré les protestations de l'empereur et du roi d'Espagne. Tel était
l'odieux renom de Cosme de Médicis, que ses contemporains l'accusèrent d'avoir fait périr deux de ses fils et leur mère, et que l'histoire ne s'est pas crue suffisamment autorisée à l'absoudre de ce crime. Il mourut dans la cinquante-cinquième année de son âge.