CHAMPAGNE (PHILIPPE DE
r«i»TM.
( N* 2(133.) Ch. I 1 1 1 f. vue , d'après an tableau de la
paierie du Musée royal.
Né à Bruxelles, en 160a. — Marié à N Duchène.
fille de N. Duchêne, premier peintre de la reine Marie de Médicis. — Mort le 1 2 août 167/1.
Philippe de Champagne, quoiqu'il ait donné son talent à la France, appartient à 1 école flamande. Des peintres éminents de cette époque c'est le seul peutêtre qui ne soit point allé se former en Italie. Il voulut le faire, mais la pauvreté l'en empêcha. Du moins l'amitié du Poussin , à côté de qui il travailla pendant quelque temps, le dédommagea-t-elle des grands modèles que ses yeux ne virent jamais. Venu à Paris en 1 6a 1 , il y essuya de ces mécomptes qui ne manquent guère aux artistes à leur début dans la carrière, retourna à Bruxelles pour y chercher une fortune meilleure, et fut bientôt rappelé par Marie de Médicis, qui lui confia la décoration du palais du Luxembourg. Le cardinal de Richelieu, dans sa hautaine rivalité avec la reine mère, ne tarda pas à lui disputer l'habile peintre qui , par ses tableaux faits pour les carmélites du faubourg Saint- Jacques, venait d'acquérir une grande renommée. Mais Champagne avait autant de désintéressement et de modestie que de talent. Il ne prêta son pinceau aux volontés du puissant ministre que lorsque Marie de Médicis eut quitté la France, et l'on sait que ce fut lui qui peignit le dôme de la Sorbonne. Sa place était marquée a l'académie de peinture lorsqu'elle fut créée en î 648, et il y remplit plus tard les fonctions de professeur et de recteur. Il comptait joindre à ces titres celui de premier peintre du Roi; mais Lebrun, qui venait à peine de finir ses études en Italie, lui fut préféré, et l'âme humble et douce de Champagne ne ressentit point comme un affront rette préférrnre. Apres avoir passé sa vie dans
les pratiques d'une piété fervente et timorée , il prit le parti en vieillissant d'aller se joindre aux solitaires de Port-Royal, et mourut au milieu d'eux en 1676, à l'âge de soixante-et-douze ans.