‹ Galeries historiques du Palais de VersaillesChapitre 277 sur 299 · DEC M · texte numérisé non relu

DEC M

(N* 2451.) Ancien tableau , d'après Jean

Van-Ravestein.

Bernard de Saxe-Weimar fut un des plus illustres capitaines que fit naître la guerre de Trente ans. Lorsque lelecteur palatin commença cette guerre en acceptant le trône de Bohême, le jeune rejeton de la branche Ernestine prit les armes pour la cause à laquelle sa famille devait sa gloire et ses malheurs (1 62 1). De l'armée de Frédéric V, il passa en 1623 dans celle du duc Christian de Brunswick , et quand le roi de Danemarck eut accepté, en i6a5, le titre de chef de la ligue du Nord. Bernard alla lui offrir son épée. Ayant reçu de ce prince un régiment de cavalerie, il partagea ses revers dans la campagne de 1627, et le suivit jusque dans file de Fionie. Cependant quelques combats qu'il avait livrés, joints à ses études théoriques sur l'art de la guerre , ne suffisaient pas pour faire de Bernard le digne rival de Tilly et de Wallenstein. Il le sentit et alla chercher au siège de Bois-le-Duc, sous le stathouder Frédéric-Henri, des enseignements qu'il n'eût pu trouver ailleurs (1 629). Un autre maître lui fut bientôt donné, sous lequel il reçut ces leçons vivantes qui firent de lui un des premiers capitaines de cet âge. Gustave-Adolphe venait de descendre en Allemagne (1 63o), et le duc de Weimar alla le trouver tout aussitôt dans son camp de Werden, sur l'Elbe.

Le roi de Suède reconnut en lui des qualités guerrières qui le rendaient digne de sa confiance , et mit sous ses ordres des régiments avec lesquels Bernard chassa les impériaux du landgraviat de Hesse-Cassel, alla rejoindre sous les murs de Wûrtzbourg Gustave qui venait de vaincre à Leipsick (1 63 1 ) , et, forçant ensuite à Oppenheim la barrière du Rhin, parcourut en vainqueur le bas Palatinat. Au commencement de i63î, nommé par le roi de Suède général de son infanterie et envoyé en Bavière , il y poussa si rapidement ses avantages qu'il pénétra jusqu'au cœur du Tyrol et fit trembler Ferdinand II pour ses possessions italiennes. Mais Wailenstein , tiré de sa retraite, était alors en face de Gustave-Adolphe, et ce n'était pas trop de toutes les forces suédoises pour tenir tète à ce redoutable adversaire. Bernard fut rappelé sous les murs de Nuremberg, où les deux armées se tenaient Tune devant l'autre , et lorsqu'après trois mois elles sortirent enfin de leur immobilité, il suivit Gustave sur le champ de bataille de Lutzen (16 novembre 1 63a). On sait qu'il eut l'honneur d'achever cette victoire, que la mort du roi de Suède laissait incomplète. Pendant les deux années qui suivirent, contrarié par les prétentions hautaines du chancelier Oxenstiern et l'étroite jalousie du maréchal de Horn , il ne fit rien de grand ni de décisif : la prise de Ratisbonne fut le seul exploit qui illustra ses armes, et il en perdit tous les avantages par la témérité qui lui fit chercher, à Nordlingen, une défaite inévitable (7 septembre i634). Les suites de cette journée furent fatales à la cause protestante, et dans le cours

de l'année 1 635 toutes les conquêtes de Gustave- Adolphe sur le Rhin retombèrent successivement aux mains des troupes impériales. Ce fut alors que Richelieu , qui venait de déclarer la guerre à la maison d'Autriche , conçut la pensée de lier par un traité le duc Bernard de Weimar aux intérêts de la France (27 octobre i635). L'Alsace , dont le domaine utile était concédé par Louis XIII à l'habile capitaine , devint dès lors le théâtre de ses exploits, et pendant trois années on le voit par une suite de sièges et de combats heureux en accomplir glorieusement la conquête (1 636-i 639). La prise des trois villes de Rheinfeld (3 mars 1 638) t de Fribourg (9 août), de Brisach (19 décembre), et les batailles livrées sous leurs murs mirent le comble à sa gloire militaire. Bernard, après avoir fait hiverner son armée victorieuse dans la Franche- Comté, se préparait à joindre Baner au cœur de l'Allemagne , et à y recommencer les grandes campagnes de Gustave-Adolphe, lorsque, le i5 juillet 1639, il tomba malade à Huningue et mourut au bout de trois jours. Quelques récits contemporains ont attribué sa mort au poison; il est plus probable qu'il succomba à l'une de ces fièvres épidémiques si communes alors dans les contrées ravagées par la guerre.

DU PALAIS DE VERSAILLES. kkl FRANÇOIS D,

DUC DE LOrtRAINE ET DE BAR,

TROISIÈME PILS DE CHARLES III, DUC DE LORRAINE ET DE BAR, ET DE CI, AIDE DE FRANCE, PILLE DU ROI HENRI II.

Giiiraldi , d'après un portrait de Montpcnsier, an château d'Eu.

Né le 2-j février ib'ji. — Marié, le 11 mars 1 597, à Christine, comtesse de Salm, fille unique de Paul, comte de Salm , et de Marie Leveneur-Tiilières. — Mort le i5 octobre i63î.

FRANÇOIS D

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