‹ Galeries historiques du Palais de VersaillesChapitre 287 sur 299 · PILA DE JEAN OTTO · texte numérisé non relu

PILA DE JEAN OTTO

(Y '2'i"f>. Charles Ltrivot , d'après un portrait de

la collection du château d'Fu.

Né en 1 585 , près de Leerdam, en Hollande. — Mort II» 6 mai 1 638-

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Cornélius Otto, né d une famille catholique de Hollande, vint étudier à Louvain, et y changea son nom contre celui de Janssen (Jansenius), que lui donnaient ses contemporains et qu'il a gardé dans l'histoire. Il eut pour condisciple Jean Du Verger de Hauranne, dont la mémpire est inséparable de la sienne, et leurs communes idées de réforme religieuse devinrent le lien de leur amitié. Ils se retrouvèrent à Paris en 1608, et là Jansenius, à la recommandation de Du V erger, fut chargé de l'éducation de quelques enfants ; puis il le suivit à Bayonue, où l'évèque lui confia la direction d'un collège nouvellement fondé ( 161 1 ). Au bout de cinq ans, Du Verger quitta Bayonne pour le diocèse de Poitiers où, avec le titre de vicaire général, il obtint bientôt l'abbaye de Saint-Cyran, et presque en même temps son ami retourna à Louvain, où il fut fait principal du collège de Sainte-Pulchérie (1617). Reçu docteur en théologie dans Tannée 1619, et nommé en i63o professeur d'écriture sainte , Jansenius se consacra tout entier au triomphe de la doctrine que l'abbé de Saint-Cyran et lui voulaient faire prévaloir. Le fond de cette doctrine était , pour réformer l'église, de réduire l'autorité spirituelle des papes a une sorte de présidence nominale de la république chrétienne, et de renouveler sur la grâce et le libre arbitre les idées étranges de Michel Baius, deux fois déjà condamnées par le saint -siège , et aboutissant à faire l'homme esclave de la grâce divine au point de ne pouvoir lui résister. La correspondance des deux amis était active et serrète, et ils no traitaient leur grande affaire

que sous les noms supposés de Sulpice, Boèce, Salion, etc. Dans cette commune entreprise, l'action était réservée à l'abbé de Saint-Cyran , le travail dogmatique à Jansenius, et on le vit à cet effet composer son fameux livre de X Au g us tin as , dans lequel il devait révéler au monde chrétien la pensée inconnue de ce grand docteur et qu'il demandait à Dieu de pouvoir achever avant de * mourir. Cependant le théologien de Louvain interrompit quelque temps ce travail pour se mêler aux affaires politiques des Pays-Bas. En i635 il donna aux seigneurs llamands, comme solution d'un cas de conscience, le conseil de « secouer le joug de l'Espagne et de se cantonner à la manière des Suisses, » et cette année même, la guerre ayant éclaté entre Louis XIII et Philippe IV, il publia le Murs (lui liens , violent pamphlet contre les rois de France, au prix duquel il obtint l'évêché d'Ypres ( i636). Jansenius mit alors la dernière main à son Augastinus, le plaçant avec solennité sous la protection du saint-siége, comme pour détourner la condamnation dont il le croyait menacé. 11 ne devait pas cependant publier lui-même cet ouvrage: ce furent ses exécuteurs testamentaires qui, après sa mort, le livrèrent à l'impression, et déchaînèrent ainsi une controverse dont le scandale devait si longtemps affliger l'Eglise. Jansenius mourut de la peste en 1 638 , à 1 âge de cinquante-trois ans, selon quelques écrits , en bravant le fléau pour donner à ses diocésains des consolations et des secours; selon d'autres, en consultant des manuscrits dans une chambre où l'infection était demeurée.

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