VELASQUEZ (JACQUES-RODRIGUEZ DA SYLYA Y
PRIXTBI.
Né à Séville, en 1099. — Marié à N... Pacheco. — Mort le 7 août 1660.
Velasquez est un des premiers peintres de 1 école espagnole ; il dut à son pinceau une grande renommée , une situation brillante à la cour de Madrid et l'admiration de toute l'Europe. S'il ne s'éleva pas jusqu'aux sublimes hauteurs de l'idéal, comme les maîtres immortels de l'art, il reproduisit la nature avec la fidélité et le bonheur le plus rares , et porta aussi loin qu'elle peut aller l'illusion du coloris. Il eut pour maîtres tour à tour Herrera le Vieux et François Pacheco , étudia les belles collections du Pardo et de l'Escurial , et n'alla en Italie qu'après que son talent déjà formé n'avait plus de leçons à y prendre. Venu de Séville à Madrid en 1 622 , il s'y fit dès l'année suivante un tel renom, que Philippe IV, ami éclairé des arts, le prit à son service et lui commanda son portrait. Velasquez avait alors vingt-quatre ans, et une fois sur la route de la fortune, il y fit les pas les plus rapides. Chaque jour quelque production nouvelle le faisait admirer davantage. Cependant Rubens, venu à Madrid en diplomate dans l'année 1628, conseilla au peintre sévillan de visiter l'Italie, et Philippe IV, qui
tenait à lui comme à l'un des plus précieux joyaux de sa couronne, finit, après de longues hésitations, par le laisser partir (1629). Quoiqu'il fût déjà un grand maître lui-même , il se mit à l'école de ceux de Rome et de Venise , mais en gardant toute l'originalité de sa manière. A son retour, il fut accueilli avec transport par le roi, qui lui donna un atelier au palais et le combla de ses faveurs. Il n'était pas moins cher au comte-duc d'Olivarez , dont il a laissé un portrait admirable , et à qui plus tard il resta fidèle dans sa disgrâce ( 1 643). Philippe IV, lorsqu'il s'arracha à sa mollesse pour se mettre à la tête de ses troupes en Aragon , ne put se passer de Velasquez et le désigna deux fois pour l'accompagner. S'il le laissa sortir une seconde fois d'Espagne, en 1 648 , s'il l'envoya luimême en Italie , ce fut pour aller choisir dans cette patrie des arts les modèles destinés à l'académie de peinture qu'il voulait fonder à Madrid. Ce voyage de Velasquez fut un véritable triomphe. Les souverains rivalisèrent avec les artistes pour l'honorer et le fêter. Le pape Innocent X se fit peindre par lui , et l'académie de Saint-Luc s'empressa de lui ouvrir ses portes. Après avoir ramassé à grands frais tout ce qu'il put acquérir de chefs-d'œuvre antiques et modernes , Velasquez revint à Madrid , et le roi , en témoignage de sa satisfaction , lui donna la charge de premier maréchal des logis du palais. Son célèbre tableau de la famille royale d'Espagne lui valut quelque temps après un autre honneur : Philippe IV le décora du titre et des insignes de chevalier de Saint-Jacques (q8 novembre 1 658). Le traité des Pyrénées fut signé
l'année suivante, et l'entrevue du monarque espagnol avec Louis XIV dans l'île des Faisans fut résolue. Velasquez précéda le roi à la frontière pour remplir les fonctions de sa charge , et ce fut lui qui , au double titre d'artiste et de maréchal des logis, présida à l'arrangement de la maison qui devait recevoir les deux rois ( 1 660). Mais les fatigues du voyage altérèrent sa santé, et peu après son retour à Madrid, il y tomba malade et y mourut, à l'âge de soixante et un ans.