‹ Galeries historiques du Palais de VersaillesChapitre 297 sur 299 · FILS DE FRÉDÉRIC II, ROI DE DANEMARCK, ET DE SOPHIE · texte numérisé non relu

FILS DE FRÉDÉRIC II, ROI DE DANEMARCK, ET DE SOPHIE

DE MECELENROLRG.

( N* ) Oscar GcÉ , d'après un aiicicn lablcau.

Né le ia avril 1577. — Marié, en 1098, à Anne-

Catherine , fille de Joachim-Frédéric , margrave de Brandebourg. — Mort le 28 février 1 6^8.

Christian IV est un des plus grands princes qui aient gouverné le Danemarck. Pendant son long règne il ne cessa de déployer une activité infatigable pour tout ce qui pouvait donner à son peuple la puissance et la gloire; mais la fortune fut presque toujours contraire à ses desseins. Il était encore mineur quand il monta sur le trône, et ne fut mis qu'à l'âge de dix-neuf ans en pleine possession de l'autorité royale (1 596). On le vit aussitôt porter sur toutes les parties de l'administration un regard attentif, veiller à ses frontières inquiétées par la rivalité ambitieuse des Suédois, et, dans la vigilante exploration des côtes de son royaume , mener ses vaisseaux jusqu'aux confins de la Moscovie, sur la mer Blanche (1 599). Mais l'aristocratie féodale avait conservé dans les monarchies du Nord son organisation et toute sa force, et, jalouse de la royauté, elle entrava dès leur naissance les projets de Christian pour la grandeur et la prospérité du Danemarck. Cependant, en 161 1, il se crut assez fort pour éclater contre la Suède, qui le menaçait toujours, et alla mettre le siège devant Calmar. Les succès de cette guerre furent variés; mais Gustave-Adolphe, qui venait de succéder à Charles IX , avait besoin de la paix pour s'affermir sur le trône , et il l'acheta au prix de quelques avantages laissés au Danemarck (janvier 16 13). Bientôt commença en Allemagne la guerre de Trente ans. Christian , par de fréquents voyages, s'était fait connaître

aux peuples de cette contrée, et à plusieurs reprises il s'était efforcé d'unir les princes luthériens en une seule alliance, où il serait entré avec l'Angleterre et les Provinces-Unies. L'occasion de prendre en main la cause du protestantisme devait lui être précieuse : il la saisit avec empressement. Reconnu chef de la ligue du Nord et soutenu par l'argent de la France ( 1625), Christian descendit avec une belle armée en Allemagne, et sa présence y rassura les luthériens abattus. Mais plus heureux, sinon plus habile que lui, Tilly, qui commandait les troupes de la ligue catholique, le battit dans la célèbre journée de Lutter, au pays de Brunswick ( 1626). Ce fut en vain qu'avec des régiments tirés de la Hollande , de l'Angleterre et de la France môme , Christian se recomposa une armée et essaya l'année suivante de trouver la fortune plus favorable. Wallenstein avait uni ses forces à celles de Tilly et concertait avec lui ses manœuvres. De proche en proche , les Danois furent poussés jusqu'au fond de la presqu'île de Jutland , et à peine leur roi put-il mettre ses débris à couvert dans l'île de Fionie. Cependant le courage de Christian ne l'abandonna pas en cette extrémité : il jeta des secours dans Stralsund assiégée par Wallenstein , et se joignit aux Suédois pour détruire la marine naissante à l'aide de laquelle Ferdinand II espérait consommer l'asservissement de l'Allemagne. Son attitude en faced'un ennemi victorieux fut si fière et si menaçante, que l'empereur fut presque heureux de lui donner la paix (20 mai 1 629). Christian tâcha plus tard d'intervenir comme média-

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teur dans la grande querelle où, comme général, il avait joué longtemps un rôle si malheureux. Mais tandis que, suivant ses désirs, il voit des conférences s'ouvrir à Munster et à Osnabruck ( 1 64 1 )• les Suédois, poussés par l'énergie conquérante que leur avait inspirée Gustave-Adolphe et animés contre le Danemarck de leurs vieux ressentiments, se jettent sur le Holstein et menacent Christian jusque dans ses îles. L'intrépide monarque tint tête pendant trois ans au génie de Torstenson, et, quoique accablé de revers, s'il eût disposé seul des destinées de son peuple, il n'eût consenti qu'à une paix honorable. Mais le sénat et la noblesse le contraignirent à l'acheter par des conditions qui affaiblirent le Danemarck et l'humilièrent (i3 août 1 645). Christian IV régna encore trois ans, toujours en lutte avec l'aristocratie danoise pour des réformes salutaires qu'il ne pouvait faire prévaloir, et mourut le a8 février i 648, dans la soixante et onzième année de son âge.

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