‹ Galeries historiques du Palais de VersaillesChapitre 3 sur 299 · REINE DE NAVARRE · texte numérisé non relu

REINE DE NAVARRE

PILLE UNIQUE DE HENRI D'ALRRET, DEUXIEME DU NOM, ROI DE NAVARRE , ET DE MARGUERITE D'ORLEANS - ANGOUI.ÊME , SOEUR DE FRANÇOIS I*.

•(Pi* 2003.) Tableau du temps'.

Née en i5î8. — Mariée a Moulins, le 20 octobre i5Zi8, à Antoine de Bourbon, duc de Vendôme. — Morte le 9 juin 1 5y2.

Jeanne d'Albret était encore enfant lorsque Charles

1 Celle princesse csl représentée en habit Je veuvr.

Quint la demanda en mariage pour son fils, l'infant don Philippe. Mais François I", gardien vigilant des intérêts de la politique française , ne voulut pas que l'adjonction du petit royaume de Navarre portât la frontière espagnole jusqu'au delà des Pyrénées, et il fiança Jeanne d'Albrett qui n'avait encore que douze ans, à son allié le duc de Clèves ( 1 blio). Cette union, toutefois, ne s'accomplit pas : le duc de Clèves étant passé sous les dra peaux de l'empereur, le lien qui l'engageait à l'héritière de Navarre fut rompu par le pape Paul III , sur la demande du roi de France ( 1 5 1\2 ). Six ans après, Henri II , fidèle à la politique de son père, maria le premier prince de son sang, Antoine de Bourbon, à Jeanne d'Albret. Cette princesse, supérieure par l'esprit et le caractère à l'époux qu'on lui avait donné , n'embrassa pas comme lui le calvinisme par de vulgaires entraînements : elle s'y attacha avec l'énergie opiniâtre d'une conviction réfléchie. Ce ne fut toutefois qu'après la mort d'Antoine de Bourbon, et lorsque le drapeau de la réforme était depuis plusieurs années déployé sur les champs de bataille, qu'elle professa tout haut ses nouvelles croyances et les lit régner dans ses états ( 1 567). Elle ne cessa dès lors de prêter au parti huguenot toute son assistance , et lui prépara un chef dans son fils, le jeune Henri, prince de Béarn. Quoiqu'il fût à peine âgé de seize ans, son intrépide mère, après la bataille de Jarnac, en 1 56cj , le con duisit à la Rochelle pour y remplacer le prince de Condc à la tête de l'armée prolestante. Il ne fit que s'y montrer. |,a paix de Saint - (îermain , conclue en 1670, sembla

réconcilier sincèrement la cour avec les huguenots ; leurs chefs furent appelés à Paris, et on vit l'amiral de Coligny exercer chaque jour un ascendant plus décisif sur l'esprit de Charles IX. L'union de Henri de Béarn avec Marguerite de France, sœur du roi, fut résolue comme pour sceller cette réconciliation. Jeanne d'Albret, après de longues hésitations, consentit à quitter ses états pour sanctionner par sa présence le mariage de son fils. Elle n'en devait pas être témoin : peu de temps après son arrivée à Paris, elle tomba malade et mourut (9 juin 1 5 7 m ) . La défiance trop légitime des huguenots publia . mais sans fondement, qu'elle avait été empoisonnée.

FRANÇOIS DE BOURBON

COMTE D-KJGNII» ,

TROISIÈME FILS DE CHARLES DE BOURBON, DUC DE VENDOME, COMTE DE SOISSONS, ET DE FRANÇOISE D'ALENÇON , FILLE DE RENÉ, DUC D'ALENÇON, ET DE MARGUERITE DE LORRAINE.

; V '2004. ) Moiivoisix , d'après un portrait de la

collection du château de CbanliH) U

Né au château de la Fère, le a3 septembre 1019. — Mort le 2 3 février 1 5 A6.

Le comte d'Enghien , dès qu'il parut dans les camps . y fit remarquer sa brillante valeur. Il prit part en 1 54 «.î, avec le duc d'Orléans, à la conquête du duché de Luxem bourg, et reçut, en io/i3, le commandement des galères qui se joignirent a colles du redoutable Barberousse

pour faire le siège de Nice. L'année suivante, connue le marquis dcl Guasto, vainqueur des Français en Piémont, menaçait de passer les Alpes et de se porter sur Lyon , ce fut au comte d'Enghien que fut confie le soin d arrêter les progrès des troupes impériales. Mais, tout en donnant à ce jeune prince une belle armée, François 1er, à qui 1 âge inspirait une tardive prudence , lui avait défendu de livrer bataille. Il était difficile a un général de vingt-cinq ans de ne pas accuser cette prudence de timidité : il envoya au roi le capitaine Biaise de Montluc pour lui demander la pennission de battre l'ennemi. L'éloquence gasconne de Montluc entraîna François 1er et son conseil, et une vaillante noblesse accourut autour du comte d'Engbien pour prendre part à la bataille qui allait se livrer. Elle eut lieu le lundi de Pâques de l'année i5A4, et l'impétuosité du jeune héros l'emporta sur la vieille expérience du lieutenant de Charles-Quint. La victoire de Cerisoles jeta un rayon de gloire sur la triste fin du règne de François Ier. Deux ans après, le comte d'Engbien, chaque jour plus aimé du roi, était avec ce prince au château de la Roche- (iuyon, lorsqu'il périt, victime d'un funeste accident, qui peut-être fut un crime et dont on ne rechercha pas les auteurs. II était âgé de vingt-sept ans.

Dt PALAIS DE VERSAILLES. 13 CHAULES DE BOURBON ,

CARDINAL DE BOURBON

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