ÉDOUARD VI
KOI D'ANGLETERRE.
NU DE HENRI VIII, ROI D'ANGLETERRE , ET DE JANE 5BYMOUR. (N* 2066. ) Cam.IT!, d'âpre» IIoIImmi.
Né le 12 octobre î 53y. — Mort le b juillet i 553.
Edouard VI , âgé de moins de dix ans lorsqu'il monta sur le trône , ne fut d'abord qu'un instrument entre les mains ambitieuses de son oncle, le duc de Somerset, investi de la régence sous le nom de Protecteur. Mais ce seigneur précipita sa chute par l'abus qu'il fit du pouvoir (i55o), et lord Dudley, duc de Northumberland, le remplaça à la tête du gouvernement. Edouard VI, élevé dans les principes du calvinisme le plus rigide, donna les mains à tout ce qui fut fait en son nom pour pousser jusqu'aux dernières limites de l'hérésie la réforme anglicane, qui s'était arrêtée au schisme sous la main de Henri VIII. Mais le temps manqua à ce jeune prince pour accomplir l'œuvre à laquelle il se livrait avec toute l'ardeur d'une conviction passionnée : une maladie de langueur le mit au tombeau dans sa seizième année. Edouard VI, avant de mourir, crut faire un acte de conscience en déshéritant ses sœurs et appelant Jane Grey à lui succéder; mais, au lieu de la couronne, il légua 1 echafaud à cette femme infortunée.
MARIE , HEINE D'ANGLETERRE
FILLE DK HENRI VIII. ROI D'ANGLETERRE ET D'IRLANDE , ET DE CATHERINE D'ARAGON.
(N S0C7.] Tableau du tem|w.
Née le i 8 février 1 5 î 6. — Mariée, le 1 5 juillet 1 554, à l'infant don Philippe, roi d'Espagne sous le nom de Philippe II. — Morte le i y novembre î 558.
Édouard VI , par un acte qui lui avait été dicté à son lit de mort, avait exclu sa sœur Marie de la succession au trône d'Angleterre ( 1 5 5 3 ) ; mais la volonté nationale n'avait pas ratifié cet acte: elle porta bientôt Marie triomphante dans le palais de son père, et l'infortunée Jane Grey paya de sa liberté et ensuite de sa vie le triste honneur d'avoir porté quelques jours la couronne. A peine rétablie dans ses droits, Marie professa publiquement la religion catholique et annonça l'intention de faire rentrer l'Angleterre au sein de l'église orthodoxe. Elle trouva moins de peine qu'elle ne l'eût cru peut-être à accomplir ce vœu de sa conscience , et le parlement fut aussi prompt et aussi servile à retourner sous l'obéissance de Rome qu'il lavait été à y renoncer sous Henri VIII. A la nouvelle du prochain mariage de la reine avec l'infant don Philippe, fils de l'empereur Charles-Quint, le protestantisme s'agita et des bandes rebelles pénétrèrent jusque dans Londres. Marie dompta l'insurrection par son courage et en punit les chefs : ce fut alors que la tête de Jane Grey tomba sur l'échafaud. Philippe arriva bientôt en Angleterre , et , devenu le mari de la reine , il ne tarda guère à froisser par son flegme hautain l'orgueil britannique. Marie cependant , pour complaire à son époux, n'en mit que plus d'ardeur à poursuivre la réconciliation de l'Angleterre avec le saint-siége. Le cardinal Pôle , légat de Jules III , accomplit cette grande œuvre et donna (novembre i55£) aux deux chambres du parlement une solennelle absolution. Des peines rigoureuses furent alors décrétées contre l'hérésie , et le zèle
des communes semble avoir dépassé celui de la reine dans cette violente réaction. Marie, délaissée de son époux, qui n'attendait plus d'elle de postérité et était retourné en Flandre , commença à ressentir tous les maux que l'absence fait souffrir à une âme jalouse (1 555). Concentrée dans ses inconsolables regrets et dans les soins de sa santé altérée, elle laissa dès lors le fanatisme persécuteur du chancelier Gardiner prévaloir contre la mansuétude du cardinal Pôle , et permit que les bûchers s'allumassent pour punir les adhérents de la réforme. Cependant elle revit, en i55y, l'époux qu'elle s'était donné pour son malheur. Héritier de la puissance et de l'ambition de son père, Philippe II vint réclamer les secours de l'Angleterre contre la France. Il fut obéi, et un héraut d'armes, envoyé par Marie, alla déclarer la guerre à Henri II. Les fruits en furent amers pour cette infortunée reine : six mois après, le duc de Guise enlevait à l'Angleterre la ville de Calais, qu'elle possédait depuis plus de deux cents ans (janvier 1 558) , et Marie , blessée au cœur par cet affront fait à sa couronne , voyait le sentiment national s'éloigner d'elle sans retour. Elle n'y put survivre; ce nouveau chagrin précipita le cours du mal dont elle était atteinte , et elle mourut le i 7 novembre 1 558, à l'âge de quarante-deux ans. La plupart des historiens protestants de l'Angleterre ont llétri la mémoire de cette princesse en lui donnant le nom de Marie Sanglante, flétrissure qui paraîtra imméritée si l'on considère que les supplices étaient la jus tice ordinaire du xvr* siècle contre les dissidences reli
gieuses , et que Marie en ordonna bien moins que d'autres souverains de cette époque.