GRAND MAITRE ET CAPITAINE GÉNÉRAL DE L'ARTILLERIE
DE FRANCE
FILS AÎNÉ D'ANTOINE D'EST1\ÉES, SEIGNEUR DE VAL1EU, ET DE JEANNE, DAME DE LA CACCHIE-EN- BOULONNAIS.
( N* 2096.) Schopin, d'après un portrait de la collection
du château de tteauregard.
Né en i A 86. — Marié à Catherine de Bourbon-Vendôme, fille aînée de Jacques de Bourbon, bâtard de V endôme. — Mort le 2 3 octobre i 5 7 i .
Brantôme, dans ses Vies des hommes illustres, s'exprime ainsi sur Jean d'Estrées : « M. d'Estrées a été l'un «des plus dignes hommes de son état. . . et le plus as- « suré dans les tranchées et batteries : car il y allait la «tête levée, comme si c'eut été dans les champs à la
« chasse c'était l'homme du monde qui connaissait
« le mieux les endroits pour faire une batterie de place , 1 « et qui l'ordonnait le mieux : aussi était-ce un des ronfi- « dents que M. le duc de Guise souhaitait auprès de lui «pour faire conquête et prendre ville, comme il fit à «Calais. C'a été lui qui, le premier, nous a donné ces « belles fontes d'artillerie dont nous nous servons aujour- «d'hui. . . C'était un fort grand homme, beau et véné- « rable vieillard , avec une barbe qui lui descendait très- « bas, et sentait bien son vieux aventurier de guerre du « temps passé , dont il avait fait profession , où il avait « appris d'être un peu cruel. » Cette longue carrière de combats dont parle Brantôme commença pour Jean d'Estrées sous le règne de Louis XII et s'acheva sous celui de Charles IX. Ce fut Henri II qui lui donna , en 1 55o, la charge de grand maître de l'artillerie de France, dans laquelle il se lit tant admirer de ses contemporains. Il mourut à l'âge de quatre-vingt-cinq ans.