‹ Galeries historiques du Palais de VersaillesChapitre 65 sur 299 · DE STOLBERG · texte numérisé non relu

DE STOLBERG

(N* 2113.) François Porbes , le pire.

Né le 16 avril 1 533. — Marié : i° en 1 55 1 , à Anne d'Egmont, comtesse de Buren et de Leerdam; 20 le 10 août 1 56 1 , à Anne-Marie de Saxe, fille de Maurice, électeur de Saxe; 3° le 12 juin 1 S -7 , à Charlotte de Bourbon, fille de Louis de Bourbon, duc de Montpensier; lx° le 12 avril 1 583 , à Louise de Coligny, veuve de Charles, seigneur de Téligny, fille de Gaspard, comte de Coligny, amiral de France. — Mort le 1 o juillet i58à.

Guillaume de Nassau peut être compté parmi les plus illustres personnages du xvi* siècle : en même temps qu'il fondait la grandeur de sa maison , il eut la gloire de fonder Y indépendance des Provinces-Unies et de préparer à un petit peuple, presque inconnu jusqu'alors, un rang élevé parmi les puissances de l'Europe. Charles- Quint, avec l'admirable connaissance des hommes qui le distinguait, devina les grandes qualités du comte de Nassau lorsqu'il sortait à peine de l'adolescence. Il appelait les conseils de ce jeune homme à l'aide de sa vieille expérience, et en faisait, à vingt et un ans, le successeur ix. 8

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d'Emmanuel-Philibert dans le commandement de ses armées (i 5 5 A). Deux tins après, lorsqu'il abdiqua ses couronnes, l'empereur se fit voir à ses peuples appuyé sur le bras du prince d'Orange , semblant vouloir par là le désigner à Philippe II comme le soutien de son trône. Mais Philippe éprouvait pour le prince d'Orange une instinctive antipathie que les événements ne tardèrent pas à justifier. Guillaume avait été élevé dans la foi protestante, et, dès que les seigneurs flamands commencèrent à s'agiter pour maintenir contre le roi d'Espagne leurs libertés politiques et religieuses, on le vit un des premiers donner le signal de la résistance au despotisme. Il eut voulu fermer au duc d'Albe l'entrée des Pays-Bas, mais l'épée n'était pas encore jetée hors du fourreau, et la noblesse confédérée ne voulut point risquer un pas aussi décisif. Guillaume, plus clairvoyant que ses amis les comtes d'Egmont et de Horn , se hâta dès lors de mettre sa tête hors des atteintes du lieutenant de Philippe II, et se retira dans ses terres d'Allemagne ( 1 568). Condamné à mort et dépouillé de ses biens par le roi d'Espagne , il déploya hardiment le drapeau de l'insurrection et tenta, avec plus de résolution que de succès, deux campagnes en Brabant contre les forces supérieures de son redoutable ennemi. Cependant un théâtre plus favorable venait de s'ouvrir à ses armes : les gueux de mer, corsaires audacieux qu'il avait lancés contre la marine espagnole, s'étaient emparés de la ville de Brielle, et la Hollande, insurgée tout entière, avait nommé le prince d'Orange son gouverneur. Le duc d'Albe mit vainement

en usage tout son génie dans l'art des sièges, et noya dans leur sang plusieurs des villes révoltées. Ni lui ni ses successeurs don Luis de Requesens et don Juan d'Autriche ne purent rétablir, dans les provinces de Hollande et de Zélande, l'autorité de leur maître. Guillaume se flatta même un instant de réunir en une confédération dont il eût été le chef, les Belges et les Hollandais, malgré la différence profonde de la religion et du caractère national; mais l'habileté d'Alexandre Farnèse fit

échouer ce vaste dessein, et il ne fut donné à la politique du prince d'Orange de triompher que là où avait triomphé déjà la réforme. Ce fut en 1579 que s'accomplit par ses soins l'union d'Utrecht, et que, sous le nom de Provinces-Unies, la nation hollandaise fit sa glorieuse entrée dans l'histoire. Guillaume, cependant, crut devoir mettre sous la protection de la France la liberté naissante et mal assurée de sa patrie , et il y appela le duc d'Alencon, frère de Henri III. A ce coup, Philippe II mit sa tête à prix; mais les états généraux de Hollande prirent noblement la cause de leur défenseur, en déclarant le roi d'Espagne déchu de la souveraineté des Pays- Bas ( 1 58 1 ). L'attentat téméraire du duc d'Alencon sur la ville d'Anvers mit fin à sa puissance d'un jour, mais porta en même temps atteinte à la confiance sans bornes que les peuples avaient accordée jusqu'alors au fondateur de leur liberté. Le prince d'Orange se retira à Delft, et ce fut là qu'en 1 58 ^ il fut assassiné par Balthasar Gérard, instrument fanatique des vengeances du roi d'Espagne.

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