DU MEME AUTEUR
Les Mécaniques de Héron d'Alexandrie, édit. et trad. Paris, Imp. Nat. 1894, 2° édit. avec trad. allemande par le D' Nix, avec la collaboration de M. Carra de Vaux, collection Teubner, 1900.
Les Pneumatiques de PMlon de Byzance, édit. et trad. Collection des Notices et Extraits de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1902 . — Cet ouvrage et le précédent sont couronnés par la Société des Etudes grecques.
Le Mahométisme. Paris, Champion, 1897.
Avicenne. Paris, Alcan, 1900.
Gazali. Paris, Alcan, 1902 ; couronné par l'Académie française .
Notions relatives à la Philosophie des Sciences.
Paris, chez Hermann, 1896.
Etrusca. Paris, Klincksieck, 1904-1908.
Petites Religions d'Amérique. Paris, Bloud, 3* édit.
Newton. Paris, Bloud.
Leibniz. Paris, Bloud, 3* édition.
Galileo Galilei naquit à Piseprobablementle jour même où mourut à Rome Michel- Ange Buonarotti, 18 février 1564, car son acte de baptême porte la date du 19 février. Il était de famille noble mais peu fortunée, fils de Messer Vincenzio di Michelangelo Galilei, florentin, et de Madonna Giulia di Cosimo Ammanati, de Pescia.
Son père était versé dans les sciences mathématique et musicale ; on a de lui des traités sur l'harmonie. Il transmit à Galileo le goût de la musique, et lui apprit à jouer fort bien du luth.
La première enfance de Galilée s'écoula à Pise ; vers 1574, sa famille se transporta à Florence. Le jeune homme y reçut des leçons de philosophie d'un religieux de Vallombreuse ; il étudia aussi le dessin et la perspective. En 1581, son père le renvoya à Pise, pour y faire des études de médecine et de philosophie. Là son génie se révéla par ses observations sur le pendule. En philosophie la scolastique dominait ; le jeune homme s'y sentit, dès le début, contraire, et il commença dans la dispute à attaquer les opinions d'Aristote ; il apprit aussi à connaître Platon, qu'il aima beaucoup.
Galilée ne s'appliqua aux mathématiques qu'à l'âge de dix-neuf ans, et d'abord sous la direction d'Ostilio de Ricci, précepteur des pages du grand duc Francesco. Dès qu'il fut entré dans cette étude, il abandonna la médecine, quitta l'université de Pise et revint à Florence ; il y étudia Archimède et les autres mathématiciens grecs, et commença à y faire diverses inventions.
Vers 1587 il fit la connaissance par lettre d'un excellent mathématicien,, le marquis Guidobaldo del Monte, qui demeurait à Pesaro et qui devint son protecteur. Il correspondit aussi avec plusieurs savants de l'Europe. Grâce à l'appui du marquis del Monte, il fut nommé en 1589 à la chaire de l'Université de Pise. Mais ses idées neuves, qu'il soutenait avec beaucoup de hardiesse, ne tardèrent pas à lui attirer l'hostilité de ses collègues. Sur ces entrefaites, son père mourut, ses sœurs restèrent à sa charge. Très malheureux, il quitta la Toscane et se rendit à
Venise, en 1592. On lui confia la chaire de mathématiques à l'Université de Padoue. C'est h"i qu'il développa son enseignement et ses doctrines, et qu'il tit ses fameuses découvertes astronomiques.
Ses leçons, tant publiques que privées, attirèrent de nombreux auditeurs; il y commentait Euclide, le traité de la Sphère, l'Almageste de Ptolémée, les questions mécaniques d'Aristote ; il s'y occupait njème de Ibrtilicaiions. Sa parole était chaude, abondante et claire. Parmi ses disciples d'alors, il faut citer Giovanfrancesco Sagredo et Filippo Salviati, qui figurent dans ses dialogues. H avait dans sa demeure, au Borgo dei Vignali, un observatoire et un atelier ; des mécaniciens construisaient sous sa direction des instruments géométriques qu'il vendait.
Galilée, étant à Padoue, eut trois enfants, deux filles et un fils, de la vénitienne Marina Gamba.
Il quitta Padoue en 1610, pour Florence, où l'attirait Côme II de Médicis. Entre 1616 et 1633, il habita, sur la colline de Bellosguardo, au sud-ouest de la ville, une villa où résida plus tard le poète Hugo Foscolo, et qui porte aujourd'hui le nom de villa Zoubow. Il y composa son dialogue sur les deux systèmes du monde.
Galilée, en venant à Florence, avait pensé ne s'occuper plus que de l'avancement des sciences, et remplir un programme très vaste de recherches qu'il s'était tracé. Mais sa vie et son labeur furent troublés par le fameux procès qui, non moins que ses merveilleuses découvertes, continue d'attirer à sa mémoire l'intérêt et la curiosité du gi'and public.
Nous le résumerons plus loin.
Etant déjà, de naissance, d'une mauvaise santé, Galilée fut en outre travaillé pendant plus de quarante-huit ans par un rhumatisme qu'il avait pris en se délassant, un jour d'été, avec deux amis, dans une chambre trop fraîehe d'une villa des environs de Padoue. Sur la fin de sa vie, il devint tout à fait aveugle. Il mourut, entouré de l'affection de ses disciples Torricelli, Viviani, Gherardini, le 8 janvier 1642. Ces deux derniers ont écrit sa vie.
On visite, sur la colline d'Arcetri, près de Florence, une villa où Galilée, relégué par l'Inquisition, passa ses dix dernières années, et où il reçut la visite du poète Milton. Près de là est une vieille tour, Torre del Gallo, ayant appartenu aux Gibelins, du haut de laquelle Galilée fit ses observations. On y a groupé des souvenirs qui le concer-
nent, et l'on y voit son portrait par Sustermans. Sa sépulture est à Sainte-Croix de Florence.
Les correspondances du temps nous représentent ce savant, à la belle époque de sa vie, avec le visage grave, le front ample, le regard profond ; il avait des manières nobles ; son élocution était élégante, agréable et, quand il le fallait, vive et imagée.
Les œuvres de Galilée ont été publiées ensemble, pour la première fois, à Bologne en 1655. L'Italie contemporaine a élevé à ce grand homme un monument digne de lui, en réunissant dans une édition de luxe ses œuvres et sa correspondance ; la direction de ce travail a été confiée à M. Antonio Favaro.