‹ Galilée les droits de la science et la méthode des sciences physiquesChapitre 23 sur 52 · X, 5-7, 8-11 ; VU · texte numérisé non relu

X, 5-7, 8-11 ; VU

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sistanlc cl de celle de son frère le cardinal pour le savant florentin; mais, quant à la remise complète de la peine prononcée par l’inquisition, il avait dit que c’était une affaire très-grave pour toute la chrétienté. Enfin, le 8 août, dans une audience de congé, l’ambassadeur de France crut avoir obtenu quelque chose : le pape lui promit de proposer luimême la remise de la peine dans une réunion de l’inquisition, et aussitôt le cardinal Antonio promit d’user en faveur de Galilée de toute son influence sur ses collègues les inquisiteurs. Cependant, en annonçant ces bonnes nouvelles, le P. Castelli ne se faisait pas illusion, bans sa lettre du 9 août 1656, il dit à Galilée: «J’ai bon espoir; toutefois nous ne pouvons être sûrs d’autre chose que du très-ardent désir de l’ambassadeur de vous être utile et de la très-bonne volonté de l'éminentissime cardinal pour vous. » Quant aux dispositions des autres inquisiteurs et surtout d’Urbain VIII, il n’en parle pas. Certainement , si Urbain VIII avait dit qu’il le voulait, ce tribunal si obéissant aurait consenti à tout. Mais Urbain VIII et l’inquisition, dans leur aveuglement, persistèrent sans doute à craindre que la grâce demandée pour Galilée ne mit la foi en danger et ne rendit courage aux coperniciens d’Italie. Aux yeux du public, l’inquisition eut seule toute le responsabilité du refus, comme elle avait eu seule toute la responsabilité de la condamnation ordonnée par le pape. Cependant Urbain VIII daigna permettre à Galilée de sortir de sa résidence d’Arcetri pendant un jour, pour aller, le 16 octobre, à Poggibonsi, voir à son passage le comte de Noailles, qui retournait en France 1 . Le

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mois précédent, il avait été permis à Galilée de se rendre à une invitation du grand-duc, non pas à Florence, dont l’entrée lui était interdite, mais à la villa grand-ducale de Mezzomonte, à trois milles de la ville 1 . Voilà tout le résultat des instances des ambassadeurs de France et de Toscane ! Celles que Peiresc renouvela dans les premiers mois de 1637 auprès du cardinal Barberino * n'avaient aucune chance de succès, et bientôt Galilée allait devenir aveugle.

Cependant, depuis sa condamnation et même depuis la mort de sa fille bien-aimée, malgré tant d'autres chagrins et malgré ses infirmités, Galilée avait gardé son aptitude et son activité pour le service de la science. On en trouve la preuve dans sa correspondance et surtout dans les travaux très-fructueux auxquels il se livra. A Sienne, dans le palais de l’archevêque, peu de jours après sa condamnation, il travaillait avec ardeur à un ouvrage médité et entrepris par lui dès le temps de son professorat de l'adoue. Cet ouvrage, qui est son chef-d’œuvre, ne touche pas à la question astronomique, mais résume la plupart des autres travaux de Galilée; ce sont scs quatre Dialogues sur les sciences nouvelles, qu’il acheva en 1637, avec l’assistance de Dino Péri pour le tracement des figures géométriques 3 . Dédiés au comte de Noailles, ces quatre dialogues furent publiés par son entremise à Leyde, en 1638. Mais l’auteur les retoucha et les compléta, avec l’aide de Viviani, depuis 1639 jusqu'à sa mort; et il y ajouta, avecl’aide deTorricelli pendantles trois derniers mois de sa vie, deux dialogues supplémentaires*. Les deux

1 Suppl., 280. Comparez VII, 153. — * X, 193. — 3 XI, 1-125; XIII, p. xi— xxiv et 1-267; XV, 337, 357-358; VI, 24; VII, 44, 56, 57, 66, 152-153. — * VII, 258-239 ; XIII, 267-332 ; XV, 358-360.

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sciences nouvelles qu’il enseigne dans cet ouvrage sont : 1° dans les deux premiers dialogues, la science de la cohésion des parties des corps solides et de la résistance de ces corps au brisement, science très-difficile et très-complexe, que Galilée a créée, mais en la simplifiant par des hypothèses imparfaitement vérifiées par l’observation ; 2° dans les deux dialogues suivants, la science des lois du mouvement tant uniforme qu’accéléré et des lois du mouvement parabolique des projectiles, science dont Galilée est vraiment le principal fondateur, et dont il a posé les bases immuables, comme Lagrange, l’auteur de la Mécanique analytique , l’a reconnu, en constatant que dans ces deux dialogues se trouvent, nonseulement le principe de la composition des forces, mais le principe des vitesses virtuelles. Quant au mouvement parabolique, la priorité de la découverte appartient à Galilée, puisque, dans une lettre du 21 septembre 1632, le P. Cavalieri lui exprime son regret d’avoir publié cette découverte, que Galilée lui avait communiquée. Dans ces quatre dialogues, les interlocuteurs sont les mêmes que dans le Dialogue sur les systèmes du monde. Quoique l’ouvrage soit écrit en italien, des problèmes latins, appartenant à des œuvres antérieures, mais jusqu’alors inédites, de Galilée, se trouvent insérés textuellement dans le troisième dialogue, dans le quatrième et dans un appendice de ce dernier; ils sont cités par l’interlocuteur Salviati comme appartenant à un membre de l’académie romaine des Lincei, à celui dont il s’honore d’être le disciple, c’est-à-dire à Galilée. Le dialogue cinquième, entre les trois mêmes personnages, est purement mathématique : il concerne la théorie des proportions et présente des vues remarquables sur les méthodes de la géo-

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métrie élémentaire, notamment sur le choix des propriétés à mettre dans les définitions et des propriétés à démontrer en prenant pour point de départ les définitions choisies. Le sixième et dernier dialogue, dans lequel le chanoine mathématicien Aproino de Trévise prend la place du péripatèticien Simplicio, a pour objet la force de percussion et la comparaison des effets mécaniques de la pression d’un poids mort et de ceux de la force vive d’un corps qui tombe.

Nous avons dit qu’aucune œuvre de Galilée ne pouvait alors être imprimée en Italie. En 1634, le P. Mersenne publia à Paris une traduction française du traité de Mécanique que Galilée avait écrit en 1592 et dont quelques copies s’étaient répandues, mais dont le texte latin ne fut publié qu’en 1649, après la mort de l’auteur.

En 1635, Bernegger fit paraître à Strasbourg, aux frais des Elzevir, le Dialogue sur les systèmes du monde dans une traduction latine dont l’auleur secret était Diodati l , avocat parisien, originaire de Lucqucs et ami de Galilée; Bernegger y avait joint les discussions de Kepler et de Foscarini en faveur de l’orthodoxie chrétienne du nouveau système. Galilée ne prit aucune part ostensible à la publication. Mais, en secret, il avait envoyé, par l’intermédiaire de Diodati, un exemplaire du texte italien à Bernegger, auquel il avait même adressé en 1634 une lettre de remerciments anticipés pour la publication projetée*. Déplus, en 1636, Bernegger fit paraître à Strasbourg, en italien et avec une traduction latine, la lettre à la grande-duchesse Christine, apologie théologique du système de Copernic que Galilée

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