CHAPITRE IX
Suites et exécution de la condamnation de Galilée. — Mort de sa fille aînée. — Perte de la vue. — Derniers travaux de Galilée. — Ses publications. — Sa mort. — Ses funérailles — (1633 à 1642).
Voyons maintenant les suites de la condamnation. Commençons par celles qui ne concernent pas la personne de Galilée. Conformément b l’ordre secret du pape , comme nous l’avons vu, mais au nom de l’inquisition seule, la sentence et l’abjuration reçurent la plus grande publicité dans tous les pays catholiques : on en trouve la preuve dans les nombreuses réponses 1 faites aux lettres d’envoi par les nonces de France, d’Espagne, de Belgique, de Pologne et de
* Elles sont cataloguées par M. de l’Épinois, p. 106-107.
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Suisse, par l’archevêque de Palras, résidant à Vienne en Autriche, par les inquisiteurs, archevêques et évêques de toutes les parties de l’Italie. On a la lettre du nonce de Bruxelles aux universités de Douai et de Louvain. De Douai on lui répond que les professeurs de l’université sont si opposés à Yopinion extravagante de Copernic, qu’ils ont toujours jugé qu’il fallait la proscrire des écoles. Dans notre collège anglais de Douai, ajoute Mathieu Kellison, ce paradoxe ne fut jamais approuvé et ne le sera jamais 1 . A Florence, les principaux amis et disciples de Galilée furent convoqués nominativement par l’inquisiteur dans l’église de Sainte-Croix , pour entendre la lecture de la sentence et de l’abjuration, comme Guiduoci l’écrit à Galilée dans une lettre du 27 août 1033; mais il ajoute que la demande d’une copie de ces pièces a été refusée : sans doute on désirait qu’elles ne fussent pas examinées de trop près à Florence. Cependant à Liège elles furent imprimées dans une patente dès le 20 septembre 1635; une traduction française de ces deux pièces fut publiée à Paris, en 1634, par le P. Mersenne; une traduction italienne le fut à Venise, en 1644, par Polacco, et le texte latin à Bologne, en 1651, par le P. Riccioli*. Urbain VIII se réserva à-lui seul le pouvoir de permettre à quelques personnes la lecture du livre condamné*. Le 8 septembre 1655, il ordonna d’admonester l’inquisiteur de Florence, pour avoir donné licence d'imprimer des œuvres de Galilée *. Il fut défendu désormais de publier en Italie aucun ouvrage nouveau de ce savant et d’y réimpri-
1 P. 75 de M. l’Épinois. — 4 V. notre Notice lilliogr. n° IV. — 5 VII, 58. — * Pièce publiée par M. de l’Épinoi^p. 100.
mer aucun de ses anciens ouvrages Ainsi, pour n ôtre pas comme mort au monde savant, Galilée devait chercher des imprimeurs à l’étranger. Sur cette aggravation de sa peine, outre les justes sarcasmes deMicanzio, il faut lire les plaintes de Galilée, surtout dans sa lettre à Peiresc du 21 février 1636. On voulait donc qu’en Italie, non-seulement son système du monde, mais tous ses livres et tous ses travaux restassent comme flétris avec sa personne et exposés à toutes les attaques de ses adversaires, sans qu’il lui fut permis de les défendre et sans qu’ils pussent se défendre eux-mêmes par la publicité. Dans toute l’Italie, l'inquisition fit signifier aux professeurs des universités l’interdiction d’enseigner la doctrine condamnée, et de nombreux champions entrèrent en lice contre le nouveau système du monde.
Pour attaquer ce système, les péripatéticiens catholiques ou protestants, les partisans des systèmes de Ptolémée ou de Tycho Brahe, n’avaient pas attendu ce signal : suppléant au mérite par le nombre, et à la force des arguments par leur étendue et leur variété et plus encore par la violence des invectives, les défenseurs de l’immobilité de la terre remplirent l’Europe de leurs écrits*, surtout pendant une quarantaine d’années depuis 1631. Kepler était mort; Galilée était condamné à ne pas leur répondre et allait bientôt mourir. Ils purent faire illusion au vulgaire et se donner l’apparence du triomphe. Cependant nous verrons que, dès avant 1668, époque où Newton était déjà en possession de la grande loi de l’attraction universelle, qui ne fut publiée par lui qu’en
* X, 75-77, 81 ; Suppl., 561-565. — * Voyez notre Sole supplémentaire II.
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1 687, la plupart des savants les plus distingués, les uns ouvertement, les autres avec plus ou moins de réserve extérieure, avaient adopté, sur le système du monde, les vues de Galilée, à l’exception de sa fausse théorie des marées. Depuis la sentence de 1633, de nombreux ouvrages favorables au système condamné continuèrent de paraître, môme dans les États catholiques, au grand mécontentement d’Urbain VIII, qui, au lieu de comprendre l’inutilité de ses efforts pour étouffer cette doctrine, espérait du moins en préserver l’Italie, en réduisant Galilée à l’impossibilité delà propager, et en faisant de sa séquestration un exemple pour ceux qui seraient tentés de l'imiter. Ainsi, le succès des idées de Galilée continua de nuire au repos de sa vie.
Ce ne fut point par haine et par rancune, comme M. Parehappe l’a supposé, qu’Urbain VIH accorda si lentement, avec tant d’inquiètes restrictions, et d’une manière toujours imparfaite et précaire, les adoucissements que lui-mème avait annoncé l’intention d’apporter peu à peu à la séquestration de Galilée, et la réhabilitation progressive qu’il avait fait espérer pour lui à ses amis*, mais qui ne fut pas complète, même après sa mort. C’est que, sous l’influence des hommes auxquels, depuis 1632, il avait laissé prendre trop d’empire sur son esprit, sa conscience trompée lui disait qu’il avait eu tort de laisser paraître en Italie un livre plein d’une doctrine contraire à l’Écriture sainte, et que, pour réparer sa faute, il devait étouffer, au moins en Italie, cette erreur, qu’il voyait se propager malgré les condamnations ecclésiastiques. Il ne fallait pas, pensait-il, avoir l’air de fai-
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blir à l’égard de Galilée, et enhardir ainsi tant d’autres catholiques, tout prêts à iriarcher sur ses traces. Telle est la pensée que nous trouverons dans toute la conduite d’Urbain VIII envers le malheureux condamné.
L’indulgence sembla d’abord devoir êlre prompte dans sa marche progressive. Deux jours seulement après la condamnation, Galilée fut tiré de la prison du saint-office, pour être séquestré d’abord à la villa délia Trinité de’ Monti (villa Medici), c’est-à-dire au palais de l'ambassade de Toscane*. En vain, malgré la peste qui sévissait alors en Toscane, il demanda, par une humble supplique, à être séquestré dans une maison de Florence, afin de pouvoir protéger une nombreuse famille qu’il attendait d’Allemagne, savoir : la veuve et les enfants de son frère Michel Angelo, décédé en 1631 à Munich*. Un décret du 30 juin lui accorda une faveur autre que celle qu’il demandait, mais sollicitée pour lui par l’ambassadeur de Toscane : il fut séquestré, depuis le 6 juillet, à Sienne, dans le palais de l’archevêque Ascanio Piccolomini, son ami et ancien disciple 3 . Le pape lui-même laissa espérer que bientôt Galilée serait transféré dans la chartreuse de Florence*. Mais la demande qu’il fit de la permission d’accompagner l’archevêque, qui devait aller à sa maison de campagne, lui fut refusée 5 . Lorsqu’en novembre 1633 l’ambassadeur Niccolini, au nom du grand-duc sollicité dés le 23 juillet par Galilée, pensa que le moment était venu d’implorer avec quelque espoir de succès sa libération entière, Urbain VIII répondit avec mécontentement que certains
* XV, 352. — * Marini, p. 136. — 3 XV, 352-353; IX, 446. — * IX, 446. — 5 Lettre de Boccliineri, 16 septembre 1633, dans Nelli, p. 554 (citée par M. Parchappe, p. 273).
hommes écrivaient pour la défense de l’opinion condamnée. L’ambassadeur répliqua que Galilée n’y était pour rien. Urbain VIII déclara qu’en effet on n’avait pas appris qu’il s’en fût mêlé, mais que ces gens-là feraient bien de se garder du saint-office. L’ambassadeur ayant insisté, le pape dit que le saint-office serait saisi de la question 1 . Nous avons vu jusqu’où le saint-office poussait l’obéissance aux volontés du pape : la demande fut refusée. Après de nouvelles instances, un décret du l* r décembre autorisa Galilée à aller habiter sa villa d’Arcetri, à un mille de Florence, avec permission d’y recevoir quelques visites isolées de parents et d’amis, mais à condition de n’y pas recevoir plusieurs personnes ensemble pour des entretiens*. Galilée arriva le 16 décembre 1635 dans cette villa, qu’il avait louée en 1631 pour se rapprocher du couvent de ses deux filles 5 . Il écrivit, le 17, une lettre de remercîments au cardinal Barberino, qui lui avait obtenu cette faveur*. 11 y a loin des termes de cette lettre authentique, publiée par Mgr Marini, au parfait contentement et à l'effusion de reconnaissance pour Urbain VIII, dont est remplie la fin de la prétendue lettre qui aurait été envoyée par Galilée, vers la fin de 1633, au P. Renieri, mais qui, fabriquée au dix-huitième siècle, par un duc Gaetani de Rome et envoyée par lui à Tiraboschi, a trompé cet écrivain et bien d’autres après lui sur la situation de Galilée depuis son pro-
« IX, 447; VII, 31-32. — 4 IX, 407-408, 448. — 5 VII, 39; IX, 448. La fausse lettre de Galilée à Renieri le fait arriver d’abord dans sa campagne de Bellosguardo, qu’il n’avait plus depuis deux ans. Le faussaire Gaetani, au dix-huitième siècle, a suivi sur ce point la Vie de Galilée par Viviani, imprimée en 1717. Dans l’édition de M. Albèri (XV, 353), cette erreur a disparu en vertu d’un manuscrit corrigé de la main de Viviani. — 4 IX, 410.
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cès. Quant à l’assertion de Bergier et de tant d’autres, suivant laquelle, aussitôt après sa condamnation, Galilée aurait été « libre de retourner dans sa patrie, » elle ne repose que sur la Relation menteuse du procès de Galilée par le faux Buonamici f , et des faits bien connus la réfutent assez. Ils réfutent de môme cette autre fable, répétée par sir Brewster, par M. de Falloux et par M. de la Rallaye, d’après laquelle ses deux filles religieuses auraient quitté leur couvent pour venir habiter avec lui dans sa maison de campagne. Seulement il est vrai qu’en janvier 1654 Galilée fut heureux d’y recevoir la visite du grand-duc de Toscane *.
Rien ne prouve qu’à Sienne Galilée ait commis aucune imprudence. Mais il n’en aurait pas été de même de son ami l’archevêque Piceolomini, s'il fallait en croire une dénonciation anonyme, envoyée de Sienne à l’inquisition romaine en janvier 1654*. Dans cette pièce, il n'y a contre Galilée qu’une accusation vague d’avoir répandu à Sienne des opinions peu catholiques; mais cette insinuation d’un homme qui n’avait sans doute rien de plus précis à dire, suffisait pour nuire beaucoup à Galilée près du pape et des inquisiteurs. Du reste, c’était surtout à Mgr Piceolomini que le dénonciateur anonyme en voulait : il ne mentionne ces torts prétendus de Galilée, que pour les attribuer aux encouragements de celui qu’il nomme cet archevêque son hôte. Contre l'archevêque, l’accusation est précise : il « a suggéré à beaucoup de personnes, écrit le dénonciateur à l’inquisition, que cet homme a été injustement maltraité par cette sainte
* IX, 449-452. Voyez ci-dessus, chap. VIII, p. 185. — * X. H — * Pièce publiée par M. de l’Épinois, p. 74.
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congrégation, qu’il ne pouvait pas et ne devait pas réprouver les opinions soutenues par lui avec des raisons invincibles, mathématiques et vraies, que c’est le premier homme du monde, qu’il vivra toujours par ses écrits, même par ses écrits prohibés, et qu’il est suivi par tous les esprits modernes et les meilleurs. » Telles étaient bien les pensées de l’archevêque de Sienne, comme le montre sa lettre du 29 septembre 1632 à Galilée. Peut-être eut-il l'imprudence de les cacher trop peu pendant le séjour de Galilée à Sienne ; mais, pour qu’un dénonciateur anonyme l’en accusât faussement, il suffisait que son opinion fût connue d’avance.
Peut-être d’après des ordres motivés par la dénonciation partie de Sienne, l’inquisiteur de Florence se mit à surveiller strictement les habitudes de Galilée, et à s’assurer que ses disciples et ses amis ne se réunissaient pas chez lui à sa campagne *. Il était permis au condamné d’aller visiter ses deux filles, religieuses au couvent de San Matteo près d’Arcetri : c’était sa plus douce consolation. L’ambassadeur Niccolini, au nom du grand-duc, avait demandé dans un mémoire qu’il fût permis à ce vieillard de rentrer dans sa maison de Florence. Il résultait des termes du mémoire que la demande venait de Galilée. Sur ces entrefaites, l’ainée des deux sœurs, Polissena, en religion sœur Maria Celeste, dont l’intelligence distinguée et le cœur excellent se montrent dans les nombreuses lettres adressées par elle à son père au nom de sa sœur et au sien, mourut à trente-trois ans, au commencement d’avril 1654. En revenant de la voir à l’agonie, la veille de sa mort, Galilée, malade lui-même d’une
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hernie douloureuse, trouva à sa villa l’inquisiteur de Florence, chargé par une lettre du cardinal Barberino de lui signifier, au nom du saint-office de Rome, d’avoir à s’abstenir de pétitions de ce genre, de peur de forcer la sainte congrégation à le réintégrer dans ses prisons l . Un ordre secret du pape *, du 23 mars 1654, avait dicté cette menace aux inquisiteurs et au cardinal. L’inquisiteur de Florence fit savoir aux inquisiteurs romains que, pour excuser sa demande, Galilée avait allégué les douleurs de sa hernie; mais il ajoutait que Galilée pouvait se faire soigner suffisamment de cette maladie à sa campagne*. Mgr Piccolimini, qui évidemment ignorait aussi la dénonciation, exprima à Galilée son étonnement de ces nouveaux ordres de Rome, auxquels il déclarait ne pouvoir rien comprendre 4 . Pendant quatre ans, les demandes qu’on fit pour Galilée furent supposées faites sans son aveu.
Son courage fut abattu pendant quelques mois par le chagrin profond que lui causa la mort de sa fille, et par la perte de ses espérances de réhabilitation et de liberté. Ses douleurs physiques furent très-aggravées par tant de douleurs morales *. En même temps, il apprenait avec indignation que de plus en plus ses ennemis, par exemple le P. Inchofer, jésuite, flétrissaient ses doctrines, non-seulement comme une erreur, mais comme une horrible impiété. On trouve dans sa correspondance, surtout dans ses lettres du 27 avril 1634 à Boechineri, beau-père de son fils, et du 25 juillet de la même année à son ami Diodati, avocat à
1 VII, 46-51. — * Pièce publiée par M. de l’Épinois. p. 74-75. — * Pièce publiée par M. de l'Épinois, p. 75. — * X, 35. — » VII, 44-45.
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Paris, l’expression éloquente de ses souffrances de tout genre. Cependant, dèsle27 août 1654, il trouvait le courage d’écrire à Bernegger : « Cette étroite réclusion ne peut briser ni comprimer mon esprit toujours occupé de pensées libres et viriles, et je supporte avec patience cette solitude champêtre dans laquelle je suis enfermé à l’étroit, parce que je sens qu’elle me sera utile ; car, dans mon âge avancé, à l’approche de la mort, je sens que je l’accueillerai avec plus de courage, étant préparé peu à peu, comme je le serai, par mes quelques arpents de terre, aux trois brasses du tombeau où mon nom ne sera pas enseveli avec mon corps. »
En 1654, le comte de Noailles, ambassadeur de France à Rome, avait rendu à Urbain VIII le service de faire évader de Rome et de faire accueillir en France son protégé le P. Campanella, poursuivi jusque dans Rome par les agents de la vengeance politique du gouvernement espagnol de Naples. A la fin de 1654, l’ambassadeur de Toscane Niccolini, et le comte de Noailles, qui avait suivi autrefois les leçons de Galilée à Padoue, demandèrent sa grâce complète à Urbain VIII *. Leurs démarches restèrent sans effet.
Un français toujours dévoué aux intérêts des lettres et des sciences, le savant conseiller au parlement de Provence, Fabri de Peiresc, avait reçu chez lui Campanella fugitif. Un compatriote et ami de Peiresc, Gassendi était en correspondance scientifique avec Galilée depuis plusieurs années. Peiresc lui-même avait entendu autrefois à Padoue quelques leçons de Galilée, comme il le lui rappelait dans une lettre du 26 janvier 1634; il lui envoyait une lettre de Gas-
1 X, 64-65, Comparez VII, 209, note I.
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sendi, qui lui demandait pour eux deux quelques bons verres de télescope, comme lui seul savait les faire, et comme on n’en trouvait, disait Gassendi, ni à Paris, ni à Venise, ni à Amsterdam. En juillet 1634, Galilée expédiait les verres à Diodati, qui, en les envoyant de Paris à Gassendi, le priait d’obtenir pour Galilée l’intercession de Peiresc près du cardinal Barberini. En 1655 et en 1636, Peiresc fit, pour obtenir la grâce de Galilée, de vives instances constatées par ses lettres 1 . Le cardinal, que Peiresc connaissait beaucoup, était bien disposé ; mais, comme membre du saint office, il s’excusa de répondre sur ce point autrement qu’avec une extrême réserve. Le 13 janvier 1656, Peiresc osa lui écrire qu'il insistait près de lui par attachement à la papauté, autant que par sympathie pour Galilée, attendu que le traitement subi trop longtemps par ce savant devait cesser pour l'honneur du pontificat d’Urbain VIII.
En 1655, le P. Castelli, rentré en grâce près du pape, mais invité par le grand-duc à revenir se fixer en Toscane, aimait mieux garder sa position à Rome, afin de pouvoir employer en faveur de Galilée son influence près des cardinaux Antonio et Francesco Barberini et près du pape luimême. Pendant l’année 1656, le P. Castelli unissait ses efforts à ceux du comte de Noailles, qui allait cesser ses fonctions d’ambassadeur et quitter Rome à la fin de l’été. Le P. Castelli rendait compte à Galilée de tout ce qu’on tentait pour lui. Le 11 juillet, devant le comte de Noailles, le pape avait déclaré que Galilée ne lui avait donné aucun motif de mécontentement personnel, et il avait protesté de son amitié per-