VI, 25. — * XI, 12-18. — * I, 106-170. — * XIII
GALILÉE
la force centrale, de manière à diminuer de plus en plus le rayon moyen de la courbe décrite par l’astre.
Le chancelier Bacon cherche volontiers les causes par la méthode inductive, qui part de l’observation des effets, et en cela il est supérieur à Descartes pour la physique ; mais ce qu’il cherche dans les causes, ce sont leurs essences - 4 qu’il détermine d’une manière très-vague par des observations sans exactitude mathématique, au lieu de chercher, par des mesures exactes, la formule mathématique des lois de l’activité des causes physiques. Suivant lui, les mathématiques, au lieu d’être la condition nécessaire de la physique, comme Galilée l’a si bien montré, n’en seraient qu’un appendice, utile seulement pour certaines applications de celte science 1 . Voilà pourquoi la méthode de Bacon a été si stérile et si décevante entre ses mains.
Leibniz rétablit la notion de force, négligée par Descartes ; mais il retire aux forces toute activité externe, et par conséquent toute activité motrice; après avoir nié avec raison la réalité concrète de l’espace, il supprime l’étendue des parties les plus petites des corps ; il déclare que ses monades sont les seules substances qui existent, et qu’elles ne sont pas étendues ; par conséquent, comme il en fait l’aveu *, il supprime l’étendue des corps eux-mêmes ; de cette manière, il ne laisse subsister ni forces motrices, ni mobiles. Avec de tels principes, la mécanique est une science illusoire. Aussi Leibniz n’a-t-il trouvé que des injures pour la mécanique céleste de Newton.
1 De auqmenlis scientiarum, III, 6. — * « Je suis aussi d’opinion qu’à parler exactement il n'y a pas d’étendue. » Extrait d’une lettre à M. d’Angicourt, 1710, Leibnitti op. philos., p. 745 (éd. Erdmann).
GALILÉE
La droite raison du grand mécanicien Galilée a évité tous ces écueils. Dans la première journée de ses Dialogues sur les sciences nouvelles, il a montré la nécessité d'admettre que les parties les plus petites des corps sont pleines, mais séparées par des vides. Dans la troisième et la quatrième, il a montré que dans la matière il y a des forces motrices, qui ont pour effet naturel le transport de certaines masses, à certaines distances, en des temps donnés. Toujours préoccupé du principe de causalité, il déclare, dans la première journée, que tout effet positif a une cause positive, et que nul grand effet n’est produit par une petite somme de forces, bien qu’il puisse l’être par des forces dont chacune en chaque instant soit très-petite, mais dont le nombre soit très-grand 1 . Il sait que la mécanique est impuissante à créer des forces : elle ne fait que s’emparer des forces qui existent ; elle les utilise par la manière de les appliquer, de les combiner et de les transformer.
En étudiant, dans les deux premières journées, les forces résistantes qui s’opposent à la séparation des parties d’un même corps, Galilée a fait preuve d’une grande sagacité, mais il n’a pas pu embrasser le problème dans toute son étendue et dans toute sa complexité. Dès 1623, dans l'Essayeur*, il avait montré que la sensation de la chaleur n’est qu’un effet d’une action mécanique exercée par le feu ou calorique sur les molécules de nos organes, comme sur celles de tous les corps où il pénètre. Il a bien vu que c’est en luttant contre la force de cohésion moléculaire, que la chaleur peut faire passer un corps de l’état solide à l’état