‹ GalileeChapitre 1 sur 42 · VI AVERTISSEMENT DE L’ÉDITEUR · texte numérisé non relu

VI AVERTISSEMENT DE L’ÉDITEUR

raune à ces trois grands hommes. Mais sentant que le temps allait lui manquer pour achever un travail de si longue haleine, il se résigna à le restreindre à la vie même et aux travaux de Galilée. Tel qu’il est, cependant, le livre se présente un et entier ; prenant son unité dans la vie de Galilée, il en offre le tableau le plus complet et le plus lumineux qui ait encore été écrit.

Il n’y manque, hélas ! que d’avoir été revu une dernière fois par son auteur. Au moment où avec une tranquillité d’âme qui ne s’est jamais démentie, il se jugea frappé à mort, le docteur Parchappe s’était hâté d’envoyer son manuscrit à l’imprimerie, espérant qu’il lui serait donné d’en achever lui-même la publication. Il était trop tard, et sa main défaillante ne put corriger que les épreuves des deux premières feuilles. Il me chargea alors de continuer ce soin. J’ai accepté ce précieux mandat de l’amitié, mais sans me faire l’illusion de croire que je pourrais suppléer le dernier coup d’œil du maître. Je ne l’ai pas tenté. Mon devoir d’éditeur était tracé : respecter le manuscrit et veiller à sa reproduction fidèle ; je l’ai rempli scrupuleusement. En face de tant d’œuvres posthumes retouchées et altérées, j’affirme que celle-ci est authentique et quelle contient tout ce que son auteur y a mis, et rien de plus.

Il m’a semblé qu’une courte biographie du docteur Parchappe et une liste de ses ouvrages trouveraient

AVERTISSEMENT I>E L’KMTEUK. Vil

naturellement leur place ici. Me sentant moi-même sans compétence et sans autorité pour juger la valeur et les travaux d’un médecin, d’un physiologiste et d’un administrateur, je me suis adressé à l’un de ses meilleurs disciples et amis, M. le docteur llousselin. ('/est à son obligeance que je dois les renseignements et les appréciations qui suivent.

Jean -Baptiste -Maximien Parchappe de Yinay naquit en 1800 à Épernay (Marne), d’une famille qui tenait ses titres de noblesse de Henri IV. Le père de Parchappe avait servi dans la compagnie des mousquetaires gris de Marie- Antoinette. La Révolution le ruina, et pendant toute sa jeunesse Parchappe eut à faire ses études et à préparer sa carrière en luttant énergiquement contre la pauvreté. Il fut aidé par son cousin germain le commandant et depuis général Parchappe, auquel il en garda toujours une profonde reconnaissance.

Parchappe fit ses classes au collège de Caen ; il commença la médecine à l’école secondaire de Rouen, fut interne à l’Hospice général de cette ville, et alla terminer ses études médicales à Paris.

11 débuta ensuite comme médecin praticien aux Andelys; mais il n’y resta que dix-huit mois. La clientèle de campagne avait des exigences peu en

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rapport avec les aspirations et les aptitudes d’un homme de sa valeur. 11 se décida bientôt à affronter la lutte dans une grande ville, et il vint à Rouen, où il se fit connaître d’abord par un cours libre sur l'histoire de la médecine.

En 1813, il fut attaché à l’École secondaire de médecine de Rouen, comme professeur d’hygiène et de thérapeutique. Plus tard il y fut nommé professeur d’anatomie et de physiologie.

En 1815, Parchappe obtint la place de médecin en chef à l’asile de Saint-Yon, vacante par suite de la maladie du docteur Foville. 11 occupa ce poste pendant treize ans, on sait avec quelle distinction.

11 fut appelé, en 1848, aux fonctions d’inspecteur général de première classe du service des aliénés et du service sanitaire des prisons, dans lesquelles il a rendu, jusqu’à ses derniers jours, de si grands services à l’administration et au pays. Médecin et philosophe profond, administrateur intègre et laborieux, rien ne lui était étranger dans l’inspection. La comptabilité n’avait point de secrets pour lui ; et les plans des asiles de Niort, d’Evreux et de Quatremares ont prouvé aussi qu’il pouvait lutter, en fait de connaissances techniques, avec les plus habiles architectes.

11 portait, dans l’exercice de ces fonctions délicates, un esprit de droiture et d’inflexible justice, qui en fit à la fois l’ennemi des abus et le défenseur énergique

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