X AVERTISSEMENT DE L’ÉDITEUR
commun de l’intelligence, de la volonté et de la sensibilité; ses études sur la folie paralytique et sur la classification de la folie.
Comme médecin et administrateur hospitalier, sa notice sur Saint-Yon, et plus tard, ses admirables statistiques médicales sur les établissements pénitentiaires de l’empire ; surtout son grand ouvrage sur les principes à suivre dans la fondation et la construction des asiles d’aliénés.
Dans ses recherches sur le système nerveux et dans ses études sur le cœur, il a eu le rare bonheur d’enrichir la science de faits vraiment nouveaux et auxquels son nom restera désormais attaché.
En ce qui touche la physiologie et la pathologie du cerveau, il peut revendiquer en propre la détermination précise de la couche corticale cérébrale connue siège commun de l'intelligence, de la volonté et de la sensibilité ; et la constatation du ramollissement de cette couche comme altération constante et pathognomonique dans la paralysie générale.
Et en ce qui touche l’anatomie et la physiologie du cœur, il a, lui seul et expressément, découvert et fondé la théorie qui assimile les appareils valvulaires aurieulo-ventriculaires, dans leurs éléments passifs, à une ouverture de bourse munie de ses cordons; dans leurs éléments actifs, à un système de muscles synergiques qui, tirant les cordons de la circonférence de l’anneau au centre, ferment cet anneau à la
AVERTISSEMENT DK L’ÉDITEl'K. XI
manière d’une bourse en rapprochant et fronçant le bord libre de l’ouverture,
On nous pardonnera d’être entré sur ce point dans quelques détails spéciaux. Ceux qui connaissent les sciences médicales en sentiront toute l’importance, et ils avoueront que le nom de plus d’un anatomiste a été sauvé de l’oubli pour de bien moindres découvertes.
Le docteur Parchappe était loin de se borner aux travaux de sa spécialité. Pendant toute sa vie, il ne cessa de se tenir an courant de la philosophie et de l’histoire. Les Normands ont gardé le souvenir d’une piquante étude sur la démonologie et sur le Maliens tnalefîcarum de l’inquisiteur Sprenger, qu’il inséra en 1843 dans la Revue de Rouen. Son goût très-vif pour la littérature italienne le conduisit à lire les ouvrages de Galilée, et plusieurs voyages en Italie le confirmèrent dans l’attraction qu’il éprouvait pour ce grand homme, chez lequel il voyait un émule, un peu méconnu en France, de Bacon, de Descartes et de Newton. 11 entreprit de replacer cette gloire à son rang, et cette tâche, qu’il poursuivit jusqu’à ses derniers instants, fut la ressource de ses mauvais jours. Lorsqu’il était torturé par de cruelles et incurables souffrances, il travaillait à ce livre de prédilection, qu’il appelait «l’enfant de sa douleur». La préoccupation de Galilée était le remède du philosophe, et l’aidait à supporter ses maux.
XIF