CHAPITRE III
l’aphasie au temps actuel.
Dans une conférence tenue à la Société d’Antliropologie de Paris, en 1887, et reproduite par LA revue scientifique, M. Mathias Duval établissait quatre types de celte affection déjà si diversifiée, aujourd’hui, par le fait des observations cliniques; et, il confirmait, comme signe pathognomonique des difiérents types, la lésion de l’hémisphère gauche correspondante à l’hémiplégie du côté droit.
Nous ne pouvons donner ici qu’un résumé très concis de la savante exposition du Professeurconférencier. La forme qui constitue encore le type de l’aphémie de Broca nous entraînera seule à quchiue développement. C’est poun|uoi, il nous semble nécessaire de préciser le sens différent des mots aphémie et aphasie qui, par leur étymologie, ont la meme portée.
L’aphémie, comme l’entendait Broca, est la
perte de la faculté coordinatrice du langage parlé : tandis que Tapliasie désigne l’ensemble des troubles de l'expression verbale qui peuvent compliquer l’aphémie elle-même.
Tels malades qui peuvent plus ou moins parler, ont perdu la faculté d’écrire — d’autres qui peuvent écrire et parler sont incapables de lire, soit l’écriture, soit l’imprimé — quelque-uns parlent, lisent, mais ils ne comprennent j)as les questions qu’on leur adresse; ils ont conservé l’expression verbale, ils ne la reconnaissent plus chez leur interlocuteur.
Cette diversité dans les symptômes conduit à la diversité de sièges organiques, et l’on rencontre aujourd’hui quatre formes d’aphasie à localisations cérébrales bien distinctes. Notons, que les cas où on les observe se relient presque toujours à une apopléxie cérébrale : les cas d’aphasie essentielle sont rares et le plus souvent passagers.
1«- type — SURDITÉ VERBALE.
Le malade entend, parle, lit, écrit, mais ne comprend pas le langage parlé, c’est-à-dire les questions qu’on lui adresse. Il n’est ni sourd, ni idiot' comme il en a l’air. Il a perdu la mémoire auditive verbale, autrement dit , la mémoire des sons de la parole.
Dans les cas de ce genre, c’est la P® circonvolution temporale qui est atteinte.
2« type — CÉCITÉ VERBALE.
Ici, il y a perte de la mémoire visuelle de l’expression verbale. Tout en paraissant jouir d’une vision normale, pour tout ce qui l’entoure, le malade ne peut lire; il a perdu la faculté visuelle des signes écrits ou imprimés. S’il n’est pas aveugle pour la perception de la lumière, il l’est pour la conception des signes qu’il a sous les yeux.
La lésion organique particulière à cette forme de l’aphasie, a son siège dans la seconde circonvolution pariétale.