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TRANSITION HISTORIQUE DE GALL A BROCA

Les notions que nous venons d’exposer sur la faculté du langage parlé sont extraites du 4® volume, ayant pour sous-titre : Physiologie du cerveau en ixirticulier .

Sans doute, les données de Gall sur la cause organi(juc de l’aphémie n’ont pas encore la précision de la découverte de Broca. Mais, il Lut tenir compte que Gall, en fondant sa théorie sur la conformation osseuse de la région inférieure frontolemporale, y rattachait, subsidiairement, la morphologie des lobes frontal et temporal qui reposent sur elle. N’est-il pas remarquable, que les variétés d’aphasie, déterminées aujourd’hui, ont leur siège pathologique dans cette zone où Gall avait établi ses conjectures?

De -1828 à 1861, la question de l’apliémic est restée comme non avenue i)our la pathologie. C’esI dcj)uis (pichpics années, seulement, que le mot

aphasie a été consacré par Trousseau, et que la perte du langage parlé s’est expliquée, pour tous les médecins, par une lésion de la 3° circonvolution frontale dont la découverte s’est identifiée au nom de Broca.

Mais, en médecine comme en toute autre science, les questions de priorité amènent souvent des débats... A propos de la découverte du siège organique de l’aphémie, l’ancienne rivalité, entre Paris et Montpellier, s’est réveillée, pour un instant.

Le point du litige est clair et net.

D’une jiart, la- Société d’anthropologie, siégeant à Paris, n’hésite pas à attribuer, à son illustre fondateur, la mise à jour du siège précis de haphémie, dans la 3“ circonvolution frontale. Le fait, pour elle, remonte à 1861. — D’un autre coté, Montpellier, par l’organe de M. J. Grasset, Professeur distingué de cette Faculté, revendique, pour ses membres, des droits antérieurs.

Voici l’exposé des faits.

Dès 1836, le docteur Dax, père, dans un cas d’hqmiplégie droite, compliquée d’aphasie, constatait des lésions organiques dans l’hémisphère gauche, et attirait, sur ce point, l’attention du corps médical. Sou mémoire sur Les lésions de la moitié gauche de l’ encéphale coïncidant avec Vouhli

de^ signes de layensée, n’intéressa, tout d’abord, que la Faculté de Montpellier. — Ce fut 25 ans après que Broca produisit deu.x observations d’aphasie dans lesquelles, tout en constatant le siège de la lésion à gauche, il l’attribuait à une simple coïncidence. Ce fut aussi dans cette circonstance (ju’il fixa, pour la ])remière fois, le siège de la lésion organique dans la 3® circonvolution frontale, sans l’attribuer spécialement au coté gauche.

D’autre part, en 1863, le docteur Dax, fils, en vue des droits de priorité, adressait à l’Académie de Médecine et tà l’Académie des Sciences, un mémoire dans lequel il reproduisait et dévclopfiait le travail de son père : — Observations tendantes à prouver la coïncidence constante des dérangements de la parole avec une lésion de V hémisphère gauche du cerveau. — Ici, dit M. J. Grasset^ la date est bien précise et la publicité olficielle. Et, il ajoute, par une note en renvoi : « C’est huit jours après, le 2 avril 1863, que Broca parla, pour la première fois, à la Société d’ Anthropologie, de la localisation à gauche. « (*)

Certes, le nom de Broca est entouré d’assez do gloire pour en laisser une parcelle à Dax, Le point capital n’cst-il pas, pour Broca, d’avoir [)récisé le

(•) Traite pratique des maladies du système nerveux, par J. Granset. 3" édition, 1886.

siège (iu langage parlé dans le pied de la 3“ circonvolution frontale?... Cuique suum!

M. J. Grasset établit une juste distinction entre une loi anatomique, comme celle de Broca, et une loi clinique, comme celle de Dax. Au lit des malades, cette dernière sera la seule en cause et intéressera le diagnostic, avant tout. L’absence d’autopsie n’empêchera pas de démontrer la fréquente coïncidence de l’aphasie avec l’iiémiplégic droite, et, dit M. J. Grasset, le fait clinique dont il faut attribuer la paternité à Dax.

Ne peut on pas ajouter : que les autopsies, faisant suite à la clinique hospitalière, ont multiplié les formes de l’apliasie et leurs sièges organiques, au point que, dès aujourd’hui, celte question intéresse la Physiologie-psychologique plutôt que la thérapeutique ?

Dans un résumé des plus succinct nous allons exposer la sémiologie de ces diverses formes de l’aphasie et leurs caractères anatomo-pathologigues.

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