‹ Gall et sa doctrineChapitre 2 sur 37 · SOMMAIRE DE L’OUVRAGE · texte numérisé non relu

SOMMAIRE DE L’OUVRAGE

BUT DE l’auteur.

— Considérations préliminaires sur Gall et sa doctrine. — Anatomie du cerveau.

— Physiologie cérébrale — ses bases fondamentales. ~ Pluralité et localisation des organes cérébraux.

— L’œuvre de Gall jugée par lui même.

— Localisation de la faculté du langage parlé.

— Transition historique de Gall à Broca.

— L’aphasie au temps actuel.

— Sur la perte de la mémoire dans la vieillesse.

— Un dernier mot sur Gall et la crâniologie.

Seconde édition de deux Brochures :

— l’Une, autopsychologie, de l'auteur.

“ l’Autre, sur le dédoublement fonctionnel du cerveau.

BUT DE L’auteur.

Entreprendre de tirer de l’oubli une œuvre enterrée depuis 18'28, année où mourut Gall et où je commençai mes études médicales, n’est ce pas un singulier retour sur moi-môme, et ne pourra-t-ôn pas demander : quelles sont mes raisons ?.. . quel est mon but?

Mes l'aisons se ra|)portcut à l’inlércl que je trouve dans l’étude de la Pbysiologie cérébrale... Mou but est de réparer, pour Gall, un oubli immérité.

D’ailleurs, si les dispositions mcniales du vieillard le portent d’ordinaire au.x rêveries d’un avenir où tout est mystère, ne Irouve-t-il pas des jouissances plus elléctives à remonter dans le passé?

Condamné à une vie renrermée, par les indrmités qu’amène la vieillesse , mon esi)rit veut travailler encore, et j’ai pris goût au.K éludes rpii tendent à rapprocher la psychologie de la pbysiologie. Sans doute, c’est aller aux conjectures; mais, cela fait vivre intellectuellement ; c’est un passe-temps, au moins.

Il y a un an, l’idée de posséder un exemplaire» de l’ouvrage de Gall rne poursuivait. Quelques études antérieures me taisaient voir dans ees mots — organologie cérébrale — un mirage plein de séduction.

Le jour arriva, enfin, où j’entrai en possession des quatre volumes in-4° et du grand Atlas qui les accompagne; et mon attente ne (ut pas déçue.

Si, en parcourant ees quatre volumes dans leurs généralités, j’eus à m’ellrayer, d’abord, de la multi[)licité des matières et surtout des 27 facultés inscrites sur le damier crâniologique, les considérations si savantes des introductions et des résumés captivèrent mon attention et excitèrent mon intérêt.

Non pas que Gall vint m’initier à une physiologie nouvelle. Les 80 ans passés depuis sa première publication avaient laissé quelque teinte de scs enseignements, pour moi comme pour d’autres. Mais, mon étonnement fut grand quand j’eus à constater: que, dans le cours de mes études premières, je n’avais jamais vu signaler l’œuvre de Gall comme particulièrement intéressante.

Dès lors, je m’abandonnai aux réllexions qui vont suivre.

Si, pendant trop longtemps, les j)bysiologistes avaient placé le siège des facultés affectives de l’homme dans les viscères de la vie organique, ce

fut Gall qui, l'un des premiers, les loealisa, dans le cerveau, en rapprochement des facultés intellectuelles. Pendant trop longtemps les préjugés philosophiques avaient séparé l’étude physiologique de l’homme de celle des animaux; ce fut Gall qui, le premier, établit l’un des principaux fondements de la Physiologie psychologique sur l’anatomie et la physiologie comparées.

Comment se fait-il que les physiologistes de nos jours ne proclament pas, pour Gall, le mérite d’avoir, le premier, posé ces principes?

D’un autre côté, plus j’étudie l’(L'uvrc de Gall, j)lus je vois surgir d’autres considéralions.

Si le positivisme actuel doit envisager Gall comme l’un de scs principaux initiateurs en Physiologie cérébrale, rien, dans son œuvre, ne tend à froisser le Spiritualisme. Très érudit dans les docirincs anciennes et modernes sur les facultés de l’amc et de l’esprit, il en démontre les obscurités et leur oppose, avec convenance, le réalisme de l’iiistoire nalurelle. L’ûme!... il en tient grand compte, ne la discute pas, et lui subordonne le cerveau comme instrument de son action.

Comment se fait-il que les Spiritualistes, loin de reconnaître cette modération, le rangent, ex abrupto, au nombre des Matérialistes ?

Son (Ouvre est vaste, eneycIop(3(li(|ue au point (le vue (ju’il poursuit : l’anatomie et la physiologie du cerveau. Toutes les sciences, aeeessoires à celte étude, y sont largement fouillées; et Ton se demande comment une existence d’homme a pu suffire à tant de travail !

Exegl monuineiitum, avait pu se dire Gall. Et, pourtant, cette œuvre grandiose parait être, aujourd’hui, complètement méconnue.

Cet ostracisme n’est explicable, pour nous, que par des causes bien diverses, plus ou moins plausibles.

Et d’abord, n’est-il pas plus ap|)arent que réél ? Ne s’est-on pas alimenté, (joelquefois, à ce puits de science, sans en indiquer la source? Nous voulons bien reconnaître ce (jue peuvent avoir de répulsif ces (piatre gros volumes, rangés parmi les boiKiuins; mais, nous tiendrons compte, aussi, du silence, souvent calculé, (pii se fait autour d’eux. Ctmvcnons encore (juc les exposés de Gall comportent beaucoup de redites et de surcharges, rebutantes, peut être, pour ceux qui les abordent une première fois.

C’est d’après cette dernière considération que nous avons entre[)ris de remettre à jour, en les reproduisant textuellement, les propo.sitions les plus

propres à faire eoniiaître le fond do la dootrinc de Gall et leur application à l’ctudc des facultés intellectuelles et morales.

En deliors des généralités, parmi les 27 facultés déterminées par Gall, il en est une dont la science actuelle s’occupe spécialement : c’est la faculté du langage parlé, du langage de paroles,, comme il la qualifie. Nous incorporerons cette question dans notre travail en la reliant à celle de V Aphasie, allection qui nous semble appelée à rester longtemps encore à l'ordre du jour.

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