‹ Gall et sa doctrineChapitre 21 sur 37 · TYPE — PERTE DE LA. MÉMOIRE MOTRICE VERBALE · texte numérisé non relu

TYPE — PERTE DE LA. MÉMOIRE MOTRICE VERBALE

Cette affection représente l’aphémie, proprement dite, de Broca.

Dans cette forme, les malades comprennent le langage parlé ; ils écrivent, lisent, ont une mimique expressive, mais ne savent plus émettre les sons réguliers de la parole. Quelques monosyllabes sont seuls restés à leur disposition, et ils s’en servent à tout propos, d'une manière dépourvue de sens. Ils n’ont perdu ni la mémoire visuelle ni la mémoire auditive verbales; mais, ils ont perdu la mémoire motrice des mots. C’est ce que Broca avait admirablement spécifié quand il a dit :

— « Le langage articulé que ces malades parlaient naguère leur est toujours familier, mais ils ne peuvent exécuter la série des mouvements méthodiques et coordonnés qui correspondent à la syllabe cherchée. Ce qui a péri chez eux, ce n’est donc pas la faculté du langage, ce n’est pas la mémoii’e des mots; ce n’est pas non plus l’action des nerfs et des muscles de la phonation et de l’articulation, c’est autre chose; c’est la faculté de coordonner les mouvements propres au langage articulé, puisque, sans elle, il n’y a pas d’articulation possible. » —

L'a faculté qui consiste dans la mémoire des mouvements du langage parlé, a un organe cérébral distinct : c’est, eomme l’a découvert et préeisé

Broca, le pied ou moitié postérieure de la 3® eirconvolution frontale. C’est dans l’altération de celte partie du cerveau qu’il faut cliercher le siège cl la cause de l’aphémie.

De ces quatre formes de l’aphasie , deux ont leur siège pathologique en arrière du Sillon de Rolando et de la Scissure de Sylvius; elles correspondent aux facultés visuelle et auditive; les deux autres procèdent des facultés motrices, graphi(pjc et verbale. On est porté à croire, aujouid’hui, que la partie postérieure du cerveau (orme le centre où s’emmagasinent les sensations, et (|uc la partie antérieure des hémisphères dévolue plus particulièrement aux facultés intellectuelles, a aussi des centres moteurs, organes des mouvements volontaires.

Broca lui-même avait émis cette opinion : que chatiue circonvolution était peut être un organe cérébral distinct; et ce fut ce principe qui le conduisit à découvrir que la 3® circonvolution frontale gauche est l’organe cérébral de la parole articulée.

M. Malhias-Duval, a professé, au même point de vue, les principes les plus avancés, quand il a dit dans sa conférence :

— « Il y a des visuels, c’est-à-dire des sujets chez lesquels la pensée a lieu par vision mentale, chez les-

quels est très développée la mémoire visuelle. Il est probable que celte faculté se relie à la 2° circonvolution pariétale. — Il y a aussi des auditifs chez lesquels la faculté de l’audition prédomine. Cette disposition correspond à la 1” temporale gauche. » —

Il y a des individus doués de La faculté du langage, ou des organes moteurs des mots.- Ici, c’est la 3“ circonvolulion frontale , organe de la mémoire motrice verbale qui présente un développement supérieur à cc qu’elle est chez le commun des hommes. — Le cerveau de Gambetta démontre, dit-on, qu’il était possesseur du moteur verbal. Mais, peut-on voir dans cet organe autre chose qu’un instrument au service d’autres facultés maîtresses et prédominantes?

N’est-il pas remarquable que ces diverses tendances à pénétrer le siège organique de nos facultés intellectuelles se soyent concentrées sur la partie antérieure du cerveau, et que les acquisitions nouvelles se trouvent circonscrites dans la région où s’étaient établies les conjectures de Gall ?

Nous terminerons cette étude sur la faculté du langage parlé, par la remarquable conclusion de de M'. Mathias Duval.

— <t Penser, c’est parler mentalement. Les rouages de la pensée et de son expression nous apparaissent

comme une série d’organes cérébraux distincts, et nous pouvons concevoir les enchaînements de leur action. L’œuvre de Broca est non seulement grande en anatomie et en physiologie; c’est la plus grande découverte en psychologie ou physiologie cérébrale. » —

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