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CAPACITÉ ET MENSUR.ATTON DE LA RÉGION FRONTALE

Au point de vue de la mensuration et des don-

nées qu’elle peut fournir, il importe d’établir les considérations suivantes :

Sur un crâne dépouillé de ses parties molles, sur un pur squelette, l’asymétrie des régions traduira nettement celle des hémisphères cérébraux; mais, sur le vivant, en outre de la chevelure, il est des faisceaux musculaires dont il faut tenir compte. Le muscle temporal qui s’insère à la crête, son homonyme, peut, dans quelque cas, en imposer sur l’ampleur réelle du point crânien qui lui correspond. On connaît l’importance du rôle ijue ce muscle remplit dans l’acte de la mastication : les conditions de cet acte se trouvant subordonnées à l’état des mâchoires, il arrive souvent que, par le lait d’une dentition latérale défectueuse, ou d’une habitude contractée, la mastication se fasse toujours d’un même coté; de là un développement plus prononcé du muscle temporal, surtout dans la partie correspondante à son insertion; de là, enfin, une traduction trompeuse de cette partie si l’attention ne se reporte pas au mode de mastication.

Les moyens de mensuration, soit par le compas d’épaisseur, soit par le compas-glissière, aboutiraientils à des résultats plus précis (jue ceux fournis par le conformateur des chapeliers?

Cette question mérite d’être examinée.

Il résulte, en efiet, des recherches de MM. Lncassagne et Cliquet que, dans 272 cas d’application du confornialeur des chapeliers, ces messieurs ont trouvé, 76 fois sur 100, la région frontale plus développée à droite, tandis que la gauche ne Tétait que dans la proportion de 15 pour cent.

Cette donnée est d’autant plus remarquable qu’elle contredit évidemment à celle des rapports des lobes frontaux en poids et en volume. Nous avons vu que, dans la comparaison de ces lobes, M. Luys, après Broca, a constaté, dans la majorité des cas, la prééminence du lobe frontal gauche sur le droit.

Pour expli(juer cette contradiction, on pourrait se reporter aux enveloppes extérieures du crâne, et plus particulièrement à la chevelure et au muscle Icmporal. Mais, ce point de vue vient compliquer encore le problème : la main droite tendant, chez les droitiers, à rejeter la plus grande partie des cheveux sur le côté gauche de la tête, l’inexactitude, pour la mensuration, s’en augmenterait encore.

Pour apporter quebpje éclaircissement dans ces objections si diverses, nous proposerons l’interprétation qui va suivre.

Nous avons rcmanpié souvent que Tune des formes les plus communes du front est caractérisée par cette circonstance tjuc le côté droit, déprimé

auprès du gauche^ semble prendre, par son étendue en largeur, une partie de ec qui lui manque en hauteur. La circonférence crânienne sur laquelle les chapeliers appliquent leurs rondelles ne peut donner, dès lors, qu’un tracé de forme qui ne fait préjuger en rien le poids et le volume du lobe frontal correspondant. Quant aux causes de cette dilférence de conformation entre les lobes frontaux, les nécropsies cérébrales sont appelées à les expliquer.

Nous pouvons indiquer, d’ailleurs, qu’en se guidant sur une ligne, fictive ou réelle, parlant, en bas, du milieu de la racine du nez, et gagnant le verlex, on a la perspective de la division bi-latérale du front, et que par la simple habitude du coup d’œil, les cas d’insymétrie deviennent saisissants.

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