‹ Gall et sa doctrineChapitre 5 sur 37 · II U FE LAND · texte numérisé non relu

II U FE LAND

A ce j)oint de vue, les rcproductiotis (jui vont suivre auront leur élü(juencc.

Au rapport du Professeur Bischolf, Reil dont le nom fait encore autorité aujourd’hui, a déclaré, de son temps : — « Qu’il avait plus trouvé dans les dissections du cerveau, faites par Gall, qu’il n’aurait cru qu’un homme put jamais y découvrir de toute sa vie. » —

D’un autre coté, Loder dans une lettre à Ilufeland, a jugé les découvertes de Gall en ces termes :

— (i Maintenant que Gall a été à Halle, et que j’ai eu occasion, non seulement d’assister à ses cours, mais encore de disséquer avec lui, tantôt seul, tantôt en présence de Reil et de plusieurs autres de mes connoissances, neuf cerveaux humains et quatorze cerveaux d’animaux, je crois être en état et en droit de prononcer sur sa doctrine.

Je vous dirai, puisqu’il s’agit de m’expliquer, que je suis en très-grande partie d’accord avec vous pour ce qui concerne l’organologie, sans cependant croire qu’elle ait rien de contradictoire avec l’anatomie, étant au contraire persuadé qu’elle est vraie quant au fond et aux principes. Il y a encore des détails à rectifier et l’ensemble de sa doctrine est encore trop dans l’enfance pour qu’on puisse l’expliquer, comme le font plusieurs personnes par abus.

« Les découvertes que Gall a faites sur le cerveau, sont de la plus haute importance, et plusieurs d’entre elles ont un tel degré d’évidence, que je ne conçois pas comment on peut, avec de bons yeux, les méconnoître. Je veux parler du grand ganglion du cerveau, du passage des pyramides dans les bras du cerveau et des hémisphères; des faisceaux de la moëlle épinière, de l’entrecroisement des fibres sous les pyramides et les éminences olivaires, de la substance récurrente du cervelet, des commissures des nerfs, de l’origine des nerfs moteurs des yeux, des nerfs trijumeaux, de ceux de la sixième paire, etc. Je passe sur d’autres choses qui, quoique très-croyables, ne me paroissent pas encore assez démontrées. Ces découvertes suffiraient seules pour rendre le nom de Gall immortel; ce sont les plus importantes qui aient été faites en anatomie depuis celle du système des vaisseaux absorbans. Le déploiement du cerveau est une excellente chose. Que n’a-t-on pas droit d’en attendre, ainsi que des progrès ultérieurs dont le chemin est ouvert! Je suis honteux et indigné contre moi-même, d’avoir comme les autres, depuis près de trente ans, découpé des centaines de cerveaux comme on tranche dans un fromage, et de n’avoir pas aperça la forêt, par le trop d’arbres qu’il y avait. Mais à quoi bon se fâcher et rougir? Le meilleur parti est de prêjer l’oreille à la vérité, et d’apprendre ce que l’on ne sait pas. Je dis, comme Reil, que j’ai trouvé plus que je ne crois qu’un homme pût faire dans le cours de sa vie.

Hufcland lui-même, tout en se livrant à des remarques critiques sur la doctrine de Gall, les accompagne des considérations les plus élogieuses;

— « C’est avec un grand plaisir et beaucoup d’intérêt, que j’ai entendu cet homme estimable exposer lui-même sa nouvelle doctrine. Je me suis pleinement convaincu qu’il doit être regardé comme un des phénomènes les plus remarquables du dix-huilième siècle, et que sa doctrine doit être comptée parmi les progrès les plus importans et les plus hardis que pussent faire nos connoissances dans l’étude du règne de la nature. »

« 11 faut le voir et l’entendre, pour apprendre à connoître l’homme lout-à-fait exempt de préjugés, de charlatanisme, de fausseté et de rêverie métajjhysique. Doué d’un esprit d’ohservation rare, de beaucoup de pénétration et d’un raisonnement juste; identifié pour ainsi dire avec la nature : devenu son conlident par un commerce constant avec elle, il a rassemblé, dans le règne des êtres organisés, une mullitiide d’indices, de ♦phénomènes qu’on n’avoit point remarqués jusqu’à présent, ou que l’on n’avoil observés que superficiellement. 11 les a rapprochés d’une manière ingénieuse, a trouvé les rapports qui établissoient entre eux de l’analogie, a appris ce qu’ils signifioient, a tiré des conséquences et a établi des vérités d’autant plus précieuses (ju’étant uniquement basées sur l'expérience, elles émanent de la nature elle-même. C’est à ce travail qu’est due sa manière d’envisager la nature, les rapports et les fonctions du système nerveux. Lui-même n’attribuo ses découvertes qu’à ce qu’il s’est abandonné ingénument et sans l’éserve à la nature, la suivant toujours dans toutes ses gradations, depuis les résultats les plus simples de sa vertu formatrice jusqu’aux plus parfaits. C’est donc à tort qu’on donne à cette doctrine le nom de système, et qu’on la juge comme tel. Les

vrais naturalistes ne sont guère propres à former des systèmes. Leur coup-d’œil ne seroit pas aussi juste, s’ils parloient d’une théorie systématique, et la réalité ne cadreroit pas toujours dans un cercle aussi étroit. De là vient que la doctrine de Gall n’est et ne peut être, d’après l’opinion qu’il en a émise lui-même, autre chose qu’un rapprochement de phénomènes naturels, instructifs, dont une partie ne consiste encore qu’en fragmens, et dont il fait connoître les conséquences immédiates. »

Ces jugements sont antérieurs à 1805, époque où l’installation de Gall, à Paris, lui préparait un tout autre accueil de la part des corps savants.

D’autres découvertes et aussi le perlcctionneincnt des procédés de dissections n’en doivent pas moins être portés à l’actif du fondateur de l’organologie cérébrale.

Pour comprendre l’importance des travaux anatomiques de Gall, il faut se reporter au temps où il en publia les résultats, en regard de la science du jour.

C’était en 1810, alors que Boyer et Sabatier, comme anatomistes, étaient à la tête de l’enseignement; or, CCS deux professeurs, très estimés, classaient encore le cerveau dans la splanclmologic et le considéraient comme un viscère sécrétoire.

En ce temps là, on envisageait le cerveau comme le point de départ de tous les nerfs, la moelle

allongée et la moelle épinière eomme des prolongements (le l’eiieéphnle. Quant à la contexture de la substance cérébrale, on y voyait une pulpe, une moelle; on ne soiip(;onnait pas sa nature celluleuse, ou fibreuse. Malpighi, seul, avait avancé (pic la substance grise était formée d’une agglomération de petites glandes.

L’aveu de Loder qui s’accuse de n’avoir su trop longtenijis que gàebcr des cerveaux, justifie pleinement la critique que Gall adresse, à ce sujet, aux anatomistes.

— Le procédé que l’on suivit jusqu’à nous clans la dissection du cerveau, rendoil impossible la connoissance exacte de sa structure. Déjà Stenon blàmoit les méthodes reçues : — « Les recherches demandent qu’on ne coupe pas la moindre partie, sans l’avoir examinée auparavant. L’anatomie en général a été traitée avec peu de succès, et les recherches du cerveau en particulier ont encore moins réussi, n’ayant pas été entreprises avec toute la diligence nécessaire, à cause des difficultés attachées à la dissection de cette partie ». — Le cerveau est en effet composé presqu’entièrement de fihres si délicates et si rapprochées les unes des autres, que lorsqu’on le coupe, il paroît ne former qu’une masse uniforme et pulpeuse; et cependant il n’y a eu jusqu’à présent qu’un petit nombre d’anatomistes, tels (jiie Leuwenhoek, Vienssens, etc., (jui aient essayé un autre procédé. On se servoit d’un couteau particulier trèsaffilé, très-lin, très-long, et à deux tranchans; et l’on

éprouvoit d’autant plus de satisfaction que l’on pouvoit' faire des coupes plus nettes et plus unies. Mais il étoit par là impossible de suivre, comme Slenon l’avoit également recommandé, la direction des libres, et quelles que fussent les coupes, verticales, horizontales ou obliques, on songcoit si peu à ménager et à observer la liaison des parties, qu’on espéroit, à l’exemple de Vicq-d’Azyr, pouvoir d’autant mieux les examiner qu’elles auraient été plus isolées par des coupes.

Quel(iues-uns voulant remédier à la mollesse du cerveau par diverses préparations, le Tirent bouillir dans de Thuile, ou macérer dans Tacide nitrique ou muriatique étendu par de Teau ou par de l’esprit de vin, ou dans une dissolution de muriate de mercure suroxigéné, etc.; on le fit mcme^geler. Mais la plupart des anatomistes accordèrent peu de confiance aux résultats de ces essais.

On employait constamment la mauvaise méthode de faire les coupes par en haut, ou par en bas; et on avoit coutume de commencer par la destruction des appareils complets du cerveau ; lors même que Ton commençoit par la hase, (on enlendoit par là toute la partie inférieure du cerveau) on procédait sans but, et sans égard pour Tordre dans lequel les parties se suivoient naturellement.

Passant ensuite à des eonsidérations relatives à l’analoinie comparée, Gall ajoute :

— En général Tanatomie comparée n’a pas été suffisamment appréciée, surtout pour ce qui concerne le système nerveux et le cerveau, quoiipie Haller ait dit que la physiologie avoit reçu plus de lumières de Tanatomie comparée que de la dissection des cadavres

humains, et que Stenon en ait fait l’éloge qu’elle mérite, en s’exprimant ainsi : « Chaque différence, quelle qu’elle puisse être, donne toujours .quelque lumière aux recherches : elle nous peut apprendre ce qu’il est absolument nécessaire de distinguer; car on n’auroit pas connu bien des parties dans le cerveau humain, si on ne les eût pas remarquées auparavant dans celui des animaux». Néanmoins il y a encore des médecins qui regardent l’anatomie comparée comme une source abondante d’erreurs pour l’anatomie humaine.

En effet on applique avec trop de réserve à l’homme les découvertes qu’on fait dans les autres animaux, ou bien on n’en tient aucun compte. Dans ce dernier cas, les découvertes ne sont que des faits isolés qu’on ne met pas à profit : et comme ils ne se retrouvent ni comparés, ni co-ordonnés les uns aux autres, on n’en peut déduire les principes généraux.

Quelques auteurs s’abandonnèrent à de pures spéculations, et imaginèrent un cerveau, suivant les idées dont ils étoient préoccupés, sans avoir consulté la nature. Comme on supposoit, par exemple, qu’il y avoit un point commun de réunion pour toutes les sensations et toutes les idées, les uns ont cherché ce point central, les autres l’ont arbitrairement adopté comme réel. Comme tous les actes de la volonté partent du cerveau, il dut être la source de la moelle épinière et de tous les nerfs. Dans les deux cas, soit que l’on se décide d’après le seul scalpel ou d’après le seul raisonnement, nous dirons avec Bacon : — « Ni la main seule, ni meme l’entendement livré à lui-même, ne peuvent faire beaucoup. Nous devons, en vrais naturalistes, déduire les causes et les principes de faits et d’expériences, et

d’après les causes et les principes établir de nouveaux faits, et tenter de nouvelles expériences. » —

La découverte de la loi de renforcement successif des nerfs par la substance grise est revendiquée par Gall dans plusieurs endroits de son ouvrage. L^un des faits capitaux auxquels il a appliqué ce principe concerne particulièrement les couches optiques connues, depuis lui, sous le titre de ganglions inférieurs du cerveau. Il avait soutenu, contre la croyance de son temps, que la racine des nerfs optiques ne provenait pas de cet amas de substance grise, mais bien des tubercules quadrijumeaux. Les prétendues couches optiques et les corps striés, sont, dit-il, de vrais ganglions où les fdets nerveux déjà formés reçoivent un degré considérable de renlorcemcnt et SC préparent à atteindre leur entier perfectionnement pour former leurs circonvolutions respectives.

Rapprochant aussi cette disposition de celle des faisceaux pyramidaux, pour la formation des bémis- [)bères, il expose les considérations suivantes :

— « En examinant sous un point de vue général comment la nature procède à la première formation des deux hémisphères du cerveau, nous voyons que les faisceaux originaires y sont produits par la substance grise du grand renllement , et renforcés en différens

endroits par des masses particulières de substance grise; que j)ar conséquent tout y est soumis aux mêmes lois que les systèmes nerveux du bas-ventre et de la poitrine, de la colonne vertébrale, des nerfs de la tète, et le système du cervelet. Comme tous les précédons systèmes s’épanouissent graduellement dans les organes intérieurs et exléi'ieurs de leurs fonctions, et atteignent ainsi leur destination finale, de meme aussi nous voyons les faisceaux du cerveau s’épanouir successivement pour arriver au but de leur formation et devenir les organes des fonctions les plus nobles et les plus importantes de l’organisme animal,

Gall , aussi , a insiste , l’un tics premiers , sur rimporlance du corps frangé [)Our la contexiurc du cervelet et y a vu un ganglion de renlbrcemcnf. Si ses assertions ont été conlrcdilcs par les Commissaires de riristilut, elles ont eu, au moins, l’avantage de s’accorder avec celles de Red sur plusieurs points.

Dans un autre ordre de rcchcrclics, il a, l’un des |)remicrs, attiré l’attention des anatomistes sur l’cpanouissement des fibres s[)inalcs des pédoncules cérébrau.x qu': \ont, en rayonnant, (brmer la substance blanche des circonvolutions pour les lobes antérieurs et moyens. La dénomination de couronne radianlc de GaU est atlacbée a celle disposition anatomique.

Il a aussi contribué, pour une grande part, à la démonstration de l’cntrc-croisemcnt des fd^rcs nerveuses, au niveau des pyramides antérieures du bulbe rachidien.

C’est lui encore qui, le premier, a attribué le nom de commissures à toutes les [)arties de l’encéphale situées sur la ligne médiane et formées par la réunion de fibres convergentes. C’est par lui que le corps calleux fut dénommé la grande commissure du cerveau.

A propos des commissures, U a écrit :

Nous abandonnons les expressions de grcnido commissure, et de commissure onlcricure, poslérieiiro et médiane, el nous souhaitons qu’on bannisse entièrement de l’enseignement du système nerveux tous les noms mécaniques, tels que poutres, replis, arc, ruban dentelé, bourrelet, etc. Nous nous en tenons à la notion générale que toutes les parties ont leurs réunions, el nous cherchons à découvrir à quelles parties cha((ue réunion appartient.

DÉPLOYEMENT des GIUCONVOLUTION3 CÉRÉBRALES.

Lçdcr avait écrit à Ilufclaiid: — Le déploycmcnt du cerveau est une c.xccllcntc chose. Que n’cii peut ou pas attendre, ainsi que des progrès ultérieurs dont le chemin est ouvert? —

Plus tard, l’Institut National ne fut pas de ce

sentiment, et il semble que son jugement soit resté sans appel, appuyé et confirmé, sans doute, })ar (les expériences et des faits contradictoires aux assertions de Gall.

De son coté, celui-ci soutient sa thèse avec l’énergie de la conviction. Il multiplie ses procédés de démonstration et s’appuye parliculièrement sur un cas d’hydrocéphale ancien, sans perte de l’intelligence, et observé sur une femme de 54 ans — A l’autopsie, il trouva les circonvolutions de la partie supérieure du front et du sommet de la tète entièrement déplissées; j)his bas, elles existaient encore plus ou moins sensiblement.

Incontestablement, la modification organique, constatée par Gall, est du [)lus grand intérêt pour la physiologie psychologique et il est difficile de comprendre l’objection des Commissaires de l’Institut : — « Que l’exemple fréquent d’hydrocéphales considérables où les facultés intellectuelles restent intaxjtcs, ne prouve rien, yarce que L'on ne sait pas de quelle partie du cerveau, ni de quel arranqemeni dans l’organisation du cerveau dépendent les facultés intellectuelles. » —

Celle objection, dit Gall, fait présumer que l’on veut encore une fois restreindre le siège de l’ame cà un point uiii(iue du cerveau, ür dans les liydrocépliales, les gros faisceaux iil)reux, les prétendues glandes pinéale et pilui-

taire, les couches optiques et les corps striés n’éprouvent aucune altération considérable; on gagneroit donc beaucoup, si l’on pouvoit confiner l’càme dans l’une de ces parties.

Mais comme nous avons démontré que tous ces appareils produiseut ou renforcent les filets nerveux, et ne sont que des appareils préparatoires, que dans tous les autres systèmes nerveux l’organe n’est complètement formé qu’après leur expansion finale, et qu’en conséquence les circonvolutions doivent être considérées comme le complément des organes des facultés intellectuelles, on doit au moins nous accorder que les circonvolutions sont des conditions essentielles et nécessaires pour les fonctions intellectuelles. Or les circonvolutions éprouvant dans l’hydrocéphale les changemens les plus extraordinaires, il devroil résulter de cet étal une cessation des fonctions intellectuelles, si le changement effectué dans l’hydrocéphale avoil pour cause la désorganisation ou la destruction des circonvolutisus.

La question de déploiement à laquelle Gall attachait, avec raison, tant d’importance, resle-t-ellc définitivement tranchée dans le sens de la négation?

Beaucoup d’autres questions d’analomic cérébrale, élucidées par Gall et comprises dans le 1" volume de son œuvre, nous ont paru des plus intéressantes.

Entrer dans leur détail dépasserait notre but, et nous avons cru devoir nous borner aux plus importantes.

Gall résume son œuvre analoinicjuc en des propositions ou thèses générales sur lesquelles se fondent l’organologie cérébrale. Elles sont une préparation à la Physiologie qui va suivre, et, à ce titre nous en donnerons la reproduction.

THÈSES GÉNÉRALES d’ANATOMIE DU CERVEAU ET DU CERVELET.

— Le cervelet et le cerveau sojit composés de substance grise et de substances blanche, de même que les systèmes nerveux du basvenire, de la poitrine^ de la colonne vertébrale et des sens.

2'’ — La substance blanche du cerveau ne peut, sous aucun rapport, être comparée cl une substance médullaire ; elle est, eûnsi que les autres nerfs, entièrement fibreuse.

5’ — La substance blanche du cerveau , comme celle de tous les autres systèmes nerveux, prend naissance, dans la substance grise.

4® — Ces deux substemees sont dans le cerveau, de même que dans les autres s y s-

tèmes nerveux , en raison directe de leur quantité.

5’ — Les systèmes particuliers du cerveau sont, de même que les autres, renforcés et perfectionnés graduellement.

6° — Dans ces a,pparcils de renforcement et de perfectionnement, les fibres cérébrales sont j uxtaqiosées ou entrelacées en forme de ganglions, de même que les autres systèmes nerveux prennent leur renforcement tantôt dans des plexus, tantôt dans des ganglions.

7° — Les systèmes particuliers du cerveau se terminent par un épanouissement fibreux, disposé en couches, de même que les autres systèmes nerveux s’épanouissent en fibres à leur extrémité j^éripjhérique.

8° — Aucun système p>articulier du cerveau ne peut être dérivé d’un autre système cérébral; de même que dans les autres systèmes nerveux, aucun ne peut être dérivé d’un autre.

9'’ — Tous les systèmes particuliers du cerveau sont mis en communication avec les systèmes voisins par des branches communiquantes, ainsi que les autres systèmes nerveux te sont entre eux.

ICy — Tous les systèmes particuliers du cerveau sont doubles, comme ceux de la colonne vertébrale et des sens.

IT — Les parties doubles du cervelet et du cerveau so?it^ de même que celles de la colonne vertébrale et des sens, mises en rapport entre elles par des appareils de réunion.

12° — Les systèmes du cerveau., qui sont un prolongement ou un renforcement des faisceaux pyramidaux, sont seuls en communication par entrecroisement avec les systèmes nerveux de la colonne vertébrale.

13° — De même que les systèmes nerveux du bas-ventre, de la poitrine et de la colonne vertébrale, sont plus ou moins nombreux dans les différens animaux, et de même que les animaux sont doués d’un nombre plus ou moins considérable de sens, de même aussi les diverses parties du cerveau sont plus ou moins nombreuses dans les différentes espèces

14° — ■ De même que les autres systèmes nerveux sont tantôt plus gros, tantôt plus petits, tantôt plus simples, tantôt plus composés dans les différentes espèces d' animaux.

de môme aussi les systèmes cérébraux analogues entre eux sont 'plns gros ou i:>lus 'petits, plus simples ou plus composés dans les diverses espèces d’animaux.

— De même que dans les diverses espèces d’animaux les systèmes nerveux du basventre, de la poitrine, de la colonne vertébrale, et les systèmes particuliers des sens diffèrent entre eux en grosseur, en forme, en couleur, en contexture et en consistance, de même aussi les systèmes partiels du cerveau varient entre eux, suivant les espèces et les individus, par la grosseur, la forme, la couleur, la contexture et la consistance.

/6‘‘ — De même que chaque système e7i particulier et les systèmes analogues diffèrent dans les divers individus de la même espèce, et que nul de tous ces systèmes 7i’est consta7nment e7i raison directe avec les aut7xs systèmes nerveux, de môme aussi chaque système cérébral pa7diel, et les systèmes cérébraux analogues 7ie sont pas constamment, dans les dive7'‘s individus de la môme espèce, e7i 7xiison directe avec les autres systèmes cérébraux .

IT — De 7nôme que les systèmes partiels

du même individu^ par exemple les systèmes des sens, diffèrent en rjrosseur, de même aussi les systèmes cérébraux varient en yrosseur chez le même individu.

:IS" — Tantôt l'une, tantôt Vautre des parties intégrantes du même système, tant dans le cerveau que dans les autres systèmes nerveux, sont plus ou moins développées chez les différens individus de la même espèce.

W — De même que dans les différentes espèces d’ animaux, et dans les individus de de la même espèce, les divei's systèmes nerveux du bas-ventre, de la poitrine, des sens se développent à, des époques inégales, de même aussi les systèmes partiels du cerveau se développent, et diminuent cl des époques différentes dans les diverses espèces d’animaux et dans les individus de la même espèce.

20° — Le développement et la diminution des divers systèmes nerveux, tant dans le reste du corps que dans le cerveau, suivent, il est vrai, assez généralement un ordre déterminé-, ces phénomènes sont cependant souvent soumis dans certains individus à des chancjements inverses frappans.

2/“ — Chacun des divers systèmes cérébraux, comme chacun des autres systèmes nerveux, peut quelquefois seul être attaqué de maladie, tandis que les autres restent intacts.

22" — Et de même que dans les autres systèmes une moitié du système peut être seule malade, de même aussi des altérations et des maladies n’attaquent souvent qu’un seul côté des divers systèmes, ou une seule moitié du cerveau.

L’ensemble de ees propositions représente, anatomir|nement, le lond de la doetrine de Gall.

Elles pourraient être résumées dans le sommaire suivant :

— Détermination généralisée des rapports anatomifjues existants entre les systèmes nerveux de la vie organique et de la vie de relalion. — Conditions partieulicres à ehacun de ces systèmes dans le développement et le résultat final de leur évdlulion — Diversité individuelle, infinie.

De tous ces principes, aussi bien que de tous les faits anatomiques contestés ou dédaignés, au temps de Gall, combien y en a-t-il qui ne soyent pas en cours aujourd’hui?

Page 1