II
— Missale Nannetense “2.
B. — Ouvrages non datés
(59) Bernardus, Ad Eugenium Papam. (Cat. Lormier, 4576.)
(60) Bernardus, De concordantia statuum religiosorum. (Pellechet,
(1) Manuale ad vsü cenom.[Marq. de M. Morin]. A la fin: « (î Exaratü et copletü fideliterqz ac diligen-/ter emendatü Rothomagi hoc opus scdm/vsum eccles:e Cenoman. per me Magistrü/Martinü Morin, ante prioratü sancti Lau/di Rothomagen. in intersignio sancti eusta/chii comorantè, ad instantià venerabilis vi/ri Magistri Pétri Hennier presbyteri in de-/cretis licenciati eiusdè ecclesie Cenoman. ca/nonici, ac rectoris ecclesie. parrochialis sanc/-ti pétri de curia: Cenoman. dyocesis. Die/martis, ii. mensis decembris. Anno domi-/ni Millesimo quingentesimo vndecimo. » (Petit in 4, 148 ff. ch. et 2 ff. de ta. Impr. goth. r. et n., plain-chant noté, lettres ornées. B. N., Rés. B. [810. Exempl. incomph, les 7 premiers ff. manquent.) — (2) Missale ad vsü insignis/'ecclesie Nâneten. nup/ emèdatü ac reuisü, cü/additioe pluriü officior. causa/deuotois (sic) excitàde
ibid isertor. [Marq. de Morin, avec encadrement. A la fin :] Ad sùme idividueqz tri n i ta- / ti s celestiumqz spirituum omnium decus sacri missalis officiù/ ad insignis Nannetensis ecclesie vsum, iampridë emendatum : /nouissime vero ere et impensa honestor viror Anthonii & Mi-/chaelis les papolins, aime nannetensis vmuersitatis b blio-/polar. Necnon Oliuerij ac Roberti les ganereaulx ibidem com-/morantium. Karoli quoqz de bongne famatissime Andegaven/sis academie librarii summa cum elugubratione recognitü ac/reuisum vnacum pluribus (deuotionis excitàde causa) additis/Feliciter explicit Impression Rothomagi per magistrü Mar-/tinum Morin, Anno salutis Millesimo quingentesimo vicesi-/mo. Die vero décima sexta mensis Octobris. (In-8. 7 ff. n. ch. pour le calendrier, 217 ff. ch. et 1 n. ch. pour {'Explicit . Impr. goth. r. et n., plainchant noté, lettres ornées. B. N., B. 1814.)
(61) Bernardus, De consideratione. (Pellechet, 2128.)
(62) Bonus Pastor. (F., d’après Panzer, X, 26.)
(63) Breviarium Cenomanense (F.)
(64) Coustumes et stiiles du païs et duchié de Touraine. (F.)
(65) Denyse (Nicolas), Gemma predicantium. (Pellechet, 4191. —
F. — Cat. Lormier, 4564.)
(66) Denyse (Nicolas), Gemma predicantium. Nouv. Édit. (Cat.
Lormier, 4565 .)
(67) Donatus. (Cop. 2088.)
(68) Ferratius (Thomas), Cautelae novae. (Delisle, op. cit. . I, 179.
(69) Gallus (Alexander), Doctrinale. (Cop. 275.)
(70) Heures de Notre-Dame à l’usage de Rouen. (F.)
(71) Lyre (Nicolas de), Tractatus de ditîeren tia nostrae translatio-
ns ab hebraica. (Cop. 3727. — F. — Cat. Lormier, 4574.)
(72) Montrocher (Guy de), Manipulus curatorum. (Proctor, 8781.)
(73) Orbellis, In IV Sententiarum. (H. C., *12045.)
(74) Ordinaire des Chrestiens. (F.)
(75) Ordonnances contre la peste... le xxvi jour de novembre
(76) Resolutio theologorum. (H. C., *13877.)
(77) Veritas omnia vincit. (F., d’après Panzer, X, 26.)
(78) La Vie et Mystère de Monseigneur S. Jean Baptiste. (F.,
d’après Cat. La Vallière, n° 14083.)
Toutes ces impressions ont été exécutées en caractères gothiques de trois dimensions, mais toujours identiques, sauf le n° 14 qui ofFre une gothique extrêmement fine, non employée ailleurs, et le n°4i, imprimé en caractères romains, qui sans doute ne furent pas du goût de la clientèle de Martin Morin, puisque ce typographe n’en a plus fait aucun usage. Il a, très assidûment, orné de sa marque la plupart de ses productions ; celle-ci était tirée tantôt en rouge, tantôt en noir, avec ou sans encadrement ; elle représentait un globe, surmonté d’une croix de Lorraine, divisé à l’intérieur en deux parties par une ligne servant de base à la croix; la partie supérieure contient les initiales M.M. et la partie inférieure, par allusion au nom de l’imprimeur, une tête de Maure, accostée de deux marguerites ; le long de la croix montent deux branches de feuillages, l'une de lys, l’autre de marguerites ; enfin on lit à l’entour cette réclame : Imprime / a : roven : / devant / s a inet : lo : /.
SEINE-INFÉRIEURE 333
Martin Morin a dû mourir entre le mois de mai et le mois de décembre 1522 : on a vu plus haut que, le 21 avril 1522, sentant sans doute sa fin prochaine et voulant éviter tous embarras à ses enfants, il avait réglé avec son frère Jean, demeurant à Orbec, diverses questions d’intérêt relatives aux biens qu’ils possédaient respectivement sur cette localité; le 29 décembre suivant, un acte notarié contient la liquidation de sa succession mobilière. Ainsi que nous l’apprend E. Gosselin 4, le prototypographe de Rouen avait été marié deux fois : de sa première union, — le nom de son épouse n’a pas encore été révélé par les documents, — il avait eu deux fils, Jean et Romain ; de son second mariage, avec Marguerite Bruyère, il eut aussi deux enfants, un fils, encore prénommé Jean, que familièrement on appela Petit Jean , et une fille, Jeanne, qui épousa un Nicolas Denicourt, de la paroisse Saint-Sauveur, de Rouen. Les enfants du second lit étaient encore en bas âge, lorsqu’ils perdirent leur père, mais les deux autres avaient été dûment instruits par celui-ci de tous les secrets de son art. Jean fut chargé de payer les dettes de la succession ; il en reçut en échange l’actif mobilier, notamment tout ce qui servait « à l’estât de l’imprimerie)), et succéda à son père : quant à Romain, il était libraire et imprimeur à Lyon depuis l’année 1515 1 2, et se contenta de la part immobilière qui lui revenait dans cette succession. Marguerite Bruyère, enfin, convola avec le libraire Robert Régnault, de Paris, et elle emmena avec elle dans la capitale, le petit Jean, qui, plus tard, s’y établit libraire, en la rue Saint-Jacques, à l’enseigne du Croissant 3.
II. Jean (1522-1523). Fils aîné et successeur du précédent dans l’établissement de la rue Saint- Lô, il n’exerça que fort peu de temps et mourut sans doute jeune et célibataire, ainsi que le constate M. Gosselin 4. On ne connaît avec sa souscription qu’un Missel à l’usage d’Angers, petit in-quarto, impression gothique, dont le colophon est conçu en ces termes : « Impësis circüspector aime andegauen achademie bibliopolar arte et ïdustria magistri Johânis morî
(1) Glanes , pp. 57-53. — (2) Il a une notice très complète dans la Ve série de Ta savante Bibliographie lyonnaise, de J. Baudrier (pp. 357-3 77, et Additions, p. 5 1 1 ) ; on remarquera, à la p. 368, le fac-similé d’un bandeau employé par
R. Morin, qui offre dans son écusson central une réminiscence de la marque de Martin Morin. — (3) Gf. Ph. Renouard, Imprimeurs parisiens , pp. 276-277. — Cf. aussi : Le Libraire Jean Morin et le Cymbalum mundi de Bonaventure Des
Periers devant le Parlement de Paris et la Sorbonne ( 1 537-1 538) par Alfred Cartier. / Paris, Imprimeries réunies. 1889. (In 8. 16 p., Extr. du Bull, de la Soc. de ÏHist. du Protest, franc.) — (4) Glanes, p. 5 8.
G A [.LIA TYPOGRAPHICA
ciuitatis Rothomagie ciuis nô îmeritismi (sic) terse luculêter et accurate Impressa anno a xpo nato supra millesimü quingentesimü xxiii. Die vero, xix Decèbris L »
Morront (Adrien), imprimeur à Rouen (1604-1630).
Il aurait exercé, d’après Frère (i) 2, de 1604 à 1626 ; il faut reculer de quatre années au moins le terme de sa carrière, attendu que, en 1630, il remplissait les fonctions de garde, dont il avait été chargé déjà précédemment, en 1607 et 1617 3. L'impression la plus ancienne d’Adrien Morront, qui soit connue jusqu’à présent, est de l’année 1604 : c’est l’édition la meilleure, ou du moins la plus complète, des Œuvres de Mesdames Des Roches, de Poitiers4 ; elle nous montre en même temps la marque de notre typographe, laquelle offre une représentation de la Fortune, copiée, semble-t-il, sur celle de Pierre Vidoue, imprimeur à Paris 5 * ; la déesse chérie des humains indique de la main gauche une banderole flottant audessus de sa tête et portant ces mots : « Avdentes ivvo » ; elle est entourée d’un listel contenant la devise : Par sit fortuna labori , et les initiales : A. M. R. G. Parmi les productions les plus intéressantes de Morront, on peut citer : i° deuxouvrages franco-espagnols d’Ambrosio de Salazar 7, sur lesquels, en les décrivant, M. Morel-
(i) Description donnée dans F., I. 203. — (2) N F., liasse i3 5. — (3) Voy. suprà, pp. 16 et 17. — (4) Les premières [et secondes] Œuvres de Mesdames des Roches de Poitiers, mere et tille, corrigées et augmentées de six dialogues. Avec une tragi-comedie de Tobie et autres œuvres poétiques. Troisiesme édition. |Marq. décrite.] A Roven, chez Adrian Morront. 1604. (ln-12. En deux parties dé igt et 72 ff. ch. Cat. Lormier, n° 333.) — (5) Cf. Silvestre, Marq. typo.gr ., n° 64. — (6) Le Catalogue Lormier (i"e Ple, p. 1 36) en donne une reproduction. — (y) A. / Las clavellinas de recreacion... Les Œvillets de récréation. Où sont contenües Sentences, aduis, exemples, et
Histoires tres-agreables, pour toutes sortes de personnes désireuses de lire choses curieuses, és deux langues Françoise et Espagnolle. Dédié à M. Gobelin, sieur de la Marche, Conseiller du Roy et controlleur general de ses finances en la gé-
néralité de Roüen. Por Ambrosio de Salazar. // A Roven, Chez Adrien Morront tenant sa boutique dans l’Fstre nostre Dame. 1614. Auec Priuilege du Roy. (In- 8. 12 ff. prél. n. ch., 336 p. ch. et 1 f. n. ch.) — B. / Espexo general de la gramaticaen dialogos,... Por Ambrosio de Salazar. Miroir general de la grammaire en dialogues pour sçauoir la naturelle et parfaite prononciation de la langue F.spagnolle. Seruira aussi de Dictionnaire pour l’apprendre auec plus grand (sic) faci-
lite. Il y (sic) aussi aucunes Histoires gracieuses et sentences notables, le tout
diuisé par les sept iours de la sepmaine, ou en la septième Iournée sont con-
tenus (sic) les phrazes de ladite langue non encore veuës iusques à maintenant.
// A Rouen, Chez Adrien Morront, dans l’Estre nostre Dame, près les Changes.
Fatio a fourni des notes très érudites 1 ; 2° un livret poétique dans le genre de ceux de la Muse normande de David II Ferrand 2 ; et 30 une plaquette, faisant partie de la bibliothèque du baron James de Rothschild3, dont la description détaillée et accompagnée de notes est donnée par M. E. Picot dans son admirable catalogue 4.
Mullot (Les), imprimeurs (?) et libraires à Rouen (1509-1600).
Dans son opuscule sur l’imprimerie et la librairie à Rouen dans les xve et XVIe siècles, Édouard Frère cite (p. 38) un Nicolas Mullot, imprimeur à Rouen en 1510 ou environ sans en rien dire de plus ; Gosselin déclare5 n'avoir point trouvé ce Nicolas, mais « un Mullot ayant seulement le même prénom, qui se disait seulement libraire». Malgré cette différence, ajoute-t-il, « nous pensons qu’il s'agit d’un même personnage. Mullot demeurait sur la paroisse Saint-Jean et avait acheté de Robert Paré, imprimeur, en 1509, sur la paroisse Saint-Pierre l’Honoré, une maison rue Étoupée.On pourrait croire qu’après avoir fait cette acquisition, Nicolas Mullot transféra son domicile rue Étoupée, mais il n'en est rien, car, en 1521, il la revendit, et dans l’acte il se dit encore demeurant sur la paroisse Saint-Jean, en la rue Écu}^ère. » Je connais une plaquette, sans date, qui porte le nom de Nicolas Mullot, mais elle paraît de beaucoup postérieure à l’époque où le co-contractant de Robert Paré exerçait son commerce ; elle appartient évidemment à un second Nicolas Mullot, dont il sera question plus loin.
Beaucoup plus tard, dit encore Gosselin, « on trouve un Guil-
1614. Auec priuilege du Roy. (In 12. 12 ff. prél. n. ch., 52 1 p. ch. et 3 ff. de ta, n. ch. Frontisp. gr. où figurent les armes de France et de Navarre et les portr. en pied du roi et de la reine régente. — Morel-Fatio, op. et loc. cit. infra.)
(1) Voy: Bibliothèque espagnole. I. Ambrosio de Salazar et l’étude de l’espagnol en France sous Louis XIII par Alfred Morel-Fatio. (Paris, 1901. In-12), pp.35 et 41. — (2) Chant rial faict en forme de dialogve, A Sainct Nigaise, par deux bons Gardions Drappiers, estant assicliez à leurs aises sus, la Boise de nos Carties. Auec plusieurs autres sortes de beaux Discours, fort ioyeux, & récréatifs pour résiouir les bons Esprits, Auec la Chanson & regrets lamentables des habitans de S. Nigaise, sur la perte & déplorable rauissement de leurs Boise. // A Rouen, chez Adrien Morront, dans l’Estre nostre Dame près les Changes 1622. (In-12. 24 p. — Héron, La Muse normande, introduction, pp. LXXXII- LXXXIII.) - (3) Le Miroer des Moines mondains, et le gouuernement d’iceux. Nouuellement Imprimé reueu & recorrigé de nouveau. // A Rouen, Chez Addrien (sic) Morront, dans laistre nostre Dame près les changes. (In-8. S. d. 5 ff. n. ch.) — (4) Tome IV, p. 1 38, n° 2816. — (5) Glanes, p. 79.
laume Mullot, sur la même paroisse Saint-Jean, exerçant l’état de libraire. Est-ce un fils de Nicolas ? nous ne saurions le dire. Nous le trouvons, en 1 5 64, achetant de Laurent Bellon, papetier à Canappeville, 300 rames de papier du poids de 7 livres chacune rame et au prix de 13 solz la rame. En 1568, nous le voyons prêter cent livres tournois à un sieur Marais. » Ce Guillaume Mullot n’était pas seulement un marchand de livres, il était en même temps éditeur, possédait peut-être une presse et sans aucun doute un stock de caractères. Je n’ai rencontré aucun volume qui porte sa souscription, mais je l’ai trouvé figurant, en 1579, parmi les libraires revendiquant contre les imprimeurs le droit d’avoir des presses chez eux et d’employer des compagnons imprimeurs expérimentés E De plus on voit sa veuve, en 1583, appelée en garantie par Pierre I Ferrand pourlui avoir vendu des caractères « vicieux, mal taillés et fondus », qui provenaient évidemment du matériel de son défunt mari 1 2.
Guillaume Mullot eut un fils ou un frère, portant le prénom de Nicolas, qui imprima probablement aussi : il figure avec Guillaume dans l’arrêt du 19 novembre 1579, et son nom est au titre d’une plaquette, non datée, qui paraît être son œuvre 3, et d’un ouvrage édité, en 1584, avec le concours de Jean et Richard Petit4.
Enfin, un Pierre Mullot, fils de Nicolas, alors décédé 5, fut admis à la maîtrise en 1600 6, mais ne figure ensuite dans aucun document ; on trouve seulement le nom de Pierre Mullot ou Mulot sur un opuscule 7, auquel Erère donne la date de 1560* environ ! ce qui, comme on le voit, n’est pas admissible.
(1) Cf. Documenta, nos 522 et 525. - (2) Voy. Documenta, n° 528.— (3) L’Histoire du noble & / vaillant Roy, F 1 o r i - / mont fils du noble / Mataquas duc d’Al-/banie. xvii F. [Bois représentant le cortège d’un roi chevauchant sous un dais.] A Roven. / On les vend à Rouen, par Nicolas Mulot, Libraire demeurant
/ à la rue Escuyere, à l’enseigne du nom de Iesus. (Pet. in 4. 55 IL n. ch., affreusement rognés. Sign. A-N. Car. rom. 8 gr. sur bois, dont 2 sont répétées. B. A., b.l. Rés. 13124.) — (4) Lecturas sacras dominica-/rum, necnon & solen-
niü festorum, quas in priuatis / templis matutinale celebrans officium clerus Ro-/thomagensis, legere consuevit per anni circulum, / hoc insigne volumen continet: cû accëtibus princi-/paliù punctoro siue clausarù. Anno domini, mille-/simo quingentesimo octuagesimo quarto. [Grande vign. représ. S. Romain et la Gargouille.] (§. Venale habetur Rothomagi, apud Nicolaum | Mulot, Johan-
nem & Ricardum Petit. (In 4. j5 ff. ch. et 1 n. ch. pour la table. Impr. r. et n. en grande goth., sauf le calendrier qui est en romain. Au v° du dernier f. n. ch., YExplicit qui reproduit le texte du titre, est suivi des armoiries de l’Archevêque, Charles I, cardinal de Bourbon-Vendôme. B. N., Rés. B. 1617.) —
(5) A.D.S., E. 483, f° 2 v°. — (6) Ibid. — (7) Voy. F., t. II, p. 40 (Le Chasteau
de labour).
SEINE-INFÉRIEURE
Olivier (Pierre), aliàs Holivier. (Lat. : Oliverius). Imprimeur à
Rouen (1500-1530).
Pierre Olivier fut run des imprimeurs qui, dans les premières années du xvie siècle, contribuèrent le plus à la renommée typographique de la capitale de la Normandie. On ne sait rien de ses origines, on peut conjecturer pourtant qu’il avait appris son art dans un autre atelier rouennais, en même temps que Jean Mauditier, avec lequel il s’associa vers 1500. Mauditier devait être l’aîné de Pierre Olivier, car son nom précède toujours celui de ce dernier. Leur atelier, d’abord situé dans la rue des Oies, in vico Aucarum 4, fut transféré, vers 1503, dans la grande rue Saint-Martin, auprès du Pont de la Seine, ad vicum magnum Divi Martini , circum Sequane pontem 2. Vers 1504, les deux associés se séparèrent3, et Olivier s’en alla demeurer auprès de l’église Saint-Vivien, sans avoir jamais spécifié plus exactement l’endroit précis où il avait installé son officine ; son atelier et son adresse devaient être bien connus de son temps, puisqu’il s’est contenté parfois de dater ses productions : In edibus Oliverianis L Pendant la durée de son association avec Mauditier et sans la participation de ce dernier, mais en société avec Jean de Lorraine, dont c’est la seule production connue, et qui probablement travaillait en chambre, Pierre Olivier imprima un rituel, — cela s’appelait alors un Manuel (Manuale), — à l’usage de l’église de Salisbury 5, et, à partir de ce moment, il eut presque toujours sous la presse quelque livre liturgique à l’usage soit de cette église, soit de celles d’York et d’Hereford0. Pierre Olivier n’a pourtant pas apposé son nom que sur des ouvrages destinés au clergé, il a de plus fabriqué un assez grand nombre de livres dans tous les
(1) Cf. Delisle, Liv. imp ou publiés à Caen , t. I, n° 286: Missale Redonense, dont le colophon se termine ainsi : « impressumque Rothomagi per Johannem Mauditier et Petrum Olivier, socios, in arte impressoria peritos, ibidem commorantes in vico Aucarum. » — (2) Voy. ibid . , n» 2 5o : Manuale Baiocense, dont le colophon commence par ces mots : « Finis Manualis ad usum celebris ecclesie Baiocensis, impressi Rothomagi per Johannem Mauditier et Petrum Olivier socios, ad vicum magnum Divi Martini circum Sequane pontem...»-— (3) Un ouvrage, daté de i5o5 (Breviarium Helfordense. Cf. Frère, E. A., p. 64), porte bien encore leurs deux noms, mais il est probable que l’impression en avait été commencée avant qu’ils se séparassent. — (4) Voy. notamment Delisle, loc. cit., n» 229 : Catholicon magnum, de Joannes de Janua, dont le colophon porte: « Extrema autem manus et summa lima eidem apposita est in edibus Oliverianis, apud Rothomagos... » — (5) Cf. Frère, E.A., p. 34. — (6) Cf. ibid., pp. 27, 2<S, 29, 36,56, 57, 58,5g et 61 ; et R. Davies , AMemoir of the York press, pp. 22, 23 et 26.
G. Lepreux. Gallia Typographica. D. III.
genres, qui, de même que les premiers, sont toujours imprimés en caractères gothiques et offrent la plupart du temps des lettres ornées, d’un style moins plaisant, il faut le dire, que celles de Martin Morin. On rencontre sur plusieurs de ses productions la marque de notre typographe, qui se présente en deux états différents : la première et la plus ancienne 1 reproduit le sujet, si fréquemment interprété par les Rouennais, de saint Romain en habits pontificaux, se rendant maître de la Gargouille; on lit au-dessus, dans un listel, la légende: Sanctus Romanus, et au-dessous, en dehors du cadre, la désignation de l’imprimeur : « M. Petrus Oliuerius Roihomagen[sis}. » La
seconde 2, beaucoup plus jolie, représente encore saint Romain en habits pontificaux, tenant la crosse de la main gauche et bénissant de la main droite un groupe formé de ce côté par un prisonnier et la Gargouille ; dans le fond se profile la ville de Rouen, entourée de remparts, où des bourgeois appuyés sur les créneaux admirent le geste de l’évêque ; en haut, sous un arc en plein cintre, orné de deux gargouilles, apparaît un ciel tout parsemé d’étoiles ; dans le bas, une banderole renferme cette devise : « Gy ay : : Fyance : : ».
Pierre Olivier semble avoir terminé sa carrière en 1530, année où il a imprimé coup sur coup un Missel et un Processionnel à l’usage de l’église d’York3, mais, depuis l’année 1522, il n’avait plus rien produit qui soit parvenu jusqu’ici à notre connaissance.
Orange (Antoine), imprimeur à Rouen (1597-1629).
Bien que reçu maître en 1597 4, Antoine Orange ne semble pas s’être installé avant 1620 ou 1621 ; c’est de cette année que sont datés les premiers ouvrages portant sa souscription : ce sont de modestes nouvelles à la main 5, dont la plupart sont réimprimées sur des exemplaires venus de Paris. Je ne pourrais pas affirmer
(1) Elle ligure notamment au dernier feuillet de l'ouvrage indiqué dans la
tiote 4 ci-contre. — (2) Elle a été reproduite par Sylvestre, sous le n° 1205. On
en trouvera un bel original au dernier feuillet de l’ouvrage intitulé: Apparatus Constitutionum Clementis pape quinti ( 1 5 1 2, in 8. B. N., Res. E. 4090. Cf. aussi
Delisle, op. cit., n° 107. — (3) Cf. Frère. E.A , pp. 58 et 5 9, et Davies, op. cit.,
p. 26. — (4) A.D.S., E. 483, f° 1. — (5) Voy. notamment, à titre de curiosité : A. / Les grandes divisions novvellemenî arrivées. Entre les habitants de Montauban et le subiect pourquoy. Ensemble le Massacre de trente-sept des plus Notables d’iceux. L’ordre qui est maintenant tenu en ladicte ville entre lesdicts habitans & les soldats qui sont entretenus en icelle. [Fleuron.] A Roven, Chez Antoine Orange, au Portail des Libraires. Jouxte la coppie Imprimée à Paris. M.DC.XXI. Avec permission. (Pet. in 8. i3 p. ch. B. N., Lb36 1764 b.) — B. / Les
SEINE-INFÉRIEURE
qu’Antoine Orange ait été réellement imprimeur, pourtant un arrêt du Parlement lui donne cette qualification, en lui accordant, le 5 décembre 1622, la permission de mettre sous la presse un livre intitulé : La Règle des âmes dévotes L Quoi qu’il en soit, son exercice ne fut pas de longue durée, car, en 1629, Antoine Orange était décédé et sa veuve publiait à cette époque l’ouvrage le plus important qui soit sorti de leurs presses, s’ils en ont jamais possédé2; il avait rempli, en 1622, les fonctions de garde de sa Communauté 3.
Osmont (Les) [ Lat. : Hosmontius], imprimeurs-libraires à Rouen
Les Osmont se rencontrent au nombre de six parmi les artisans du livre rouennais : un Jacques Osmont était fondeur de lettres en 15434, il avait pour femme Marion Philippe, et c’est sans doute de leur union que sont descendus les imprimeurs et libraires du même nom. Dans la première catégorie, on peut ranger deux Jean et un Charles Osmont, sur lesquels je vais fournir quelques notes ; dans la catégorie des libraires, je me borne à citer les noms et les dates donnés par Frère3 : Nicolas (1632) et Thomas (1668-1689) 6.
I. Jean I (1597-1645). Après avoir débuté en 1597 7, Jean I Osmont fournit une carrière de 48 ans, durant laquelle il fut investi à quatre reprises, en 1603, 1615, 1625 et 1632, des fonctions de
plaintes et souspirs de la covr. Sur la mort de Monseigneur le Duc de Mayenne. [Fleuron.] A Roven. Chez Anthoine Orange, au portail des Libraires. Iouxte la coppie imprimée à Paris. M.DC.XXI. Auec Permission. (Pet. in 8. i3 p. ch. B. N., Lb36 1754). — C. / Les signes effroyables novvellement apparvs en l’air : svr les villes de Lyon, Nismes, Montpellier, & autres lieux circonuoisins. Au grand estonnement du peuple. [Vignette] A Roven, Chez Antoine Orange, tenant sa boutique dans le Portail des Libraires. Iouxte la coppie Imprimée à Paris. M. DC. XXL Avec permission. (Pet. in 8. i5 p. ch. B. N., Lk7 4362 a.)
(1) Voy. Documenta, n° 616. — (2) Histoire Excellente et Heroïqve dv Roy Willavme le Bastard, iadis Roy d’Angleterre, et Duc de Normandie: Mise en deux Liures, le premier narratif des actions Ducales, & le second, des Royales, d’vn si grand Roy. Seconde Edition, reueuë, corrigée, & augmentée de l’Autheur. Par Fr. d’Evdemare, Prestre, & Chanoine en l’Eglise Cathédrale nostre Dame de Roüen. // A Roven, chez La Vefve Orange, au Portail des Libraires. M.D CXXIX.Auec permission, & Approbation. (In 12. 673 p. ch. si 1 . et la ta. B. N., Lk2 1263 b.) — (3) Voy. suprà, p. 17. — (4) N. F., liasse i36. — (5) Ibid. —
(6) Ces dates ne sont pas exactes, car Thomas comparut à l’enquête de 1701 et y déclara s’être établi en 1 665 , être âgé de 63 ans et ne plus faire, en 1701, que « vendre quelques livres dans sa chambre » (B. N., Ms. fr. n.a. 400, R418.) —
(7) Salomonis / ecclesiastes heroico / carminé redditvs / Ad reverendissimvm inChri-/sto patrem, ac dominum dominum Reginaldum / Belnensem, patriar-
G AL LIA T Vf1 0 G RAP HIC A
garde de la Communauté1, obtint du Parlement des permis fréquents d’imprimer2, et publia un nombre énorme de volumes, petits et grands, n’offrant pour la plupart qu’un intérêt très relatif3. Il avait pour marque une vignette ellipsoïdale représentant, par allusion à son nom, deux hauts monts , couronnés de palmiers et entourés d’un listel, sur lequel on lit cette devise : « Beat-qvos-vvltdeus 4 », et tenait boutique de librairie dans la Cour du Palais.
cham archiepisco/pum Bituricensem, magnumque / Franciae eleemosinarium. / Authore Petro Fonteio, I.V.L. Pictone. [Vign.] Rothomagi. / Apud Ioannerri Hosmontium, Bibliopolam in/curia palatij commorantem. / M.D.LXXXXVI I. / Cum Priuilegio Regis. (In 12 19fF.11. ch. B. N., A. 6899).
(i)Voy. supra, pp. 16, 17 et 18. — (2) Voy. Documenta, nos 546, 552, 577, 578, 587, 594, 597, 610, 614, 687. — (3) Je citerai seulement: A. / La Conférence tenue à Hamptoncour, entre les Euesques Anglois & les Puritains, au mois de Ianuier 1604. en la presence du Roy d’Angleterre & d’Escosse. Auec les Constitutiôs et Canons Ecclesiastiques. Traictez par l’Euesque de Londres, President de la conuocation pour la Prouince de Cantorbery, & le reste des Euesques & du Clergé de ladite Prouince. Et publiez par l’authorité dv Roy d’Angleterre & d’Escosse, pour ladeuë obseruation d’iceux, sous le grand seau d’Angleterre : Et imprmé (sic) à Londres par Robert Barker, Imprimeur de la tres-excellente Maiesté du Roy, l’an 1604 Traduit d’Anglois en François. [Vignette.] A Roven, citez IeanOsmont, iouxte la coppie imprimée à Paris par Iean Richer. M.D.CV. (In 12. 64 et 5g p. ch B. N., D'25o68). — B. / Histoire generale de Normandie. Contenant les choses mémorables aduenuës depuis les premières courses des Normands Payens, tant en France qu’aux autres pays : de ceux qui s’emparèrent du pays de Neustrie sous Charles le Simple. Auec l’histoire de leurs Ducs, leur Genealogie, & leurs conquestes, tant en France, Italie, Angleterre, qu’en Orient, iusques à la reünion de la Normandie à la Couronne de France. Par M. Gabriel dv Movlin, Curé de Maneual. [Arm. de Normandie soutenues par deux femmes ailées tenant des feuillages.] A Rouen, Chez Iean Osmont, dans la Cour du Palais. M.DCXXXI. Avec Privilège dv Roy. (In f°. 56o p. ch. sll. et la ta. et 5i p. pour le Catalogue des Seigneurs normands et autres provinces de France qui furent à la conquête de Jérusalem. B. N., Lk'2 1209.) — C. / Response a l’anticoton, de point en point. Pour la defense de la Doctrine, & Jnnocence des Peres Iesuites. Par Adrian Behotte, Chanoine, & grand Archidiacre de Roüen. [Marq. décrite.] A Roven, Chez Iean Osmont, dans la Cour du Palais. 1611. (In 12. 127 p. ch. sll. B. N., Ld* 62.) — (4) Cette marque apparaît en deux formats, l’un fort petit et l’autre un peu plus grand. On peut voir la plus petite notamment sur l’ouvrage suivant: — L’Entree de tres-grande, très chrestienne, et tres-avgvste Princesse Marie de Medicis Royne de France & de Nauarre, en la ville de Lyon. Auec l’Histoire de l'origine & progrez de l'Illustrissime maison de Medicis. [Marq. décrite.] A Roven, Chez Iean Osmont, dans la Court du Palais. 1601. (In-12. 1 63 p. ch. B N., Lb33 762.) — Le plus grand format a été reproduit par Silvestre, sous le n" 1254; on en verra l'original sur cet ouvrage par exemple : — Histoire véritable des gverres entre les devx maisons de France et d’Espagne. Durant le régné des Tres-Chrestiens Rois François I. Henry IL François IL Charles IX. Henry III. & Henry 1 1 1 1. Roy de France & de Nauarre à présent régnant. Iusques à la Paix de Veruins, & mort de
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Quant à son imprimerie, elle fonctionnait dans la rue aux Juifs, sous Tenseigne : Au Nom de Jésus.
II. Charles (1628-1666). Beaucoup moins productif que le précédent, dont il était peut-être le fils, il avait également boutique dans la Cour du Palais1, et remplit en 1635, 1645 et 1659 les fonctions de garde 2.
III. Jean II (1640-1664). Fils de Jean I, il se contenta d’un établissement dans la rue aux Juifs ; il semble avoir eu pour marque une rose héraldique, dont le centre est occupé par le monogramme du Christ3; lui aussi fut garde de la Communauté, en 1646 et 16604, et il n’y a rien de plus à dire à son sujet.
Othot (Guillaume), imprimeur supposé (?) à Rouen (1652).
J’ai rencontré à la Bibliothèque nationale une modeste plaquette de 15 pages 5, qui me laisse bien perplexe, car si sa souscription était exacte, elle révélerait l’existence à Rouen, en 1652, d’un imprimeur du roi, Guillaume Othot, dont je n’ai trouvé nulle autre trace. Mais il s’agit d’une réimpression extra-locale ; il est donc possible que le lieu d’origine de la première publication ait été volontairement modifié et que le nom de l’éditeur ait également subi une déformation. Peut-être l’impression originale était-elle de Gilles II Hotot, d’Orléans, qui jouissait en effet de la charge d’imprimeur du roi dans cette ville, et l’auteur de la réimpression, qui contrairement à l’usage, ne se fait même pas connaître, aura-t-il voulu se mettre ainsi à l’abri de poursuites en contrefaçon. Peut-être même, et c’est le cas le plus probable, étant donnée la nature de la pièce, — c’est une mazarinade, — s’agit-il d’une impression de première main avec une souscription truquée pour dépister les recherches.
Philippes II. Roy des Espagnes, 1 598. [Marq. décrite.] A Roven, Chez Iean Osmont, dans la Court du Palais. i6o3. (In 12. 48 ff. ch. si 1 . B. N., La17 3a.)
( 1 ) Inventaire de l’Histoire de Normandie. [Arm.de Norin. tenues par les deux femmes ailées.] A Roven, Chez Charles Osmont, dans la Cour du Palais. M.DC.XLV. (In 4. 206 p. ch. sll.et 1 f. d’errata. B.N., Lk2 121 o.) — (2) Voy. supra, pp. 18 et 19. — (3) Homélies festives. De Messire Iean Pièrre Camvs, Eüesque, & Seigneur de Belley. Derniere édition. [Marq. indiquée.] A Roven, Chez Iean Osmont, rué aux Iuifs, prés le Palais. M.DC.XLVII. Auec Approbation. (In 12. O27 p. ch B. N., D. i552Ô.) — (4) Voy. supra, pp. 18 et 19. — (5) Le manifeste de monseignevr le dvc de Longveville, svr sa déclaration faite le 8. du courant, pour se ioindre au party de son Altesse Royalle & de Messieurs les Princes.// A Paris, Iouxte la coppie imprimée à Roüen. chez Guillaume Othot Imprimeur ordinaire du Roy. M.DC.LII. (In 4. i5 p. ch. B. N., Lb37 21 32'.)
Oursel (Les), imprimeurs à Rouen et à Dieppe (1612-1795).
Rien que ses origines, en tant qu’elles touchent à l’histoire de l’imprimerie, ne remontent pas au delà du xvne siècle, la famille Oursel n’est pas une des moins intéressantes de celles qui se sont adonnées à l’art de la typographie à Rouen ; elle ne paraît même pas éteinte de nos jours et son nom brille encore sur d’intéressants livres de biographie locale. Mais je n’ai pas à parler des vivants et mon culte s’adresse seulement aux morts. Sept imprimeurs portant le nom d’Oursel vont faire l’objet des notices qui suivent.
I. Louis (1612-1645) est le premier des Oursel qui ait embrassé l’état d’imprimeur ; ses presses, d’après Frère 1 * * 4, auraient été en activité de 1612 à 1640. Je ne sais pas sur quels fondements reposent ces dates, toujours est-il que la seconde est inexacte, attendu que Louis Oursel fut garde de la Communauté en 16442 ; il faut donc admettre qu’il a exercé son art jusqu’en 1645 au moins. Quant à l’époque des débuts de cet imprimeur, je l'adopte ici sans aucune conviction, car on ne rencontre d’ouvrages fabriqués par lui qu’à partir de 1639 3 et leurs souscriptions nous apprennent qu’il avait son officine dans YEstre Notre-Dame , près les Changes , ce qui me fait supposer qu’il a pu succéder à Adrien Morront, dont la carrière dura jusqu’en 1630 au moins. Louis Oursel était le beau-frère de David II Ferrand, par suite de son mariage avec Catherine de Saint-Igny, sœur de Madeleine, femme de ce dernier ; il eut de cette union notamment un fils, Jean, qui suit.
II. Jean I (1661-1692). Fils du précédent et de Catherine de Saint-Igny4, il avait vu le jour à Rouen vers 1642 5 et, par une exception bien rare dans sa ville natale, il n’avait été admis à la maîtrise qu’à l’âge de 19 ans, le 10 mars 1 66 1 6 ; il est vrai qu’en revanche il s’était établi le même jour7, auprès de sa tante, la veuve de David II Ferrand, dans l’officine de la rue du Bec, près
(1) N. F., liasse 137. — (2) Voy. suprà, p. 18. — (3) Voy. entre autres : A./ Alphabet anglois. Contenant la prononciation des lettres avec les déclinaisons & coniugaisons [Fleuron.] A Roven, Chez Lovys Ovrsel, dans l’Estre nostre Dame
prés les Changes. M.DC. XXXIX. (In 12. 3i p. ch. B.N.,X. 15490.) — B./ Gram-
maire angloise. Pour apprendre facilement et promptement la langve angloise.
Qui peut aussi aider aux Anglois pour apprendre la langue Françoise. [Fleu-
ron.] A Roven, Chez Lovys Ovrsel, dans l’Estre nostre Dame prés les Changes.
M.DC. XXXIX. (In 12. 2o5 p. ch. B. N., X. 15490.)— (4) Héron, Muse Normande, Introduction, p. XXIV. —(5) D’après la supputation de son âge au moment de
son décès. — (6) A.D.S., C. 145 (Enquête de 1706.) — (7) Ibid.
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le Palais, à l’enseigne de l’Imprimerie; il fut l’associé de Madeleine de Saint-Igny l, jusqu’au moment du décès de celle-ci, en 1675, ou peu s’en faut. Jean I conserva tel quel cet établissement pendant quelques années2 * *, puis, il le transféra dans la rue Saint-Jean, en y portant son enseigne ’ : c’est là qu’il est décédé sept ou huit ans plus tard, le 6 décembre 1692 h II laissait une veuve, Catherine Machuel, qui lui succéda, et plusieurs enfants trop jeunes pour reprendre immédiatement la suite de ses affaires; deux d’entre eux, Jean II et François I embrassèrent à quelques années de là la profession paternelle5 6. Jean I Oursel avait été garde delà Communauté en 1 666, 1671, 1682 et 1688 0 ; en 1678, il avait été visé par un arrêt du Conseil privé, pour avoir édité, avec Jean Lucas et Henri- François Viret, sans privilège du grand sceau, un livre intitulé : Manuel astronomique ou Introduction aux jugements astronomiques 7, dont ie n’ai pas eu 1 heur de rencontrer un seul exemplaire. Peutêtre cet ouvrage avait-il été composé par le successeur de David II Ferrand, puisqu’il paraît qu’il cultivait personnellement les sciences mathématiques et astronomiques8, ainsi qu’on en a d’ailleurs l’attestation par le livre intitulé: Le Grand Guidon et Trésor journalier des astres pour le cours des temps et diverses saisons de l’année , qui porte à ha souscription, d’après le biographe Le Breton, car je n’ai pas vu
(1) Voy. : Première partie du Restablissement delà Mvse Normande Remise
en son lustre Où sont comprins plusieurs ouvrages facétieux, tant en langage
Purinique, ou gros Normand que quelques pièces serieuses, mais traittées bur-
lesquement. Il A Rouen, Chez la vefue de D. Ferrand et Jean Oursel, ruë du Bec, à l’imprimerie. M.DC.LXIX. (Héron, op. et loc. cit., p. XXIV.) — (2) Voy par exemple : Thresor de santé. Contenant plvsievrs remedes à beaucoup sortes de maladies, Avec un régime & Remede singulier contre la Peste, Dissenterie ou Flux de ventre, et un excellent Remede pour la Goutte. Tirez des Livres et Mémoires du sieur de Pinteville, Docteur en Medecine de la Ville de Chaalons. Par Clavde de Pinteville son fils. Dédié Au Roy Lovis de Bovrbon, quatorzième du Nom. [Vign.] A Roven, Chez Iean Ovrsel, ruë du Bec, prés le
Palais, à l’Enseigne de l’Imprimerie. M.DC.LXXVIIL Avec Approbation. (In 12. 3i p. ch. B. N., Te18 107.) — (3) Voy. notamment: Dissertation de la conduite qu’on observe aujourd’huv pour la conversion des calvinistes. (Coupe de fruits. J A Roven, Chez Jean Oursel, ruë Saint-Jean, à l’Enseigne de l’Imprimerie. M.DC.LXXXVI. Avec approbation et Permission. (In 16. 94 p. ch. et i f. n. ch. pour l’approbation. B. N., Ldl7fi 548. D’après une notemsc., cetouvr. serait du R. P. lacque de S1 Dominique, de l’Ordre des F. F. Prêcheurs.) — (4) A. R., Paroisse S. Jean, reg. 2: « Le 6e décembre 1692, mourut Jehan Oursel, vivant marchand libraire à Rouen, âgé de 5o ans, et le 8U fut inhumé en cette église, présent Jean Oursel, fils du défunt. » — (5) Voy. infrà, les paragraphes III et IV. —
(6) Voy. supra, pp. 19 et 20. — (7) Cf Documenta, n° 680. — (8) Th. Le Breton,
Biographie normande , t. IL, pp. 293-294.
ce volume : A Rouen , che% l'auteur 1680 , ou, selon Frère1 : A Rouen , V imprimerie de l’auteur. (In-4, avec figures sur bois,)
Catherine Machuel (1692-1725), sa veuve, continua, ainsi que je l’ai dit, l’entreprise de son mari : l’enquête de 1701 nous apprend qu’elle possédait 4 presses et employait 4 compagnons, savoir : Pierre Yeury père, Pierre Yeury fils, Thomas Bellier, et Jean Hérault, sans compter l’aide que lui apportait son fils François, alors âgé de 21 ans"2. En 1706, elle avait encore 4 presses, mais, par suite du départ de Thomas Bellier, son personnel se trouvait réduit à trois compagnons, outre son fils qui continuait à travailler chez elle3. L'arrêt du 18 mars 1709 conserva cette veuve comme imprimeur à Rouen4: ses affaires étaient d’ailleurs assez actives et les ouvrages qu’elle imprimait d’une certaine ' importance \ Malheureusement ces impressions sont des plus médiocres au point de vue typographique, mais elles sont belles encore auprès de la foule de petits livres populaires, qu’à l’instar des imprimeurs de Troyes, elle jetait à profusion sur le marché 6,
(1) Manuel, t. II, p. 357. — (2) B. N., Ms. fr. n. a. 400, f° 417. — (3) A. D. S., C. 145.— (4) Voy. Documenta, n° 733. — (5) Voy. plus particulièrement: A. / Le Pédagogue chrétien, ou la maniéré de vivre saintement. Par le P. Philippe d’Outreman, de la Compagnie de Jésus. Revû, corrigé tout de nouveau, & mis en meilleur François, par le P. Brignon, de la même Compagnie. Derniere édition. À l’usage des Missionnaires de la même Compagnie de Jésus. [Deux cornes d’abondance.] A Rouen, Chez la Veuve de Jean Ourse), ruë S. Jean, à l’Enseigne de l’Imprimerie. M.DCCIV. Avec Aprobation & Privilège du Roy. (In 12. 572 p. ch. si 1 . et la ta. B. N., D. 17673.) — B./ Le Nouveau Testament de Nostre Seigneur Jesus-Christ, de la traduction des Docteurs de Louvain, Revûe & Corrigée, avec de courtes Réfléxions morales. [Une rose avec sa tige contenant au centre le monogr. I H S .] A Rouen, Chez la veuve de Jean Oursel, ruë S. lean à l’enseigne de l’Imprimerie. M.DCC.XII. Avec Privilège & Permission. (In 12. 456 p. ch, B. N., A. 6427.) — C. / Histoire du Nouveau Testament, avec de courtes réflexions. [Un dauphin nageant à la surface de l’eau et surmonté d’un Soleil.] A Rouen, Chez la Veuve de Jean Oursel, rue Saint Jean, à l’enseigne de l'Imprimerie. M.DCCXIX. Avec Permission & Privilège du Roy. (In 12. 236 p. ch. si 1 . et lata. B. N., A. 7620.) — (6) Voy. par exemple : A./ Le Tombeau de la mélancolie ou le vray antidote et préservatif A messieurs 1 es tristes. Ouvrage facecieux, gay & divertissant, bon pour les Vieillards, & les vieilles Grammaires (sic). [Vign.] A Rouen, Chez la Veuve de Jean Oursel, ruë S1 Jean, à l’Imprimerie. (S. d. In-12. 24 p. ch B. N., Y2 2773.) — B./ Le Festin Fait à Messieurs, Messeigneurs les Venerables & Illustres Savetiers, Carleurs & Réparateurs de la Chausseure humaine, par Maximilien Belllesne (sic) nouveau reçu & aggregé au Corps de l’Etat. Ensemble la liste des Mets Ragoûts, Services de table, Régals, Desserts, du Festin. Et la Réjouissance, les Danses & tous les Divertissemens de l’illustre & Ven rable Compagnie. [Coupe de fruits.] A Rouen, Chez la Veuve de Jean Oursel, ruë S. Jean, à l’Enseigne de l'Imprimerie (S.d. In -12. 6 p. B. N.,
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et qui sont de véritables horreurs. Catherine Machuel avait atteint l’âge de 73 ans, lorsque la mort vint l’enlever à ses presses, le 22 juillet 1725 1 ; depuis seize ans déjà, elle avait perdu son fils et fidèle collaborateur François; son autre fils, Jean, était allé s’installer à Dieppe; l’un de ses petits-enfants, François II, la remplaça dans la maison de la rue Saint-Jean2.
III. Jean II (1694-1705, à Rouen; 1705-1727, à Dieppe'). Né à Rouen le 16 novembre 16723, il était fils du précédent; dès lâge de cinq ans, le 15 juin 1677, il avait été reçu maître4, et, le 3 juin 1694, il s’était établi à Rouen, dans la rue du Petit-Puits5, sous une enseigne : Au Soleil dans l’Imprimerie, d’apparence assez énigmatique ; il venait d’épouser, le 7 février précédent, Barbe-Rose De Perrois6. Bien qu’il n’ait guère imprimé que des bilboquets, sa situation de famille sans doute lui valut d’être appelé aux fonctions de garde en 1699 7, mais, comme les honneurs ne suffisaient pas à assurer l’existence de sa famille et que, d’autre part, il lui répugnait évidemment de concurrencer sa mère, il prit le parti de transférer son atelier à Dieppe. Cet exode eut lieu en 1705 8 ; il conserva pourtant sa boutique de Rouen, que son épouse gérait pendant ses absences, et l’on voit par les constatations de l’enquête de 1706, que son fonds dans cette ville ne se composait plus que de livres d’Heures et d’Almanachs, d’une vieille presse et de deux casses de gros romain avec l’italique, très usés0. Notre typographe n’eut pas à Dieppe de débuts bien brillants, quoiqu’il y ait porté, probablement un peu plus tard, les titres d’imprimeur du Roi et du Collège;
Y2 2777.) — C./ Lettre sur la vie miraculeuse d’une fille, du diocèse d’Arras. Ecrite par un Ecclésiastique du même Diocèse. [A la fin :] A Rouen, Chez la Veuve de Jean Oursel, rue Saint-Jean, à l’Imprimerie. (S. d., mais permis d’impr. du 3o mai 1716. In 8. 24 p. ch. B. N., Recueil Fontanieu, t. 278, pp.35i- 374.)
(1) A. R., Paroisse S. Jean, reg. 5 : « Le 22 juillet 1725 est décédée Catherine Machuel, âgée de 73 ans, veuve de M. Jean Oursel, imprimeur et marchand libraire, et a été inhumée le 24, en présence de Jean Oursel, son fils, et Jean Oursel, son petit-fils » — (2) Vov. infrà, paragraphe V. — (3) A. R., Paroisse Saint-Lô, reg. I : «Le 18e novembre 1672, a este baptisé Jean, filz de Jean Oursel et de Catherine Machuel, ses père et mère, né du 16e dudit mois et an. Le parrain, Jean Machuel . la marraine, Magdelaine de Saint-Igny. » — (4) A.D.S., C. 145 (Enquête de 1706). — (5) Ibid. — (6) A. R., Paroisse Saint-Jean, reg. 2 : « Le 7' février 1694, mariage de Jean Oursel, marchand libraire à Rouen, 22 ans, fils de feu Jean Oursel et de Catherine Machuel, avec Barbe-Rose De Perrois, âgée de 23 ans, fille de François De Perrois et de feue Guillemette Cappelet. .» — (7) Voy. supra, p. 21. — (8) A. N., V*5 840. Arrêt du Conseil du 22 mars 1 7 1 7^ requête préliminaire. — (9) A.D.S., C. 14M
il avait eu d’abord à supporter la mauvaise humeur de Pierre Pillon, déjà établi dans cette ville depuis plusieurs années, puis un procès en règle devant le Conseil d’ État, où son rival ne demandait ni plus ni moins que défenses lui soient faites d’exercer l’imprimerie1. L’affaire traîna devant cette juridiction pendant de longues années, si bien que la querelle s’était apaisée et qu’on avait même oublié en haut lieu que trois imprimeries fonctionnaient simultanément dans une ville, où l’arrêt de 1704 n’en avait toléré qu’une, lorsque, sans avoir crié gare, Jean-Baptiste Dubuc obtint du Conseil, en 1716, d’être seul conservé et maintenu comme imprimeur à Dieppe2. Une fois muni de cet arrêt, Dubuc voulut contraindre Oursel à fermer boutique; celui-ci appela à son secours les syndic et gardes de la Communauté de Rouen et fit tant devant le Conseil, qu’il avait saisi de l’incident, qu’un arrêt du 22 mars 1717 lui permit « de grâce et sans tirer à conséquence de tenir boutique d’imprimerie et librairie à Dieppe3 », concurremment avec Dubuc, à la condition que le prémourant ne serait pas remplacé. J'ai dit plus haut 4 et je devrai rappeler bientôt que Pierre Pillon fut alors en butte aux assauts des deux adversaires de la veille, mais qu’il en triompha et que, en fin de compte, tous trois furent conservés leur vie durant 5. En dépit de ces luttes acharnées pour rester dans la place, on ne voit pas que Jean Oursel y ait fait autre chose que des impressions administratives et des travaux de ville, et la bibliographie ne nous révèle aucun ouvrage de quelque importance revêtu de sa souscription. Il est donc probable que ce typographe eut de nombreux loisirs : il les utilisa en s’adonnant à la littérature et à l’histoire. En 1700, jaloux des lauriers de son grand-oncle David Ferrand, il avait concouru aux Palinods avec une pièce de vers, intitulée Le Fer luisant , qui avait été couronnée 6 ; il avait également composé une sorte de guide des choses les plus remarquables que renfermait sa province natale'. Frère et Le Breton lui attribuent également une
(1) Cf. Documenta, n° 72g. — (2) Voy. Documenta, n° 761. — (3) Voy. Documenta, n° 762. — (4) Voy. supra, p. 137. — (5) Voy. Documenta, n° 763. —
(6) Voy. F., t. II, p. 357; Le Breton, op. cit. , t. II, p. 294. — (7) Les Beautez de
la Normandie, ou l’origine de la ville de Rouen. Contenant tout ce qui est de
plus ancien & de plus considérable dans ladite Ville, & dans toutes les autres de la Province, Bourgs & Villages. Avec les Foires & Marchés qui s’y tiennent chaque jour de la semaine. Par Jean Oursel.// A Rouen, Chez la Veuve de Jean Oursel, ruë S. Jean, à l’Enseigne de l’Imprimerie. Et chez ledit Oursel, rué du
petit Puits, au Soleil dans l'Imprimerie. M.DÇC. Avec Privilège du Roy. (In 12.
261 p. ch. si l . et la ta. Un plan de Rouen. B.N., Lk-i 18 1 .)
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Relation des réjouissances faites à Rouen pour la naissance du Dauphin , né le 4 septembre 1729, mais Jean II Oursel n’en peut être l’auteur, attendu qu'il mourut à Dieppe, vers le milieu du mois d’août 1727 F Il avait eu de son mariage avec Barbe-Rose De Perrois, décédée elle-même à Rouen le 12 février 1729 1 2, deux fils : i° Jean, peutêtre l’auteur de la Relation indiquée ci-dessus, et 2° François ; l’un et l’autre furent imprimeurs à Rouen et figurent plus loin à leur ordre chronologique.
IV. François I (1701- 1709). Cet imprimeur n’a jamais eu d’autre atelier que celui de sa mère ; il n’a apposé son nom sur aucune impression, laissant à cette dernière tout l'honneur de son propre travail ; il a par suite passé complètement inaperçu jusqu'à ce jour, bien que ses collègues l’aient appelé aux fonctions de garde en 1703 3 *, que le roi lui-même lui ait confié le même mandat en 1708 4 et qu’il ait été officiellement reconnu comme imprimeur à Rouen par l’arrêt du Conseil du 18 mars 17095 *. C'était donc une réparation tardive et un acte de justice bien mérité que de le faire sortir de l’oubli en lui consacrant ici ces quelques lignes. Fils de Jean I, et de Catherine Machuel, il avait vu le jour à Rouen le 4 août 1679 il y mourut prématurément en 1709, pendant qu’il remplissait les fonctions de garde 7 8.
V. François II (1723-1769) a été le plus en vue des membres de sa famille; il acquit même une certaine célébrité du fait de l'interminable procès qu’il engagea et soutint contre plusieurs de ses collègues. Né à Rouen le 29 novembre 1700 s, fils de Jean II et de Barbe-Rose De Perrois, il sollicita du Conseil d’État, en 1723, l’une
(1) Arch. de Dieppe, Paroisse S. Rémy : « Le 26 août 1727, fut fait le service de M. Jean Oursel, libraire en cette ville, dont le corps fut inhumé le samedi
précédent, à 6 heures du soir, devant la chapelle de la Vierge, par le grand convoy de l’église et avec sonnerie, âgé de viron 55 ans, présence des témoins soussignés, Jean Bourlet, François Oursel. » — (2) A. R., Paroisse S. Jean, reg. 5: «Le 12 février 1729, est décédée Barbe-Rose Deperrois, 65 ans, veuve de M.Jean
Oursel, imprimeur-libraire, et a été inhumée le lendemain, présence Jean et
François Oursel, ses fils. » — (3) Voy. suprà, p. 21. — (4) Voy. Documenta,
n° 731. — (5) Voy. Documenta, n° 733. — (6) A. R., Paroisse S. Lô, reg 1 : « Le 4° aoust 1679, a esté baptisé François, filz légitime de Jean Oursel et de
Catherine Machuel, ses père et mère, ne d’aujourd’hui. Le Parrain, Paul
Du Souillet; la marraine, Anne Oursel. » — (7) A.D.S., E. 483, f° 178, v°. —
(8) A. R., Paroisse S. Lô, reg. 3 : Du 29e novembre 1700, est ne un fils du mariage de Jean Oursel et de Barbe Rose des Peroies, baptisé le lendemain et nommé François, par François Le Boucher, prêtre habitué de Sainte- Croix-Saint-Ouen, et Catherine Du Montier, cousin et amie de l’enfant. »
GALLIA TYPOGRAPHLCA
des places d’imprimeur qui venait d’être abandonnée par Eustache Viret1 et il fut habilité à l’occuper par un arrêt du 7 septembre de la même année2. Il s’installa tout aussitôt dans la maison de sa grand’mère, Catherine Machuel, et deux ans après, cette dernière étant décédée, il se trouva définitivement à la tête de l’établissement de la rue Saint Jean, à l’enseigne de l 'Imprimerie. Les premières années de son exercice furent quelconques, mais, en 1735, a)'ant imprimé de Nouvelles Heures à l’usage du diocèse3, il obtint de M®r Nicolas de Saulx-Tavanes la permission de les débiter4. Ce fut le point de départ de ses relations avec l’archevêché ; bientôt après, en effet, le même prélat lui cédait, par un acte de transport du 28 mai 1736, tous les droits qu’il possédait lui-même pour l’impression et la vente des usages de son diocèse, en vertu de lettres patentes du roi du 19 mai 17344. Pat* cette cession, l’archevêque mettait entre les mains de François Oursel une arme fortement trempée, dont celui-ci allait se servir pour couper les ailes à tous ceux de ses collègues, y compris son propre frère, assez osés pour imprimer quelque livre de dévotion. C’est même contre ce dernier, Jean III, que François ouvrit les premières hostilités, au sujet d’un livre à’Heures et d’un autre livre de Très petites Heures , qu’il prétendait n’être qu’une contrefaçon des Heures de Rouen en latin et en français qu’il avait lui-même imprimées5, en conformité du bréviaire et du missel nouvellement adoptés dans le diocèse de Rouen. Nicolas et Bonaventure Le Brun, Charles Ferrand, Claude II Jore
(i) Voy. Documenta, n° 8o5. — (2) Voy. Documenta, n° 806. — (3) Heures nouvelles à l’usage du diocèse de Rouen, Selon les Nouveaux Missel & Bréviaire, Contenant les offices de l’église qui se disent pendant toute l’Année, Et plusieurs Instructions & Prières pour la Confession & la Communion, tirées de l’Écriture Sainte. Imprimées par l’Ordre de Monseigneur l’Illustrissime & Kévérendissime Nicolas de Saulx-Tavanes, Archevêque de Rouen, Primat de Normandie, Pair de France, Premier Aumônier de la Reine. [Arm. de l’Archëv.] A Rouen, De l’Imprimerie de François Oursel, grande rué S. Jean, à l’Imprimerie. M.DCC.XXXV. Avec Aprobations & Privilège du Roy. (In i~2. 648 p ch. sll. et la ta. A la fin, Privilège accordé à F. Oursel par Lettres patentes données à Compiègne le 3ojuin 1733. B. N., B. 4847.) — (4) Cf. Documenta, n° 854. — (5) Heures de Rouen, en latin et en françois Imprimées par ordre de Monseigneur l’Illustrissime et Révérendissime Nicolas de Saulx- Tavanes, Archevêque de Rouen, Primat de Normandie, Pair de France, Premier Aumônier de la Reine, à l'usage de son diocèse, Suivantles Nouveaux Misse! &
Bréviaire [Arm de l’Archev.] A Rouen, chez François Oursel, Imprimeur de
Monseigneur l’Archevêque, grande rué Saint Jean, à l’Imprimerie, M.DCC.
XXXVI. Avec privilège du Roi. (In 12. 5 16 p. ch. sll. et la ta. Après le 6* f. lim.-,
grav. représentant le Christ en croix, par Fillœul. B.N., B. 5355.)
SEINE-INFÉRIEURE
furent bientôt englobés dans ces poursuites, chacun de ces imprimeurs ou libraires étant coupables d’avoir édité des Heures , Offices ou Eucologes, entièrement extraits des Heures données par l’imprimeur archiépiscopal1. Au fond, François Oursel, excipant de son privilège, prétendait avoir seul le droit d’imprimer, publier et vendre les divers livres d'offices du diocèse contenant tout l’usage rouennais, et, de même que cela se faisait à Paris, il voulait contraindre ses collègues à n’éditer ces mêmes livres qu’en y joignant le rit romain et ne donnant qu’une partie des offices du bréviaire et du missel de Rouen. Tout le noeud du procès résidait dans cette difficulté, mais François parvint, après de nombreuses procédures, à faire prévaloir à Rouen les errements suivis à Paris. ïl est inutile d’entrer dans le détail de ce procès compliqué, que les ruses d’adversaires aux abois ne manquèrent pas d’embrouiller davantage, il suffira au lecteur de prendre connaissance des divers arrêts que j’ai rapportés2. Ceux qui voudraient étudier cette affaire de plus près devraient aussi se reporter aux nombreux factums échangés entre les parties3. Treize ans seulement après l'introduction delà demande, l’affaire fut définitivement jugée; la moitié des plaideurs avaient péri en route, mais plusieurs étaient encore représentés par des veuves, qui eurent à payer les frais delà guerre, tout en perdant une partie de leurs marchandises devenue inutilisable. Quant à François Oursel, désormais maître de la situation, il trouva le plus clair de ses bénéfices dans la vente des livres d’offices à l’usage de Rouen; il les réimprimait sans cesse et obtint, en 1760, un nouveau privilège du cardinal de La Rochefoucauld, après la mort de Nicolas
(1) Voy. Documenta, n° 860. — (2) Voy. Documenta, n°’868, 878, 879, 88 t , 8g5. — (3) Voici la description de ceux de ces factums parvenus à ma connaissance: A./ Mémoire pour Le Sieur Oursel, Imprimeur-libraire de Rouen; Demandeur. Contre les Veuves Jorre, Oursel, & Ferrand, & les Héritiers d’Antoine le Prévost, & Nicolas le Brun, tous Imprimeurs-Libraires à Rouen ; Défendeurs. M.DCC.XLIX. [A la fin:] De l’Imprimerie de la Veuve Lamesle [à Paris], rue vieille Bouderie, à la Minerve. 1749. (In 4. 5f p. ch. B. N., Ms fr. 22075, pi tcQj-j.) — B. / Fragments ou extraits d’un mémoire imprimé présenté au Conseil, Lors de l’Instance, entre le sieur Oursel & la Communauté des
Libraires & Imprimeurs de Rouën. M.DCC.XLIX. (S n. de t. In 4. 2b f. n. ch. B. N., Ms. fr. 22075, f03 115-140.)— C. / Réponse Du sieur François Oursel, à l’Addition de la veuve Oursel, au sujet du P&eautiev qu’il a fait saisir sur elle. [A la fin:] De l’Imprimerie de François Oursel, 1750. (In 47 p. ch. B.N , Ms. fr. 22075, pièce 73.) — D./ Addition signifiée Pour François Oursel, Libraire-Imprimeur de Rouën. Contre la Veuve de Jean Oursel, aussi Libraire-Imprimeur de la même Ville. [A la fin:] De l’Imprimerie de la Veuve Lamesle, rue vieille
Bouderie, à la Minerve. 1750. (In 4. 10 p. ch. B. N., Ms. fr. 22075, pièce 74.)
de Saulx-Tavanes1. En dehors de cette production intensive de livres religieux, François II Oursel n’a pas fourni beaucoup de besogne aux bibliographes, et je me borne à citer, pour ma part, Y Abrégé de V histoire de Rouen , de Le Cocq de Villeray, qu’il édita en 1759 2 *, en y ajoutant une dédicace à l’archevêque de Saulx-Tavanes, dont il était personnellement l’auteur. Il décéda à Rouen le 15 juin 17695, après avoir été marié deux fois : en premières noces, avec Marie-Cécile-Catherine Le Hoy, en secondes noces, avec Madeleine-Françoise Fouet. Il eut de sa première union un Fis, Louis-Joseph, qui lui succéda, après avoir décidé sa belle-mère à renoncer à son privilège de veuve.
VL Jean III (1725-1741). Frère aîné du précédent, né à Rouen le 20 janvier 1695 4 , il avait pris, semble-t-il, le parti de ne pas exercerla profession paternelle et s’était établi libraire; ses premières intentions toutefois se modifièrent, — d’où probablement sa brouille avec son frère et l’animosité de celui-ci contre lui, — et, au mois de novembre 1725, il posa sa candidature a la succession de Jacques III Besongne et fut autorisé, par arrêt du Conseil du 22 de ce mois, à représenter ses titres et capacités devant le magistrat de police5. Les archives du Conseil d’Etat restent ensuite absolument muettes à son endroit ; il y a donc tout lieu de supposer qu’il ne réussit pas à obtenir une place d’imprimeur, d’autant que c’est André-Pierre Behourt qui fut habilité à succéder à Jacques Besongne. Jean III n’a d’ailleurs jamais fait acte d’imprimeur, il resta certainement libraire toute sa vie et fut remplacé plus tard, jusqu’en 1752, par Marie-Françoise Le François, sa veuve, qui à cette époque céda son fonds à Jacques I Ferrand et démissionna en sa faveur6.
VIL Louis-Joseph (1769-1795). Né à Rouen le 7 février 1739 ', il
(1) Voy. Documenta, n° gio. — (2) Abrégé de l’histoire ecclesiastique, civile et politique de la ville de Rouen, Avec son Origine' & ses Accroissemens jusqu’à nos jours Contenant une description exacte des plus anciens Monumens qui subsistent encore dans cette Capitale de la Province, de Normandie Par M****. [Arm. de Rouen] A Rouen, chez François Oursel, Imprimeur de Son
Eminence, grande rue Saint-Jean, à l’Imprimerie. M.DCC.LIX. Avec Approbation
& Privilège du Roi. (In 12. 599 p. ch. si I . et 2 ff. n.ch. pour le Privilège accordé à F. Oursel par Lettres patentes données à Versailles le 3o novembre 1758. B.
N., Lk7 8425.) — (3) A. N., V6 io35. Voy. Documenta, n° 928, pièces produites, lettre B. — (4) A. N., Ve 873. Voy. Documenta, nu 816, pièce produite. — (5) Voy.
Documenta, n° 816. — (6) Voy. Documenta. n° 89;. — (y) A. R., Paroisse S. Jean,
reg 6 : « Le 7 février 1739 est né un fils du légitime mariage de Lrançois
Oursel, trésorier en charge de cette église et de Marie-Cécile-Catherine Le Hoy,
SEINE-INFÉRIEURE
était fils de François II Ourselet de Marie-Cécile-Catherine Le Hoy. Après la mort de son père, en 1769, le privilège d’imprimeur devait passer aux mains de Madeleine-Françoise Fouet, sa veuve et seconde femme, Louis-Joseph obtint qu’elle se démît de tous ses droits, et, le 4 septembre de la même année, un arrêt du Conseil le pourvut de cette place1. Nommé imprimeur du roi à une époque que je n’ai pas pu déterminer, ce typographe s’est distingué par d’assez importantes publications; on lui doit notamment un bel in-folio: les Réflexions sur le règne de Trajan , de G -L. Bayeux, et la toute dernière édition des Coutumes de Normandie 2. Il avait abandonné le local de la rue Saint-Jean et s’était installé dans la rue de la Vicomté, où il imprima, en 1789, plusieurs cahiers du Tiers État et en 1790, le résultat des travaux de la Commission intermédiaire de la Haute- Normandie3 ; en 1792, il devint l’imprimeur du Département, et enfin, en 1795, il cessa l’exercice de sa profession.
Ouyn (Adrien), imprimeur à Rouen (1606-1660).
Ce typographe, que Frère a omis dans ses Notes, avait été reçu à la maîtrise en 16064 et il avait dû s'établir aussitôt après, caron lit dans un arrêt des Requêtes de l’Hôtel à Paris, du 18 juin 16165, que par un arrêt antérieur, daté du 17 février 1607, main-levée avait été donnée « à Adrien Ouin et Jehan Boullay, marchans libraires et imprimeurs en la ville de Rouen, de la saisie faite sur eux de deux balles delivres de la Première et deuxième partie du livre de Y Astrée , par eux amenez en cette ville de Paris, et ce faisant leur auroit esté
eî le lendemain a été baptisé et nommé Louis-Joseph, par M" Joseph Desperrois, prêtre, et par Noelle Marguerite Le Hoy, cousin et tante de l’enfant. »
(1) Voy. Documenta, n° 928. — (2) Coutumes du pays et duché de Normandie, Anciens Ressorts et Enclaves d’icelui; Avec les Arrêts de Réglement de la Cour, Édits, Déclarations, Arrêts du Conseil et du Parlement. Nouvelle Édition revue, corrigée & augmentée des Réglements & autres Arrêts rendus jusqu’à ce jour. Avec une Table des Matières de la Coutume, des Articles Placités & du Réglement des Tuteles; une autre 'Fable des Matières des Arrêts de Réglement ; & une des Édits, Déclarations & Arrêts. [Arm. de France. j A Rouen, chez Louis Oursel, Imprimeur ordinaire du Roi, rue de la Vicomté. M.DCC. LXXXIII. Avec privilège du roi (In 16.640 p. ch. slata. BibI de l’auteur.) — (3) Rapport des travaux de la commission intermédiaire de Haute-Normandie, depuis le 20 Décembre 1787, jusqu’au 27 juillet 1790 [Arm. de France, La Loi et Le Roi ] A Rouen, De l’Imprimerie de Louis Oursel, Imprimeur du Roi, rue de la Vicomté. M DCC.XC. (1114.202 p. ch. et nombreux tableaux. B. N., Lk13 44.) — (4) A.D.S., E. 483, f° 7. — (5) B. N., Ms. fr. 21817, f° 217.
permis de vendre et débiter lesdits livres en tel lieu que bon leur semblera, sans que pour raison de ce, ils puissent estre inquiétez et molestez par lesdits de Varennes et du Bray1, et néantmoings défenses auroient esté faites [par l’arrêt du 18 juin 1 6 1 6] ausdits Ouyn et Boullay et tous autres à l’advenir, d’imprimer lesdits livres d ' Aslrée pendant ledit temps de io ans porté par lesdites lettres de privilège obtenu par ledit de Varennes le 25e may 1616.» Je n’ai rencontré cependant qu’en 1620 la plus ancienne des productions d’Adrien Ouyn2, et elle nous le montre tenant sa boutique au bas des degrés du Palais. Il réédita en 1622 la grammaire espagnole en dialogues d’Ambrosio de Salazar 3 et par la suite beaucoup d’autres ouvrages sans doute, qui ne sont pas venus à ma connaissance, car, en 1628, il arrivait à Paris avec toute une pacotille de son fonds pour en opérer la vente*. En 1633, il retournait dans la capitale, mais contre son gré, pour entrer dans les prisons du For l’Évêque5, à la suite de l’impression qu’il avait faite, sans permission préalable, d’un ouvrage du célèbre évêque de Belley, Jean Camus6. L’année suivante, il avait imprimé un autre opuscule du même auteur7, mais,
(1) Olivier de Varennes et Toussaint Du Bray, libraires à Paris. — (2) Sommation et commandement tait Par Monsieur le Duc d’Espernon, Aux Habitans de la Rochelle, & autres personnes de la Religion Prétendue Reformée, assemblez en ladite ville, sans le consentement & permission du Roy. Suiuans l’execution des Commandements du Roy, & Déclaration de sa Majesté. Faite contre iceux en la ville de Grenade, le 22. Octobre dernier. [Fleuron ] A Roven, chez Adrien Ovyn, au bas des degrez du Palais. Iouxte la coppie Imprimée à Paris, chez Isaac Mesnier. 1620. (In 12. 14 p. ch. B. N., Lb36 i534b.) —
(3) Espeio general de la grammatica en dialogos... Por Ambrosio de Salazar. Miroir general de la grammaire en dialogves, poursçauoir la naturelle & parfaite pronontiation de la langue Espagnolle. Seruira aussi de Dictionnaire pour l’apprendre auec plus grand (sic) facilité. Il y a aussi aucunes Histoires gracieuses & sentences notables, le tout diuisé par les sept iours de la sêpmaine, ou en la septième Iournee sont contenus les phrazes de ladite langue non encore veües iusques à maintenant. // A Rouen, Chez Adrien Ovyn, tenant sa boutique au bas des degrez du Palais. M.DC.XXII. (In 12. 5o6 p. ch. sll. et la ta. Front, gr. déjà décrit (Voy. p. 334, note 7) et signé I. Blanchin. B. N., X. 14684.) — ■
(4) Voy. suprà, p, 5 7, la suite de la note 6 de la p. 56. — (5) Voy. Documenta, n“ 635. — (6) Sainct Avgvstin de l’ouvrage des moines. Ensemble quelques pièces de Sainct Thomas & de Sainct Bonauanture sur le mesme sujet. Le tout rendu en nostre langue, & assorty de Reflections sur l’vsage de nostre temps. Par I. P. Camvs, Euesque de Belley. [Fleuron.] A Roven, Chez Adrien Ovyn, en bas des degrez du Palais. M.DC. XXXIII. Auec Approbation des Docteurs. (In 12. 872 p. ch. sll. B. N., D. 21222.)— (7) Le discernement interievr. Recueilli de quelques Entretiens Spirituels de M. I P. C. E. de Belley. [Fleuron.] A Roven, Chez Adrian Ovyn, tenant sa Boutique au bas des degrez du Palais, M.DC.XXXIIII. (In 16. 188 p. ch. et 1 f. n. ch. pour l’Approbation. B. N., D. 17652.)
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devenu plus prudent, il en avait sollicité et obtenu l’autorisation du Parlement de Rouen, le 2 décembre 1633 L Je n’ai plus rien trouvé d’Adrien Ouyn après cette date, il a pourtant été garde de la Communauté non seulement auparavant, en 16291 2, mais encore par la suite, en 1638 et 1648 3, et n’a terminé sa carrière que postérieurement à 1660 4.
Paré (Robert), imprimeur à Rouen (1509-1520).
Ce typographe n’est connu que documentairement, ce qui veut dire, à n’en pas douter, qu’il n’a jamais travaillé qu’en chambre pour des libraires. Voici d’ailleurs les notes que fournit E. Gosselin5 sur son compte, et c’est tout ce qu’on en sait: « Robert Paré était établi imprimeur en 1 5 09, sur la paroisse Saint-Pierre l’Honoré, dans la rue Etoupée. Comme la plupart de ses devanciers, il débuta par des emprunts, puis, à 12 ans de là, il quitta Saint-Pierre l’Honoré et transféra son domicile sur la paroisse Saint-Patrice. Mais alors il ne prit plus la qualité d’imprimeur ; la maison qu’il habitait rue Etoupée appartenait à sa femme, il la vendit à Nicolas Mullot, imprimeur, d’où l’on pourrait conclure qu’il se retirait des affaires, d’autant plus qu’à partir de cette vente (Tabell., 30 septembre 1520), on ne le rencontre plus. »
Petit (Les), imprimeurs à Rouen (1540-1620).
On croit généralement6 que cette famille était venue de Paris s’établir à Rouen et descendait des célèbres imprimeurs-libraires Jean Petit, qui exercèrent dans la capitale de 1492 à 1545 ; il 11’en est rien ; les Petit, au nombre de quatre, que je vais étudier dans les notices suivantes, n’étaient pas parisiens, mais champenois.
I. Jean I (1540-1552). Ce typographe a tenu, dès ses débuts à Rouen, en 1540, à signaler à l’attention publique qu’il était originaire de Troyes7. Pourquoi et dans quel but ? Je n’en sais rien et je
(1) Voy. Documenta, n° 636. — (2) Voy. supra, p. 17. — (3) Voy. suprà,
p. 18. — (4) Cl. Cat. de la Bibl. de Rouen , Sciences et Arts, n° 2083. —
(5) Glanes, p. 68. — (6) Cf. notamment: N. F., liasse 1 3g ; Ph. Renouard,
Impv. parisiens , pp. 294 et 296.— (7) Voy. : A. /Rudimenta Despauterii./ Rotho-
magi, in officina Guerouldi Sebire, in bibJiopolarum porticu, sub correctione
Roberti Stephani. [A la fin :] Rothoinagi, Excudebat Joannes Parvus Trecensis,
1540. (In 8. 62 p. Cat. Delasize 1846), n° 1202). — B./ Ælii Donati, de octo G. Lepreux. Gallia Typographica. D. III. -23
11e peux supposer qu’une chose, c’est que déjà à cette époque, la concurrence entre l’imprimerie de Paris et celle de Rouen était tellement vive, qu’il était essentiel pour un débutant étranger, portant un nom fort connu de libraires de la capitale, de bien marquer qu’il n’avait aucune accointance avec eux, alors surtout qu’il avait l’intention de mettre ses presses au service des éditeurs rouennaisb Jean I Petit ne travailla en effet que pour ceux-ci : on voit successivement, sur les livres qu’il imprima, les noms de Louis Bouvet, Gueroult Sebire, Claude Le Roy2, Nicolas de Burges3, Martin I
partibus orationis Libellus. / Rothomagi, in offic. Guerouldi Sebire, in bibliopolarum porticu, sab correctione Rob. Stephani, 1540. [A la fin :] Rothomagi, excud. Joannes Parvus, Trecensis. (In 8. 40 p. Ibid., n° 1260. B. N., a 32811.) — C./Lanfrancus contra Bellengarium. / Venundatur Rothomagi, in officina Ludovici Bouvet, et Cadomi, in officina Michaelis Angier. [A la fin:] Impressum Rothomagi, apud Joannem Parvum Trecensem. (1540. In 8. 1 65 p. B. N. C., 4504. Cf. aussi L. Delisle, Livres imp. ou pu-bliés à Caen, t. I, n° 233 bis.)
(1) Il importe aussi de remarquer que cette spécification était d’autant plus nécessaire que Louis Bouvet était aussi en relations d’affaires avec les Petit de Paris. On lit en effet cette note de Ch. de Beaurepaire, dans ses Derniers mélanges , p. 175 : « Il y eut une alliance entre les Bouvet et les Le Forestier. Louis Bouvet, qui avait épousé une Gillette Le Forestier, mourut antérieurement au 4 mars 1 54 3 , laissant avec sa veuve, un fils majeur, Denis Bouvet, comme lui libraire à Rouen, et des enfants mineurs. Ce Louis Bouvet et Jean Petit avaient fait marché avec la veuve de Kerver, imprimeur célèbre de Paris, pour l'impression d’un antiphonaire en parchemin et d’un demi-temps à l’usage de Rouen, ainsi que de longues heures en papier. Aux termes du contrat, il aurait dû être livré à Bouvet, 800 ex. de demi-temps, i5o ex. de longues heures. La livraison subit des retards. Elle n’avait point encore été effectuée quand Louis Bouvet mourut. Le 4 mars 1544, un accord fut conclu entre Guillemette De la Vigne, veuve de Jean Petit, libraire à Paris, et Oudin Petit, d’une part, et Gillette Le Forestier, veuve de Louis Bouvet, et ses enfants, d’autre part. Ceux-ci promirent de payer 100 livres aux Petit, lesquels, de leur côté, s’engagèrent à leur rendre compte de 880 demi-temps, impression de Kerver, et de i5o longues heures. (Tabell. de Rouen). » — (2) La Création, érection, et institution de notaires royaulx estabiys par le Roy nostre Sire en la ville et faulxbourgs de Rouen et pays de Normandie.../ Rouen, Claude Le Roy Libraire. 1544. Imp. de J. Petit. (Pet. in 8 carré, 40 ff. F L, p. 3o6.) — (3) A. /Le Miroir des melancholicques, descript en la XXXe section des Problèmes d’Aristote, contenant ce qui appartient à prudence, entendement et sapience, traduit de grec en françois, par Meury Riflant. [Rouen] Pour Nicolas de Burges. — Au v° du titre, marq. de J. Petit (Pet. in 8. Cat. Bigillion, de Grenoble (1867), rédigé par A. Claudin, n° 2098. B. N., A. 19492.) — B./ Le pvy dv sovverain amovr tenu par la Deesse Pallas, auec lordre du nuptial banquet faict a l’hon neur d’ung des siens enfans mis en ordre par celuv qui porte en son nô tourne, le vray perdu, ou le vray préludé. [Rouen.] Imprimerie de Jehan Petit; on les vent a Rouen, chez Nicolas de Burges, i5q3. (Pet. in 8. 40 ff. F., I, p. 414.)
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Le Mégissier1, Robert Le Hoy2, tous libraires à Rouen. La localité dont il se réclamait jouissait d’ailleurs à ce moment d’une renommée universelle parmi tous ceux, imprimeurs, libraires ou lettrés, qui s’intéressaient à la fabrication des livres, et s’en recommander n était pas chose vaine ; au surplus, la typographie de Jean Petit valait mieux que toute autre réclame et le simple aspect de ses productions témoigne d’un maître habile et consciencieux. Installé à Rouen dans un local dont on ne connaît pas l’endroit précis, mais, qui, d’après Gosselin, se trouvait situé sur la paroisse Saint-Laurent, Jean Petit a exercé son art jusqu’en 1552, année de sa mort, puisque, en 1 5 53 , sa veuve imprimait un Guide des chemins de France3 et un autre ouvrage signalé par Brunet4 *. Il aurait épousé, suivant Gosselin, une soeur du libraire Louis Bouvet, et, d’après M. Lesens3, il aurait professé la religion réformée ; rien de tout cela n’est absolument prouvé. Il n’est guère présumable d’abord que son associé Bouvet, libraire et imprimeur de l'archevêque et du chapitre de Rouen, eut donné sa sœur en mariage à un calviniste et, en second lieu, il est à remarquer que Lesens a confondu tous les membres de la famille Petit en un seul, qu’il fait vivre ou exercer de 1543 à 1 6 1 1 ! Que n’a-t-on pas dit d’ailleurs au sujet de ce typographe ?Le libraire qui a rédigé le catalogue Delasize ne va-t-il pas jusqu’à insinuer que l'illustre Robert Estienne aurait peut-être été le correcteur de deux ouvrages imprimés par Jean Petit6! et que même, on peut supposer qu’il avait un intérêt dans l’établissement de celui-ci. Les Rudimenta , de Despautère, et YArs secunda ou de octo partibus , de Donat, exécutés par Petit pour le libraire Sebire, portent il est vrai ces mots : ex correctione Roberti Stéphanie mais cela ne prouve pas une in-
(1) Le Covstvmier dv pays et dvche de Normandie... [A la fin :] Sy finist le traictie des arbres de consanguinité et affinité ; et par côsequent tout le Coustumier de Normandie. Nouuellement imprime a Rouen par Jehan Petit pour Martin le Mesgissier, libraire, tenant son ouuroir au hault des degres du Palais. i552. (In 8. 339 fi', ch. Cat. Lormier, n° 3853. — F., I, p.3oi). —(2) Epithome en rhitme francoyse sur l’entrée du tres-puissant et tres-victorieux Roy de France, Henry second de ce nom, en sa ville et cité de Rouen, le premier jour d’octobre mil cinq cens cinquante, et présentée au dict seigneur. [Marq. de
R. le Hoy.] A Rouen, pour Robert le Hoy. i552. [A la fin :] A Rouen, de l’imprimerie de Jehan Petit, le quatriesme jour d’aoust, i552. (Pet. in 4. 18 fi. Cat-
Lormier, n° 4271). — (3) B. R., Histoire, n° 2647. — (4) M. B., t. II, col. 620 : « Le Blason et description des Oyseaux... composé (en vers) par Guillaume
Gueroult. / Rouen, Dugort frères, 1 553 . [A la fin :] Impr. à Rouen par la vefue
Jehan Petit. — Sign. A-D. In 16. » — (5) Liste des impr. protest . — (6) Voy.
supra, p. 353, note 7.
tervention du savant typographe parisien. Les éditions rouennaises sont tout simplement des copies de celles données par Estienne en 1537 et on a eu cette fois la pudeur d’y mettre son nom. Voilà tout.
Le rédacteur du catalogue Delasize attribue aussi à Jean Petit la marque qui figure sur les deux plaquettes décrites, savoir: un arbre à peu près identique à l’olivier des Estienne, mais avec cette devise, dont je rétablis le véritable texte quelque peu mutilé et mal orthographié : E cœlo rex adveniet per sæcla futurus. Cette marque appartenait au libraire Guéroult Sebire, quant à celle de Jean Petit, reproduite par Silvestre, sous le n° 340, elle représente une femme nue et debout, tenant de la main gauche un panache de plumes, et delà droite, un vase et des fruits ; le nom de I. Petit est inscrit dans un cartouche incliné devant le pied gauche de la déesse, et sur les côtés, on lit cette devise : (à dr.) Pluma , Venus , Venter (à g.) laudem fugienda sequenti1 *. Toutefois on la rencontre aussi avec cette autre devise: La fin d'amour n’est que melancholye- .
A la page 330 de son premier volume, La Croix du Maine indique que Jean Petit aurait imprimé pour Martin Le Mégissier une traduction en vers français de la Rustique (sic) de Politian , par Guillaume Haudent; je n’ai pas trouvé trace de cet ouvrage ; mais, en revanche, les libraires Robert et Jean Dugord, dont Petit était également l’imprimeur, avaient obtenu, le 22 juin 1546, du Parlement de Rouen, un privilège de deux ans pour éditer la traduction en vers français des Apologues d’Ésope, faite par le même auteur3.
IL Jean II (1555-1588) est indiqué par Frère 4 comme ayant exercé de 1557 ^ 1588 : je ne donne ici cette dernière date que sous toutes réserves, car il m’a été impossible de la contrôler en l’absence de toute production sonie des presses de cet imprimeur; quant à la première, je pense que Jean II était établi depuis plus longtemps, 1555 au moins, attendu qu’il résulte d’un arrêt du Parlement de Rouen, du 7 juin 1557, qu’un an plus tôt déjà, il avait voulu marcher sur les brisées de Martin I Le Mégissier, en imprimant et en mettant en vente des ordonnances du roi : une sentence du bailli, du 12 juin 1556, avait ordonné la lacération de ces imprimés5. jean II travaillait-il encore, comme on le dit, en 1588 ? la
(1) Elle figure notamment dans l’ouvr. indiqué ci-dessus, p. 35q, note 7 de la
p. précéd. (lettre C). — (2) Elle est sur le titre de l’ouvrage indiqué ci-dessus,
p. 35q, note 3. — (3) Voy. Documenta, n° 5o8. — (4) N. F., liasse 1 3g. — (5)
Cf. Documenta, n° 5 10.
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chose est fort douteuse, attendu qu’il ne figure d’aucune façon, en 1 5 79 ? dans le procès qui mit aux prises à peu près tous les imprimeurs et libraires de la ville. Cependant Frère lui donne pour successeur, en 1589, une veuve dont l’exercice se serait prolongé jusqu’en 1591. J’enregistre ces renseignements pour ce qu’ils valent, laissant à d'autres, plus heureux que moi, le soin de fournir de nouveaux détails sur cet atelier.
III. Jean III (1598-1612) a laissé, pour sa part, de nombreuses preuves de son activité et, on peut le dire, de ses téméraires et hardies initiatives. Peut-être fils de Jean II, il appartenait de cœur, sinon de fait, au parti huguenot, et avait épousé, paraît-il 4, une Marion Maufils, fille d’Aristote, dont le prénom seul indique déjà la religion. Dès 1598, au plus tard, Jean III était établi typographe, et dès 1599, il était poursuivi, ainsi que nous l’apprend Gosselin, « pour avoir imprimé et mis en vente à la barbe de Messieurs du Parlement, un petit livre fait par les ministres de la R. P. R., intitulé l’ABC d es Chrétiens1 2 ». Grosse affaire, ajoute le même auteur, car la Cour s’en occupa pendant quatre jours et fit subir à l’inculpé plusieurs interrogatoires, mais celui-ci se défendit si bien, qu’il en fut quitte pour une amende de 2 écus. Le xvic siècle s’achève ensuite et les premières années du xvn° passent, sans que plus rien ne révèle l’existence de notre typographe : en 1606 seulement on le retrouve travaillant dans son atelier, devant Saint-Eloy , près de T Orenger 3, mais il ne sort de ses presses que de modestes plaquettes, ayant pour la plupart allure de nouvelles à la main. Vers 1609, il ouvrit boutique
(1) Gosselin, Glanes , p. 90. — (2) Ibid., p. i55. — (3) Voy. notamment : A./ Histoire de France Avec les effigies des Roy s, depvis Pharamond ivsqves av Roy Henry 1 1 1 1 . à présent régnant. Auec ce qui s’est passé entre les Maisons de France & d’Austriche, depuis l’an 153g, iusques -au baptesme de Mon Seigneur le d’Auphin (sic), & de Madame (sic) ses sœurs. Reueu & augmenté de la Chronologie des Papes, & des Empereurs. [Arm. de Fr. et de Nav.] A Roven, De l’Imprimerie de Iean Petit, deuant sainct Eloy. 1606. Auec Priuilege du Roy. (In 12. 81 ff. ch. sll. et la ta. des rois. Tit. r. et n. Portraits des rois gr. s. b. B. N., L393a.) — B./ Discovrs fvnebre svr le trespas de tres-havt, et tres-puissant Prince Henry de Bourbon, Duc de Montpensier, Pair de France, Gouuerneur & Lieutenant General pour le Roy en ses pays & duché de Normandie. Auec les derniers propos qu’il tint à sa Maiesté le venant voir. Plus vne complainte en vers Alexandrins, de Madame de Montpensier, sur le tombeau de son Mary, en forme de Prosopopœie. Mihi viuere Christus est, & mori lucrum. Paul Phil. I. P. M. I. Avvray.// A Roven, par Iean Petit, demeurant deuant S. Eloy près
l’Orenger. 1608. Auec Permission. (In 12. 60 p. ch. sll. et 5 f. n.ch. à la fin pour
la Prosopopœie. B. N., En27 14724.)
dans la cour du Palais1, sans indiquer autrement son adresse sur les livres, un peu plus importants qu’autrefois, qu’il édita désormais. Il les orna fort souvent alors d'une marque représentant une femme ailée, tenant de la main droite un paquet de cordes et de l’autre, une équerre, le tout dans un encadrement, dont les coins renferment les armoiries de France, de Navarre, de Normandie et de Rouen C A la même époque, Jean III fut encore l’objet de poursuites devant le Parlement ; Gosselin écrit que « c’était à l’occasion du fameux livre intitulé LY Anti-Cotton. Cet ouvrage venait de paraître et déjà Petit l’offrait à ses pratiques. La femme Petit ne craignit pas d’assumer sur elle seule tout le poids de l’accusation. Elle dit avoir apporté de Paris plusieurs livres, parmi lesquels s’était trouvé la réponse faite par un abbé au livre de Pierre Cotton et qu’elle l’avait mis en vente sans penser à mal. Cette fois encore le Parlement fit grâce à Petit, en faveur de sa femme ; il se borna à défendre à tous libraires d’imprimer et mettre en vente aucuns livre, traités, discours, sans son autorisation. (Arrêts des 27 juillet et 7 août 1610.) Mais Y Anti-Cotton avait, on le sait, passionné les esprits et avait donné lieu à une ardente polémique. L’abbé Behotte, grand archidiacre de Rouen, avait fait imprimer, dans notre ville même, son livre intitulé la réponse à V Anti-Cotton^ , avec dédicace à Messieurs du Parlement de Rouen. Cette réponse avait causé un si grand scandale au sein du Parlement de Paris, que le Premier Président de celui de Rouen crut devoir charger le Procureur général et deux conseillers de voir ce que ledit livre contenait de conséquence. Pendant ce temps, Petit était fort perplexe. Mais il avait du malheur, car, sur les entrefaites, il fut encore surpris en flagrant délit de vente d une complainte avec estampe, représentant l’assassinat d’Henri IV. Cette fois il soutint qu’elle lui avait été envoyée de Flandre par son père. Il mentait, car une perquisition faite à son domicile amena la découverte des planches gravées. Alors il confessa sa faute et demanda
(1) Voy. : La vie des graves et illvstres personnages qvi ont diuersement excellé en ce Royaume, sous les régnés de Lovys XII. François I. Henry II. François II. Charles IX. Henry III. & Henry 1 1 1 1 . heureusement régnant. [Marq. décrite.] A Roven, Chez Iean Petit, dans la Court du Palais. 160g. (Pet. in 8. 63 p. ch. et 3 ff. de ta. B. N., Ln- 3.) — (2) Outre l’ouvrage précédent, elle ligure encore entre autres sur le suivant : — Remonstrance salvtaire Av pevple françois, afin de vivre en paix les vns auec les autres. Par vn fidelle François. [Marq. décrite.] A Roven, Chez Iean Petit, Libraire : tenant sa boutique dans la Cour du Palais. (In 12. 20 p. B. N., Lb33 775.) — Cette marque a été reproduite par Silvestre, sous le n° 987. — (3) Voy. suprà, p. 340, note 7 (lettre C,).
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pardon. Il était trop tard ; et d’ailleurs le Parlement n’était plus disposé à l'indulgence. Un huissier fut chargé de se rendre chez cet endurci pécheur, d’y saisir tous les exemplaires des dites complainte et estampe, et de les brûler au pied du grand escalier. Ce qui eut lieu le jour même. Petit n’eu fut point pour cela moins téméraire. Un livre rempli d'impiétés , intitulé E pitre , avait été répandu dans le public, malgré les ordonnances. Notre incorrigible libraire n’eut garde de manquer une si belle occasion et fit son possible pour le propager. Appelé devant la Cour, il reproduisit son ancien système et prétendit que YEpitre lui avait été envoyée de Paris, par Nicolas Bourdin , demeurant en Visle du Palais , qu'il en avait reçu 25 exemplaires et n’en avait encore vendu aucun. Mais une perquisition faite chez lui prouva qu’il mentait encore ; il avait reçu 150 épîtres et il lui en restait 14. Enfin, comme si cet imprimeur se fût fait un jeu de tourmenter le Parlement et de l’occuper de sa personne, il se mit à imprimer clandestinement et à vendre le fameux plaidoyer de la Martellière contre les Jésuites et en faveur de l’Université (161 1). Le Parlement en fit saisir les feuilles chez Petit et l’on y trouva en même temps beaucoup d’autres discours imprimés par lui et sur lesquels il avait mis la fausse indication : Imprimé à Amiens . Cette fois, Petit se sentit perdu. Il demanda pardon; il exposa que toutes ces saisies consommeraient sa ruine; tout fut inutile; les livres et les autres imprimés furent brûlés et saisis (arrêts du Parlement des 2 novembre 1610, 3, 6 février, et 7 avril 1612); et il fut avéré que depuis longtemps Petit était le libraire dévoué des protestants. Ce fut ce qu’attestèrent les maîtres-gardes de l’état d’imprimeur, à l’occasion d’un livre imprimé en anglais contre la personne du roi d’Angleterre. L’ambassadeur anglais s’en étant plaint au Parlement, des perquisitions furent faites et Petit fut encore convaincu d’être l’auteur de cette impression; il imprimait et vendait ce livre à Quevilly, sous la protection des ministres protestants (arrêt du Parlement du 20 novembre 16101 * *).»
Jean Petit n’imprimait et ne vendait toutefois pas que des livres aussi dangereux pour sa sécurité que ceux dont il vient d’être parlé : on lui doit, par exemple, une édition de la Description de la France, de François Des Rues5, beaucoup moins bonne, il est vrai, que
(1) Gosselin, op. cit., pp. 1 56- 1 58. — (2) Description contenant tovtes les sin-
gvlaritez des plvs célébrés villes et places remarqvables dv royavme de France.
Auec les choses plus mémorables Aduenues en Iceluy. Reueu Corrigé et Augue-
G A [.LIA TYPOGRAPHICA
celle donnée précédemment à Coutances par Jean 'Le Cartel, surtout sous le rapport des gravures, qui, toutes, se trouvent ici bien mauvaises; il édita également un Rabelais ressuscité 1 et un livre de proverbes mis en vers latins par Jean Nucerin â, puis les Chansons Fo~ lastres, d’Etienne Bellone 3, et enfin deux petits opuscules rarissimes qu’indique Nodier dans ses Nouveaux Mélanges 4. Presque tous ces ouvrages portent le millésime de l’année même pendant laquelle Jean III Petit décéda, mais il fut immédiatement remplacé par sa veuve C qui exerça jusqu’en 1617, c’est à dire au moment où apparaît le Jean Petit qui suit.
IV. Jean IV (1617-1650). Peut-être fils du précédent, il était allé s’établir à Honfleur 6, sans doute pour ne pas le concurrencer à Rouen ; il avait ensuite transféré son atelier à Pont-Audemer 7 ; enfin, il était revenu dans la métropole normande entre 1617 et 1620 et s’y était installé rue Notre-Dame, dans la cour aux Clercs,
mente (sic) du sommaire de lestât Cartes des Prouinces et de quelques portraitz des plus signalées Villes dudict Royaume.// A Roven Chez Iean Petit dans la court du palais. M.DC.XI. (In 12. 352 p. ch. si 1 . et 4 ff. de ta. Frontisp. gr. montrant en haut « Le Roy Lovys XIII avec les douse pairs de France » et sur les côtés (à g.) les armoiries de « Reins , Laon , Langres , Beavvais, Noyon, Chalons », et (à dr.) celles de « Bourgongne , Normandie , Guyenne, Flandre, Champaigne, Tholose » ; en bas, les armoiries de France et de Navarre. B. N., L20 6b.)
(1) Rabelais ressvscité. Recitant les faicts & comportements admirables, du tres-valeureux Grangosier, Roy de Placevuide. Traduict de Grec en François par N. Horry, clerc du lieu de Barges en Bassigny. Av Lectevr.
Apres que Rabelais fust mort,
Curieux a voulu reuiure,
Afin de faire voir ce liure Qui resueille le chat qui dort.
A Roven, Chez Iean Petit, tenant sa boutique en la Court du Palais, Iouxte la copie imprimée à Paris, par A. du Brueil. M.DC.XI. (Ini6. 1 32 p. ch. sll. et 1 f. d'envois poétiques à l’auteur B. N., Rés. Y2 2218.) — (2) Les Proverbes commvns Plus vsitez entre le vulgaire François, és deuis familiers & en toutes compagnies. Recueillis & traduits en vers Latins, Par I. Nucerin. Avec vn petit iardin Pour les enfans, Latin François. [Marq. décrite.] A Roven, Chez Iean Petit, tenant sa boutique dans la Court du Palais. 1612. (In 12 48 ff n. ch.
pour les Proverbes et 80 p. ch. pour le Petit Jardin. B. N., Z 17954.) — (3) Voy. E. Picot, Cat. delà bibl. J. de Rothschild, I, n° 993. — (4) n° 588: La mode qui court au te nps présent. (In 12.) — Le supplément à la mode avec les denischeux de gays. (In 12. Piece en patois ) — (5) La vie de puissante et tres-haute dame Madame Gueline. Reueuë & augmentée de nouueau, par Monsieur Frippesauce. // A Rouen, chez la vefue Iean Petit, dans la Cour du Palais. 1612. (In 8. 16 p. — Cat. de la bibl. J. de Rothschild, I, n° 592.) — (6) Voy. la 3e partie de ce volume. — (7) Voy. la 2e partie de ce volume.
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près de la boucherie Saint-Maclou l. ïl avait évidemment abandonné l’imprimerie depuis longtemps, lorsqu'il décéda au mois d’avril 1650 2. Son inhumation dans l’église Saint-Godard démontre qu’il professait la religion catholique.
Philippes (Julien), imprimeur (?) à Rouen (1650).
Ce prétendu imprimeur rouennais n’est connu que par un ouvrage 3, sur le titre duquel il donne son adresse : rue de la Poterne, près le Palais. Il n’était certainement que libraire, ou même simple compagnon, comme l’avait été son père, Pierre Philippes 4, qui travaillait chez Olivier Hardy, avant d’avoir été reçu maître en 1599 5. Tous deux appartenaient peut-être à la famille du même nom, qui exerça l’imprimerie à Caen avec quelque relief.
Pillon (Pierre), imprimeur à Dieppe (1694-1720).
Né à Dieppe vers 16606 *, Pierre Pillon, bien qu’il eût obtenu le titre d’avocat avait fait son apprentissage chez Nicolas Dubuc, imprimeur dans la même ville8; au début de l’année 1694, ^ avait ouvert un établissement d’imprimeur libraire, dans la rue au Laid (aujourd’hui, Vauquelin), lorsque deux circonstances fâcheuses vinrent entraver ses opérations. Tout d’abord, à la requête de Guillaume Viret, jaloux de voir se dresser à côté de lui un nouveau
(1) Voy. notamment : La prise dv Pont de Sé et de son chasteav par l’armée du Roy, apres vne grande résistance. Ensemble La desroute de trois mil cinq cens hommes qui estoient dedans : Les noms des Chefs ; tant blessez que prisonniers : et le nombre des Drappeaux pris &aportezdans le Louure. Aussi la réduction de la ville de Chasteau Gonthier : surprise de Lengey, & (sic).// A Roven, chez Iean Petit, dans la rué nostre Dame, dans la court aux Clercs près la boucherie S. Maclou. Auec permission. (S. d. (1620) In 12. 7 p. ch. B. N., Lb36 1446 c.) — (2) A. R., Paroisse Saint-Godard, reg. des inhumations de 1629
â 1657 : « Du 26e avril i65o, Jean Petit, imprimeur. » — (3) Le Grand Tarif sur le reglement de i’aulnage des drapperies, réduit à vingt et une aulne et demie pour vingt par le Cousteau de la circoncision des mauvaises habitudes, receuilly à la sortie de l’évent (par J. Michel). //Rouen, Julian Philippes, i65o.
(In 8. Cat. Lormier, n° 3954) — (4) Voy. notamment: — Les Epistres du grand Turc, dernièrement envoyez au S. père le Pape et Rodolphe soy disant Roy de
Hongrie, et à tous les Roys et Princes chrestiens, translatée de l’Hebreu en
Italien et maintenant en François. Avec son portraict tiré au vif. //A Rouen, chez Pierre Philippes, 1606. (Pet. in 8. Portr. équestre du grand Turc, à l’âge
de 19 ans, gr. s. bois.) — (5) A.D S., E. 48 3, f° 2. — (6) B. N. Ms. fr. n. a. 400,
f° 332. — (7) Voy. Documenta, n° 763. — (8) A. N. V6 835, Arrêt du Conseil du
22 juillet 1715, req. prél.
rival1, une sentence du Bailliage de Caux à Dieppe, du 21 juin 1694, confirmée par arrêt du Parlement de Rouen du 3 juillet suivant, lui ordonna de fermer sa boutique et son atelier d’imprimerie2; puis, un mois plus tard, lors du bombardement de la ville, sa maison avait été incendiée et il avait perdu non seulement la plus grande partie de ses effets mobiliers, mais encore son acte de réception à la maîtrise et son brevet d’apprentissage 3. Son premier maître ayant disparu dans le même cataclysme, Pierre Pillon dut recommencer son apprentissage, et enfin, en 1698, il rouvrit son établissement, que l’enquête de 1701 nous montre garni d’une presse, desservie par un compagnon4 *. Devenu à la même époque imprimeur de la Ville et du Collège, il entreprit l’impression d’un recueil général des titres de sa ville natale, dont l’exécution entière ne demanda pas moins de cinq à six ans, mais qui reste une des plus belles productions des presses dieppoises, en même temps qu’un ouvrage fort important au point de vue historique0.
Dans le courant de l’année 1708, Pillon fut à son tour atteint de l’une des maladies de son époque, qui consistait à ne pas tolérer de concurrence auprès de soi : dans un accès aigu de sa phobie, il présenta requête au Conseil, aux fins d’interdiction de Jean Oursel, venu, suivant lui, exercer l’imprimerie à Dieppe en contravention aux règlements, d’une dame Brevedent, veuve d’un maître d’école de la ville d’Eu, qui tenait sans qualité une boutique de libraire, et de tous les merciers, porteurs de balles et autres particuliers de la ville de Dieppe, qui vendaient et répandaient sans discernement les plus mauvais livres6. La guerre était déclarée, elle ne dura pas moins de 9 ans et Pillon, qui, pas plus que les autres imprimeurs dieppois, n’avait de titre régulier pour exercer son art, lut à diverses reprises complètement défait et sur le point de succomber 7, bien qu’il eût essayé, en 1715, d'obtenir du Conseil la place si disputée de seul imprimeur à Dieppe8. Enfin un arrêt du 4 septembre 1717 vint mettre tout le monde d’accord, en ordonnant que les
(1) Pierre Pillon n’était donc pas son successeur, ainsi que l’avance l’abbé Cochet ( Hist . de Vimpr. à Dieppe, p. 12). — (2) Documenta, n° 762, pièces
prod., lettres A et B. — (3) A. N., V6 835, arr. cité, req. prél. — (4) B. N., Ms.
cité. — (5) Recueil général Des Edits, Déclarations, Lettres-Patentes & Arrests
du Conseil d’Etat, donnez en faveur des Habitans de la Ville de Dieppe, con-
cernans les Privilèges, Franchises & Exemptions de lad. Ville. [Corbeille de
fruits.] A Dieppe, Chez Pierre Pillon, seul Imprimeur de la Ville & du College.
M.DCC. (In f°. B. N., Lk7 236i.) — (6) Voy. Documenta, n° 729. — (7) Voy.
Documenta, nos 762 et 763. — (S) Voy. Documenta, n° yby.
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trois imprimeurs de cette ville alors en exercice, pourraient continuer à imprimer leur vie durant, à condition que les deux premiers qui décéderaient ne seraient pas remplacés. Pillon fut un de ces deux-là; il est probable que son existence ne se prolongea pas au delà de 1720, mais il n’y a aucune certitude à cet égard, attendu que son acte de décès ou d’inhumation n’a pu encore être découvert dans les registres paroissiaux de Dieppe, malgré des recherches multipliées.
Piot (Cardin), prétendu imprimeur à Rouen (1516-1517).
C’est évidemment un imprimeur en chambre que ce Cardin Piot, fils de Greffin, né à Pierville, vicomté de Valognes4. Venu chercher fortune à Rouen, après avoir vendu à son frère Thomas, moyennant 50 sols de rente, sa part dans la succession paternelle, il exerça, dit M. Gosselin, « pendant plus de deux ans son état d’imprimeur, mais les bénéfices qu’il en retira, joints à sa rente de 50 sols, ne suffirent point à son existence, car, inconnu des biographes, il ne nous a pas été possible de le suivre au delà du 26 novembre 1517 ». Il va sans dire qu’on n’a jamais rencontré le moindre livre ni feuillet portant la souscription de ce prétendu typographe.
Poullain (Les), prétendus imprimeurs de Rouen (1513-1554).
Voici encore deux personnages, auxquels Gosselin donne la qualification d’imprimeurs et qui ne furent évidemment jamais que des compagnons. « Sans avoir précisément succédé l’un à l’autre, dit cet archéologue, ils exercèrent successivement, et dans un domicile différent, de façon qu’en l’absence de tout document, on ne saurait dire si l’un était le père et l’autre le fils, ou s’il n’existait entre eux aucune parenté. Celui de ces homonymes, que nous avons trouvé le premier, est François Poullain, imprimeur de livres, demeurant en la paroisse Saint-Vivien ; il avait épousé Michelle Thiboust ; on doit croire que lui et sa femme étaient en bonne situation de fortune, puisque, en l’année 1513, pour la bonne amour qu’ils ont à Jehan Thiboust , leur neveu , ils lui donnent une maison et un jardin , sis à S. Waast. — Le second, Jacques Poullain, imprimeur
(1) Gosselin, Glanes, p. 72. Cf. aussi Documenta, n° 489.
de livres, avait épousé Marion Vagias, sur la paroisse Saint-Maclou (8 avril 1554); il y habitait encore en 1 5 5 4 1 . »
Prevel (Jean), imprimeur à Rouen (15 10-15 13).
On ne connaît pas de livres imprimés à Rouen par ce typographe, mais on sait que, en 1510, il s’était établi dans cette ville, après y avoir épousé Simonne Duchastel, qui lui avait apporté en dot 6o livres de rente 2. Jean Prevel borna, semble-t-il, ses opérations à des emprunts3, puis il quitta la Normandie, et s’en fut exercer son art à Paris avec un peu plus de succès. Nous le retrouverons dans la capitale h
Primoult (Les), imprimeurs à Rouen (1540-1579).
I. Jean (1540-1559). Plutôt cartier qu’imprimeur en lettres, Jean Primoult n’est connu que par des documents découverts par Gosselin dans les registres du Tabellionage de Rouen ; il en résulte qu’il demeura d'abord sur le territoire de la paroisse Saint-Maclou, qu’il quitta, en 1 541, pour aller résider sur la paroisse Saint-Godard, puis, en 15 55, sur celle de Saint-Eloi ; enfin, en 1559, dernière année où il soit encore question de lui, il était établi sur la paroisse Sainte- Marie la Petite. «En 1555, écrit M. Gosselin 5, il s’obligea envers Jean Lenfant, Nicolas Gorret et la veuve Boyard, tous coffretiers à Rouen, à leur faire et fournir chaque année, et durant toute sa vie, tout et autant qu’ils l’en requéreront, un moule pour imprimer papier , servant audit métier de coffretier, lequel papier ledit Primoult sera tenu imprimer à ses dépens ; le papier sera fourni par Lenfant, Goret et veuve Boyard. Duquel moule portant personnages, lesdits Lenfant, Goret et veuve Boyard confessent qu’il leur a mis aux mains un exemple pour échantillon, et ils s’obligent à payer à Primoult 10 solz pour chaque rame de papier qu’il aura ainsi imprimé. — Primoult avait épousé Raouline Pataille, qui lui donna un fils nommé Pierre ; mais le ménage ne fut pas toujours heureux; en 1559, la femme Primoult fit mettre son mari dans les prisons du Bailliage, où elle le fit retenir assez longtemps, on ne sait pourquoi. »
IL Pierre (1574-1579). Fils du précédent et de Raouline Pataille,
(t) Glanes, pp. 68-70. Voy. aussi Documenta, n° 488. — (2) Voy. Documenta, n° 487. — (3) Tabellionage de Rouen, 17 avril 1 5 1 3 . (Cf. Gosselin, Glanes, p. 68.) — (4) Voy. Gallia Typographica, sér. paris., t. III. — (5) Glanes, pp. 94-95.
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imprimeur à Rouen en 1574, époux de Suzanne Prévost, tels son^ les renseignements fournis sur son compte par M. Gosselin Il y a peu de chose à y ajouter, puisqu’on ne connaît aucune impression de ce typographe ; je me borne donc à rappeler qu’il figure, en 1579, Parmi les imprimeurs, dans l’arrêt du Parlement de Rouen, qui statua sur les difficultés qui s’étaient élevées entre ceux-ci et les libraires de la même ville 1 2.
Privilégiée (Imprimerie).
Plusieurs impressions rouennaises portent mention qu’elles sont sorties de /’ Imprimerie privilégiée ; il n’est donc pas inutile de rappeler ici que c’était une formule adoptée par Richard-Gontran Lallemant, à partir de 1776.
Ramburitre (Silvestre), libraire à Rouen (1498).
On trouve dans le répertoire d’Hain 3, un ouvrage ainsi décrit : « Magnus (Laurentius) Normannus, Ordin. Minor. Apologia pro fratribus minoribus de Familia S. Francisci. /Rothomagi, apud Sylvestrum Ramburitrurn. 1498. In 4. » Tous les bibliographes se sont empressés de joindre le nom de ce Sylvestre Ramburitre à la liste des imprimeurs rouennais ; rien ne dit pourtant qu’il ait été imprimeur et au contraire la forme de sa souscription, telle qu’elle est rapportée, préjuge plutôt qu’il n’a été que libraire; c’est pour ma part dans cette catégorie que je le classe, le mot apud qui précède son nom, ne permettant pas, en dehors de tout autre élément d’appréciation, de le considérer comme imprimeur de ce livre, dont personne n’a encore fait connaître le colophon, qui en révélerait sans doute le typographe.
Ravynell (Jacques), imprimeur à Rouen (1495-1496).
Le nom de ce personnage, omis par Frère, figure à la souscription d’un livre que signale Copinger (n° 2482) et dont le British M useum possède un exemplaire4. C’est un Liber festivalis , au sujet duquel l’honorable M. Alfred W. Pollard, conservateur au British
(1) Glanes, p. g5. — (2) Voy. Documenta, no 525. — (3) Voir le n° 10487. —
(4) Voy. le Catalogue de cette bibliothèque, v° Liber festivalis.
Muséum, a bien voulu m’adresser une copieuse note descriptive ; je suis heureux de l’en remercier ici très sincèrement. L’ouvrage est divisé en deux parties :I. Liber festivalis, 202 ff. ch. I-cc, sign . a-z par 8 et trois autres signes par 6. IL Quattuor sermones. The Magister of sentence in ye seconde Boke & the fyrste dystynccion faith, 50 ff. ch. i-I, sign. a-d par 8, e-g par 6, — et imprimé en caractères gothiques sur deux colonnes à 29 lignes. Le titre de la première partie : Incipit liber qui vocatur festialis, est inséré dans le milieu d’une gravure représentant l’Annonciation, avec l’Arbre de Jessé, la même qui figure dans des Heures de Jean Du Pré, et que Claudin a reproduite dans son Hist. de Yimpr. (t. I, p. 254, 2efac. sim); au verso, l’image de la Crucifixion {Heures de J. Du Pré, pour Caillaut), également reproduite par Claudin ( loc . cit9 p. 319) ; le f. 201 contient ce colophon : d Finitum Et cô-/pletum Rothomagi. / Anno domini Millesi-/mo, quadringentesimo, / nonagesimo, quinto. die /quarta mësis Februarii/, et le f° 202 offre la marque de Ravynell. — La seconde partie se termine au folio 50 par ces mentions : « Registrum quaterno % / ABCDEFG/ By me lames rauynell. » Ht au verso, la marque.
Ravynell devait être un sujet anglais, qui, après avoir été apprendre Part typographique à Paris, peut-être chez Jean Du Pré, avec lequel, on P a vu, il était en relations, aura essayé de fonder un atelier à Rouen, puis sera retourné dans son pays se mettre au service de quelque imprimeur.
Rayer (Thomas), imprimeur à Rouen (1520-1522).
Je manque de détails biographiques sur ce typographe, qui exerça à Rouen de 1520 à 1522, et fut l’imprimeur attitré du libraire Simon Gruel, mais du moins je puis fournir la description de son ouvrage capital1, qui fait honneur à ses presses et dont le titre est
( 1) En lhonneur, gloire, et exultation de/ tous amateurs de lettres et signamment de éloquence. / (£ Cy ensuyt Le grant et Vray art de pleine Rhe-/torique. U tille, proffitable, et necessaire: a / toutes gens qui désirent a bien elega- / ment parler et escrire. (1 Compil- / le et compose Par très- / expert, scientifique, et/ vray orateur Maistre / Pierre fabri. En / son viuant cure / de Meray et / Natif de / Rouen / (§. Par leql / ung chascun en / le lysant pourra fa-/ ciilemët, & aorneemêt / côposer, et faire toutes / descriptiôs : tàt en prose cô- / me en rithme. Cest assauoir/ En prose : Corne Oraisôs, Let- / très missiues, Epistres, Sermôs, / Recitz, collations et reqstes. A toutes / gës&de to9 estatz. (§ Itë en Rithme, Châtz/ royaulx, Ballades, Rôdeaux, Virelays. Chà- / sons. Et generallemët de toutes
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disposé en forme de sablier. Le colophon nous révèle que cet imprimeur demeurait au moulin de Saint-Ouen.
Le volume en question contient aussi, au verso de son titre, le texte intégral du privilège accordé par François I0l’au libraire Gruel ; j’en donne ici une copie1, dans laquelle j'ai restitué les abréviations ;
sortes, tailles, et / maniérés de côpositiô. Imprime à Roue. Le xvij. iour/de Januier. Mil.ccccc.xxi. auant pasques. Pour Symon / Gruel libraire demeurât aud. lieu, au portail des Libraires. / Cum gratia et priuilegio regio. [A la fin:] En lhonneur... (comme au titre)... composition. Nouuellement Imprime a Rouen Par Thomas / Rayer Demourant au moulin de sainct Douen. Pour Symon Gruel Libraire demourant audict lieu. Tenant sa bou / ticle au portail des Libraires.*. (In 4. 5 ff'. n. ch. pour la ta., io3 ff. ch. pour le ier livre, 68 ff. ch. pour le 2e livre et 1 f. n. ch. pour le colophon, blanc au v°. Impr. goth. Titre r. et n. B. N., Inv. Rés. X. 12.52.)
(1) « Francoys par la grâce de Dieu Roy de France. Aux Prévost de Paris, Bailly de Rouen, Senechaulx de Lion, et de Poictou : et à tous nos aultres justiciers : ou à leurs lieutenans, Salut. Receu avons humble supplication de nostre cher et bien amé Symon gruel, libraire demourant en nostre bonne ville de Rouen, Contenant que pour le bien, proffit et utilité de la chose publique, il a fait dicter et corriger ung livre, nommé la Rethorique : tant pro»aique que rithmique de Maistre Pierre le feure orateur très expert: lequel il leroit voluntiers imprimer: rm.is ildoubte que apres qu’il auroit fait imprimer que plusieurs aultres imprimeurs ou libraires le voulsissent semblablement faire imprimer: par quoy seroit led. suppliant en danger de ne les povoir vendre, ne recouvrer les deniers qu’il luy a convenu frayer et mectre à faire dicter et corriger led. livre comme dit est, et que diceulx il ne se peust rembourser: si par nous ne luy estoit sur ce donné terme compétent pour iceluy livre imprimer ou faire imprimer ; et icelluy imprimé vendre, et adenerer tant par luy que ses facteurs et entremecteurs. Par quoy vouldroit bien que ce pendant fust inhibé et deffendu à tous aultres libraires ou imprimeurs de ne pouvoir imprimer ne faire imprimer ledit livre durant le temps et terme de trois ans, s’il nous plaisoit sur ce luy octroyer nozcongié, licence, permission, octroy, grâce, et libéralité. Pourquoy nous, ces choses considérées, désirans led. livre, estre communiqué à ung chascun, et aulcunement led. suppliant estre récompensé de ses fraiz et mise, à icelluy, pour ces causes, et autres à ce nous mouvans, avons donné et octroyé, donnons et octroyons de grâce especial, par ces présentes, congié, licence, permission et octroy, qu’il puisse et luy loise imprimer ou faire imprimer led. livre, et icelluy vendre et adenerer ou faire vendre, et adenerer tant pour luy que ses facteurs et entremetteurs jusques aud. an et terme de trois ans prochainement venans Si vous mandons et commectons par ces présentes et à chascun de vous si comme à luy appartiendra que de noz présens grâce, congié, permission et privillege, vous faictes et souffrez led. suppliant jouyr et user paisiblement led. temps de troys ans durant : sans luy faire ne souffrir estre fait, mis ou doné aulcun destourbier ou empeschement au contraire, en faisant ou faisant faire inhibition et deffence de par nous à tous marchans libraires, imprimeurs et autres de nostre royaulmede ne imprimer ou faire imprimer, vendre ne faire vendre, ne achapter aultres livres telz que dessus que ceulx que led. suppliant aura fait imprimer, led. temps de trois ans durant, sur peine de confiscation de ce qui auroit esté au contraire; et de cent marcz dargent à nous à appliquer, et à ce faire et souffrir contraignez tous ceulx qu’il
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ces documents sont peu communs et leur reproduction est toujours fort intéressante. Une collection complète en serait bien précieuse.
Régnault (Pierre), prétendu imprimeur de Rouen (1492-15 19).
Cet éditeur, dont le principal établissement était à Caen, n’a jamais eu à Rouen qu’une succursale dans la rue Ganterie, à l’enseigne des Trois fers à cheval ; le lecteur est donc .prié de se reportera la notice qui concerne ce personnage, dans la troisième partie du présent volume.
Reinsart (Théodore), imprimeur-libraire à Rouen (1597-1614).
S’il fallait tenir un compte exact de l'ouvrage signalé dans le Manuel du bibliographe normand 4, de la manière suivante : « Les Hymnes Chrétiens en françois, en ryme. Rouen, Théodore Reinsart. 1576. I11-16. Fig. sur bois », on voit que Théodore Reinsart aurait été établi à Rouen dès 1576. Mais cette date, qui a trompé Fauteur du Manuel lui-même résulte évidemment d’une coquille, attendu que cet imprimeur n’a lait qu’en 1597 son apparition dans la capitale de la Normandie. Il est en effet constaté par une sentence du bailli de Rouen, du 24 octobre de cette dernière année 3, qu’après avoir fait son apprentissage à Paris et y avoir exercé l’état de libraire « soubz la veufve de deffunt Gilles Beiz (Beys) », Reinsart était venu à Rouen, y avait épousé la veuve de Thomas I Mallard et avait ouvert une officine, peu de temps avant cette sentence, sans en avertir les gardes de la Communauté et en négligeant de se faire admettre au serment. Bien qu’entre temps il eût acheté le consentement de ces derniers, moyennant une somme de 20 écus, Reinsart fut condamné à deux écus d’amende envers le roi. Quant aux 20 écus qu’il avait promis de verser dans le coffre de la Communauté, il dut les remettre aux administrateurs de la maison de Santé, car, après avoir sévèrement admonesté les gardes
appartiendra par toutes xoyes et manières deues et raisonnables, et en cas de débat lesd. inhibitions, deffences et contrainctes tenans, nonobstant oppositions ou appel quelconques, et sans préjudice dicelles, faictes aux parties oyes bon et brief droit. Car ainsi nous plaist il estre fait, nonobstant comme dessus : et quelconques lettres subreptices à ce contraires. Donné à Paris le xxi. iour de Septembre Lan de grâce mil cccccxx. Et de nostre règne le vj. Par le Roy à vostre Relation. Ainsi signé, Bordel. »
(1) Tome I, p. 347. — (2) Vov. ses Notes, liasse 142. — (3) Voy. Documenta, n° 544.
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de la fâcheuse habitude par eux contractée de soutirer de l'argent des récipiendaires, le bailli ordonna qu’ils seraient « privez du droict qui leur en eust peu et pourroict appartenir 1 ». Reinsart devint luimême garde de la Communauté en 1606 2, mais l’histoire ne dit pas s’il suivit les déplorables errements de ses prédécesseurs dans la même charge.
Installé devant le Palais, à l’enseigne de V Homme armé 3, cet imprimeur a produit un assez grand nombre de volumes, sur la plupart desquels figure une marque 4 *, représentant une femme au bord de la nier (la Fortune), posant le pied gauche sur un être de forme humaine dont la tête est ornée de vipères en guise de cheveux (l’Envie), le tout entouré d’un listel, dans lequel on lit cette devise : Invidiam Fortuna domat 3. D’après Frère, Reinsart aurait achevé sa carrière en r 6 1 1 , mais comme on rencontre de ses productions jusqu’en 1614 6, il faut reporter jusqu’à cette date au moins la durée de son exercice.
On a pu remarquer que toutes les impressions de Reinsart portent à la souscription le mot che^, ce qui pourrait laisser croire qu’il s’est contenté d’être éditeur ; il importe dès lors de ne pas omettre de signaler que tous les privilèges qui lui ont été accordés et qu’il a reproduits, le qualifient expressément libraire et imprimeur.
(1) Voy. Documenta, n° 544. — (2) Voy. supra, p. 16. — (3) Voy. notamment : — Les / Premières / Pensees. / A Madame Sœur / vnique du Roy. [Marq. décrite.] A Roven. / Chez Théodore Reinsart, / deuant le Palais, à l’Homme armé. M.D.XCVIII. Auec Priuilege du Roy. (In 12. 8 ff. lim. n. ch., 122 p. ch., 1 f. blanc, 25g p. ch. inexactement et 4 ff. de ta. Cat. J. de Rothschild, n° 76?). — (4) Elle a été reproduite par Silvestre, sous le n° 899. — <5) On peut en voir d’excellents tirages originaux sur le titre des deux ouvrages suivants : A. / Les Tragédies de N. Chrestien Sieur des Croix Argentenois. A Monsieur l’Abbé de Sauigny. [Marq.] A Roven, Chez Théodore Reinsart, près le Palais, à l’Homme Armé. 1608. Auec priuilege du Roy. (In- 16 B. N., Rés. Yf. 2962-2965. Ce recueil contient les tragédies suivantes, qui toutes, ont un titre séparé : « Les Portugaiz infortvnez (126 p.), Amnon, et Thamar (107 p.), Le Ravissement de Cefale (40 p.), Albovin ov la vengeance (86 p.. incomplet). — B. / Stances de Madamoyselle Anne de Rohan. Sur la mort du
Roy (Henri IV). [Marq.] A Roven, chez Théodore Reinsart, deuant le Palais, à l’Homme Armé. M.DC.X. (In 16. 8 p. ch. B. N., Ye 7512.) — (6) Les Marguerites Françoises, ov Fleurs du bien-dire. Contenant la maniéré de traicter & discou-
rir parfaitement sur diuers subiets, tant d’amour, qu’autres. De nouueau corrigée & augmentée d’vne Suitte. Par François des-Rues. [Marq. décrite.] A Roven, Chez Théodore Reinsart, près le Palais, à l’Homme Armé. 1614. Avec privi-
lège dv roy. (In 12. 556 p. ch. pour les Marguerites et 248 p. ch. pour la Suitte ,