‹ Gallia typographica (volume 2)Chapitre 14 sur 176 · SU. B. N., Z · texte numérisé non relu

SU. B. N., Z

G. Lepreux. Gallia Typographica. D. III.

GAU. IA TYPOGRAPHICA

Roger (Jean), imprimeur à Rouen (1622-1627).

Cet imprimeur n est connu que bibliographiquement, et, d’après les éditions qu’il a publiées, il faut circonscrire son exercice entre les années 1622 et 1627. Il avait son officine dans la rue Mars-Patins (Malpalu), près de la Tuile d’or 4, et fit usage d’une marque, que j’ai déjà décrite 1 2, avec la même devise : Paupertas summis ingeniis obesse ne provehantur, ce qui peut donner à penser qu’il y avait une sorte d’association ou de partie liée entre lui et Jacques Auber. Sa dernière impression connue (1627) est une édition des oeuvres de Guillaume Du Vair, semblable en tout à celle donnée, la même année, par David Geuffroy.

Rost (Les de), imprimeurs à Rouen (1612-1716).

I. Michel (1612-1613). Reçu maître en 1612 il obtint, l’année suivante, une autorisation du Parlement pour l’impression et la vente, pendant trois ans, d’un livre intitulé : Fuite honteuse des ministres luthériens dé Allemagne 4 . C’est tout ce que l'on sait de lui, mais on peut présumer qu’il fut le père du libraire Pierre de Rost et l’aïeul de l’imprimeur qui suit.

II. Robert (1684-1709). Né à Rouen vers 1653 5, reçu maître le 15 juin 1677, il s’était établi le 21 juin 1684 6, dans la rue Senecaux, à l’enseigne des Trois Miroirs , qu’il quitta bientôt pour la rue Écuyère, où, en 1701 et 1706, il avait une imprimerie composée de deux presses, desservies, d’après la dernière enquête, par trois compagnons : Jacques Vampoulle, Julien de Rost et Étienne Tartarin 7. 11 n’avait point de librairie et se contenta d'imprimer pour autrui, notamment pour les Oursel, et pour Jean Ribou, libraire à Paris 8. Quelques rares livres portent néanmoins son nom et son

(1) Les Diverses leçons de Pierre Messie, Gentil-homme de Seuile. Mises de Castillan en François, par Claude Gruget Parisien. Avec sept dialogves de l’Autheur, dont les quatre derniers ont esté de nouueau traduits en ceste quatriesme Edition. Ensemble quatre Tables, deux des Chapitres, & les autres des principales matières y traictées. Reuéu de nouueau en ceste derniere Edition. [Marq. indiquée.] A Roven, De l’Imprimerie, De Iean Roger, rué Mars- Parlus. M.D.XXVl [sic]. (Pet. in 8. io32 p. ch. si!, et la ta. B. N., Z. 32320). —

(2) Voy. supra, p. 49. — (3) A.D.S., E. 483, f° i3 v°. — (4) Voy. Documenta, n° 585. — (5) D’après la supputation de Page (46 ans) indiqué par lui à l’enquête de 1701. (B. N., Ms. tr. n. a. 400, f° 372.) — (6) A.D.S., C. 145 (Enquête de 1706). — (7) Ibid. — (8) Ibid.

SEINE-INFÉRIEURE

adresse 1 . Robert de Rost fut appelé aux fonctions de garde en 16962, ce qui permet de le classer parmi les imprimeurs les mieux cotés de la ville de Rouen, et cependant il faut le ranger aussi au nombre de ceux qui s’occupaient de contrefaçons 3 ; il est vrai, en ce qui concerne le seul fait que j’aie relevé de ce chef à sa charge, qu’il n’avait imprimé le livre, alors incriminé par Jacques Estienne, que pour le compte du libraire Antoine Ruault.En 1710, il semble avoir été l’objet d’une suspicion beaucoup plus grave, car le chancelier lui-même ordonnait de le faire arrêter commeimprimeur de mauvais livres 4, mais ceci est d’autant plus singulier que Robert de Rost ne devait plus avoir d’atelier à cette époque, attendu que l’arrêt du 18 mars 1709 ne fait pas mention de lui. Frère 5 dit pourtant qu’il ne cessa d’imprimer qu’en 1716 (?).

Rouves (Robert de), imprimeur à Rouen (1608-1629).

Cet imprimeur n’aurait débuté, suivant Frère6, qu’en 1612, mais, comme le 24 mars 1609, il prenait un apprenti du nom de Charles Quinart 7, il est bien évident que, dès 1608 au moins, il était établi. Bien qu’il ait cumulé la profession d’imprimeur avec celle d éditeur, Robert de Rouves n’est guère connu que par des livres exécutés pour le compte d’autres libraires 8 ; quelques ouvrages seulement portent au titre sa souscription comme éditeur 9, notamment des classiques à l’usage du Collège des Jésuites, des Fables d'Esope lü, par exemple, qui sont signées : « Ex typographia Roberti de Rouves, in vico Patrum Minorum, propè Collegium Societatis Iesu. » (Pet. in-8, de 427 p. ch. Slata.) Robert de Rouves avait

(1) Voy. notamment : — Le Cuisinier françois enseignant la maniéré de bien aprester et assaisonner toutes sortes de viandes grasses et maigres, légumes et pâtisseries, etc. Revû, corrigé et augmenté d’un Traité de confitures seiches et liquides et autres délicatesses de bouche... par le sieur de Lavaranne (sic), escuyer de cuisine de Mr le marq. d’Uxelles Rouen, Impr. de Robert de Rost, rué Seneceaux, aux trois Miroirs. 1689. (In 12. Cat. Lormier, n° 2864.) —

(2) Voy. supra, p. 21. — (3) Voy. Documenta, n° 726. — (4) Voy. Documenta,

no 740. — (5) N. F., liasse 1 10. — (6) Ibid. — (7) A. D S., E. 485, p. 57. — (8) Voy.

par exemple : Homélies dominicales De Messire Iean Pierre Camvs, Euesque &

Seigneur de Belley. [Marque n° 1 de Jean Osmont.] A Roven,Chez Iean Osmont,

dans la Courtdu Palais. M.DC.XXIIII. [A la fin :] Acheuez d’imprimer par Robert de

Rouues le I. iour d’aoust 1 624. (In 8. 488 p. ch. si 1. B. N., D. 27669.) — (9) L’Heraclite

chrestien, c’est à dire les Regrets et les larmes du pécheur pénitent, par Me Pierre

de Besse, limosin. / A Rouen, Chez Robert de Rouves. 1623. (Pet. in 12. Cat. Lormier, n° 4632.) — (10) N. F., liasse ig3.

été garde de la Communauté en 1615 et 1616 4, et il imprimait encore en 1623 et 1624; or, d’après une indication qu’on rencontre à la page 130 d’une Histoire de la ville de Rouen , éditée en 1668 1 2, il serait mort le 8 juin 1621, à l’âge de 48 ans et aurait été inhumé dans l’église Saint-Godard, où sa veuve, Marguerite Hamillon, perpétua sa mémoire par des fondations pieuses et par une inscription funéraire dont je reproduis le texte inséré dans cette Histoire 3. Il est certain que cette date de 1621 est fautive et contient une coquille typographique, car j’ai rencontré aux archives communales de Rouen, dans le registre des inhumations de l’église en question, pour les années 1629 a 1657, cette mention qui ne peut laisser aucun doute sur l’époque réelle du décès de notre imprimeur: « Du 9 juin 1629, Robert de Rouvre, libraire. »

Saulce (Guillaume), imprimeur (?) à Rouen (1572).

Ce nom a été rencontré par Gosselin 4, dans les registres du Tabellionage de Rouen, accompagné de l’épithète imprimeur ; il en a conclu que c’était un maître ! c’est aller un peu vite en besogne, et tant qu’on n’aura pas trouvé une production portant sa signature, il faudra se contenter, comme je le fais, de le ranger parmi les compagnons.

Seigneurê (Ozée), imprimeur à Rouen (1630-1665).

Bien contradictoires sont les dates fournies jusqu'ici au sujet de ce typographe, qui, suivant M. Lesens5, appartenait à la religion réformée et était frère d’Adam Seigneurê, pasteur de l’église d’Évreux. Il 11e se serait établi, d’après le même auteur, qu’en 1637, et serait décédé en 1652. Frère6 est d’accord avec Lesens sur la date

(1) Voy. suprà, p. 17. — (2) Histoire de la ville de Roven. Seconde partie.

Ov l’on void l’origine & accroissement des Eglises Paroissiales & Collégiales, Chapelles & Hôpitaux, avec les sépultures de remarque qui s’y rencontrent, & en quelques autres lieux de la Campagne./ A Roven, Chez Iacques Heravlt, dans la Cour du Palais. M.DC.LXV1II. (In 12 425 p. ch. B. N., Lk7 8423). —

(3) P. i3o, EgliseS. Godard: « Au pilier opposé (au ier pilier de la nef], sur une table de marbre avec ses ornemens. Cy gist Honorable homme Robert de Rouves, en son vivant Marchand Libraire & Imprimeur en cette Ville de Roüen, qui décéda le 8 luin 1621, âgé de 48 ans et a esté fonde par Marguerite Hamillon sa femme une Messe tous les Vendredys à perpétuité à neuf heures, & trois Obits par an à leurs intentions & de leurs parens vivans & trespassez par contract du 2 3 septembre 1640. Priez Dieu pour leurs âmes. » — (4) Glanes , p. 106. — (5) Impr. et libr. protest. — (6) N. F., liasse 143.

SEINE-INFÉRIEURE

initiale de 1637, mais il prolonge jusqu’en 1665 la carrière de Seigneuré. En ce qui concerne les débuts de cet imprimeur, il est certain que la date de 1637 est beaucoup trop tardive, attendu que, dans le cours de cette même année, Ozée Seigneuré a rempli les fonctions de garde de la Communauté 1 ; comme, d’autre part, il avait commencé son apprentissage, en 1614, chez Robert de Borges2, il n’est pas téméraire d’avancer que 16 ans plus tard, il était en état d’ouvrir un atelier ; c’est pourquoi j’ai fixé approximativement à 1630 la première année de son exercice. Sa plus ancienne production citée par Frère est de 1642; or, en 1639, il imprimait pour le libraire Corneille Pitreson 3. Enfin, en ce qui touche l’époque de son décès, la date de 1652, donnée par Lesens, concerne sans doute le père de notre imprimeur, qui aurait porté le même prénom, attendu que le typographe Ozée Seigneuré imprimait encore en 1665 4 * * *.

Séjourné (Les), imprimeurs-libraires à Rouen (1601-1693).

Quatre maîtres de la Communauté rouennaise, portant le nom de Séjourné, ont successivement rempli la charge de gardes, savoir : Jacques, en 1607 et 1608 :i ; Louis, en 16385 1844, 1650 et 1654°; Robert I, dit l’aîné, en 1632, 1637, 1647 et 1653 1 > Robert II, dit le jeune, en 1658, 1664, et 1670 8. Il faut évidemment

conclure de ceci que les Séjourné n’étaient pas les premiers venus dans leur corporation, cependant on ne connaît aucune production des deux premiers. Voici quelques notes et quelques dates pour chacun d’eux.

(1) Voy. suprà, p. 18.— (2) N. F., liasse 143. — (3) Voy. notamment: — La phar-

macopée des dogmatiqves reformee.et enrichie de plusieurs remedes excellents, choisis et tirez de l’art Spagyrique. Avec vn traicté familier de l’exacte préparation

spagyrique des médicaments pris d’entre les Minéraux, Animaux & végétaux :

Et vne breue Response au liuret de Iacques Aubert, touchant la génération &

les causes des Métaux. Par Ioseph dv chesne sieur de la Violette, Conseiller &

Médecin du Roy. Derniere édition, Reueuë & augmentée de nouueau. [Fleuron] A. Roven, De l’imprimerie de Ozee Seignevré, Pour Corneille Pitreson. M.DC. XXXIX. (Pet. in 8, 5q8 p. ch. s 11 . et la ta. Beau portr. n. s de J. Du Chesne. B. N., Te ’31 q5 a.) — (4) La Philosophie des esprits, divisée en cinq livres et generaux discours chrestiens, par feu M. René duPont. Recueillie et mise en lumière, par

F. Math. Le Heurt, docteur en théologie, gardien du couvent de S. François de Poictiers, et par luy-mesme reveuë, corrigée et augmentée en cette derniere édition.//A. Roven, Par Ozee Seigneuré, pour Corneille Pitreson. 1 665 dn 8. Front, gr. Cat. Lormier, n° 4633.] — (5) Voy. suprà, p. 16. — (6) Voy. suprà, pp. 18 et

*9- — (7) Ibid. — (8) Voy. Suprà, p. 19.

I. Jacques (1601-1620) avait été reçu maître en 1601 1 et exerça jusqu’en 1620 ; en 1616, il est visé dans deux poursuites faites par les Gardes au sujet d’impressions « vitieuses » d 'Heures à l’usage de Rome en latin et en français2, qu’il avait exécutées pour le compte de Daniel Le Cousturier, d’une part et de Robert de Burges, d’autre part.

II. Robert I (1625-1668). Fils du précédent, il avait dû s’établir au plus tard en 1625. Frère fixe 3 ses débuts à l’année 1630, mais cette date est inadmissible, attendu qu’en 1627, il était déjà qualifié maître imprimeur, poursuivi pour avoir usurpé les fonctions de garde, au sujet d’une affaire dont j’ai déjà parlé plusieurs fois, et condamné, entre autres peines, à dix livres d’amende 4 *, et qu’en 1628, je rencontre un ouvrage imprimé par lui, sur le titre duquel il donne son adresse : rue Escuyère, à la Fleur de Lys °. En revanche, l’auteur du Manuel du bibliographe normand prolonge l’exercice de cet imprimeur jusqu’en 1670, bien qu’il soit décédé le 27 septembre 1 668 6. De son mariage avec Catherine, fille de Nicolas II Hamillon 7, morte elle-même le 9 octobre 1 6 7 6 8, il eut notamment deux fils : l’aîné s’appela Robert, comme son père, et fait l’objet du paragraphe IV ci-dessous ; le second fut prénommé Jean, et, après avoir fait son apprentissage dans la maison paternelle, il alla se perfectionner à Paris, puis s’établit, en 1671, à

(1) A.D.S., E. 483, f° 3. —(2) A.D.S., E. 485, pp. 33 et 84 : Du 16 août 1616. « Sentence du bailliage de Rouen allencontre de Daniel Le Cousturier, maistre particulier dudit estât de libraire, aproché pour avoir faict imprimer, vendre et distribuer plusieurs Heures latin-françois, usage rommain, lesquelles estoient vitieuses en l’impression. Ayant led. Le Cousturier faict venir led. Séjourné qui les avoit impriméez, par laquelle sentence, les parties ouyes, fust dict à bonne cause led. aprochement, led. Séjourné condampné en cent sols d’amende et que lesd. Heures seroient lachèréez et rompues, et deffences à luy faictes de commettre telles faultes à l’avenir sur les peines au cas aparte-

nant. » — Du 19 août 1 6 1 6. « Sentence du bailliage de Rouen allencontre de Robert de Burges et de Jacques Séjourné, aprochez pour avoir achapté et vendu l’un à l’aultre plusieurs Heures latin-françois, qui estoient vitieuses en l’impression et sans avoir esté veues et visitées par gardes, et condamnez en

chascun trente sols d’amende avec despens. » — (3) N. F., liasse 1 4 3. — (4) Voy.

Documenta, n° 626. — (5) La Fleur des Pseaumes, par Estienne Binet, S. J. (In-12.

618 p. Cf. Sommervogel, Bibl. de la Comp. de Jésus, t. I, col. 1490.) —

(6) A. R., Paroisse S. Jean, reg. des bapt., mar. et décès de 1668 : « Robert

Séjourné, marchand libraire, mort le27, inhumé le 28septembre 1668.» — (7) Voy.

suprà, p. 200. — (8) A. R., Paroisse S. Jean, Reg.de 1674 à 1689 : « Le 9e octobre 1676 mourut Catherine Hamillon, aagée de 70 ans, veufve de feu Robert Séjourné, imprimeur-libraire, et le samedv 10e octobre fut inhumée en cette église, présence de Robert Séjourné, son fils, et de Jacques Soury. »

Bordeaux, où ses descendants ont acquis quelque célébrité, ainsi qu’on le verra dans la partie de cet ouvrage consacrée à la province de Gascogne.

III. Louis (1629-1665). Il était le second fils de Jacques. On ne connaît, je l’ai dit plus haut, aucun ouvrage sorti de ses presses, mais, de même que son père, il travailla pour des libraires à la fabrication de livres d 9 Heures et fut poursuivi au sujet de l’un d’eux, en 1638, pour avoir négligé d’imprimer, malgré un usage constant, les rubriques en rouge L Louis Séjourné avait épousé Madeleine Dumesnil, qui, restée veuve en 1665, conserva l’établissement de son mari jusqu’au moment de sa mort, en 1675 1 2. Une fille, née de cette union, épousa, à la fin de la même année, l’imprimeur Jean- Baptiste Machuel 3.

IV. Robert II (1659-1693). Né à Rouen vers 1623 4, il était fils de Robert I et de Catherine Hamillon, s’établit, suivant Frère, en 1659 et exerça son art, dans la rue Écuyère, à l’enseigne de la Bible d’Or , jusqu’au jour de son décès, survenu le 26 octobre 1693 5-

Seyer (Pierre), imprimeur à Rouen (1763-1787).

Né et baptisé à Verneuil-en-Perche (aujourd’hui chef-lieu de canton du dép. de l’Eure), le 25 mai 1735 6, il était fils d’un autre Pierre Seyer, et de Julienne Bouvigny7, et avait fait, je crois, son apprentissage à Paris. En 1760 seulement, peu de temps après le décès de Jean-François Behourt, il était venu à Rouen, pour diriger l’imprimerie de la veuve de ce dernier, en qualité de prote ; il serait donc inexplicable que Frère, dans ses Notes*, fasse état de trois Pierre Seyer, qui auraient exercé à Rouen, le premier, de 1664 à 1703, le second de 1703 à 1740, et le troisième de 1750 à 1789, si l’on ne tenait compte qu’il a été trompé par des mentions bibliographiques portant des dates erronées. Bref, une fois installé dans l’imprimerie Behourt, Seyer ne tarda pas à conquérir non seulement l’estime, mais encore le cœur de sa patronne ; des projets de mariage s’échangèrent et même, pour les faciliter, Élisabeth

(1) Cf., Documenta, n° 638. — (2) N. F., liasse 143. — (3) Voy. supra, p. 297. —

(4) D’après la supputation de son âge au moment de son décès. — (5) A. R ,

Paroisse S. Jean, reg. de 1690 à 1699 : « Le 26e octobre i6g3, mourut Robert

Séjourné, marchand libraire à Rouen, âgé d’environ 70 ans, et le 27'fut inhumé

en cette église. » — (6) A. N.., V6 1004, Arrêt du Cons. du 22 sept. 1761. Voy.

Documenta, no 912, pièce produite. — (7) Voy. supra, p . 6 1 , note 5i — (8) Liasse

Lenostre démissionna en faveur de son prote, par acte sous seings privés du 15 septembre 1761 1 . Seyer présenta aussitôt requête au Conseil pour être autorisé à se substituer à sa future épouse et un arrêt du 22 septembre suivant le renvoya pour justifier de ses titres et de sa capacité devant le magistrat de police de Rouen 2. Ses titres cependant n’étaient pas très réguliers, les usages de l’imprimerie rouennaise voulant que les maîtres eussent fait leur apprentissage dans la province même ; heureusement, Étienne-Vincent Machuel consentit (1762) à favoriser l’établissement du futur mari de la veuve Behourt, en lui signant un brevet d’apprentissage, qui devait être de quatre années3, mais qui resta fictif, Machuel ayant délivré, quelques mois plus tard (17 janvier 1763), à son prétendu apprenti, un certificat contatant que, ce dernier ayant la capacité requise pour exercer l’imprimerie et la librairie, il lui faisait remise du temps de son apprentissage4. Un arrêt du Conseil d’État, du 28 mars 1763, vint enfin autoriser Seyer à occuper la place de J. -F. Behourt5, et, le 13 avril suivant, s’accomplissait le mariage du nouvel imprimeur avec Elisabeth Lenostre 6. Il n’y a rien d’intéressant à dire de l’exercice de ce typographe, qui continua l'entreprise de son prédécesseur, d’abord dans la rue Écuyère, sous l’enseigne de V Imprimerie du Levant , puis dans la rue du Petit Puits ; je saute donc immédiatement par dessus 24 années. Seyer avait atteint alors l’âge de 52 ans et gagné des infirmités, il avait perdu sa femme depuis peu de temps et marié sa bru, Victoire-Élisabeth Behourt, avec un cousin de celle-ci, Pierre-Louis Behourt7; il sollicita et obtint du Conseil d’État de s’adjoindre ce dernier en qualité de survivancier 8. Il est certain que, dès ce moment, prit fin le rôle actif de Pierre Seyer, en tant que typographe : il continua pourtant de signer toutes les productions de l’imprimerie, s’intitulant toujours l’imprimeur de Son Éminence le Cardinal9, jusqu’en 1789. A partir de cette

(1) Cf. Documenta, n° g 1 5, pièces produites, lettre A. — (2) Voy. Documenta,

n° 912.— (3) Cf. Documenta, n°gi5, pièces produites, lettre B.— (4) Ibid., lettre C.

— (5) Voy. Documenta, n° 915.— (6) Voy. supra, p. 61, note 5. — (7) Voy. supra,

p. 62. — (8) Voy. Documenta, n” 942. — (9) Voy. notamment : A./ Proces-

verbal des séances de l’assemblée provinciale de la Généralité de Rouen, Tenue

aux Cordeliers de cette Ville, aux mois de Novembre & Décembre 1787. [Arm.

de Normandie ] A Rouen, chez Pierre Seyer, Imprimeur de son Éminence Monseigneur le Cardinal, rue du Petit-Puits. M.DCC.LXXXVII. (In 4.416 p. ch. et plusieurs tableaux. B. N., Lk,54i.) — B./ Cahier de doléances du Cierge

du Bailliage de Rouen, Assemblé avec le Clergé des autres Bailliages secondaires,

dans l’Église des Cordeliers de ladite Ville, le 1 5 avril 1789. [A la fin :] A Rouen,

SEINE-INFÉRIEURE

^nr

époque, il devint l’imprimeur de l’Hôtel de Ville1, puis, ayant embrassé avec ardeur les idées nouvelles, il se jeta bientôt, à ce que dit Frère2, dans le parti des terroristes. Seyer n’abandonna définitivement ses presses qu’en l’an XI (1803), après les avoir cédées à un nommé Lemoine. O11 rencontre, de 1790 à 1791, de nombreux documents imprimés par Seyer et Behourt, pour la Société des Amis de la Constitution de Rouen, qui était affiliée à celle des Jacobins de Paris.

Société typographique (1623-1690).

Ainsi que cela s’était passé à Paris, une Société typographique se forma à Rouen pour la publication de certains livres ecclésiastiques, qui exigeaient d’assez grandes avances de fonds et dont les éditions ne se liquidaient qu’à la longue, à la différence des livres de choeur, dont les frais étaient avancés par les évêques et les chapitres et tous les exemplaires à peu près vendus d’avance. La première société de ce genre qui se soit organisée à Rouen, remontait, d’après Frère3, à l’année 1623 ; en 1640 seulement, elle publia un Manuel à l’usage du diocèse 4, suivi d’une nouvelle édition, donnée en 1651°; celle-ci sortait des presses de Laurent I Maurry, ayant pour associés David Du Petit Val, la veuve Louis Costé et Richard III Lallemant. La société existait encore, paraît-il, en 1690, mais je n’ai rencontré aucun ouvrage qu’elle ait mis au jour à cette époque.

Tallebot (Michel), imprimeur à Rouen (1614-1629).

Un Jean Tallebot fut admis à la maîtrise en 1600 6 : Frère, dans

De l'Imprimerie de Pierre Sfyer (sic), Imprimeur de son Éminence Mgr le Cardinal, rue du Petit-Puits, (in 8. 32 p.ch. B. N., Le24 164.)

(1) Voy. notamment : — Cahier des doléances, remontrances et instructions De l’Assemblée du Tiers-État de la Ville de Rouen. Mars 1789. [A la fin:] A Rouen. De l’Imprimerie de P. Seyer, Imprimeur de l’Hôtel de Ville, rue du Petit Puits. (In 8. 56 p. B. N., Le24 16b.) — (2) Loc. cit. — (3) Notes, liasse 143. — (4) Sacerdotale sev Manvale Ecclesiae Rothomagensis. Francisci, Religiosissimi eius Sedis Archiepiscopi Normaniae Primatis, iussu auctum ac reformatum. [Arm. de l’Archev.j Rothomagi, Apud Societatem Typographicam Librorum Officij Ecclesiastici. M.DC.XL. Cvm privilegio. (In 4. 480 et xliiij p. ch. si 1 . et la ta. B. N.. B. 1781). — (5) Parochiale sive Sacerdotale (qvod manvale vocant) Ecclesiae Rothomagensis A Francisco II. Rothomagensi Archiepiscopo, Normaniae Primate, Vtilitati Publicae, Noua ac Nouissimâ Editione ad Antiquum Canonem Apparatum... [Arm. de l’Archev.] Rothomagi, Apud Societatem Typographicam Librorum Officij Ecclesiastici. M.DC.LI. Cvm priuilegio. (In 4. 2 vol. B. N., B. 1782.) — (6) A.D.S., E. 483, f° 2 v°.

GAI. LIA TYPOGRArHICA

ses Notes1 *, en fait un imprimeur, qui aurait exercé de 1580 à 1600 ! mais ne cite aucun ouvrage sorti de son atelier. Je pense que ce Tallebot n’a été que libraire; il semble dans tous les cas être un parent de Michel Tallebot, qui, lui, fut un véritable typographe. Reçu maître en 1614-, il ouvrit un établissement dans la rue du Varvot, d’où sont sorties un certain nombre de plaquettes ou nouvelles à la main3. Il mourut probablement en 1629, car on ne rencoutre plus par la suite aucune de ses productions.

Tanquerel (Jean-Jacques).

Ce personnage, professeur de langue latine à Rouen au xvne siècle, n’a d’autre attache avec l’imprimerie de cette ville, que la prétention qu’il émit un jour (163 1) de se faire admettre à l’apprentissage, en dépit de ses cinquante années, — ses adversaires prétendaient qu’il en avait 70, — de sa fâcheuse vision, réduite à un seul œil, et de sa situation d’homme marié. Les Gardes de la Communauté s’opposèrent à sa réception, plaidèrent contre lui et obtinrent gain de cause 4. Précédemment, le Parlement de Rouen avait ordonné la suppression de l’un des ouvrages de Tanquerel, comme ayant été imprimé sans permission et renfermant d’ailleurs des allégations erronées et des opinions contraires aux lois du Royaume5; il avait de plus condamné cet auteur à 100 livres d’amende, qui furent, après le prononcé de l’arrêt, modérées à la moitié, Tanquerel ayant déclaré reconnaître « sa faute et erreur >>.

Terrier (Simon), prétendu imprimeur au Havre (1682-1742).

Les deux historiens de l’imprimerie du Havre6, aussi bien que M. Frère7, ont fait de Simon Terrier un imprimeur ; né dans cette

(1) Liasse 143. — (2) A.D.S., E. 483, f° i5 v°. — (3) Voy. par exemple : A./

Victoire signalée obtenve par mon Seigneur le dvc de Guyse, sur Monseigneur le Prince de Condé reduict à demander la Paix le Ieudy Septiesme Iour de Ianuier Mil six censSaize. Ensemble le nombre des drapeaux prins Et portez à la ville de Poitiers & présentez à leur (sic) Maiestez tres-Chrestiennes. [Fleuron.] A Roven. De l’imprimerie de Michel Tallebot. louste la copie Imprimée à

Paris. M. DG. XVI. Auec Permission. (In 12. 7 p. ch. B. N., Lb3G7Ô2.) — B / Di scovrs fvnebre svr la mort de Monsievr le Cardinal du Perron. Auec les Particu-

laritez de son deceds. [Fleuron.] A Roven, Chez Michel Tallebot, sus l’eau de

Robec à la ruë du Varuot. Auec Permission. M. DG. XVIII. (In 12. i3 p. ch.

B. N., Ln27Ô737A.) — (4) Voy. Documenta, n° 63o. — (5) Voy. Documenta, nos 627 et 628.— (6) A. Martin, op. cit., p. 39 ; G. D. Quoist, op. cit., p. iô. — (7) N. F.,

liasse 144.

SEINE-INFÉRIEURE

ville vers 1660, il y aurait ensuite exercé son art durant soixante ans consécutifs, et cependant on n’arrive à attribuer à ses presses que les quelques ouvrages d’un même auteur, Jean-Baptiste de Clieu, curé de Notre-Dame du Havre. Voici la description de ceux de ces ouvrages que j’ai rencontrés :

A. / Pvrvs Virginis Cvltvs, Meris e fontibvs. Sanctorum Patrum, quo, qui Virginem amant Clerici perdiscent pié & puré servire ei cui service regnare est. Auctore Joanne Baptista de Clieu, Clerico. // Gratiae. Apud Simonem Terrier. Impensis Auctoris. M.DC. LXXXIX. (In 8, 4 vol. B. N.,

B. / Apocalypsis novi orbis systhema. Auctore Joanne Baptista de Clieu, Clerico.// Gratiae. Apud Simonem Terrier, Typographum. Sumtibus Auctoris, M.D. C.XCV. (In 8. 681 p. ch. sll. Partie de l’ouvrage sous-intitulée : Pars secunda, Liber primas. B. N., Rés. A. 17932.)

C. / Apocalypsis... Clerico.// Gratiae. Apud Simonem Terrier, Typographum. Sumtibus Auctoris. M.D.C. XCVI. (In 8. 464 p. ch. sll. Partie del’ouvrage sous-intitulée : Par secunda, Liber septimus. B. N., Rés. A. 1793 3.)

D’après l’examen de ces trois volumes, d’une impression compacte et d’ailleurs assez correcte, il me paraît qu’ils n’ont pas dû être exécutés au Havre, mais à Rouen et par conséquent par un maître qui n’est pas Simon Terrier. Par suite, il me semble fort douteux que celui-ci ait jamais été typographe. Au surplus, il est incroyable que depuis 1 7 1 1 1 jusqu’au 9 avril 1742, époque de sa mort, Terrier n’ait plus rien produit. D’autre part, l’enquête de 1701 est muette sur son compte, et je ne crois pas que Jacques Hu’bault et la veuve Gruchet eussent supporté sans se plaindre l’établissement d’une imprimerie à côté de la leur. Pour toutes ces raisons, j’estime que Simon Terrier n’a jamais été qu’un simple libraire, éditeur à l’occasion, de même que Jean Plainpel et J. B. Morchoisne, ses successeurs.

Tougard ou Turgard (Nicolas), dit de Hauville, prétendu imprimeur de Rouen (1541).

Gosselin a relevé dans ses Glanes 2 le nom de cet imprimeur,

O) Date à laquelle, suivant M. Martin, il aurait édité le huitième et dernier volume de Y Apocalypsis de J. -B. de Clieu. — (2) P. 97.

comme résidant à Rouen, en 1541, sur la paroisse S. Vivien. Nicolas Tougard était en effet typographe de sa profession, il exerçait son art à Paris dès 1528 mais rien ne prouve qu’il ait travaillé dans la capitale de la Normandie, aucune production de lui dans cette ville n’ayant été découverte. Il était originaire de Hauville, près de Bourg-Achard (aujourd’hui département de l’Eure) et peut-être des affaires d’intérêt l’ avaient-elles appelé momentanément à Rouen.

Tuveel (Guillaume) imprimeur à Rouen (1517).

Frère dans ses Notes"1 2, et Gosselin, dans l'ouvrage qu’il a intitulé Glanes 3, citent un imprimeur du nom de Guillaume Thumel ou Thimel, demeurant en 1517, d’après un acte du Tabellionage, sur la paroisse S. Maclou. Ce nom a été mal lu et il s’agit évidemment de Guillaume Tuveel, passé, quant à lui, sous silence par les deux archéologues rouennais. Il résulterait donc de cette mention, qu’avantd’aller imprimer à Caen en 15214, Tuveel aurait exercé à Rouen pendant quelques années; en réalité, on ne connaît encore qu’une impression de lui dans cette dernière ville et elle n’est pas datée 5.

Valentin (Les), imprimeurs à Rouen (1580-1641).

Robert, et Florent Valentin, son fils, libraires à Rouen dans la première moitié du xvie siècle, sont connus par un certain nombre de livres portant leur souscription, et par les notes que leur a consacrées Frère, dans son Manuel du bibliographe normand G ; il en est tout autrement des deux Valentin, Pierre et Robert, deuxième du nom, imprimeurs dans la même ville, à la fin du xvie et dans le premier tiers du xviie siècle ; on a gardé à leur sujet un silence

(1) Cf. Ph. Renouard, Impr. Parisiens, p. 178, et Coyecque, Inventaire sommaire d’un minutier parisien, t. I, nos 88 1 etg35. — (2) Liasse 144. — (3) P. 74. — (4) Voy. la Troisième partie du présent volume. —(5) Focaudi monie/ri cum glosa fa-/miliarissima super Doctrina- /le Alexâdri de Villa dei. V na cü additio-

nibus/magistri Johannis bernier: recenter adie-/ctis ut legentibus etiam côtenta

primis in-/tuitibus pateant recëti Correctione et emen/datione accüratissime castigata. [Marq. de Thomas Laisné, Silv. n° 220.] — [A la lin :] (£ Doctrinale alexâdri vna cù glosa focau-/di monieri atqz nônuliis pluribus 1 locis sup/additiombus Per magistrü Johânë bernier / appositis Impressum Rothomagi ï olticina / Guillermi Tuueel impensis Honesti viri / Thome Laisne. // Anno milleno ducenteno minus uno. / Auctor alexandri venerabilis atqz magister / Doctrinale

suum dédit cômune legendum, (Pet. in-8. 192 ff. n. ch. sign. A à I, K à Z et r.

Impr. goth. B. N., Rés., p. X, 27.) — (6) T. II, p. 586.

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presque absolu, et il est de mon devoir de le rompre, si imparfaitement que je sois en état de le faire.

I. Pierre (i 580-1626). Descendant probable de Florent Valentin, il tenait boutique, dès 1573, au Portail des Libraires1; vers 1580, il devint imprimeur et eut son atelier devant l’enseigne du Point du jour, sans indication de rue, mais comme ce domicile était sur la paroisse S. Herbland, ainsi qu’en justifie l’acte de baptême de l’un de ses enfants2, il ne serait peut-être pas difficile à un archéologue local de déterminer exactement de quel Point du jour il s’agit. Pierre Valentin avait obtenu, vers 1596, la charge d’imprimeur du roi, les autres titulaires de ces mêmes fonctions en furent assez alarmés pour solliciter d’être maintenus dans leur emploi, ce qui leur fut accordé par des lettres patentes du 21 avril 1597 3. Il fut également garde de la Communauté en 1602 4 *. L’on ne saurait rien d’autre à son sujet, si des arrêts du Parlement de Rouen ne l’avaient autorisé à imprimer divers ouvrages8, dont aucun exemplaire n’a d’ailleurs été révélé jusqu’à ce jour.

II. Robert (1598-1641) appartenait à la religion protestante et tenait boutique dans la cour du Palais, en même temps qu’à Quevilly. Garde delà Communauté en 1616 et en 1633 6, il est signalé comme typographe dans deux documents judiciaires 7, d’où il semble résulter qu’il s’employait à imprimer sans permission des livres protestants, malheureusement on n’y rencontre aucune solution à son égard, bien qu’il eût été l’objet d’une saisie dont il se plaignait devant la Chambre de l’Édit du Parlement de Rouen. Je ne puis signaler que deux ouvrages portant sa souscription 8 et ils paraissent plutôt

(1) Frère, E.A., p. 3i. — (2) A. R., Paroisse S. Herbland, Bapt. de 046 à 1621: « Du 26' septembre 1 5 9 3 , Nicollas, fils de Pierre Vallentin, libraire. Parains et maraine, Richard Racine, Nicolas Loyselet, Judic Dugord. » — (3) A. N., V6 610, arrêt du Conseil d’État du 3o décembre 1673. Voy. Documenta, n° 676, pièces produites, lettre F. — (4) Voy. supra, p 16. - (5) Cf. Documenta, nos 548 et 579. — (6) Voy. supra, p. 17. — (7) Voy. Documenta, nos 608 et 6 1 3 . — (8) A. / Traicté de sagesse, Composé par Pierre Charron Parisien, Docteur és droicts, Chantre & Chanoine Théologal de Condom. Plus quelques discours Chrestiens du inesme Autheur, trouuez apres son deceds. A Monseigneur de Harlay, premier President. Derniere édition. [Fleuron.] A Roven, chez Robert Valentin, dans la Court du

Palais. M.DC.XXX1III. (In- 12 84. p. ch. ; à la fin, cul-de-lampe renfermant les

initiales: o. s. B. N., Z Payen 517 bis.) — B. / De la sagesse Trois livres, Par

Pierre Charron Parisien, Docteur, és Droicts. Auxquels est adiousté vn recueil

des lieux & chapitres, suiuant la première Edition de Bourdeaux, 1601. Auecla

reuision de Messieurs du Conseil priué, pour le contentement & soulagement

du curieux Lecteur, désireux de voire l’vne & l’autre impression. Plvs Vn petit

traicté contenant vn sommaire des trois liures : vne Apologie & responce aux

dénaturé a troubler ma confiance au sujet delà véritable profession de Robert Valentin, attendu que tous deux semblent être sortis des presses d’Ozée Seigneuré, qui a pour ainsi dire mis sa marque de fabrique sur le Traicté de sagesse. , en ~ le terminant par un cul-delampe orné de ses initiales.

Vaultier (Les), libraires et imprimeurs à Rouen (1569-1720).

La famille des Vaultier a tenu une assez grande place dans la librairie rouennaise, à partir de la seconde moitié du xvie siècle, pendant laquelle on vit fleurir un Jean (1569-1589), puis un Nicolas Vaultier (1590-1607); de ce dernier descendent des imprimeurs et des libraires portant tous le prénom de François, et parfois difficiles à distinguer entre eux, à défaut du fil conducteur que je vais essayer de mettre entre les mains du lecteur.

I. François I (1666-1692). Fils d'un libraire également nommé François, qui, d'après Frère1, aurait exercé son commerce de 1635 à 1677 2, il avait vu le jour à Rouen vers 1637 3, s’était établi en 1666 dans la rue aux Juifs, en société avec son beau-frère Henri-François Virer, et devint garde de sa Communauté en 1672 4. Dès l'année 1670, il s'était signalé comme l’un des plus hardis contrefacteurs de Rouen ; il avait imprimé notamment Y Histoire sainte et poétique , du P. Gautruche, S. J., dont il avait vendu l'édition à plusieurs libraires de Paris ; ceux-ci, poursuivis par Jean Cavelier, imprimeur de Caen, qui avait le privilège de cet ouvrage, appelèrent Vaultier à les garantir. Une sentence du Châtelet de Paris, du mois de décembre 1670, condamna les libraires de Paris à une amende de 1.500 livres et aux dépens, en ordonnant que Vaultier devrait acquitter ces sommes en leur place, ainsi qu'une amende de 300 livres, dont il était personnellement frappé3. Ce jugement fut confirmé sur appel par arrêt du Parlement de Paris du 26 février 1671 6. Quelques années plus tard, en 1678, un arrêt du Conseil d'Etat enjoignait, 7, sous peine d’amende, à Vaultier, de représenter le

plaintes &obiections qu’on faisoit contre iceux, auec quelques discours Chrestiens, trouuez apres le deceds de l’Autheur. Derniere édition [Fleuron.] A Roven, chez Robert Valentin, tenant sa boutique dans la Court du Palais. M. DC.XXXIIII. (In-)2. 802 p. ch. sll. et lata. B. N , Z. Payen, 517.)

(i)N.F., liasse iq5. — (2) Il tenait boutique « sous la porte du Palais, près la Bastille ». — (3) D’après la supputation de son âge au moment de son décès.— (4) Voy. suprà, p. 19. — (5) Voy. aux Documenta, p. 2 1 3, note 1. — (6) Voy. Documenta, n0Ô73. — (7) Voy. Documenta, n° 680.

privilège, en vertu duquel il avait imprimé un livre intitulé : Nouvelles de V Amérique ou le Mercure amériquain 1 ; heureusement, il était à peu près couvert par un arrêt du Parlement de Rouen du 4 août 1678, lui octroyant permission et privilège d’imprimer cet ouvrage. Je dis: à peu près , parce que dès cette époque, la lutte était engagée contre les parlements et que la Grande Chancellerie manifestait déjà sa tendance à ne plus tolérer d’autres privilèges que ceux émanés d’elle. François Vaultier, ainsi qu’il en fait part au public, dans un avis au Lecteur curieux , placé en tête de l’ouvrage, avait eu le projet, en publiant ces Nouvelles de V Amérique, de créer un nouveau périodique, dans le genre du Mercure galant françois , qu’il aurait consacré aux nouvelles des pays étrangers ; il semble, et c’est fâcheux, que les menaces dont il fut alors l’objet aient complètement modifié ses intentions, car il nedonnaaucunesuite à ce premier volume. Il employa ses presses, à partir de ce moment, à éditer des livres de piété1 2, et se croyant sans doute de la sorte à l’abri de toute mésaventure, il n’hésita pas, en 1681, à imprimer pour le compte de divers ecclésiastiques des brochures pour lesquelles les auteurs ne s’étaient prémunis d’aucune approbation ni permission. Malheureusement pour lui, si le typographe ne lisait peut-être pas ce qu’il imprimait et négligeait même d’y mettre son nom, les conseillers du Parlement veillaient pour lui ; ils virent dans un certain nombre de ces impressions des libelles diffamatoires, anonimes , satyriques , calomnieux et remplis d'erreurs et firent exercer des poursuites contre les auteurs et l’imprimeur . Vaultier, pour sa part, fut condamné à 30 livres d’amende et à tenir sa boutique

(1) Nouvelles de l’Amerique. Ou le Mercure Amériquain. Où sont contenues trois Histoires véritables arrivées de nôtre Temps. [Fleuron.] A Rouen, Chez François Vaultier le jeune, Imprimeur & Libraire, ruë aux Juifs, près le Palais. M.DC.LXXVIII, Avec privilège de la covr. (In 16. 267 p. ch. B. N., Y26q73.) Les trois histoires annoncées portent les titres suivants: Histoire de Don Diego de Rivera. — Histoire de Mont-Val. — Le Destin de l'homme, ou les Avantures de Don Bartelimi de la Cueba, Portugais. — (2) Voy. par exemple : A. / L’Illustre penitente de Beziers, ou l’Histoire admirable de Mademoiselle Bachelier, du Tiers Ordre S. François. Présentée à Monseigneur de Bonzi, Archevêque de Tolose, Par le P. Casimir de Tolose, Capucin. // A Rouen, Chez François Vaultier le jeune, Imprimeur-Libraire, ruë aux Juifs, près le Palais. M.DC.LXXX. Avec Approbation. (In 12 246 p. ch. B. N., Ln27 882 b.) — B. / Conférences theologiques et spirituelles sur les grandeurs de la tres-sainte Vierge Marie Mere de Dieu. Par le P. Louis-François d’Argentan, Capucin. [Fleuron offrant au centre la figure de la Vierge.] A Rouen, Chez François Vaultier le jeune, Impri-

meur-Libraire, ruë aux Juifs, près le Palais. M.DC.LXXX. Avec Privilège & Approbations. In 8. 2 vol. B. N.. D. 19422.)

fermée pendant trois mois; on pouvait lire durant ce temps, sur la porte de son officine, cette réclame peu obligeante pour ses presses : « Imprimeur de libelles calomnieux et scandaleux L » Enfin, après dix nouvelles années de plus calme exercice, F. Vaultier mourut à Rouen le 8 avril 1692

IL François II (1694-1719). Fils ou neveu du précédent (?), né à Rouen vers 1556 1 * 3, il fut admis à la maîtrise le 22 juin 1694 et ouvrit le jour même 4 une boutique de libraire dans la cour du Palais 5 ; vers 1700, il transféra son établissement dans la rue aux Juifs 6, puis ayant acquis, en 1705, le matériel d’imprimerie de Pierre le Hue 7, il obtint, l’année suivante, de Charles-François- Frédéric de Montmorency, duc de Luxembourg, gouverneur de la Normandie, un brevet lui permettant de s’intituler le typographe de ce haut personnage 8; en ajoutant à cela que Vaultier fut appelé aux fonctions de garde delà Communauté en 1697 et 1708 9, on pourrait avoir la pensée de le considérer comme un des principaux imprimeurs de la ville, il n’en était rien pourtant, car il ne semble pas avoir jamais eu d’autre matériel que la vieille presse qu’il avait achetée d’occasion et celle qu'il avait dû acquérir depuis pour se conformer au règlement. Il a néanmoins à son actif une assez

(1) Voy. Documenta, n“ 684. — (2) A. R., Paroisse S. Lô, reg. 3 : « Du 9e avril

1692, a esté inhumé en l’église le corps de François Vaultier, âgé d’environ 55 ans, mort du jour d’hier, en présence de Henrv-François Viret, son beau frère, et Guillaume Bouquetot, cousin. » — (3) A.D.S , C. iq5, Enquête de 1 706. — (4) Ibid. — (5) Voy. notamment : A. / Reflexions sur le nouveau système du Reverend

Pere Lamy Prêtre de l’Oratoire. Touchant la derniere Pâque de Jesus-Christ Nôtre Seigneur. Par le R. P. D. G. B. (Guillaume Bessin) Bénédictin de la Congrégation de S. Maur. [Fleuron.] A Rouen, Chez François Vaultier Libraire, Cour du Palais, M.DC.XC VIL Avec Approbation & Privilège du Roy. (In 12,319 p. ch. sll. et la ta. B. N.. A. 7686 ) — B. / Maximes spirituelles du venerable pere dom Claude Martin religieux bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur. Tirées de ses Ouvrages, & confirmées par les sentimens des Saints Peres ./.. // A Rouen, Chez François Vaultier Libraire, Cour du Palais, à la seconde Boutique du côté des Buvettes. M.DC.XCVI1L Avec Privilège du Roy, & Permission des Supérieurs. (In 12. 244 p. ch. sll. B. N., D. 17752.] — (6) Voy. notamment: A. / Reflexions sur la nature des remedes, leurs effets, et leur maniéré d’agir, Leurs

indications & contre-indications, & le bon & mauvais usage qu’on en peut faire. Appuyées d’Exemples, d’Histoires & d’Observations considérables. Par

Monsieur de Saint-André Conseiller, Médecin ordinaire du Roy. // A Rouen, Chez François Vaultier, rué aux Juifs. M.DCC. Avec Privilège du Roy. (In 12.

378 p. ch. sll. et la ta. B. N., Te139 3 1 . ) — B. /La Science du salut, renfermée dans ces deux paroles ; Il y a peu d élus : ou traité dogmatique sur le nombre des

élus.// A Rouen, Chez François Vaultier, rué aux Juifs. M.DCCI. Avec Approba-

tion, & Privilège. (In 12. 2 tomes de 248 et 224 p. slata. B. N., D. 12198.)— (7) Voy.

suprà, p. 258. — (8) A.D.S., C. iq5, Enquête de 1706. — (9) Voy. suprà, p 12.

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importante production, notamment trois beaux ouvrages, qui sortent vraiment de l’ordinaire *, et, dès 1712, il avait fait paraître un Catalogue de ses éditions, au nombre de douze, qui figure à la suite de quelques-uns de ses livres 2. Non content d’imprimer ceux pour lesquels il avait obtenu un privilège, François II chercha, lui aussi, à glaner sur le champ d’autrui: on le rencontre, en 1714, aux prises avec François-Hubert Muguet, imprimeur à Paris, au préjudice duquel il avait contrefait des Heures imprimées par ordre de Mgr le Cardinal de Nouilles, archevêque de Paris , à rasage de son diocèse. Dix-huit exemplaires de ce livre avaient été découverts dans sa boutique, mais quand Muguet voulut Dire procéder à leur saisie, Vaultier organisa, avec la complicité de deux des gardes de la Communauté, une sorte d’émeute, au cours de laquelle il parvint à détourner la plus grande partie du corps du délit3. Il fut moins heureux à quelques années de là : des publications jansénistes ayant été trouvées en son domicile, François II fut arrêté le 5 juin 1718 et conduit à la Bastille, d’où il ne sortit que le 1 1 août suivant 4. Je ne sais pas si le séjour dans la célèbre prison d’Etat avait été funeste

(1) A. / Opuscula tria de Deo Quo ad opéra Prædestinationis, Reprobationis, Et Gratiae actualis, A Fr. Laurentio Brancato, Basilicae SS. XII. Apostolorum. S. R. E. Presbytero Cardinali de Lauraea Bibliothecario. In commodum Tironum S. Augustini Doctrinæ Studiosorum elucubrata. [Vign. contenant les initiales F. Y. entrelacées.] Rothomagi, Apud Franciscum Vaultier, in vico Judaeorum. M.DCCV. Cum privilegio Regis. (In 4. 5g3 p. ch. sll. et l’index.

B. N., D. 4020.) — B./ Analyse de l’Evangile, selon l’ordre historique de la concorde, Avec des Dissertations sur les lieux difficiles. Par le R. P. *** Prêtre de l’Oratoire. [Fleuron.] A Rouen, Chez Vaultier, Imprimeur de Monseigneur le Duc de Luxembourg, Gouverneur de Normandie, ruë aux Juifs. MDCCX. Avec Approbations & Privilège. (In 12. 4 vol. B. N., A. 7063.) —

C. / Concilia Rotomagensis provinciae. Accedunt diœcesanæ synodi, Pontificum epistolae, Regia pro Normanniae clero diplomata, necnon alia ecclesiasticae disciplinae monumenta. Ex illis non pauca hactenus inedita. Quaeprius édita fuerunt ad manuscriptos codices recognita & emendata sunt : collata quaedam cum autographis : disposita omnia juxta chronologiae ordinem, & observationibus, ubi convenit, illustrata. Prodeunt in lucem opéra et studio Domni Guillelmi Bessin, Presbyteri & Monachi Benedictini è Congregatione Sancti Mauri. [Fleuron.] Rotomagi, Apud Franciscum Vaultier, in vico Judaeorum. MDCCXVII. Cum privilegio Regis et superiorum permissu. (In f°. VIII- 632 et 70 p. ch. B. N., B. 374.) — (2) Voy. par exemple à la fin de l’ouvrage suivant : De l’unité de l’église, ov Réfutation du nouveau système de M. Jurieu [Fleuron.] A Rouen, Chez François Vaultier, Imprimeur-Libraire de Monseigneur le Duc de Luxembourg, Gouverneur de Normandie, ruë aux Juifs. M.DCC.VIII. Avec Approbations & Privilège du Roi. (In 12. 484 p. sll et 2 fi', n. ch. pour le priv. et le Catalogue. B, N., D. 2227g.) — (3) Voy. Documenta, n° 753. — (4) Voy. Documenta, n° 765.

G. Lepreux. Gallia Typographica. D. III.

à sa santé, toujours est-il que le 25 mai 1719, il expirait entre les bras de l’abbé Michel- Antoine Vaultier, son frère h

Velquin (Les), imprimeurs à Rouen (1599-1666) .

Michel et Abraham Velquin sont indiqués par Frère 2 comme ayant exercé l’imprimerie à Rouen de 1599 à 1621 ; Lesens, dans sa Liste des imprimeurs protestants, signale en outre un Pierre Velquin, imprimeur-libraire dans la rue Pigeon, paroisse Saint- Maclou, décédé en 1666. Michel Velquin fut en effet reçu à la maîtrise d’imprimeur le Ier février 1599 3, mais il n’est connu que pour avoir imprimé sans permission, en 1615, un petit livret, qui lui valut des poursuites devant le bailliage de Rouen et une condamnation à 100 sols d’amende 4 ; il mourut, à ce que dit Lesens, en 1636. Quant à Abraham Velquin, on n’a de lui qu’une modeste plaquette, non datée 5, qui peut laisser à penser qu’il n’a été que libraire. Enfin, en ce qui concerne Pierre Velquin, probablement fils de Michel et son successeur, il ne dut avoir qu’un bien pauvre établissement, puisqu’on n’a pas encore pu mettre la main sur une production quelconque de ses prétendues presses.

Vereul (Étienne), imprimeur (?) à Rouen (1605-1655).

C’est à tort, à mon avis, qu’on a classé Étienne Vereul parmi les imprimeurs de Rouen, il n’a jamais été, semble-t-il, que libraire : les ouvrages qui ont sa souscription portent effectivement en euxmêmes la preuve qu’ils ont été exécutés par d’autres que par lui G, bien qu’ils soient ornés de sa marque que j’ai déjà décrite 7, et de sa devise : Super and a omnis fortuna ferendo . C’est à tort également qu’un arrêt du Conseil d’Etat, du 26 mai 1645, le confond avec plusieurs autres dans la qualification commune d’imprimeurs-libraires ; il y

(i)A. R., Paroisse S. Lô, Reg. 5: « Du 26 mai 1719- Le corps du S'' François Vaultier, marchand libraire et imprimeur, décédé le jour précédent,., a été inhumé dans la nef de nostre église, présence de discrète personne Michel- Antoine Vaultier, prêtre, son frère et du Sr Pierre Ferrand, son beau-frère. » — (2) Liasse 145. — (3) A.D.S., E. 483, f° 2. — (4) Voy. Documenta, n° 592. — (5) Le Reveil dv soldat françois. Av Roy. Sur la iuste punition du Marquis d’Ancre. [Fleuron.] A Roven, Chez Abraham Velquin, deuant la fontaine S. Viuian. Iouxte la coppie Imprimée à Paris Chez Estienne Perrin fin 12. 8 p. ch.

B. N., Lb36 982 b). — (6) Voy. par exemple supra, p. 222, note 7. — (7) Voy. supra, pp. 222 et 223.

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a lieu en effet de remarquer qu’il ne figure dans l’instance que comme libraire, à côté de son imprimeur occasionnel, Jean Le Boullenger L Etienne Vereul n’en est pas moins un éditeur recommandable et ses collègues l’ont reconnu comme tel, en lui confiant, à trois reprises differentes, en 1620, 1634 et 1634, charge de garde de la Communauté 1 2. Il paraît de plus qu’il se rendait de temps à autre à Paris, pour écouler sa marchandise, ainsi qu’en fait foi ce résumé de sentence que j’ai recueilli dans l’un des manuscrits de la Bibliothèque Nationale : « 1619,2 juillet. Sentence du Prévost de Paris qui ordonne que les livres apportés à Paris par Estienne Verreuil et Jean Pain, libraires de Rouen, seront visitez par les Sindic et Adjoints dans huitaine, pour être vendus par lesdits Vereuil et Pain suivant les règlements et qu’ils seront tenus, et tous les autres marchands, de sortir de Paris dans trois semaines après la visite de leurs marchandises 3. »

Vergnault (François), imprimeur (?) à Rouen (1555).

N’a d’autre titre à figurer dans cette galerie que la simple mention faite de lui par Frère et par Gosselin ; je ne sais pas s’il fut réellement typographe, attendu que je n’ai rencontré aucune impression de lui ; je ne l’enregistre donc ici que pour mémoire.

Vidal (Guillaume), imprimeur à Rouen (1597).

Bien qu’il ne soit pas autrement connu, sa qualité d’imprimeur paraît être établie suffisamment par l’ouvrage suivant :

— Le / cabinet / de Minerve. / Auquel sont plusieurs Singularitez. Figu-/res. Tableaux. Antiques. Recherches/saintes. Remarques serieuses. Obseruations / amoureuses. Subtilitez agréables. Ren- / contres ioyeuses, & quelques histoires/ meslees és auantures de la Sage Fenisse / patron du Devoir. / ParBeroalde de Verville. [Vignette.] A Roven, / Par Gvillavme Vidal. / M.D.XCVII. (In 12. 254 ff. ch. sll. et la ta. B. N., Rés. Z. 2816.)

(1) Cf. Documenta, n° 643. — (2) Voy. suprà, pp. 17, 18 et 19. — (3) B. N., Ms.

fr. 22081, p. 1 1.

Violette (Pierre), imprimeur à Rouen (1503-15 13).

Probablement originaire de la Normandie ou de l’une des provinces limitrophes, Pierre Violette, après avoir achevé ses études à l’Université de Caen R semble s’être rendu à Paris, dans l’atelier de Jean Du Pré, et y avoir appris l’art de la typographie ; dans tous les cas, on le rencontre, en i486 et 1487, à Abbeville 1 2, où il travaillait évidemment en compagnie de Pierre Gérard, et, l’année suivante, il se rendait, croit-on, à Rouen et collaborait à l’organisation et aux premiers travaux de l’imprimerie de Jean Le Bourgeois. Ph. Renouard avance3 que Violette ouvrit lui-même un atelier, en 1489, dans la capitale de la Normandie, or 011 ne connaît aucune production de lui avant 1503, et le fait est qu’il ne travailla pas à son compte avant cette époque. La vérité paraît être que Violette resta chez Jean Le Bourgeois jusqu’au décès de celui-ci, qu’il entra ensuite au service de Laurent Hostingue et qu’enfin, en 1503, il se décida à former un établissement personnel. Je n’ai pas l’intention d’entrer dans le détail des impressions de ce typographe, la plupart d’entre elles ont été fort savamment décrites par Léopold Delisle 4 et le surplus signalé avec des notes suffisantes soit par Frère 5 ou Philippe Renouard6, soit par d’autres bibliographes. Je rappelle seulement que toutes les productions de Pierre Violette sont exécutées en bonne gothique, et en majeure partie pour le compte des libraires Pierre Régnault, de Caen, et Guérard Wansfort, d’York (Angleterre). Sur la fin de l’année 1513, Violette quitta Rouen et s’en alla exercer son art à Paris, où je parlerai plus amplement de lui.

Viret (Les), famille d’imprimeurs de Rouen et de Dieppe (1570- 1788).

Cette famille est la dernière des grandes dynasties d’imprimeurs rouennais dont j’aie à m’occuper ; j’en ai dressé un tableau d’ensemble, qui permettra de se rendre plus facilement compte des

(1) Claudin, Hist. de Vimpr., t. I, p. 272. — (2) Ibid. — (3) Impr. parisiens,

p. 368. — (4) Livres impr. ou publiés à Caen, t. I, nos 14, 22, 180, 272, Soi, 368,

3 9 3 et 394. — (5) Des livres de .liturgie des Eglises d'Angl., pp. 26 et 56. —

6) Josse Badins , t. II, pp. 432 et 435.

SEINE-INFÉRIEURE 389

liens de parenté unissant entre eux les divers personnages de ce nom, dont j’aborde immédiatement les notices respectives.

I. Jean I (1570-1605). D’après Frère 1 , le premier des Viret aurait porté le prénom de Jean et débuté à Rouen en 1570, mais, suivant des notes généalogiques fournies par l’un des membres de la famille 1 2, il y en aurait eu plusieurs auparavant. Ces notes disent en effet ce qui suit : « Les imprimeurs-libraires de la ville de Rouen n’ayant commencé à faire communauté qu’en l’année 1575, en exécution de l’arrêt du Parlement, on doute, faute de titres, si Pierre Viret, fils de Nicolas Viret, le premier qui soit venu s’établir à Rouen, exerçoit l’imprimerie, ou son fils Denis Viret, ayant été les premiers dans cet art, qui y fut apporté par un nommé Morin, avant 1500. Le premier qui ait passé par les charges de sa communauté (ce qui est établi par titres), est Jean Viret, petit-fils de Denis et fils de Guillaume. » Je ne pense pas qu’il soit possible de remonter au delà de ce Jean et je le tiens pour le premier membre de la famille Viret qui ait été imprimeur ou plutôt libraire-éditeur. En 1570, âgé alors de 28 ans, il entrait en apprentissage chez le libraire Gaspard de Remortier et s’obligeait à rester chez lui pendant 3 ans et à lui payer une somme de 10 écus d’or soleil, en deux termes 3. Après cela, il n’est plus question de Jean Viret dans aucun document jusqu’en 1585, époque où, suivant la généalogie indiquée ci-dessus, il aurait été élu garde de la Communauté. Mais a-t-il été vraiment imprimeur ? on ne connaît aucune impression de ce maître, qui, selon Frère, n’aurait achevé sa carrière qu’en 1605 ? on sait seulement, parla généalogie citée, qu’il eut trois fils : Girard, Jean (II) et Abraham, parmi lesquels je 11’ai à retenir que Jean II, bien que sa qualité de typographe soit des plus contestables.

IL Jean II (1636-1672, d’après la nomenclature chronologique; plus vraisemblablement : 1606 à 1640 environ). Fils du précédent, il est signalé par Frère comme ayant exercé l’imprimerie et la librairie de 1636 à 1672; je crois qu’il y a maldonne et que ces dates ne s’appliquent qu’à Jean III, lequel, d’après le même auteur, n’aurait eu des presses en activité que de 1667 à 1671. Toutes ces données semblent inexactes et malheureusement, je ne suis pas en mesure de les rétablir avec assurance ; je les ai donc maintenues telles quelles, tout en faisant remarquer que, d’accord avec la généalogie sur

(1) N. F., liasse 146. — (2) B. N., Ms. fr. 22129, f° 44. — (3) Gosselin, Glanes ,

Généalogie

de la

Famille Viret, de Rouen'

Guillaume Viret

époux de

dont :

Jean I Viret Impr. (?) à Rouen (1570-1605) dont :

Girard Viret

Libraire à Rouen (1604-1624) dont :

Jean U Libraire (1606?-

Viret

à Rouen ■ 1640?)

Abraham I Vi

Libr. (?) à Rouet

Jean III Viret

Libr, et impr. à Rouen (1636-1672)

Marié deux fois dont :

2e lit

Eustache 1 Viret

Impr. à Rouen (1659-1680) époux de

Marguerite de Mannevjlle dont :

Henri-François

Viret

Imprimeur à Rouen (1672-1700)

Eustache II Viret

Impr. à Rouen (1680-1723)

Pierre Viret

Impr. à Rouen(i689-i7i9) époux de

Marie-Marthe Héribel dont ;

Guillaume Viret

Imprimeur à Rouen (1691-1692) à Dieppe (1693-1699) et à Dijon (1705-1706)

Jean-Robert Viret Impr. à Rouen (1680-1716)

Eustache III Viret

Abraham II Viret

Impr. à Rouen

Sans profession connue

époux de Marie de Mante

dont :

(1) Cette généalogie figure dans le Msc. fr. >> f° 44, de la B. N. Je n’ai guère eu qu’à en cor ;r les dates et à y ajouter les noms des femme * tout où je l’ai pu.

SEINE-INFÉRIEURE

Sgi

laquelle je me suis basé parce qu’elle concorde avec les documents officiels, je restitue à Jean III, sans souci de l’incohérence qui peut paraître en résulter, tout ce qui doit lui appartenir. Quant à Jean II, il n’a dû être que libraire, et c’est lui qui fut garde de la Communauté en 1637 4; je pense que les débuts de sa carrière remontent à l’année 1606 environ et que son existence a dû se terminer vers 1640.

III. Jean III (1667-1671, d’après la nomenclature chronologique, mais plus probablement : 1636-1672). Fils de Girard Viret, libraire, il semble s’être établi dès 1636, en remplacement de son père; dans tous les cas, il obtenait, l’année suivante, en vertu de lettres de provision du 17 février 1637, la charge de libraire et imprimeur du roi vacante par le décès de Martin IV Le Mégissier2. En dépit de la qualité de typographe que lui donne Frère et de la charge d’imprimeur du roi qui lui fut conférée, il est fort douteux que Jean IÎI Viret ait jamais eu la moindre presse : il se contenta, semble-t-il, de continuer l’établissement paternel, dans la boutique sise au haut des degrés du Palais, car, si l’on se reporte aux livres revêtus de sa souscription, il faut nécessairement convenir qu’il ne les a pas imprimés, puisque les uns, par exemple, les œuvres du chirurgien Guillemeau 3, le chef-d’œuvre typographique de Pierre Maille, portent expressément la signature d’un imprimeur, et que les autres, sans mention spéciale, ont été exécutés sans aucun doute par David Du Petit Val et Eustache Viret. Jean III Viret se joignit en 1653 à son collègue et ami David Du Petit Val, pour s’opposer à l’enregistrement des provisions d'imprimeur du roi qu’avait obtenues Julien II Courant; tout ce qu’ils y gagnèrent fut, on le sait, d’être maintenus respectivement dans leurs charges4. Il ne fut guère plus heureux, à ce que je suppose, dans un autre procès qu’il soutint,

(i)Voy. suprà, p. 18. — (2) Cf. Documenta, n° 693, pièces produites, lettre L. — (3) Les Œvvres de chirvrgie de Iacqves Gvillemeav, chirvrgien ordinaire dv Roy et ivré à Paris. Avec les portraicts et figvres de tovtes les parties du Corps Humain, & des Instrumens necessaires au Chirurgien. Augmentées, et mises en vn : et enrichies de plusieurs Traictez, pris des leçons de M° Germain Covrtin, Docteur en Medecine. [Corbeille de fleurs et de fruits.] A Roven, Chez lean Viret, Imprimeur ordinaire du Roy, au haut des degrez du Palais. François Vavltier, sous la porte du Palais près la Bastille. Clement Malassis, dans l’Estre nostre Dame. Et Iacqves Besongne, dans la Cour du Palais. M.DC. XXXXIX. Avec Privilège dv Roy. [A la fin :] A Roven, De l'Imprimerie de Pierre Maille. M.DC. XXXXIX. (In f°. 863 p. ch. sll. et la ta. Figs assez nombreuses non signées. B. N., Td72 6 a.) — (4) Voy. Documenta, n° 676, pièces produites, lettre J.

en 1661, avec François Vaultier, contre Sébastien Huré, libraire juré en l’Université de Paris, au sujet d’une concurrence de privilège1, mais il eut la joie, à une époque contemporaine, d’obtenir du roi que son fils Eustache lui fut adjoint avec survivance, en qualité d’imprimeur de sa majesté2. Il remplit, en 1644, 1651 et 1665, les fonctions de garde de la Communauté3, et enfin, il était devenu depuis peu de temps l’un des imprimeurs de l’Archevêché4, lorsque l’heure du repos éternel sonna pour lui le 22 juin 16725. Jean III Viret avait été marié deux fois : d’une première union, il avait eu notamment un fils, Eustache, qui suit; de sa seconde femme, naquit entre autres Henri-François, qui fut l’associé de François I Vaultier, son beau-frère.

IV. Eustache I (1659-1680). Né à Rouen entre 1630 et 1635 premier mariage du précédent, il était son associé dès avant 1655, car, à cette date, par lettres patentes du 13 mars, il obtint le titre officiel d’imprimeur du roi, en survivance de son père6. Vers 1659, il ouvrit un établissement typographique dans la rue Neuve-Saint- Lô 7 ; il le possédait encore en 1670 8 et sans doute il le conserva après la mort de son père, bien que ses livres soient souscrits à partir de ce moment : dans la Cour du Palais 9. Eustache fut élu aux fonctions de garde en 1659, 1668 et 167110, mais cet honneur

(1) Cf. Documenta, n° 652. — (2) Voy. infra. — (3) Voy. supra, pp. 18 et 19. — (4) Voy. : — Les Deliberations de l’Assemblée generale dv Clergé de France, tenuë

és années 1660. & 1661. Et ce qui s’est passé sur le sujet du corps du Missel Romain,

qui a esté traduit en François par le Sieur Voisin, & autres. Auec le Mandement

de Monseigneur l’Illustrissime & Religiosissime Archeuesque de Roüen, Primat de Normandie, publié à Roüen en son Synode d’Esté, de l’année 1661. [Arm. de

l’Archev.] A Roven, De l’Imprimerie de l’Archevesché, Par Iean & Evstache Viret, Imprimeurs ordinaires du Roy, & dudit Archeuesché, au Palais. M.DC.LXI. Auec

Priuilege de Sa Majesté. (In 4. 32 p. ch. B. N., Ld324Ô a). — (5) Cf. Documenta,

n° 6g3, pièces produites, lettre C — (6) Ibid., lettre Q. — (7) L’Eclaircissement de la Théologie mystiqve proposé pardemandes et responses en favevr des âmes contemplatives. Dédié à Mm' Leonor de Sovvré, abbesse de S1 Amand.//A Roven, Chez Evstache Viret, Imprimeur du Roy, dans la rué Neuve S. Lô. 1659. (In 8. Titre gravé. M.F., t. II, p. 1 79.) — (8) Voy. notamment : — Martyrologium quo utitur

et semper usa fuit sancta, Primatialis, et Metropolitana Ecclesia Rothomagensis [Marq. n” 2.] Rothomagi, Impensis Venerabilis Capituli. Typis Eustachii Viret TypographiRegis, in vico novo S. Laudi. M.DC.LXX.(In 4.207 p. Impr. r. et n. B. N., Rés. B. 1784.) — (q) Voy. : Morale Chrétienne rapportée aux instructions, que Jésus Christ nous a données dans l’Oraison dominicale. [Fleuron.] A Rouen, Chez Eustache Viret, dans la Cour du Palais. M.DC.LXXII. Avec Approbations, &

Privilège. (In 4. 1020 p. ch. sll. et 1 f. n. ch. pour l’Extrait de privilège. L’ouvrage est divisé en 9 livres, ornés chacun d’une jolie tête de page, dont 7 sont dessinées et gravées par F. Chauveau, 1 par N. D. P. Montagne et une autre anonyme.

(B.N.,D. 4921.) — (10) Voy. supra, p. 19.

SEINE-INFÉRIEURE

n'eut pas le don de rendre moins jaloux l'œil qu’il tenait constamment braqué sur les travaux de son collègue Julien II Courant; il avait hérité de son père, sinon la haine, tout au moins une animosité inexplicable vis-à-vis de cet imprimeur du roi, et pensant être plus heureux que Jean III Viret, il renouvela contre lui l’attaque avortée de 1653; il ne réussit pas davantage à désarçonner son adversaire et même il paya les frais de la guerre, en subissant quelques meurtrissures, le Conseil d’Etat ayant décidé que Courant continuerait à jouir de tous ses privilèges, tandis qu’il restreignit le droit de Viret aux impressions concernant « les arrêts, règlements et ordonnances de la Ville de Rouen1 ». La plupart des productions d’Eustache I Viret sont ornées d’une sorte de marque, formée (Marque n° 1) de deux médaillons contenant les figures de Dieu le père et de Dieu le fils, réunis en haut par une colombe représentant le Saint-Esprit et en bas par une tête d’ange ailée2 * ; cette gravure ou vignette est remplacée sur quelques ouvrages (Marq. n° 2) par une simple colombe (le Saint Esprit) au milieu d’une gloire, accompagnée de deux anges. Cet imprimeur mourut à Rouen, le 31 octobre i68oa. De son mariage avec Marguerite de Manneville, fille de libraire, il eut un assez grand nombre d’enfants, parmi lesquels je citerai Eustache (II), Pierre, Guillaume et Jean- Robert, qui furent tous imprimeurs à Rouen, sauf le troisième, qui s’en alla exercer son art à Dieppe.

Marguerite de Manneville (1680-1697) continua l’entreprise de son défunt mari, mais elle eut à supporter de grands ennuis dans la troisième année de son veuvage, au sujet d’un livre intitulé : Conférence d’ un Docteur catholique avec un Ministre de la R. P, R. sur V adverti s sentent pastoral du Clergé de France a ceux de cette Religion , qu’elle avait imprimé, sans avoir eu soin de se prémunir d’un privilège du Grand sceau4. Invitée à représenter ce privilège, elle dut

(1) Cf. Documenta, n° 676. — (2) Voy. notamment ; A. / Régula Sancti Stephani confessons, auctoris et fundatoris ordinis Grandimontensis. [Marq. n* 1] Rothomagi, Typis Eustachii Viret, in areâ Palatii. M.DC.LXXI. (In 12. 94 p. ch, sll. et les ta, B. N., Ld23 2 a.) — B. / Examen de quelques passages de la traduction françoise du Nouveau Testament imprimé à Mons. Divisé en plusieurs Recueils selon la diversité des matières ; Avec plusieurs Censures qui condamnent cette Traduction, & l’Arrest de Sa Majesté qui défend de la vendre et de l’imprimer.

[Marq. n° 1] A Rouen, Chez Eustache Viret, Imprimeur ordinaire du Roy, dans

la Cour du Palais. M.DC.LXXVI. Avec Permission & Approbation. (In 12.495 p. ch. B. N., A. 7474.) — (3) Voy. Documenta, n° 693, pièces produites, lettre D. —

(4) Voy. Documenta, n° 686.

avouer qu’elle n’en avait point, et elle s’entendit condamner, par arrêt du Conseil du 19 novembre 1683, à une amende de mille livres1. L’énormité de cette amende effraya à juste titre la pauvre veuve, qui témoigna un tel repentir de la contravention dans laquelle elle était tombée, peut-être par ignorance des règlements, qu’elle obtint la remise complète de sa condamnation par un autre arrêt du Conseil du 3 décembre suivant2. La veuve Viret se montra plus prudente à la suite de cette affaire et conserva paisiblement, pendant 15 ans encore, la direction de son imprimerie3; enfin, en 1697, e^e en fit un partage égal entre son fils aîné, Eustache, qui l’avait constamment aidée dans ses travaux, et son plus jeune fils, Jean-Robert; mais, ne pouvant se résoudre à quitter complètement les affaires, elle garda pour elle la boutique de librairie, que la famille Viret possédait de temps immémorial dans la Cour du Palais 4.

V. Henri-François (1672-1700). Frère cadet du précédent, il n’eut pas d’établissement personnel et se contenta d’être l’associé de François I Vaultier, son beau-frère, à côté duquel il figure, de 1678 à 1681, dans divers documents3. Il fut garde de la Communauté en 1673, 1693 et 1700 G.

VI. Eustache II (1680-1723). Filsd’Eustache I, et de Marguerite de Manneville, né et baptisé à Rouen le 27 mai 1659 7, il avait été admis à la maîtrise le 15 juin 1677 8 et travaillait dans l’imprimerie de son père, lorsque la mort de celui-ci le mit dans la nécessité de prendre en mains la conduite intérieure de l’établissement, dont sa mère conservait officiellement la direction; c’est pourquoi l’on date de 1680 l’époque de ses débuts. En réalité, il ne devint imprimeur titulaire qu’à compter de 1697, c’est-à-dire quand sa mère se retira de l’imprimerie, après en avoir partagé le matériel entre lui

(1) Yoy. Documenta, n6 687. — (2) Voy. Documenta, n° 688. — (3) Voy. entre

autres: — Lettre pastorale de Monseigneur l’Archevesque de Rouen, Au sujet

d’un Libelle publié dans son Diocese intitulé, Difficulté y proposées, &c. [Arm.

de l’Archev. J. N. Colbert.] A Rouen, Chez la Veuve Eustache Viret Imprimeur du Roy & de l’Archevesché, dans la Cour du Palais. M.DC.XCVII. (In 4. 23 p. ch. B. N., E. 2400.) — (4) A. D. S., C. iq5 (Enquête de 1706): « Marguerite de Manneville, âgée de 69 ans, veuve d’Eustache Viret, vivant imprimeur du Roy et de Monseigneur l’Archevesque, a une boutique ouverte dans la Cour du

Palais, mais point d’imprimerie. » — (5) Cf. Documenta, n03 680 et 684. —

(6) Voy. suprà, pp. 20 et 21. — (7) A. R., Paroisse S. Lô, reg. des bapt. de 1 658

à 1667: « Le 270 may (1659) a esté baptisé Eustache, fils d’Eustache Viret, imprimeur du Roy, et de Marguerite de Manneville. Le parrain, Jean Viret, la mar-

raine, Geneviefve Vereuil. » — (8) B. N., Ms. fr. n. a. 400, f° 426.

SRI NE-INFÉRIEURE 3q5

et son frère Jean-Robert, qui eurent ainsi deux presses chacun1. Les deux frères restèrent associés et travaillèrent presque toujours ensemble sous le même toit, mais l’établissement demeura sous le seul nom d’Eustache Viret, que la Communauté considérait d’ailleurs depuis longtemps comme maître imprimeur, puisque, en 1684 et 1692, elle lui avait confié les fonctions de garde2, et les lui renouvela en 1703 3. Bien qu’il ait été imprimeur de l’Archevêché et de LHôtel de Ville, Eustache II Viret tire sa principale notoriété de la charge d’imprimeur du Roi, qu’il avait obtenue, en survivance de son père, dès le 27 juin 1678 4 * et au sujet de laquelle il se chamailla avec ses collègues durant plusieurs années. Ainsi, en 1687, il s’était obstinément refusé à communiquer aux Gardes les lettres de provision en vertu desquelles il prétendait avoir le droit, qu’on lui contestait, d’exercer ces fonctions, et aussitôt, la Communauté assemblée avait décidé « que le premier des imprimeurs-libraires auquel il serait apporté par quelque particulier des arrêts du Parlement, de la Chambre des Comptes, de la Cour des Aides, du Bailliage et autres juridictions de ladite ville pour les imprimer, il le pourrait faire, et qu’au cas où il fût inquiété par îed. Viret, lad. Communauté prendrait son fait et cause et l’indemniserait de toutes les conséquences3. » Viret avait ensuite plaidé contre Julien Courant, par habitude de famille, et contre Pierre Ferrand, à l’occasion de la nomination de celui-ci dans la charge d’imprimeur du roi 6; comme résultat, chacun avait conservé ses positions, sauf le dernier, qui dut patiemment attendre le décès de l’un de ses rivaux, avant de pouvoir user de ses droits. Julien Courant partit le premier. Quant à Eustache II Viret, parvenu à l’âge de 64 ans et n’ayant pas d’enfants, il se détermina à passer dans la retraite ses dernières années : après avoir cédé à son neveu Abraham tout son matériel typographique7, il abdiqua aussi bien de sa place d’imprimeur à Rouen que de sa charge d’imprimeur de Sa Majesté, et fut remplacé dans

(1) A.D.S., C. 145, Enquête de 1706: « Eustache Viret, imprimeur de M. l’Archevesque et de l’Hostei de Ville, 47 ans, et Jean-Robert Viret, son frère, 38 ans. Ont été reçus maistres le 1 5 juin 1677 et se sont établis le 2 janvier 1680 et le 10 mai 1697. Ont boutique ouverte dans la rue aux Juifs, concurremment avec leur mère. Ont une imprimerie composée de quatre presses, chacun en ayant 2 et pas de compagnon. Ils ont imprimé en 1706 les Prières chrestiennes. » —

(2) Voy. supra, p. 20. — (3) Voy. supra, p. 21. — (4) Voy. Documenta, n° 693,

pièces produites, lettre R. — (5) Ibid., lettre E. — (6) Voy. Documenta, n° 693.

— (7) A. N., V6 865, Arrêt du Conseil d’Etat du 16 octobre 1723, requête préli-

minaire.

G ALLIA TYTOGRAPHICA

l’une par François II Oursel 1 et dans la seconde par Jacques-Joseph Le Boullenger.

VIL Pierre (1689- 1719). Frère du précédent, il avait vu le jour à Rouen vers 1663 1 2 et avait été admis à la maîtrise le 15 juin 1677, en même temps que ses trois frères, Eustache, Guillaume et Jean- Robert. Il s’établit le 3 septembre 1689 dans la rue aux Juifs, avec deux presses, s’adjoignit un compagnon, nommé Jean Yeury et 11e s’adonna guère qu’à des travaux de ville3. Après une trentaine d’années d’exercice, pendant lesquelles il n’avait été qu’une seule fois, en 1689, appelé aux fonctions de garde4, il démissionna de sa place en faveur de son fils Abraham.

VIII. Guillaume (Rouen, 1691-1692; Dieppe , 1693-1699; Dijon , 1705-1706). A l’inverse des autres membres de sa famille, dont les habitudes casanières firent d’ailleurs tout le succès, Guillaume était atteint d’une humeur vagabonde, qui ne semble pas l’avoir mené sur le chemin de la fortune. Frère des précédents et, comme eux, né à Rouen, (vers 1667), il s’était établi dans cette ville et y avait même été élu garde de la Communauté en 1691 5; il lui parut pourtant plus favorable à ses intérêts d’aller s’installer à Dieppe et, en 1693, d Y transporta tout son matériel et y ouvrit un atelier, non pas dans la ville même, mais au Pollet, dans la Grande rue, ainsi qu’en justifient les nombreux documents qu’il a imprimés, relatifs aux privilèges de sa cité d’adoption6. Avec une indépendance toute romantique, l’abbé Cochet a dépeint l’arrivée à Dieppe de notre imprimeur, sous des couleurs où le lyrisme tient lieu d’exactitude. « Le bombardement de 1694, dit le savant archéologue7, détruisit tout à Dieppe, science et littérature, industrie et commerce. Il réduisit la ville au néant et l’obligea pour ainsi dire à une nouvelle création. Nul doute qu’il n’ait étendu sur l’imprimerie sa mortelle influence. Elle aura tellement disparu dans le gouffre, qu’il fallut demander à Rouen des typographes pour la réorganiser

(1) Voy. Documenta, n° 806. — (2) D’après la supputation de l’âge déclaré

par lui aux enquêtes de 1701 et de 1706. — (3) A.D.S., C. 145, Enquête de 1706:

« Pierre Viret, 42 ans, a été reçu maistre le i5 juin 1677 et s’est établi le 3 avril 1689. A boutique ouverte dans la rue aux Juifs. A esté garde en 1689.

A une imprimerie de 2 presses, avec un compagnon nommé Jean Yeury. A im-

primé en 1706 des ouvrages de ville. » — (4) Voy. supra, p. 20. — (5) Ibid. —

(6) Voir, B.N., Lk7236o. (Recueil factice des privilèges de la Ville de Dieppe,

imprimés par Guillaume Viret, 1696. In f°.) — (7) Hist. de Vimpr. à Dieppe , pp. 1 1 et 12.

SEINE-INFÉRIEURE

de nouveau. Rouen envoya un de ces hommes dont le nom représente à lui seul tout l’art de la typographie. Un descendant de ces célèbres Viret, qui ont tant imprimé dans la capitale de la Normandie, pendant le xvne et le xvme siècle, fut député. Dieppe, en le voyant venir s’identifier à sa malheureuse destinée et répandre sur ses ruines le souffle de la vie, lui témoigna sa reconnaissance en lui délivrant, le 15 janvier 1695, ^es lettres de bourgeoisie, avec la permission d’exercer dans la ville l’art de l’imprimerie (Répertoire des titres, papiers, etc., déposés aux Archives de l’Hôtel de Ville de Dieppe, par P. N. Langlois). Malheureusement cette pièce est perdue, elle devait être accompagnée de considérants du plus haut intérêt pour l’origine de l’industrie qui nous occupe. Il fut de plus gratifié du titre d 'Imprimeur -Libraire de la Ville et du Collège , privilège dont il jouit jusqu’en 1699, époque où il demeurait dans la Grande Rue, à peine relevée de ses cendres. » Il est inutile d’insister sur les exagérations de ce morceau de rhétorique et il suffit, après les avoir signalées, de faire remarquer qu’en dépit de l’enthousiasme avec lequel, suivant l’abbé Cochet, on aurait accueilli le typographe rouennais, qui, entre parenthèses, était arrivé à Dieppe, ainsi qu'on l’a vu, bien avant le bombardement, on ne tarda pas à se désintéresser de lui, à tel point que, dès le mois de juin 1694, ^ était obligé de se pourvoir au bailliage de Caux. Viret s’y opposait en effet à l’établissement de Pierre Pillon, favorisé parla municipalité, au centre même de la ville : il obtint gain de cause 4, mais Pillon resta, et, bien que son matériel eût été ravagé peu de temps après par les bombes anglaises, parvint à se rétablir en 1698. Viret, dont les travaux entrepris pour la municipalité se trouvaient achevés, songea alors à se retirer. En 1699, ^ pliait bagage, après avoir probablement vendu sa presse et son outillage soit à son rival soit plutôt à Jean-Baptiste Dubuc, et il se mettait à courir les grands chemins. Il échoua finalement à Dijon, où un heureux mariage avec la veuve d’un maître (i) 2 semblait lui assurer un meilleur avenir, lorsque la mort vint l’atteindre le 28 janvier 1706.

IX. Jean-Robert (1697-1716). Né à Rouen le 31 décembre 1670 et baptisé le lendemain 3, admis à la maîtrise le 15 juin 1677 4,

(i) Cf. Documenta, n° 762, pièces produites, lettre A. — (2) Voy. G allia Typo graphica , t. VI, Bourgogne. — (3) A. R., Paroisse S. Lô, reg. 1 : « Le ier jour

de janvier 1671, a esté baptisé Jean-Robert, fils d’Eustache Viret et de Margue-

rite de Mandeville. Le parrain, Robert Martin. La marraine, Genevièfve Fillastre. Ledit Jean-Robert né du jour d’hier. » — (4) Voy. supra, p. 396.

nanti vingt ans plus tard de deux presses lui provenant de sa mère, il demeura, ainsi que je l’ai dit plus haut, l’associé de son frère Eustache, jusqu’au jour où Claude II Jore, dans les circonstances que j’ai rapportées 1 * * 4 *, fit appel à son concours pour diriger son imprimerie. Redevenu libre en 1716, il est probable que Jean-Robert revint auprès de son frère et qu’il y acheva sa carrière. Considéré de tout temps comme étant maître imprimeur “2, il avait été appelé aux fonctions de Garde en 1698 et 1705 3.

X. Abraham (17 19- 175 3). Né et baptisé à Rouen le 20 mars 1691 4, il était fils de Pierre Viret et de Marie-Marthe Héribel, et avait été reçu à la maîtrise le 21 janvier 1701 b. En 1718, étant devenu « infirme de la vue »,son père lui céda et transporta, par un acte notarié du 10 novembre, son matériel et sa place d’imprimeur, «pour en jouir en ses lieu et place sous l’agrément de Sa Majesté 6 ». Abraham présenta aussitôt requête au Conseil et, après avoir fourni les preuves de sa capacité au Lieutenant général de police de Rouen, devant lequel il avait été renvoyé, suivant l’usage, par arrêt du 30 mars 1719 7, il fut habilité, par un autre arrêt du 14 août de la même année8, à occuper la place de son père ; mais autant l’exercice de celui-ci avait été paisible, autant fut agitée la carrière du fils. Dès les premiers temps de son installation, il fut surpris en train d’imprimer je ne sais quels livres; toujours est-il quelesobservations du syndic, Jacques-Joseph LeBoullenger, n’ayant pas été de son goût, Viret et son compagnon l’invectivèrent violemment et tombèrent sur lui à bras raccourcis. Sur la plainte du malheureux fonctionnaire, battu et pas content, les presses de Viret furent saisies et son compagnon emprisonné ; cela ne dura guère heureusement, car un arrêt du Conseil, du 23 octobre 1723, ordonna la mainlevée de la saisie, « à la condition néantmoins par ledit Viret de n’imprimer à l’avenir aucuns ouvrages qu’avec l’approbation de celuy commis par M. le Garde des Sceaux à l’inspection de la librairie et imprimerie en ladite ville de Rouen et

(1) Voy. suprà, p. 21 1, et Documenta, n° 747. — (2) Cf. Documenta, n" 733

et 752. — (3) Voy. suprà, p. 21. — (4) A. R., Paroisse S. Jean, reg. 2 : « Le 208

mars 1691, fut né un garçon du mariage de Pierre Viret, marchand-libraire à

Rouen et de Marie-Marthe Héribel et le mesme jour fut baptisé et nommé Abraham, par Eustache Viret, aussi marchand imprimeur, et Marie-Marthe

Gravet, grand-mère, de l’enfant, femme de feu Abraham Héribel. » — (5) Voy.

Documenta, n° 776, pièces produites, lettre C. — (6) A. N., V6 847, Arrêt du

Conseil du 3o mars 1719, requête préliminaire. — (7) Documenta, n° 771. —

(8) Documenta, n* 776.

SEINE-INFÉRIEURE

de faire entre les mains du sieur Commissaire départy en ladite Généralité ou son subdélégué, sa soumission d’y satisfaire, à peine d’interdiction et de plus grande peine s’il y échet 1 ». Abraham fit toutes les promesses qu’on voulut, mais il ne les tint pas et se mit à imprimer, quelques années après, pour le compte de Claude- François Jore, un certain nombre d’ouvrages suspects, qui amenèrent son arrestation et son transfert à la Bastille, dont il ne sortit qu’au bout de deux mois2, sans plus grand mal. Le souvenir de ces mauvais moments rendit plus sage notre imprimeur et il put achever sa carrière plus paisiblement qu’il ne l’avait commencée. Il avait, dès 1725 3, transféré son atelier dans la rue Senécaux, c’est là qu’il termina son exercice le 8 novembre 1752, en démissionnant en faveur de son fils. Il avait épousé, le 29 octobre 1720, Marie de Mante, petite fille du libraire Etienne Véreul4 *, dont il avait eu plusieurs enfants.

XI. Abraham-François (1753-1788). Fils du précédent et de Marie de Mante, Abraham-François naquit à Rouen le 17 septembre 1724 3, et, après avoir acquis les connaissances nécessaires à son art, tant à Paris que dans l’imprimerie paternelle 6, il chercha à les mettre à profit au plus tôt, en décidant la veuve de Jean III Oursel à démissionner 7, mais il avait tiré les marrons du feu pour un autre (Jacques I Ferrand) et, en fin de compte, son père ayant pris le parti de se retirer, il fut autorisé à le remplacer par un arrêt du Conseil du 16 avril 1753 8. Abraham-François tint imprimerie à Rouen jusqu’au 25 février 1788, époque où il céda sa place et son matériel à Jacques II Ferrand 9 ; il avait, en 1764, 3 presses et

(1) Voy. Documenta, n- 807. — (2) Voy. Documenta, n° 847. — (3) Voy.

notamment: — Préjugez légitimés contre les Calvinistes. Nouvelle Édition. Augmentée de deux Additions considérables contre M. Claude dans sa défense de la Réformation, & d'un Avertissement sut l’utilité de cette Édition. [Fleuron.] A Rouen, De l’Imprimerie d’Abraham Viret, rué Senecaux. M.DCC.XXV. Avec Privilège & Approbation. (In 12. 446 p. et 1 36 pour les Additions. B. N.,

D. 222 1 5.) — (4) A. R., Paroisse S. Lo, reg. 5 : « Du 29 octobre 1720. Le sieur Abraham Viret, marchand libraire imprimeur, âgé de 29 ans ou environ, fils du

sieur Pierre-Paul Viret et de Marie-Marthe Heribel, d’une part. Et demoiselle Marie de Mante, âgée de 35 ans ou environ, tille de feu le sieur Jérémie de Mante, marchand, et de feue Marthe Verœuil, d’autre part, tous deux de cette

paroisse. Ont été solennellement mariés en notre église... en présence dudit

Pierre-Paul Viret, père, Robert Viret, oncle de l’époux, et d’autre côté, Jean de

Mante, frère, et Jean Variquet, ami. » — (5) A. N., V6 97i, arrêt du Conseil du

17 janvier 1762, requête préliminaire. — (6) Ibid. — (7) Voy. Documenta, n° 885.

— (8) Voy. Documenta, n° 896. — (9) Documenta, nu 943.

6 compagnons i, qui furent presque constamment occupés à des travaux de ville.

Wood (Michel), imprimeur(?) à Rouen (1553-1554).

Cet imprimeur, dont le nom indique une origine anglaise, aurait été établi à Rouen, d’après les Notes de Frère2, de 1553 à 1554, et y aurait imprimé quelques livres écrits dans sa langue maternelle ; l’auteur du Manuel du bibliographe normand cite bien quatre de ces ouvrages, malheureusement les sources d’où sont tirées ces indications sont trop sujettes à caution pour que je me hasarde à affirmer que ce sont là des produits des presses rouennaises. Michel avait précédemment imprimé à Genève et y avait donné le volume suivant, s’il faut en croire la souscription : — A Mysterye of inyquyte contayned within the heretycall genealogy of Ponce Pantalobus./ Imprynted at Geneva by Michael Woode. 1545. (In 12.)

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