‹ Gallia typographica (volume 2)Chapitre 133 sur 176 · mars. — Arrêt du même Conseil ordonnant · texte numérisé non relu

mars. — Arrêt du même Conseil ordonnant

sans s’arrêter à la demande de Pierre-François Redon, que Jean-Louis Malassis sera reçu imprimeur-libraire à Alençon, en la place de Jean Malassis, son père. — Pièces produites : (A) Extrait baptistaire de J.-L. Malassis, du 20 février 1714. — (B) Certificat de [Henri-Simon-Pierre] Gissey, imprimeur à Paris, du T 5 octobre 1733, portant que J.-L. Malassis a travaillé dans son imprimerie pendant un an environ. — (C) Extrait baptistaire de P. -Fr. Redon, du 29 septembre 1698. (A. N., V6 903.)

846. — 1734, 4 mai. — « Claude-François Jores, libraire-impri-

meur [à Rouen]. [Entré à la Bastille] le 4 mai 1734, sur ordre contresigné Maurepas. Faisait imprimer dans une imprimerie clandestine de la rue des Amandiers rà Paris] des publications prohibées. Affaire jugée au Parlement. Livres saisis le 7 juillet 1734, dans une maison au bas du village de Passy : Lettres philosophiques , de Voltaire; Anecdotes sur la Constitution; Catéchisme historique et dogmatique ; le Spectacle de la nature; Instruction pastorale de M. de Montpellier ; De T autorité du pape ; V Alcoran des Cordeliers; Bible de Sacy ; Nouvelles ecclésiastiques ; Testament du P . Quesnel ; Lettre de M. de Montpellier au Roi ; Histoire

de Louis XIII ; Les Cent nouvelles ; T Eloge de la Folie ; Histoire de l' Arianisme ; Vie du P. de la Chaire ; Histoire amoureuse des Gaules ; Recueil des miracles de M. Paris ; Traité de I amour divin ; Natura lisme des convulsions ; le Calendrier Janséniste. Les Lettres philosophiques de Voltaire ont été lacérées et brûlées par l’exécuteur de la haute justice, par arrêt du Parlement du 30 juin 1734. Le Parlement rendit un arrêt par lequel Jore était destitué de sa maîtrise. Sorti le 17 mai 1734, sur ordre contresigné Maurepas. »

Cf. Funck-Brentano, op. cit.y n° 3325.

847. — 1734, 27 mai. — « Abraham Viret, libraire-imprimeur à Rouen. Entré [à la Bastille] le 27 mai 1734, sur or^re contresigné Maurepas. Affaire Gore [sic, au lieu de Jore]. Sorti le 28 juillet 1734, sur ordre contresigné Maurepas. »

Ibid., n° 3331.

DOCUMENTA

1734, 23 octobre. — Arrêt du Conseil d’État privé du Roi destituant de leurs maîtrises Claude-François Jore, imprimeur à Rouen, René Josse, libraire à Paris, et Jean- Augustin Duval, dit le Grenadier, imprimeur à Bayeux. — « Le Roy estant informé qu’il a esté fait une saisie considérable de livres contraires à l’Église et à l’Estat, appartenant au nommé Jorre fils, qui a obtenu la survivance de l’imprimerie de son père à Rouen ; et qu’il a mesme esté trouvé des factures qui prouvent évidemment le commerce illicite que fait led. Jorre, en Hollande, des ouvrages les plus prohibez, ainsi qu’il résulte de deux procès-verbaux du Commissaire Regnard l’aisné, des 9 juin et 7 juillet de la présente année 1734. Sa Majesté estant pareillement instruite que le nommé René Josse, libraire à Paris, a imprimé sans qualité, dans une imprimerie clandestine, chez le nommé Coubray, maistre papetier de cette ville, les lettres intitulées : Lettres philosophiques par M. de F... A Amsterdam , che^ E . Lucas , au Livre d’ or . iyp4, supprimées par arrest du Parlement du 10 juin dernier ; ce qui est prouvé par les interrogatoires de Marguerite Laferrière, femme Guillain et de Louise Guillain, femme Coubray, du 28 may de la présente année 1734 et par l’évasion mesme dud. Josse, qui, en effet, n’a plus reparu depuis dans sa boutique; et que le nommé Duval, dit le Grenadier, imprimeur à Bayeux, a quitté lad. ville pour venir travailler à Paris dans des imprimeries clandestines: toutes lesquelles contraventions méritent d’autant plus d’estre punies, que rien jusqu’icy n’a été capable d’arrester la licence avec laquelle on distribue dans la ville de Paris et dans tout le royaume, des libelles si souvent flestris par les arrests du Conseil et ceux des Parlemens. A quoy voulant pourvoir, ouy le rapport. / Le Roy estant en son Conseil, a destitué et destitue les nommez Jorre fils, reçu imprimeur en survivance de son père à Rouen, René Josse, libraire à Paris, et Duval dit le Grenadier, imprimeur à Bayeux, de la qualité de maistres imprimeurs et libraires ; leur fait très-expresses inhibitions et deffenses, à peine de punition exemplaire, de s’immiscer directement ou indirectement dans l’imprimerie ni de taire aucun commerce de librairie, sous quelque

GALLIÆ TYPOGRAPHICÆ

titre ou en quelque qualité que ce soit. Ordonne en outre Sa Majesté que tous les livres énoncez dans le procèsverbal de saisie du commissaire Regnard l’aisné, du 7 juillet 1734, et qui ont est^ trouvez à Passy dans l’ancienne maison de la distribution des eaux minérales, appartenant aux sieur Amelet et demoiselle Chevalier, ensemble les feuilles imprimées saisies dans l’imprimerie clandestine dudit Coubray, ainsi qu’il paroist par les procès-verbaux du commissaire de Lespinay, des 22 et 27 may dernier, et par les interrogatoires cy-dessus de Marguerite Laferrière, femme de Guillain, et de Louise Guillain, femme Coubray, du 28 dud. mois de may, seront transportez au Chasteau de la Bastille, pour y demeurer supprimez. Et sera le présent arrest lu, publié et affiché partout où besoin sera, à ce que personne n’en ignore. » (A. N., V6 906.)

Cet arrêt a été imprimé sous ce titre : — Arrest du Conseil d’Estat du Roy, qui destitue les nommez Jorre fils, Rene Josse & Duval, de la qualité des maistres Imprimeurs & Libraires Du 23. Octobre 1734. [A la fin :] A Paris, de l’imprimerie royale. M. DCC. XXXIV.

(In-4, 3 p. ch. B. N., Ms. fr. 2209 1 , pièce 70.)

Page 1